Onze Femmes Tricotent Pour Réparer Les Blessures Du Cancer

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Onze Femmes Tricotent Pour Réparer Les Blessures Du Cancer
Onze Femmes Tricotent Pour Réparer Les Blessures Du Cancer

Africa-Press – Gabon. Pendant cinq jours, onze paires de mains ont tenu des aiguilles avec la même gravité que l’on tient une promesse. Elles ont choisi de tisser de l’espoir, maille après maille, point après point, pour celles que le cancer du sein avait privées d’une partie d’elles-mêmes. Un geste humble, chargé d’une infinie dignité.

C’est dans le cadre lumineux de l’église Saint-André des Trois-Quartiers à Libreville que s’est clôturé, le weekend écoulé, un atelier pas tout à fait ordinaire. Organisé par l’Association pour le soutien et l’aide aux femmes atteintes de cancer (ASAFAC), en partenariat avec la fondation française Knitted Paris (connue sous son nom évocateur ‘Nichons en coton’), ce programme de formation a permis à onze femmes gabonaises de maîtriser la fabrication de prothèses mammaires tricotées.

Ces dispositifs, confectionnés à la main à l’aide de laine, de coton, d’aiguilles et de crochets, constituent une alternative douce, légère et économique aux prothèses en silicone. Destinées aux femmes ayant subi une mastectomie à la suite d’un cancer du sein, elles s’insèrent dans le bonnet d’un soutien-gorge ordinaire et offrent confort et discrétion, sans grever un budget souvent fragilisé par la maladie.

La présidente de Knitted Paris, Sylvie Landry, ne cache pas sa satisfaction face à l’issue de cette formation. «Elles ont réussi à maîtriser la technique pour l’émail des prothèses, et pourtant cela faisait longtemps qu’elles ne l’avaient pas pratiquée. Mais en cinq jours, elles ont relevé le défi», a-t-elle déclaré, soulignant que le Gabon dispose désormais de femmes capables d’assurer la relève en qualité de formatrices.

Car au-delà du geste technique, c’est une reconstruction plus intime qui s’est opérée durant ces cinq journées. La présidente fondatrice de l’ASAFAC, Jeanne d’Arc Kong-Ndès, en a livré la quintessence avec une éloquence désarmante: «Pendant cinq jours, des femmes courageuses et bienveillantes ont donné de leur temps, de leur énergie, de leur cœur. Elles ont appris à tricoter point après point, maille après maille, des prothèses mammaires destinées à celles qui ont subi une mastectomie. Mais ce qu’elles ont réellement tissé dépasse le coton, le crochet et les aiguilles. Elles ont tissé de la solidarité. Elles ont tissé de l’espoir. Elles ont tissé de la dignité.»

Au terme de l’atelier, quinze prothèses avaient été produites. Un bilan remarquable pour un premier effort collectif. L’événement, qui a également constitué un espace d’écoute et de partage, ambitionne désormais de s’inscrire dans la durée, posant les fondations d’un réseau local de production solidaire au service des femmes gabonaises mastectomisées. Un acte fondateur: celui de leur redonner, maille après maille, la possibilité de se regarder dans le miroir avec assurance.

Thecia Nyomba

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