
Africa-Press – Guinée. Le procès des travailleurs du Port autonome de Conakry (PAC), jugés pour avoir troublé l’audience d’hier, mardi, a eu lieu ce mercredi, 22 février 2023, au tribunal de première instance de Kaloum. Ils ont comparu en flagrant délit pour troubles à l’audience, menaces et injures publiques proférées contre les agents de la garde pénitentiaire. Les onze (11) prévenus se sont expliqués sur ces faits à la barre du tribunal, optant pour la négation avant de demander pardon.
À l’entame du procès, ces 11 dockers et syndicalistes du Port autonome de Conakry n’ont pas reconnu les faits qui leur sont reprochés. Mais, ils regrettent tout de même les préjudices causés par cet incident, surtout qu’ils étaient jugés dans une autre procédure. Tour à tour, ils ont demandé pardon au tribunal.
« Au moment du tumulte, j’étais au dehors pour fumer une cigarette. C’est à mon retour dans la salle que j’ai vu les gens se battre. J’ai vu les gens se prendre au collet et au niveau de la ceinture. Pendant la bagarre, je ne me suis même pas levé. Je n’ai touché personne. Ce sont mes amis qui se battaient avec les agents de la garde pénitentiaire. Je demande pardon au tribunal pour le désagrément causé », a dit Mamadou Kindy Diallo.
Même argument de défense chez Aly Badara Sylla. « Après ma déposition hier, je suis sorti pour aller aux toilettes. Après les toilettes, je suis resté au dehors pour fumer une cigarette. Il y a quelqu’un qui est venu m’alerter, qu’il y a de la bagarre dans la salle. Quand je suis entré, j’étais perdu. J’ai commencé à calmer mes amis et j’ai demandé aux agents de la garde pénitentiaire de pardonner à mes amis, mais ils n’ont pas compris », a-t-il dit.
À la question de Me Alsény Aissata Diallo, avocat de la partie civile, de savoir s’il s’est personnellement jeté les agents de la garde pénitentiaire, le prévenu répond. « Je me suis battu avec personne parmi les gardes. J’ai plutôt, j’ai tenté de les calmer ».
Yacouba Sylla, alias « Menguè », indexé comme étant le maillon principal du tohu-bohu qui a perturbé l’audience d’hier mardi, a juré n’avoir pas porté main sur un agent. « J’étais en train de jouer à un jeu dans mon téléphone, lorsqu’un ami m’a appelé. J’ai décroché dans la salle. C’est en ce moment qu’un garde pénitentiaire est venu retirer mon téléphone. Entretemps, le même agent est sorti pour accompagner un détenu aux toilettes. À son retour, il m’a trouvé en train de parler avec mon ami de la partie civile qui était assis de l’autre côté. Soudainement, il s’est jeté sur moi, il m’a pris au niveau de mon pantalon sur lequel il me secouait. Pendant ce temps, un de ses amis aussi s’est mêlé en me prenant sur la chemise. Tous les deux ont déboutonné ma chemise et mon pantalon. J’ai résisté en leur disant que ce n’est pas leur rôle vis-à-vis des prévenus. C’est vu l’insistance des agents que mes amis se sont levés pour me tirer de leurs mains. C’est comme ça que tout est parti. Mais, je n’ai pas fait d’injures, je ne les ai même pas touchés », a-t-il laissé entendre.
Pour sa part, Morlaye Sylla, syndicaliste, dit ne pas être visé par la première affaire qui a envoyé ses camarades au tribunal de Kaloum. « Je ne suis pas visé par la plainte qui envoie mes amis devant ce tribunal. Moi, je suis syndicaliste, j’ai été mandaté hier par mes responsables de venir suivre le procès des travailleurs ici. Pendant ce temps, le troisième comparant à la barre faisait sa déposition. C’est en ce moment que moi je suis sorti pour répondre à un appel venant du port. L’intéressé me disait qu’ils vont arrêter le travail au port parce qu’ils ont entendu que leurs collègues sont arrêtés et en jugement au tribunal. Je l’ai rassuré que ce n’est pas vrai. Je lui ai dit qu’on les interroge juste. Donc, de continuer à travailler. C’est entre-temps que j’ai entendu ce tohu-bohu dans la salle. Automatiquement, je suis rentré dans la salle et je me suis mis à sensibiliser mes éléments. Mais, la tension était telle qu’on n’a pas pu les calmer toute de suite. Avec mon âge, je ne peux pas me permettre de faire ce genre de chose au tribunal. Je regrette sincèrement ce qui s’est passé hier », a déclaré Morlaye Sylla.
Sur la demande de mise en liberté provisoire formulée par l’avocat de la défense en faveur du prévenu Sayon Keita, le tribunal y a accédé. Le dossier a été renvoyé à demain, jeudi 23 février 2023, pour la suite des débats.
À noter que tous ces prévenus poursuivis dans cette affaire étaient en instance de jugement devant cette même juridiction pour violences, coups et blessures volontaires au préjudice de 9 de leurs collègues dockers quand cet incident malheureux s’est produit.
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