Africa-Press – Gabon. Le Tribunal de première instance de Port-Gentil a procédé, dans la matinée du samedi 21 février, à la destruction par le feu d’une importante quantité de substances illicites saisies au fil des années par les forces de défense et de sécurité. Une opération solennelle, menée à Mandorové sur l’axe Port-Gentil-Omboué, dans la province de l’Ogooué-Maritime, qui illustre la détermination renouvelée des institutions judiciaires à assécher les circuits du narcotrafic.
Cocaïne, Tramadol, chanvre indien, «kobolos», ces doses de cannabis conditionnées qui inondent les quartiers populaires, et autres drogues dures: le bûcher judiciaire de Mandorové a consumé samedi matin le fruit de plusieurs années de saisies opérées conjointement par l’antenne provinciale de l’Office central de lutte antidrogue (Oclad), la Gendarmerie nationale et la Direction générale de la contre-ingérence et de la sécurité militaire (DGCISM). Des produits placés sous scellés, conservés en conditions sécurisées, dont la valeur marchande est estimée à plus de 110 millions de francs CFA.
C’est l’engorgement des pièces de stockage, autant que le spectre des vols, qui a précipité la décision. «Depuis plusieurs années, nous avons constaté que le Tribunal, après avoir donné l’avis sur l’incinération des produits stupéfiants, n’avait jamais vu cela se concrétiser. Dans le souci de désengorger la pièce des saisies et de faire disparaître ces produits illicites, nous avons décidé de les incinérer», a expliqué le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Port-Gentil, Rodrigue Mfoumou, soulignant que l’opération avait été conduite sous la supervision du parquet général.
Le magistrat n’a pas dissimulé l’un des motifs les plus concrets de cette urgence institutionnelle: «Il y a des tribunaux qui ont fait l’objet de plusieurs vols dans lesquels plusieurs produits ont été emportés. Pour que le Tribunal de Port-Gentil ne soit pas exposé à ces vols, nous avons estimé nécessaire de les incinérer. Ces produits séjournaient depuis plus de six ans dans la pièce de stockage.»
Avant la mise à feu, un procès-verbal exhaustif a été dressé, consignant la nature, le poids et l’origine de chaque lot saisi ; pièce maîtresse du dossier judiciaire, gage irréfutable de la transparence de la procédure. L’opération s’est déroulée en présence des magistrats du parquet et des représentants des forces de l’ordre, écartant tout risque de réintroduction des substances dans les filières illicites.
«C’est pour montrer aux trafiquants que le Gabon est décidé à traquer tous ceux qui mettent ces produits à la vente. Il s’agit d’une quantité estimée à plus de 110 millions de FCFA. C’est de l’argent qu’ils gagnent en détruisant des vies», a martelé le parquet de Port-Gentil, dont le message résonne comme un avertissement sans équivoque adressé aux réseaux criminels.
Au-delà de la dimension répressive, les autorités ont rappelé l’impérieuse nécessité de renforcer la prévention, notamment en milieu scolaire et universitaire, là où la prolifération des stupéfiants constitue une bombe à retardement sociale. Car si la justice frappe, elle sait aussi que les condamnations seules ne sauraient suffire à éradiquer le mal à sa racine.





