Chérif Abdallah alerte les guinéens : « sans l’autosuffisance alimentaire, nous n’irons nulle part… »

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Chérif Abdallah alerte les guinéens : « sans l’autosuffisance alimentaire, nous n’irons nulle part… »
Chérif Abdallah alerte les guinéens : « sans l’autosuffisance alimentaire, nous n’irons nulle part… »

Africa-Press – Guinée. Ces derniers temps, la monnaie guinéenne a connu une appréciation considérable par rapport aux monnaies étrangères. Mais cette appréciation de la valeur du franc guinéen n’a aucunement touché de façon positive le panier de la ménagère. Pour Mohamed Chérif Abdallah Haïdara, c’est la conjoncture internationale qui est passée par là. Le président du Groupe organisé des hommes d’affaires (GOHA) invite les guinéens à se lancer dans l’Agriculture pour pouvoir se tirer d’’affaires.

Beaucoup de guinéens se posent la question de savoir pourquoi quand la monnaie s’apprécie, le panier de la ménagère ne le ressent pas. Pour Mohamed Chérif Abdallah Haïdara, président du GOHA, plusieurs éléments expliquent cette situation. « Le monde est en train de traverser une crise extraordinaire, due à beaucoup de facteurs. Ce n’est pas au niveau de la Guinée seulement, parce-que si on se concentre sur le cas de la Guinée seulement, difficilement on pourra comprendre les raisons de ce phénomène. Comme vous le savez, nous étions et nous n’avons jusqu’à présent pas encore fini avec la maladie du coronavirus, ça perturbait nettement les activités au niveau international. Ça a même réduit la production. Il y a aussi la guerre en Ukraine qui a perturbé beaucoup la circulation des denrées alimentaires dans le monde. Donc, la Guinée n’échappe pas à cette conjoncture. Alors, c’est ce qui fait que même si effectivement le franc guinéen connaît un peu une hausse de sa valeur par rapport aux années passées, ce n’est pas encore beaucoup, mais c’est appréciable. Cette stabilité ou une augmentation légère sur certaines denrées, c’est dû aux facteurs de ces crises au niveau international. Et puis dans le cas spécifique de la Guinée, comme vous le savez, il y a beaucoup de choses. Il y a le dédouanement, le transport de ces produits-là, les frais au niveau du port autonome de Conakry, les frais de manutention (embarquement et débarquement) jusqu’au magasin et il y a aussi le transport entre le port et les magasins… Donc, je pense que cette cherté est due à tous ces facteurs cumulés », soutient le président du GOHA.

Actuellement, les citoyens guinéens crient à la cherté des produits de première nécessité sur le marché. Mohamed Chérif Abdallah Haïdara accuse la hausse du prix du carburant en Guinée. « Si c’était la monnaie seulement, sans qu’il n’y ait augmentation du prix du carburant, toutes ces difficultés-là, les denrées qui changent depuis au niveau international, ça n’allait pas bouger. Ça allait plutôt diminuer. Mais, je pense qu’il est nécessaire qu’on se revoit avec les décideurs, revoir la situation et faire des propositions concrètes par rapport à cette situation. Je pense que c’est toujours nécessaire à ce que ces rencontres-là aient lieu souvent pour essayer de trouver des solutions à ces problèmes ».

D’ailleurs, le président du GOHA prévient que la Guinée n’échappera pas à la conjoncture économique et alimentaire mondiale. C’est pourquoi, il invite tout un chacun à se lancer dans l’agriculture. « Ce que je dirai à nos citoyens, pas les opérateurs économiques seulement, c’est de se lancer dans l’agriculture. Parce que la conjoncture au niveau mondial va se répercuter carrément sur notre pays. On ne peut pas échapper à ça. Et si des difficultés arrivent et que chacun se décharge sur l’autre, ça ne peut pas aussi aller. Donc, au lieu de tout ça, je pense qu’il est temps de trouver la solution ensemble, se lancer et se lancer sérieusement dans l’agriculture. Parce que sans l’autosuffisance alimentaire dans notre pays, nous n’irons nulle part et on ne trouvera pas trouver la solution. Le pays est suffisamment arrosé, il y a la pluie entre 6 et 7 mois, sur 12. Ça, c’est une chance extraordinaire que Dieu a accordée à la Guinée. Donc, les guinéens doivent se lancer dans l’agriculture. Les gouvernants actuels et les gouvernants qui viendront doivent faire une politique réelle pour faciliter et aider les opérateurs économiques qui veulent se lancer dans l’agriculture à le faire. Et si on se lance dans l’agriculture, je pense que nous allons trouver des solutions ».

À la question de savoir comment se portent les opérateurs économiques guinéens actuellement, Mohamed Chérif Abdallah Haïdara précise : « nous traversons une période extrêmement difficile, parce que les choses ne marchent pas comme il faut. Aujourd’hui, quand vous rentrez dans le grand marché de Madina où dans les autres marchés du pays, vous allez constater vous-mêmes qu’il n’y a pas d’engouement comme c’était le cas il y a quelques temps. Le commerce ne marche pas bien, les commerçants sont assis, les activités ne tournent pas bien. Tout le monde souffre et le commerçant, quand il est là et que ça ne tourne pas, il risque de perdre le capital, parce que les frais continuent et les bénéfices ne rentrent pas. Donc, c’est ce qui arrive actuellement aux opérateurs économiques ».

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