Africa-Press – Gabon. L’encours de la dette publique gabonaise s’établit à 8 547,238 milliards de FCFA à fin novembre 2025, en hausse de 19,82% par rapport à fin décembre 2024, selon la Direction générale de la dette. Cette progression spectaculaire de 1 414,072 milliards s’explique principalement par un recours massif au marché financier régional et la validation de dettes moratoires par la Task-Force. Parallèlement, les arriérés atteignent 437,474 milliards de FCFA, en augmentation de 166,210 milliards, traduisant les difficultés persistantes de trésorerie de l’État. Si les décaissements de 2 434,733 milliards témoignent d’une capacité de mobilisation, la trajectoire de la dette intérieure, qui représente désormais plus de la moitié de l’encours total, soulève des interrogations sur la soutenabilité à moyen terme.
À fin novembre 2025, l’encours de la dette publique atteint 8 547,238 milliards de FCFA, dont 4 201,522 milliards de dette extérieure et 4 345,716 milliards de dette intérieure. Cette répartition quasi-paritaire marque un tournant important dans la structure de l’endettement gabonais, la dette intérieure progressant de 1 380,931 milliards, soit 46,58%, contre seulement 33,141 milliards (0,795%) pour la dette externe.
Cette explosion de la dette domestique résulte de deux facteurs principaux: d’une part, la validation de dettes moratoires par la Task-Force pour prise en charge par la Direction générale de la dette, qui a fait bondir l’encours moratoire à 726,330 milliards de FCFA ; d’autre part, un recours accru au marché financier régional, dont l’encours s’établit désormais à 3 175,299 milliards. Les Obligations du Trésor Assimilables (OTA) mobilisées auprès des Spécialistes en Valeurs du Trésor totalisent à elles seules 1 499,021 milliards sur la période.
Des arriérés en forte hausse malgré des règlements de 1 670 milliards
Les règlements de la dette publique s’élèvent à 1 669,757 milliards de FCFA à fin novembre, dont 531,658 milliards au titre des paiements extérieurs et 1 138,099 milliards pour la dette intérieure. Pourtant, les arriérés atteignent 437,474 milliards, en augmentation de 166,210 milliards par rapport à fin décembre 2024. Ces arriérés concernent aussi bien les échéances courantes (206,140 milliards) que les échéances antérieures (231,334 milliards).
Les arriérés extérieurs sur échéances courantes s’établissent à 154,334 milliards, répartis entre dettes bilatérales (69,235 milliards), multilatérales (51,361 milliards) et commerciales (33,738 milliards). Côté intérieur, les arriérés courants de 51,806 milliards concernent principalement les dettes moratoires (47,332 milliards). Le service dû sur la dette publique à fin novembre se chiffre à 1 835,887 milliards, et devrait atteindre 2 028,049 milliards à fin décembre, contre une prévision initiale de 1 640,583 milliards, soit un écart de 387,466 milliards.
Les décaissements de 2 434,733 milliards de FCFA témoignent cependant d’une capacité de mobilisation, avec 637,295 milliards de tirages extérieurs et 1 797,438 milliards de tirages intérieurs. Les financements extérieurs proviennent notamment d’AFREXIMBANK (131,191 milliards), du marché financier international (359,569 milliards), de CARGILL (72,155 milliards), de la Banque mondiale (24,994 milliards), de la BAD (20,627 milliards) et de l’AFD (18,159 milliards).
Cette situation révèle les tensions croissantes sur les finances publiques gabonaises, avec une dette qui progresse plus vite que les capacités de remboursement, comme en attestent l’accumulation d’arriérés et l’écart grandissant entre le service prévu et le service réalisé. La prédominance désormais acquise de la dette intérieure pose également la question du coût de financement et de la soutenabilité à moyen terme, dans un contexte régional où les taux d’intérêt sur le marché de l’UMOA-CEMAC demeurent élevés.





