Commission d’enquête sur détentions préventives à Libreville

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Commission d'enquête sur détentions préventives à Libreville
Commission d'enquête sur détentions préventives à Libreville

Africa-Press – Gabon. Face au «nombre préoccupant» de personnes placées en détention préventive à la Prison centrale de Libreville, le ministre de la Justice Augustin Émane a annoncé le 12 février 2026, la mise en place d’une commission d’enquête administrative chargée d’examiner en urgence les situations de détentions irrégulières. Cette décision, prise à l’issue d’une visite d’évaluation des conditions carcérales, vise à libérer «dans les plus brefs délais» toute personne dont le maintien en détention ne repose plus sur un fondement légal, conformément aux principes de l’État de droit.

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits Humains, s’est rendu le jeudi 12 février à la Prison centrale de Libreville pour «évaluer de manière rigoureuse les conditions de travail du personnel pénitentiaire et les conditions de détention des prisonniers». La visite a couvert l’ensemble des infrastructures: bâtiment du commandement, quartiers des mineurs, des femmes et des hommes, services médicaux, structures de formation et dispositifs de réinsertion.

Au terme de cette inspection, Augustin Émane a dressé un constat sans détour: «La situation exige des réformes concrètes». Si le ministre n’a pas communiqué de chiffres précis, il a qualifié de «préoccupant» le nombre de personnes placées en détention préventive, une situation qui soulève des interrogations sur le respect des garanties procédurales et la durée excessive de certaines incarcérations avant jugement.

Une commission opérationnelle pour mettre fin aux détentions irrégulières

Face à cette réalité, le ministre a annoncé avoir «récemment mis en place une commission d’enquête administrative», désormais «opérationnelle». Cette structure est chargée d’examiner «en urgence les situations susceptibles de constituer des détentions irrégulières», c’est-à-dire les cas où le maintien en détention ne répond plus aux exigences légales, que ce soit en raison de délais dépassés, de vices de procédure ou de l’absence de fondement juridique.

«Toute personne dont le maintien en détention ne repose plus sur un fondement légal retrouvera sa liberté dans les plus brefs délais, conformément à la loi et aux principes de l’État de droit », a martelé Augustin Émane. Cette annonce s’inscrit dans un contexte de critiques récurrentes sur la surpopulation carcérale et les conditions de détention au Gabon, régulièrement dénoncées par les organisations de défense des droits humains.

Le ministre a par ailleurs salué les efforts en matière de réinsertion, tout en rappelant que celle-ci «ne s’arrête pas aux murs de la prison». «La réinsertion est un engagement collectif. Elle se construit aussi à travers le regard, l’accueil et l’opportunité que la société offre à celles et ceux qui ont purgé leur peine», a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’une mobilisation sociétale.

«Permettre à chacun de se réhabiliter, c’est renforcer la sécurité, la cohésion sociale et la dignité humaine», a conclu le ministre, traçant ainsi les contours d’une politique pénitentiaire qui entend conjuguer rigueur juridique et humanisme. Reste à savoir dans quels délais la commission d’enquête rendra ses conclusions et combien de détenus pourraient bénéficier d’une remise en liberté.

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