Disparition du Dr Ecke Nzengue, Médecin des Présidents

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Disparition du Dr Ecke Nzengue, Médecin des Présidents
Disparition du Dr Ecke Nzengue, Médecin des Présidents

Africa-Press – Gabon. Il avait passé sa vie à ausculter les cœurs des autres. Le sien a fini par lâcher, loin de Libreville, dans une chambre d’hôpital en France, au terme d’un combat silencieux contre les complications d’une greffe rénale que ses proches espéraient voir tourner autrement. Le Dr Jean Emmanuel Ecke Nzengue, cardiologue de référence et figure morale de la médecine gabonaise, est décédé dans la nuit du samedi 21 février 2025. Il avait donné à son pays bien plus qu’une carrière.

Cardiologue de référence et figure respectée du Centre hospitalier universitaire de Libreville, le Dr Jean Emmanuel Ecke Nzengue s’est éteint dans la nuit du samedi 21 février 2025, en France, où il était suivi médicalement à la suite d’une greffe du rein intervenue quelques années plus tôt et dont les complications auront finalement eu raison de lui.

Spécialiste des maladies cardiovasculaires, il appartenait à cette génération de praticiens qui ont structuré la cardiologie clinique au Gabon après la génération du Pr Pierre André Kombila dont il a d’ailleurs été un disciple. Médecin cardiologue, chef adjoint du service de cardiologie du Centre hospitalier de Libreville, il s’était imposé comme l’un des artisans de la prise en charge moderne de l’insuffisance cardiaque et de l’hypertension artérielle en contexte africain. À l’hôpital, il intervenait aussi bien dans le diagnostic spécialisé que dans la réadaptation physique des patients cardiaques, contribuant à inscrire la cardiologie dans une approche globale et durable du soin.

En parallèle de ses fonctions hospitalières, il consultait en cabinet privé à Libreville, boulevard Triomphal, et assurait régulièrement des consultations à Port-Gentil. Cette double pratique, publique et libérale, témoignait d’un engagement constant au service des patients, dans un pays où les maladies cardiovasculaires figurent parmi les premières causes de mortalité.

Un cardiologue, un chercheur, un homme d’institution

Clinicien rigoureux, il était également chercheur. Co-auteur d’un article publié en 2018 dans Médecine d’Afrique Noire sur l’insuffisance cardiaque au CHU de Libreville, il a participé à des travaux sur la prévalence des maladies cardiovasculaires au Gabon et à des communications scientifiques lors de congrès africains de cardiologie, notamment Africardio. Son implication dans l’encadrement académique confirmait son rôle de formateur auprès des jeunes médecins.

Le grand public l’avait découvert dans un autre registre: en 2009, il présidait la commission médicale chargée d’évaluer l’aptitude des candidats à l’élection présidentielle anticipée. En 2016, il siégeait de nouveau au sein de cette commission, cette fois comme membre, contribuant à l’expertise médicale requise par la loi.

Avec sa disparition, le Gabon perd un praticien exigeant, un expert respecté et un homme de devoir, dont la trajectoire aura conjugué science, service public et rigueur institutionnelle.

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