Africa-Press – Gabon. Le tribunal de Libreville a rendu, le 17 février dernier, un verdict qui résonne bien au-delà du prétoire: Me Inès Leslie Mouyaga, notaire de profession, a été condamnée à six mois d’emprisonnement avec sursis et au versement de 13 millions de francs CFA de dommages et intérêts.
Absente à l’audience, la prévenue n’en a pas moins été fixée sur son sort. La juridiction, retenant son statut de primo-délinquante comme circonstance atténuante, lui a épargné l’incarcération. Pour autant, sa culpabilité est actée.
Ainsi, le 17 février dernier, le tribunal de Libreville a condamné Me Inès Leslie Mouyaga, notaire de profession, à six mois d’emprisonnement avec sursis et au paiement de 13 millions de francs CFA de dommages et intérêts. Ce jugement clôt, en première instance, une affaire d’escroquerie présumée et d’abus de confiance liée à une transaction immobilière remontant à 2023.
Les faits jugés trouvent leur origine dans une opération foncière portant sur un terrain situé à Libreville. Selon les éléments examinés par le tribunal, la prévenue, avec la complicité présumée de deux collaborateurs, aurait rassuré un acquéreur en affirmant que le bien était libre de tout nantissement ou engagement. Or, le propriétaire du titre foncier n’aurait pas été informé de la transaction.
L’accusation a également mis en avant l’encaissement de fonds en espèces en dehors de la comptabilité officielle de l’étude notariale. Des irrégularités considérées comme suffisamment graves pour caractériser des manquements aux obligations de probité et de transparence qui incombent à un officier public ministériel.
Le dénouement intervient dans un contexte institutionnel particulier. En décembre 2025, le Conseil supérieur de la magistrature a tenu une session exceptionnelle ayant conduit à plusieurs promotions et réaffectations de magistrats. Pour certains observateurs, ces ajustements traduisaient une volonté d’assainissement et de fermeté accrue dans le traitement des dossiers sensibles.
Une source proche du dossier affirme que la procédure ouverte en 2023 aurait connu des lenteurs, sans confirmation officielle à ce stade.
Au-delà du cas individuel, la décision alimente le débat sur l’indépendance et la crédibilité de la justice gabonaise. Certains y voient un signal fort sous l’impulsion du président Oligui Nguema ; d’autres estiment qu’un jugement isolé ne saurait, à lui seul, consacrer un tournant durable.





