Gaz Hilarant: Campagne d’Alerte sur le Protoxyde d’Azote

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Gaz Hilarant: Campagne d’Alerte sur le Protoxyde d’Azote
Gaz Hilarant: Campagne d’Alerte sur le Protoxyde d’Azote

Africa-Press – Guinée. Le gouvernement a lancé mardi 7 avril 2026 une campagne de sensibilisation contre l’usage détourné du protoxyde d’azote, particulièrement répandu chez les jeunes et cause notamment de plusieurs accidents routiers mortels. « Je veux que les jeunes, en voyant cette campagne, prennent conscience qu’ils mettent leur vie, leur avenir et la vie d’autrui en danger », explique la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, Marie-Pierre Vedrenne, dans un communiqué.

Le protoxyde d’azote a été détourné à des fins récréatives

Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, les signalements d’intoxications liées au protoxyde d’azote ont été multipliés par trois entre 2022 et 2023, tandis que les cas graves ont été multipliés par quatre sur la même période. 10% concernent des mineurs. « Derrière quelques secondes d’euphorie, il peut y avoir une paralysie à vie, ou pire, la mort », indique l’un des messages de la campagne de la Sécurité routière, qui insiste sur la gravité des conséquences liées à cette consommation.

Le protoxyde d’azote, aussi appelé « gaz hilarant », est un produit initialement destiné à un usage médical ou alimentaire, mais qui est détourné à des fins récréatives, notamment dans le milieu festif, chez des adolescents et de jeunes adultes qui l’inhalent à l’aide de ballons de baudruche après avoir percé les cartouches métalliques qui le contiennent. Il peut provoquer des atteintes du système nerveux, une altération des facultés cognitives, ainsi que des troubles de l’équilibre et des réflexes, créant un risque accru en cas de conduite sous emprise.

La réaction des professionnels de l’addictologie

« Le gouvernement sera au rendez-vous: pour prévenir, pour protéger, pour responsabiliser et pour sanctionner sans faiblesse ceux qui mettent des vies en danger », martèle la ministre déléguée. La campagne intervient dans un contexte de durcissement de la réponse pénale, après que Laurent Nunez a présenté le projet de loi RIPOST. Il prévoit notamment de faire de l’inhalation de protoxyde d’azote hors cadre médical un délit passible d’un an d’emprisonnement et de 3.750 euros d’amende, et de punir la conduite sous son emprise de trois ans de prison et de 9.000 euros d’amende.

Une mesure toutefois jugée « inadaptée et dangereuse » par des professionnels de l’addictologie, mobilisés auprès des jeunes, qui estiment que la pénalisation et les peines de prison ne permettent « ni de réduire les consommations ni de prévenir les risques ». Selon la Fédération Addiction, ces mesures pourraient au contraire éloigner les jeunes des dispositifs de prévention et d’accompagnement.

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