Africa-Press – Madagascar. Plus de la moitié de la mortalité néonatale (nouveau-nés âgés de 0 à 28 jours) dans le monde est due à des infections sévères (26%) et/ou aux conséquences d’une prématurité (27%).
Madagascar présente un taux de mortalité néonatale très élevé (21,4‰ naissances vivantes (NV) contre 2,3‰ NV en France). La réduction de cette mortalité est l’un des Objectifs de Développement Durable (OMD 4) des Nations Unies pour 2030. La réduction de cette mortalité est l’un des Objectifs de Développement Durable (OMD 4) des Nations Unies pour 2030.
Les résultats du projet BIRDY 1 (Bacterial Infections and Antibiotic Resistant Diseases among Young children in Low Income Countries), mené à Madagascar entre 2012 et 2018 pour dresser un état des lieux des infections néonatales dans le pays, ont montré une incidence élevée d’infection néonatale (IN) et principalement dans la première semaine de vie (85% des cas).
Dans 70% des cas, ces infections ne répondaient pas à un des deux antibiotiques de premièreligne recommandés par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), indique-t-on.
Le projet BIRDY 2 avait pour objectifs d’estimer l’incidence des infections bactériennes résistantes ou non aux antibiotiques dans la période néonatale (0 à 28 jours) ; de comprendre la transmission des bactéries résistantes dans des foyers de l’étude via une approche « OneHealth » et d’évaluer la prévalence, les facteurs de risque et les conséquences de la prématurité sur la santé et le développement chez l’enfant.
Le projet NEOLIC « Acquisition néonatale des entérobactéries productrices de béta-lactamase à spectre étendu (E-BLSE) dans un pays à bas revenu» est un projet, financé par les programmes transversaux de Recherche de l’Institut Pasteur et mené par l’unité de bactériologie expérimentale de l’Institut Pasteur de Madagascar, en collaboration avec l’unité d’épidémiologie et recherche clinique.
Le projet NEOLIC, mené à la suite du projet BIRDY 2, vise à étudier les entérobactéries productrices de béta-lactamase à spectre étendu (E-BLSE) et leur portage par les autres membres de la famille du nouveau-né ainsi que les autres sources potentielles de transmission (aliments, objets et surfaces en contact avec le nouveau-né).
Les deux projets BIRDY 2 et NEOLIC ont un intérêt majeur en santé publique, souligne-t-on. En effet, leurs résultats permettent de confirmer l’incidence d’infection néonatale élevée due à des bactéries multi résistantes aux antibiotiques, d’estimer la prévalence et d’identifier les facteurs de risque et les conséquences de la prématurité à Madagascar.
Ajouté à la caractérisation des déterminants du portage des bactéries multi résistantes et le rôle de l’environnement et de l’entourage, l’ensemble de ces données permettront de proposer des mesures et stratégies visant à contrôler et à limiter le développement d’infections néonatales pour diminuer le taux de mortalité à Madagascar.
Selon Dr Aina Harimanana, coordinatrice du projet BIRDY 2, les infections bactériennes sévères demeurent un problème de santé publique à Madagascar:«Certes, il y a eu une diminution statistiquement significative de l’incidence entre les projets BIRDY 1 et 2, malgré tout, le problème persiste.
Il est donc nécessaire de rester vigilent notamment via la surveillance lors de la première semaine de vie d’un bébé et via le suivi prénatal des femmes enceintes, sans oublier le contrôle des facteurs associés à la prématurité ».
L’Institut Pasteur recommande de cibler les infections sévères et le phénomène de prématurité à Madagascar, mais également d’apporter une amélioration de l’hygiène lors de l’accouchement.
Récemment, l’Institut Pasteur de Madagascar a organisé une journée de restitution des résultats du Projet BIRDY 2 et du projet NEOLIC. Suite aux résultats de ces deux projets, il faut trouver le moyen de mettre en place des interventions sur le terrain, a indiqué le Dr BichTram Huyn, chercheuse à l’Institut Pasteur à Paris.
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