
Africa-Press – Guinée. Ce lundi 23 octobre, dans le cadre du procès du massacre du 28 septembre, Mamadou Dian Diallo, s’est présenté à la barre pour livrer sa part de vérité sur ces douloureux évènements. Arrivé au stade aux environs de 9h, il dit avoir été témoin des altercations entre le colonel Tiègboro Camara et des manifestants.
Dans son témoignage, celui qui déclare avoir été poignardé au pied, assure qu’il a bel et bien vu le colonel Tiegboro Camara tirer sur un enfant. Extraits…
‘’Je suis arrivé au stade entre 8h30-9h. On a trouvé le colonel Tiègboro sur place. Il disait aux gens de rentrer à la maison et que personne ne rentre au stade. Après, il a dit : ‘Ceux qui rentreront au stade seront tués’. Je l’ai entendu de mes oreilles. Mais avant ça, au moment des jets de pierres, il a tiré sur un enfant.
Tiègboro a pris son pistolet et a tiré sur un enfant. S’il est décédé ou pas, je n’en sais rien. C’est après ça qu’on nous a dit que le portail est ouvert. On a foncé pour rentrer à l’intérieur du stade.
Après, il y a eu une débandade quand on a entendu des coups de feu. On a tiré sur mon ami Algassimou. J’ai voulu le soulever, mais je ne pouvais plus, car il y avait la panique. Il y avait de tirs partout. C’est dans cette débandade qu’on m’a poignardé au pied. Du coup, je ne pouvais plus aider mon ami qui a reçu une balle.
Après, j’ai cherché à sortir du stade par la porte où les joueurs sortent. Beaucoup de gens sont tombés à ce niveau (…). J’ai cherché de couvrir. Mais avant l’arrivée de la salle de sports, mon pied était devenu lourd, je ne pouvais plus courir. En ce moment, j’ai vu deux personnes mortes par balles et je suis venu tomber entre les deux. Pendant que j’étais couché là-bas, j’ai vu des femmes complètement déshabillées qui couraient derrière la salle des sports. Je suis resté sur place jusqu’à ce qu’il y a eu l’accalmie. Et la Croix Rouge est rentrée.
La Croix Rouge nous a pris et nous a mis dans leur véhicule. Même pour eux, j’étais mort. Je me suis rendu compte que c’est la Croix Rouge quand nous sommes arrivés à Donka (…). Quand on a pris mon pied pour me faire descendre du véhicule à Donka, je l’ai retiré. J’ai essayé de me lever. Après, ils m’ont lâché pour chercher à fuir. Je leur ai demandé de venir parce que je ne suis pas mort. Ils ont hésité. Mais finalement, ils m’ont aidé. Ils ont envoyé les morts à la morgue. Moi, ils m’ont pris pour me conduire aux urgences.
Le soir, des bérets rouges sont venus. Des médecins et des agents de la Croix Rouge étaient arrêtés à la porte. Quand les militaires ont dit qu’ils sont venus récupérer les blessés et les corps, ils ont dit que personne ne se trouve dans l’hôpital (…). Dieu aidant, ils n’ont pas pu entrer. Le lendemain, mon frère est venu très tôt à l’hôpital et m’a vu. Il m’a fait sortir pour m’amener à Hamdallaye dans une clinique. C’est là-bas qu’ils ont fait le traitement et il a tout financé’’.
Abdoulaye Bella DIALLO
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