Africa-Press – Gabon. L’insécurité en zone rurale ne vient pas toujours de l’homme. Le 31 janvier dernier, au cœur des plantations sucrières de la Sucaf-Gabon, la nature a repris ses droits de la manière la plus brutale. Un buffle solitaire a chargé deux chasseurs, laissant l’un d’eux dans un état critique au CHR Amissa Bongo.
C’est aux environs de midi, le samedi 31 du mois dernier, que l’effroi s’est emparé des vastes champs de la société Sucreries du Gabon (Sucaf). Alors qu’ils s’étaient aventurés dans cette zone agricole réputée pour sa proximité avec les massifs forestiers du Haut-Ogooué, deux chasseurs ont été surpris par un invité aussi redoutable qu’imprévisible: un buffle « solitaire ».
Selon les témoignages recueillis, l’animal, qui semblait errer hors de son troupeau, aurait surgi des fourrés pour foncer droit sur les deux hommes. Dans cette zone où l’activité humaine de la Sucaf côtoie le monde sauvage, la rencontre a tourné au drame en quelques secondes. Guy Ngoussou, un Gabonais de 46 ans, a payé le plus lourd tribut à cette confrontation.
Frappé de plein fouet par la masse de muscles et de cornes, il a subi des traumatismes sévères. Son compagnon de chasse, bien que plus chanceux, n’en est pas ressorti indemne. Légèrement blessé mais profondément choqué, il a pu alerter les secours.
Évacué en urgence vers le Centre hospitalier régional (CHR) Amissa Bongo de Franceville, Guy Ngoussou est actuellement entre les mains du personnel soignant. Si son état reste préoccupant, sa prise en charge immédiate a permis de stabiliser ses fonctions vitales. Son partenaire, quant à lui, demeure sous observation médicale, le temps de soigner ses lésions et de dissiper le traumatisme psychologique lié à l’attaque.
Le conflit homme-faune au cœur des plantations
Cet incident tragique relance inévitablement le débat sur la cohabitation entre les zones d’exploitation industrielle et la faune sauvage. Les spécialistes de la faune rappellent régulièrement que le buffle de forêt, lorsqu’il est isolé, développe un instinct de défense exacerbé, le rendant extrêmement agressif face à toute présence humaine.
À la Sucaf, où les travailleurs et les riverains circulent quotidiennement, la question de la sécurisation des périmètres agricoles se pose avec acuité. Une enquête devrait être ouverte pour déterminer les circonstances exactes de cette incursion animale. En attendant, la prudence est de mise pour les populations riveraines, alors que le conflit homme-faune continue de faire des victimes dans l’arrière-pays.





