Africa-Press – Gabon. Réunis en assemblée générale ordinaire à Libreville, les médecins gabonais, sous la conduite du président du Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM), le Dr Emmanuel Ogandaga, ont acté la nécessité d’une réforme profonde de leur institution. Au cœur des travaux: la révision des textes fondateurs, la préparation d’un code de déontologie propre et l’annonce du renouvellement imminent des instances dirigeantes.
C’est dans un contexte «exceptionnel et particulier» que s’est tenue le 31 janvier 2026 l’assemblée générale du Conseil national de l’Ordre des médecins gabonais (CNOM) à l’immeuble Arambo de Libreville, première du genre depuis la fin de la transition politique et de la pandémie de la Covid-19. Sous la présidence du Dr Emmanuel Ogandaga, le CNOM a engagé une profonde réforme de ses outils de gouvernance. Entre révision des textes fondateurs jugés obsolètes, préparation d’élections et adoption d’un code de déontologie propre, l’institution médicale gabonaise entame sa mue dans un contexte marqué par des défis financiers et organisationnels majeurs.
Des textes fondateurs inadaptés aux réalités actuelles
L’urgence d’une refonte complète du cadre juridique a dominé les débats. «Notre institution souffre actuellement de l’obsolescence de ses outils de gouvernance», a affirmé le président, pointant l’ordonnance n°34/75 du 18 juin 1975 instituant l’Ordre des médecins.
Selon lui, ce cadre juridique ancien «n’a pas permis d’être assez opérant» face aux évolutions profondes du système de santé et de l’exercice médical. Le règlement intérieur est également remis en cause, notamment «le verrou constitué par l’article 18», qui, de fait, «tient à distance les médecins ayant choisi d’exercer dans l’inégalité».
Le CNOM, membre fondateur de la Conférence francophone des ordres des médecins (CFOM) regroupant 27 pays, entend aligner ses pratiques sur les standards internationaux. «Nous devons élaborer un code de déontologie propre, compte tenu de l’état d’avancement du projet de Code de la santé publique actuellement au Sénat», a précisé le président.
Finances, effectifs et responsabilité collective
Sur le plan organisationnel, l’assemblée générale a adopté les rapports moral et financier. Les chiffres présentés révèlent l’ampleur du défi financier. Sur les 2 268 médecins inscrits au tableau de l’Ordre, 80% ne sont pas à jour dans le paiement de leurs cotisations. Le taux de recouvrement plafonne à seulement 20%.
Malgré cette situation, la trésorerie du CNOM affiche une progression notable, passant de 53,4 millions de FCFA en 2012 à 227 millions de FCFA en décembre 2025. Cette performance témoigne d’une gestion rigoureuse, mais souligne également la nécessité d’élargir l’assiette contributive et interroge la soutenabilité du modèle de fonctionnement de l’Ordre à moyen terme.
Un appel au renouvellement et à l’engagement
En clôture des travaux, le Dr Emmanuel Ogandaga a annoncé l’ouverture d’un appel à candidatures pour le renouvellement du bureau du CNOM, sur une durée de deux mois. Une étape décisive devant conduire à une assemblée générale électorale, appelée à refonder la gouvernance de l’Ordre des médecins gabonais.
L’assemblée s’est conclue par l’adoption de résolutions visant à redynamiser l’Ordre. Entre modernisation institutionnelle et renouveau éthique, le CNOM trace une feuille de route ambitieuse, portée par les vœux du président en exercice: «Santé, prospérité, parfaite collaboration avec ceux qui vous entourent et plein succès dans vos recherches scientifiques».





