Africa-Press – Guinee Bissau. La note de coopération nucléaire signée par le Rwanda avec la Russie semble être un accord technique en médecine nucléaire, formation et recherche scientifique. Cependant, elle révèle, selon un rapport, un changement plus large dans les calculs des pays africains qui cherchent à diversifier leurs partenariats, sans se soumettre à une seule puissance.
Le Rwanda a signé l’accord le 19 mai lors du sommet sur l’innovation en énergie nucléaire à Kigali, dans le cadre d’une ambition gouvernementale de faire du pays un centre régional pour la technologie, l’innovation et les soins de santé avancés. L’accord ne vise pas, à ce stade, à produire de l’électricité directement, mais se concentre sur la médecine nucléaire, le renforcement des capacités et la formation, tout en explorant la création d’un petit réacteur modulaire et d’un centre de sciences et technologies nucléaires.
Un équilibre, pas un alignement
Kigali ne présente pas son partenariat avec Moscou comme un passage à un nouveau camp. La porte-parole du gouvernement rwandais a déclaré que son pays avait également signé des mémorandums d’entente avec le gouvernement américain pour la coopération nucléaire civile, ainsi que des accords avec des entités d’Afrique du Sud et d’Autriche.
Dans ce sens, le Rwanda ne s’éloigne pas de l’Occident autant qu’il refuse de limiter ses options à celui-ci. La politique du président repose sur le maintien de canaux ouverts avec les États-Unis, la Chine, l’Europe, le Golfe et la Russie, en segmentant les dossiers selon les intérêts: coopération nucléaire avec Moscou, partenariats en santé et technologie avec d’autres parties, et dialogues de défense avec des puissances occidentales.
Un analyste a affirmé que le Rwanda est capable de gérer des partenariats bilatéraux multiples et qu’il utilise chaque voie pour servir ses priorités, plutôt que de se soumettre entièrement à un seul partenaire.
Une influence en mutation
Le rapport situe l’accord dans une carte d’influence africaine en mutation. La confiance dans la constance des partenaires occidentaux a diminué dans plusieurs capitales africaines, en raison des changements de priorités entre les administrations et du lien parfois politique et lié aux droits humains entre l’aide ou le financement sécuritaire.
Dans ce contexte, Moscou avance avec un discours basé sur le non-interventionnisme et le respect de la souveraineté. Un professeur de diplomatie et de relations internationales a noté que la Russie bénéficie de la baisse de confiance dans la cohérence des politiques occidentales, et que certains dirigeants africains trouvent son approche plus prévisible: investissement et formation sans trop de conditions explicites.
La Russie n’agit pas seule. La Chine étend sa présence économique sur le continent, tandis que les États-Unis maintiennent des partenariats sécuritaires en Afrique de l’Est et dans la Corne de l’Afrique. Entre ces puissances, les pays africains tentent de transformer la concurrence internationale en un espace de manœuvre, plutôt qu’en une nouvelle dépendance.
Le nucléaire comme symbole d’ambition
Les accords nucléaires en Afrique ne portent pas seulement le sens de l’énergie. Ils annoncent une ambition scientifique et industrielle, et donnent à l’État l’image d’un pays cherchant à acquérir des technologies avancées, même avant d’avoir des installations opérationnelles.
Ainsi, le projet rwandais est lié à une vision plus large de transformation du pays en une économie basée sur la connaissance. Le centre proposé pourrait éventuellement inclure un réacteur de recherche, des laboratoires, des installations de formation et une infrastructure pour la médecine nucléaire, ce qui en ferait un outil pour les soins de santé, la recherche scientifique et le développement des compétences.
Cependant, il est signalé que le chemin est long et coûteux ; les programmes nucléaires nécessitent une surveillance rigoureuse, une expertise organisationnelle et un financement à long terme. Un analyste a averti que de nombreux accords nucléaires russes restent symboliques à leurs débuts, et leur transformation en installations opérationnelles pourrait prendre une décennie ou plus.
Enfin, il est noté que le Rwanda n’est pas un cas isolé ; le Kenya, l’Ouganda et l’Éthiopie ont également manifesté un intérêt de longue date pour l’énergie nucléaire, bien que les progrès soient lents. Cela révèle que la technologie nucléaire, que ce soit en médecine, en recherche ou en énergie, est devenue une partie des considérations de statut national et de stratégie économique en Afrique.





