Agro Business Group Renforce Son Ambition à Oyem

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Agro Business Group Renforce Son Ambition à Oyem
Agro Business Group Renforce Son Ambition à Oyem

Africa-Press – Gabon. En dépit de difficultés sociales et financières persistantes, Agro Business Group (ABG), ex-SIAT Gabon, entend relancer sa dynamique dans le Woleu-Ntem. Le 27 janvier 2026, la société a exprimé au maire d’Oyem son souhait de rouvrir ses portes dans la commune, avec l’ambition d’y implanter une usine de transformation de sa matière première. Un signal stratégique, alors même que l’entreprise reste engagée dans un processus de redressement sous la surveillance de l’État gabonais.

C’est lors d’un échange intervenu le 27 janvier 2026 avec le maire de la commune d’Oyem, Chen Sylvestre Mezui M’Obiang, qu’Agro Business Group a fait part de sa volonté de reprendre pied dans la capitale provinciale du Woleu-Ntem. Selon les informations disponibles, la société projette non seulement de rouvrir ses activités à Oyem, mais également de franchir un cap industriel en y créant une unité de transformation de sa matière première.

Cette orientation marque une évolution notable par rapport au modèle historique d’ABG, longtemps centré sur la production primaire. La transformation locale apparaît ainsi comme un levier stratégique visant à accroître la valeur ajoutée, réduire les coûts logistiques et créer des emplois durables dans la province. Dans la foulée de cette annonce, le maire d’Oyem s’est rendu le week-end dernier à Bitam, où se situe un des sites d’Agro Business Group «dans le but de comprendre leur structuration et fonctionnement», explique l’édile ce lundi 2 février 2026.

Une entreprise toujours en reconstruction

Cette ambition industrielle s’exprime toutefois dans un contexte encore délicat pour ABG. Rebaptisée après les graves difficultés ayant affecté l’ex-SIAT Gabon, la société a bénéficié en 2024 de l’entrée de l’État gabonais à hauteur de 35 % de son capital, pour un montant estimé à près de 4 milliards de francs CFA. L’objectif était alors de sauvegarder l’outil de production et de préserver plusieurs centaines d’emplois.

Malgré cet appui, l’année 2025 a été marquée par de fortes tensions sociales, notamment sur les sites de Mitzic, Bitam et dans d’autres zones de production. Les travailleurs ont dénoncé des arriérés de salaires, des dettes sociales anciennes et des conditions de travail dégradées, conduisant à des arrêts de travail et à une paralysie partielle des activités.

Dialogue social relancé, mais résultats attendus

L’intervention du ministère du Travail et du Dialogue social a permis d’engager des médiations et de rétablir un dialogue entre la direction et les salariés. Un calendrier de règlement progressif des arriérés a été esquissé, permettant une reprise prudente des activités. Pour autant, la situation demeure fragile et étroitement suivie par les autorités.

Sur le plan de la gouvernance, la présence de l’État au conseil d’administration n’a pas encore permis de lever tous les blocages. Les performances économiques restent en deçà des attentes et la capacité d’investissement de l’entreprise demeure contrainte.

Oyem, symbole d’un pari sur l’avenir

Dans ce contexte, le projet annoncé à Oyem apparaît comme un pari sur l’avenir. En misant sur la transformation locale, Agro Business Group cherche à redonner de la crédibilité à son plan de relance et à rassurer à la fois les pouvoirs publics, les collectivités locales et les populations.

Reste désormais à savoir si cette ambition industrielle pourra se traduire rapidement en actes concrets, dans un environnement financier et social encore instable. Pour ABG, la réussite du projet d’Oyem pourrait constituer un tournant décisif, tant pour son redressement que pour le développement économique du Woleu-Ntem.

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