Vapoptage: Risques Sanitaires Moindres que Cigarette

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Vapoptage: Risques Sanitaires Moindres que Cigarette
Vapoptage: Risques Sanitaires Moindres que Cigarette

Africa-Press – Guinée. La cigarette électronique, ou e-cigarette, a pris le dessus sur la cigarette classique. Selon le Baromètre de Santé publique de 2024, 3 millions de Français vapotent quotidiennement, soit plus de 6 adultes sur 100. Est-elle plus sûre que la cigarette? C’est la question que se pose l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Elle a analysé près de 3.000 études, des enquêtes sur les pratiques de vapotage et une évaluation des risques liés à l’inhalation de quelques substances ciblées parmi d’autres.

Les points principaux à retenir

Le rapport en ligne depuis le 4 février 2026 recommande des principes de conduite à tenir vis-à-vis de la cigarette électronique.

Le vapotage reste moins nocif que la cigarette classique: la cigarette électronique constitue un risque moindre. Mais utilisée en tant qu’outil de sevrage tabagique, son usage doit rester transitoire, limité dans le temps. Une durée que chaque personne travaillant à son sevrage tabagique estimera individuellement.

L’Anses enjoint à ne pas inciter à cette consommation des catégories spécifiques de la population: les adolescents, les femmes enceintes et les non-fumeurs.

Des évaluations restent à mener sur les substances contenues dans les cigarettes électroniques. Certains composés chimiques sont déjà connus pour leur nocivité, les aldéhydes par exemple, des gaz présents dans les aérosols inhalés. L’attention doit également se porter sur les effets combinés des molécules en présence, mais aussi sur celles qui émergent lors du chauffage des liquides.

En attendant plus de données, conseille l’Anses, c’est la vigilance qui s’impose à tous, une utilisation limitée dans la durée pour ceux qui veulent se débarrasser de la cigarette –surtout ne pas laisser s’installer sa pratique sur le long terme ! – et de se tenir soigneusement à distance pour ceux qui pensaient s’y mettre !

Des effets sanitaires « possibles », « probables »

Comme le rappelait Sciences et Avenir dans une enquête antérieure (n°902, avril 2022) « les e-liquides ne sont pas sans danger ». Quatre ans après, le rapport de l’Anses de ce mois de février 2026 ne permet de lever le flou des connaissances que partiellement ; il met en évidence des liens « possibles » ou « probables » entre vapotage avec ou sans nicotine et des effets cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes. La nocivité de la cigarette électronique reste à prouver, les études solides portant sur l’Homme ne sont pas assez nombreuses. Il faut bien comprendre que les effets ne sont pas avérés comme dans le cas du tabac fumé où les connaissances accumulées sur plusieurs décennies s’appuient sur un « niveau de confiance suffisant » et un nombre plus conséquent d’études concernant l’humain.

Un constat: le manque de données scientifiques

L’Anses fait le constat d’un manque de données scientifiques sur les effets immunologiques, reprotoxiques, endocriniens et sur le développement in utero. Autre constatation d’ordre méthodologique: on manque d’études longitudinales françaises ou européennes d’envergure. Manquent également de larges cohortes de vapoteurs n’ayant jamais fumé de cigarette classique. « À ce jour, ces populations sont insuffisantes pour évaluer le risque lié exclusivement au vapotage et aucune cohorte dédiée n’existe à notre connaissance ». Peu de choses existent aujourd’hui sur le comportement qu’adoptent les utilisateurs avec leur vapoteuse, sur leur exposition, mais également sur les « co-expositions environnementales multiples » telles que la pollution, les pesticides, l’alimentation. L’agence recommande de creuser toutes ces pistes peu ou non explorées.

Des effets cardiovasculaires

Il y a une probabilité de voir les e-liquides, quand ils contiennent de la nicotine, influer sur la tension artérielle et perturber le bon fonctionnement des vaisseaux sanguins. Le lien entre le vapotage et les troubles de la circulation sanguine, un fonctionnement affaibli du cœur ou la formation d’athéromes reste « possible ».

Des symptômes et maladies respiratoires?

Certaines études montrent une association entre l’usage quotidien et un risque accru de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), de bronchite chronique, d’emphysème et d’asthme, chez les adultes comme chez les adolescents. Ce risque concerne aussi bien les utilisateurs exclusifs que les vapofumeurs, étiquette accolée à ceux qui vapotent et fument, les derniers présentant des augmentations encore plus marquées. Des effets sont également observés chez les anciens fumeurs, suggérant que la cigarette électronique n’est pas sans impact sur la santé respiratoire, y compris en l’absence de tabagisme actuel.

Que comprendre en matière de cancérogénèse?

Le rapport précise qu’ »à ce jour, aucune étude menée chez les utilisateurs de cigarette électronique n’a mis en évidence le développement de tumeurs ». Mais « l’apparition de modifications compatibles avec les premières étapes de cancérogénèse » est montrée par des travaux in vitro et in vivo. D’autant que, rappelle le rapport, l’apparition d’une tumeur est « un processus souvent long, progressif et multifactoriel » qui implique l’environnement, la durée d’exposition, des prédispositions génétiques chez l’individu et des mécanismes biologiques diverses bouleversées. Il faut mettre en regard la notion de latence d’apparition d’un cancer d’un côté et de l’autre, l’apparition très récente de la cigarette électronique dans nos usages, à peine une quinzaine d’années: nous manquons de recul. Ce que le rapport appelle un « effet possible » incite donc à glisser vers un cran de prudence supplémentaire à observer vis-à-vis de ces produits.

Quels effets sur le fœtus chez les femmes enceintes qui vapotent?

Beaucoup de fumeuses, quand elles abordent une grossesse, déclarent opter pour le vapotage pour réduire ou arrêter leur consommation de tabac fumé, afin de préserver la santé de leur bébé. Les quelques études – neuf en tout– retenues pour leur pertinence portent sur des souris et des rates. Ces modèles animaux suggèrent les « effets délétères possibles » des produits sur le développement cardiaque et pulmonaire du fœtus. On ne sait encore rien des effets sur le développement du cerveau du fœtus, sur ses systèmes immunitaire et endocrinien. Si l’arrêt complet de la cigarette sans recours à la vape est impossible, « la cigarette électronique peut être envisagée comme une alternative pour un arrêt complet de la cigarette fumée, dans le cadre d’une réduction des risques », concède le rapport. L’accompagnement d’un professionnel de santé est nécessaire.

Pour les adolescents, une attractivité problématique vis-à-vis de la vape

Les adolescents sont une catégorie particulière: ils sont venues au vapotage directement, sans avoir goûté à la cigarette classique. Près d’un jeune sur deux déclare vapoter quotidiennement. Lors de la conférence de presse organisée pour la publication du rapport, l’AFP relève les propos de Benoît Labarbe, chef de l’unité évaluation des produits du tabac de l’agence. Il insiste particulièrement sur l’attraction exercée par l’offre de produits aux arômes, dispositifs et emballages diversifiés: « il faut absolument écarter tout vapotage pour les non-fumeurs et les jeunes qui sont attirés par les saveurs fruitées et sucrées de ces produits ». Les adolescents de15-16 ans ne sont plus que 3 % à fumer des cigarettes en 2024 alors qu’ils étaient plus de 31 % en 1999. Beaucoup prennent l’habitude de vapoter pour les mêmes raisons qui avaient séduit leurs aînés quand ceux-ci se sont mis à la cigarette: le mimétisme et la fascination pour la gestuelle associée à ces objets, une envie d’ »appartenance à un groupe » et d’ »expériences sensorielles ».

L’absence de combustion ne signifie pas absence de danger

Là encore, il ne faut pas mettre au même niveau les fumées du tabac et les émissions de vapotage. Mais il y a formation de composés toxiques qui ne sont pas anodins lors de la dégradation thermique du glycérol et du propylène glycol présents dans le e-liquide. L’Anses s’appesantit sur certains d’entre eux, les aldéhydes. C’est le cas de l’acétaldéhyde, l’acroléine, le formaldéhyde ainsi que du propionaldéhyde. Ils sont toxiques pour la santé humaine et classés cancérogènes certains ou probables par le Centre international de recherche sur le cancer.

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