Prédateurs en Soutane: L’Affaire Poungou, le Choc de Trop !

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Prédateurs en Soutane: L’Affaire Poungou, le Choc de Trop !
Prédateurs en Soutane: L’Affaire Poungou, le Choc de Trop !

Africa-Press – Gabon. L’incarcération le 11 février 2026 du pasteur Joël Andy Poungou pour atteinte aux bonnes mœurs et violences physiques soulève des interrogations dépassant le cas individuel. Selon notre confrère L’Union, le leader du «Ministère de toutes les nations, ainsi fait l’Éternel» aurait utilisé son autorité spirituelle pour agresser sexuellement de jeunes fidèles, utilisant des enregistrements intimes comme moyen de chantage. Cette affaire met en lumière les dérives sectaires dans un paysage religieux gabonais où prolifèrent les églises de réveil, souvent sans contrôle ni régulation.

Encore serein il y a quelques jours face à une équipe de L’Union, assurant ne faire l’objet «d’aucune recherche ni pression judiciaire», Joël Andy Poungou croupit désormais à la prison centrale de Libreville depuis le 11 février. Selon une source judiciaire citée par notre confrère, l’affaire instruite par la DGDI repose sur «un faisceau de preuves particulièrement accablantes»: vidéos et photos obscènes devenues virales, montrant le pasteur «en situation compromettante avec de jeunes fidèles» de son église du quartier Bas-de-Gué-Gué.

Le mode opératoire décrit par les plaignantes révèle une manipulation systémique. L’Union rapporte que le religieux aurait filmé ses victimes «à l’insu» ou «sous la contrainte», utilisant ensuite ces contenus comme «moyen de pression pour réduire au silence celles qui oseraient parler». Lors de séances de prière privées, il aurait déshabillé certaines fidèles sous prétexte de «délivrances divines», un abus d’autorité spirituelle doublé de chantage pornographique.

L’affaire Poungou n’est pas un cas isolé mais le symptôme d’une dérive plus profonde. Au Gabon, la prolifération des églises de réveil où chacun se proclame « homme de Dieu » sans formation ni contrôle crée un terreau fertile aux abus. Acteur politique ayant brigué la députation, Poungou aurait selon L’Union bénéficié de «soutiens haut placés», illustrant comment certains prédicateurs tissent des réseaux d’influence garantissant une forme d’impunité.

Cette complaisance sociétale et institutionnelle explique pourquoi «certaines victimes, par pudeur, n’auraient pas souhaité porter plainte immédiatement», note notre confrère, évoquant «la peur de représailles ou la crainte du regard de la communauté religieuse». L’exploitation des échanges téléphoniques pourrait d’ailleurs élargir le cercle des victimes présumées, révélant potentiellement l’ampleur du système prédateur.

Cette affaire pose des questions essentielles: qui délivre les autorisations d’ouverture d’églises? Quels critères de moralité et de formation sont exigés? Quelle instance contrôle les activités de ces structures? L’absence de réponses claires transforme certains lieux de culte en zones de non-droit où des prédateurs exploitent la vulnérabilité spirituelle de fidèles en quête de réponses existentielles.

L’incarcération de Joël Andy Poungou « pourrait donc faire date », estime L’Union. « Au-delà du sort personnel d’un homme, c’est tout un système de complaisance qui se trouve ébranlé ». Sur les réseaux sociaux, le débat oppose ceux réclamant «une sanction exemplaire» et ceux criant «au complot contre les hommes de Dieu». Mais comme le rappelle notre confrère: «les images, elles, ne mentent pas». Reste à savoir si cette affaire incitera enfin les autorités à légiférer pour protéger les fidèles des loups déguisés en bergers.

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