Priorités des 100 Jours pour l’Éducation Gabonaise

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Priorités des 100 Jours pour l'Éducation Gabonaise
Priorités des 100 Jours pour l'Éducation Gabonaise

Africa-Press – Gabon. La ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume-Leclerq, a présenté, le 15 février, sur l’émission «le Gouvernement s’exprime», une programmation de Gabon 24, les axes stratégiques à développer lors des 100 prochains jours du gouvernement, dans ce département ministériel. Son objectif est de sortir le secteur éducatif gabonais d’une crise profonde, marquée par des grèves récurrentes et des revendications légitimes des enseignants. Elle place d’emblée la gouvernance et le dialogue social au cœur des priorités pour consolider la paix sociale post-crise.

Comme d’autres membres du gouvernement, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume-Leclerq, était l’invité de Gabon 24. Dans l’émission «le Gouvernement s’exprime» visant à présenter les projets prioritaires, en ce qui concerne le secteur éducatif, dans le cadre des 100 prochains jours du gouvernement, elle a brossé le tableau qui pourrait permettre, dans ce court terme, de redonner ses lettres de noblesse à ce secteur.

Gouvernance et dialogue social et réforme du statut des enseignants

La ministre a placé la gouvernance et le dialogue social au cœur des priorités pour consolider la paix sociale post-crise. «Il faut continuer à maintenir le dialogue social. Il faut continuer à améliorer, valoriser la fonction enseignante en travaillant sur le statut particulier des enseignants», a-t-elle déclaré. Elle a fait savoir qu’une commission tripartite, réunissant les ministères de l’Éducation, de la Fonction publique et du Budget, est chargée de trancher sur les salaires, les avancements et les réformes juridiques.

Placée sous la supervision du vice-président du gouvernement, cette instance actualisera les textes obsolètes et intégrera de nouveaux métiers, tels que les Conseillers d’orientation et d’insertion scolaire ou les professeurs documentalistes.

Plus de 27 000 agents sont impactés par cette réforme. À ce jour, a-t-elle indiqué, seuls 6 576 dossiers sont finalisés pour les avancements ou titularisations. «Nous avons eu 4 000 sur les 12 000 qui doivent être traités cette année», a précisé la ministre, qui annonce une vaste campagne de sensibilisation pilotée par les directions centrales des ressources humaines (DCRH) afin d’achever les procédures. Les quotas mensuels du Budget seront scrupuleusement respectés pour régulariser les présalaires et les situations administratives d’ici à fin 2026.

Modernisation des infrastructures scolaires, réformes pédagogiques et nouveau calendrier

Avec 58 chantiers en cours – réhabilitations et extensions –, l’accélération des travaux vise la prochaine rentrée scolaire. Des visites présidentielles, notamment au lycée technique national Omar-bongo, témoignent de l’engagement personnel du chef de l’État. Ainsi, la ministre a mis l’accent sur le logement des enseignants, via de nouvelles constructions et un accès facilité à la propriété pour compenser la prime de logement.

Concernant l’agenda de l’année académique, un calendrier scolaire inédit de 35 semaines, validé par l’Unesco, repousse la fin de l’année au 31 juillet et supprime les vacances de Pâques pour rattraper les retards accumulés. Les examens du BEPC et du baccalauréat sont reprogrammés en conséquence.

Et parmi les priorités, figurent la digitalisation dès le préprimaire (déploiement de 500 écrans intelligents, partenariats avec les opérateurs télécoms et l’Unicef pour les zones blanches), l’introduction de l’anglais et des langues nationales, ainsi que la lutte contre les violences scolaires.

Gestion des effectifs et recrutements futurs et garantie d’une année scolaire continue

Camélia Ntoutoume a indiqué qu’un audit cible plus de 300 agents absents ou en litige – certains depuis 2016 – pour libérer des postes budgétaires. Sur 900 professeurs de sciences formés, 108 attendent encore leur intégration sous présalaire ; les autres sont réaffectés ou recyclés. Pendant ce temps, la mutualisation des heures d’enseignement et le recours au personnel administratif pallient temporairement les déficits. À plus long terme, des concours élargis (1 300 postes à fin 2025) et la construction de 2 000 salles de classe, sur sept ans, préparent l’avenir.

Par ailleurs, face aux craintes d’une année blanche, la ministre a fermement rassuré: «il n’y aura pas d’année blanche parce que nous avons retravaillé le calendrier scolaire qui a aujourd’hui 35 semaines». D’après elle, le président Brice Clotaire Oligui Nguema, fils d’enseignant, supervise personnellement ces réformes pour doter le Gabon d’un système éducatif compétitif. Un bilan exhaustif dans 100 jours attestera de ces avancées concrètes.

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