Éducation Au Gabon: Année Blanche Ou Crise Persistante

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Éducation Au Gabon: Année Blanche Ou Crise Persistante
Éducation Au Gabon: Année Blanche Ou Crise Persistante

Africa-Press – Gabon. À l’issue du week-end, la grève dans le secteur éducatif gabonais entre dans son deuxième mois sans résolution. Le mouvement SOS Éducation a voté, samedi 31 janvier, la non-reprise des cours dans huit des neuf provinces du pays, rejetant les propositions gouvernementales comme insuffisantes. Entre les garanties demandées par les enseignants et les engagements annoncés par le ministère de l’Éducation nationale, les élèves gabonais restent otages d’une crise dont les deux parties risquent de payer le prix fort.

La situation n’évolue guère malgré les tentatives de négociation. Les assemblées générales provinciales ont réaffirmé samedi la poursuite de la grève, entamée fin 2025 et reconduite depuis janvier 2026, avec une adhésion estimée à plus de 90 % dans la plupart des régions. Une seul province, l’Ogooué-Lolo, a validé une reprise des cours, signalant une possible fissuration du mouvement, mais qui reste, pour l’instant, isolée.

Pourtant, «le gouvernement réaffirme sa détermination à respecter les engagements pris dans le cadre du protocole d’accord signé avec les parties prenantes», indique le communiqué du Ministère de l’Éducation nationale, lu le 31 janvier 2026 par son secrétaire général.

Les enseignants demandent du concret

Aux côtés des syndicats SENA et SYNETECPRO, le mouvement SOS Éducation maintient la pression sur plusieurs fronts: régularisation des carrières, revalorisation des salaires et recrutement de personnels en attente, notamment les 328 lauréats des ENS/ENSET et les 692 sortants des ENIL/ENIF.

À Libreville, lors d’un rassemblement au stade de Sibang, les grévistes ont dénoncé un manque de consensus et des régularisations portant sur quelque 4 000 situations, jugées en décalage avec leurs revendications.

La plateforme considère les annonces du gouvernement, parmi lesquelles 400 recrutements et des primes, comme prématurées tant qu’aucune liste ni calendrier précis ne sont publiés. Elle refuse tout retour en classe sans garanties écrites, datées et vérifiables.

Le gouvernement multiplie les signaux

Face au blocage, le ministère de l’Éducation nationale, dirigé par la ministre Camélia Ntoutoume Leclercq, a publié un communiqué le 31 janvier détaillant plusieurs avancées: la signature d’un «protocole d’accord additionnel de sortie définitive de crise», la transmission de 1 800 dossiers de postulants anciennement désignés comme bénévoles à la salle, et la distribution de 310 certificats de fin de formation sur les 1 810 prévus.

Le gouvernement a également annoncé, via la commission tripartite regroupant les ministères de l’Éducation, du Budget et de la Fonction publique, la mise en solde ou présalaire de 3 000 enseignants dès le mois de février, en plus des 4 000 régularisations déjà évoquées. Le ministère indique par ailleurs que «l’Inspection générale des services effectuera une visite de terrain dans les établissements pour contrôler l’effectivité de la reprise normale des cours dès ce lundi 2 février 2026», et fait état d’une reprise progressive oscillant entre 5 et 30 % sur le territoire national.

Des élèves exposés à une année blanche en ligne de mir

Au centre de cette crise se trouvent les élèves gabonais, dont les familles payent le prix d’une impasse institutionnelle qui dure depuis plusieurs mois. Le ministère exhorte les parents à «veiller à envoyer leurs enfants à l’école à partir du lundi 2 février », ajoutant que «leur éducation est une priorité». Mais avec un taux de reprise aussi faible et une adhésion à la grève aussi massive, ces appels risquent de rester lettre morte tant que les fondements du désaccord ne sont pas résolus.

Les enseignants, pour leur part, estiment le communiqué du 31 janvier insuffisant. D’autres secteurs, notamment la santé, les régies financières, pourraient suivre le mouvement si la crise ne trouve pas une issue rapide. Le risque d’une année blanche, redouté par tous, semble de plus en plus tangible chaque semaine qui passe sans accord opérationnel entre les deux parties.

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