Ondo Ossa Critique la Dette Publique et les Autorités

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Ondo Ossa Critique la Dette Publique et les Autorités
Ondo Ossa Critique la Dette Publique et les Autorités

Africa-Press – Gabon. À rebours du discours officiel, Albert Ondo Ossa livre une démonstration implacable: le Gabon n’était pas surendetté sous Ali Bongo, mais l’est devenu sous la transition. Normes communautaires, lois de finances, mécanismes d’emprunt, responsabilités institutionnelles: le spécialiste d’économie monétaire et de finances publiques démonte point par point ce qu’il qualifie de «mensonge d’État» et désigne clairement les auteurs du basculement. Une prise de parole rare, frontale, documentée, et politiquement explosive.

Invité de l’activiste Princesse de Souba, l’économiste Albert Ondo Ossa a livré une charge méthodique et chiffrée contre la version officielle de l’endettement du Gabon. S’appuyant sur les normes communautaires et les lois de finances, l’universitaire, agrégé de sciences économiques, professeur à l’Université Omar Bongo, spécialiste d’économie monétaire et de finances publiques, et consultant international (Nations unies, Banque mondiale, BEAC, Unicef, etc.), récuse l’idée d’un Gabon «surendetté» à la fin du régime Ali Bongo, et attribue l’explosion récente de la dette aux choix opérés depuis la transition.

D’emblée, il rappelle le cadre normatif: «pour les pays de la CEMAC, la norme c’est par rapport à ce qu’on gagne: le revenu national. C’est 70% du revenu national». Or, selon lui, «le Gabon n’était pas surendetté du temps d’Ali Bongo. Je m’inscris en faux !». Les chiffres qu’il avance sont précis: «En 2022, on était à 52% du PIB», «En 2023, nous étions à 53%». Conclusion tranchée: «Sur ce point-là, Ali Bongo a laissé un pays qui était dans les normes».

Du respect des normes à la dérive accélérée

Le basculement, dit-il, est postérieur: «En moins de deux ans, on est passé de 54% (on était dans la norme) à 71% en 2024, à 73% en 2025. Et c’est projeté à 78% en 2026». Et d’accuser sans détour: «le surendettement, c’est les putschistes qui l’ont amené», ajoutant que cette affirmation «ne souffre d’aucune ambiguïté».

Ondo Ossa démonte aussi une accusation récurrente visant l’ancien premier cercle présidentiel. À propos de Sylvia Bongo et Nourredin Bongo, il tranche: «Nouroudine et Sylvia n’ont pas la possibilité d’endetter l’État. Quels postes occupent-ils? » et il rappelle la procédure: «la lettre d’intention n’est signée que par deux personnes. Soit par le président de la République, soit par le Premier ministre».

Au-delà des chiffres, l’universitaire cible les mécanismes: «ils ont commencé par vouloir faire leur publicité… et ils étaient obligés d’emprunter». Le professeur d’économie et opposant au régime actuel dénonce des financements coûteux: «on s’est endetté à des taux prohibitifs», comparant ces choix à un recours au marché librevillois de «Mont-Bouët» plutôt qu’aux circuits concessionnels. Plus grave encore, il pointe la gouvernance des flux publics: «Est-ce normal que le Trésor public soit délocalisé vers BGFI?», estimant que «les comptes publics deviennent des comptes privés».

La conclusion d’Albert Ondo Ossa est sans appel: «Le Gabon n’avait pas de problème», mais «ils ont tellement endetté le pays qu’on ne peut faire autrement que recourir au FMI». Une mise en cause frontale, étayée par des données et des procédures, qui rebat les cartes du débat sur la dette gabonaise.

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