Adjoint au Maire Nkoghe Nze Jugé Pour Outrage à Magistrat

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Adjoint au Maire Nkoghe Nze Jugé Pour Outrage à Magistrat
Adjoint au Maire Nkoghe Nze Jugé Pour Outrage à Magistrat

Africa-Press – Gabon. À la suite d’incidents survenus après les élections législatives et locales de septembre 2025, le Tribunal de première instance de Libreville ouvre, ce 19 février, un procès sensible mêlant acteurs politiques locaux et institution judiciaire. Le deuxième adjoint au maire de Libreville, Arsène Édouard Nkoghe Nze, ainsi que plusieurs co-prévenus, doivent répondre de faits d’outrage à magistrat, d’injures publiques et de violences.

Le Tribunal de première instance de Libreville examine ce jeudi 19 février, en audience correctionnelle ordinaire, une affaire à forte résonance politico-judiciaire. Selon des informations publiées par La presse judiciaire gabonaise, le ministère public poursuit Arsène Édouard Nkoghe Nze, actuel deuxième adjoint au maire de Libreville, aux côtés de plusieurs autres personnes, à la suite d’un incident impliquant un magistrat du Conseil d’État.

Le plaignant est le magistrat hors hiérarchie Élie Nazaire Obiang Bekale. L’affaire remonte aux événements survenus au lendemain du double scrutin législatif et local du 27 septembre 2025 dans le 5e arrondissement de la capitale.

Un épisode postélectoral sous tension

Au cœur du dossier figurent des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux. Elles montraient le président de la commission électorale locale, Élie Nazaire Obiang Bekale, publiquement pris à partie. Il était accusé de manipulation de procès-verbaux et violemment invectivé par plusieurs individus.

La famille du magistrat avait alors dénoncé une «humiliation publique» et annoncé son intention de porter l’affaire devant la justice. La procédure judiciaire est désormais engagée.

Une citation directe devant la juridiction correctionnelle

Toujours d’après La presse judiciaire gabonaise, le dossier, enregistré sous le numéro 3374/25-26 (ordre 16), a été introduit par voie de citation directe. Ce mécanisme permet à la partie poursuivante de saisir directement la juridiction de jugement, sans passer par une phase d’instruction préparatoire.

Outre Arsène Édouard Nkoghe Nze, comparaîtront Franck Engone Mendome, Mireille Bouanga, Min’koué Nguema, Ikapi Alain Stely, Betoé Minko Céline, Ogoula Khoyoum, Akouma Aboue Prescillia, Massala Boukoko Landry et Biteghe Arnaud Gervais.

Ils sont poursuivis pour outrage à magistrat, injures publiques, violences et voies de fait, infractions prévues et réprimées par les articles 157, 161, 230 et 286 du Code pénal gabonais.

Une audience très attendue

L’audience devra permettre au tribunal d’établir la matérialité des faits, d’apprécier l’intention des prévenus et de confirmer — ou non — la qualification pénale retenue.

Au-delà des responsabilités individuelles, ce procès soulève un enjeu institutionnel: celui du respect dû à l’autorité judiciaire dans un contexte électoral particulièrement tendu. Les débats pourraient ainsi dépasser le cadre strictement pénal pour toucher à la question plus large de la régulation des conflits politiques et du rôle des institutions dans l’après-élections.

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