EOG 2026: Gabon Recherche 85 Milliards Sur Marché Régional

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EOG 2026: Gabon Recherche 85 Milliards Sur Marché Régional
EOG 2026: Gabon Recherche 85 Milliards Sur Marché Régional

Africa-Press – Gabon. Alors que la dette publique gabonaise frôle les 8 560 milliards de FCFA et qu’une mission du FMI scrute en ce moment même les finances de l’État, le régime de Brice Clotaire Oligui Nguema a lancé le mercredi 25 février 2026 un nouvel emprunt obligataire sur le marché de la CEMAC. Une levée de fonds de 85 milliards de FCFA qui interroge sur la soutenabilité d’une trajectoire d’endettement jugée préoccupante, tout en offrant aux investisseurs régionaux une fenêtre de placement inédite.

L’opération, officiellement intitulée « EOG 2026 à tranches multiples », est pilotée par Emrald Securities Services en qualité d’arrangeur principal et de chef de file, avec CCA Bourse comme co-arrangeur. Les souscriptions, ouvertes exclusivement aux résidents des pays membres de la CEMAC, courront du 25 février au 25 mai 2026, soit une fenêtre de trois mois pour atteindre l’objectif fixé.

Afin de maximiser l’attractivité de l’émission sur un marché sous-régional très concurrentiel, l’opération est découpée en deux tranches distinctes. La tranche A, à maturité de trois ans, offre un taux d’intérêt net de 6 % par an. La tranche B, à quatre ans, propose un rendement légèrement supérieur, fixé à 6,5 % net annuel. Ces taux, relativement attractifs au regard des standards de la zone CEMAC, visent à capter des liquidités auprès d’investisseurs institutionnels, de banques commerciales et d’épargnants privés de la sous-région.

Une nécessité budgétaire évidente, des risques réels

Les fonds mobilisés serviront à couvrir les besoins de trésorerie de l’État, dont la dette publique est estimée à environ 70 à 75 % du PIB fin 2025, soit quelque 8 560 milliards de FCFA. Dans ce contexte, le service de la dette absorbe une part croissante des ressources budgétaires, comprimant les marges disponibles pour les investissements sociaux et les dépenses de développement. La question qui se pose avec acuité est celle de la capacité du Gabon à honorer ses nouvelles obligations dans un environnement de finances publiques déjà sous tension.

Le timing de l’opération soulève également des interrogations. Lancée simultanément à la mission d’évaluation du FMI à Libreville, cette levée de fonds envoie un signal ambigu: d’un côté, une volonté affichée de transparence et de réforme budgétaire ; de l’autre, une poursuite de l’endettement qui pourrait compliquer les négociations avec l’institution de Bretton Woods.

Le succès de l’émission dépendra de la confiance accordée à la trajectoire économique du pays, à l’heure où le ministre Thierry Minko s’attache à affiner une stratégie d’endettement 2026 plus lisible et mieux encadrée. Un pari sur l’avenir qui reste conditionné à la crédibilité des réformes engagées.

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