Africa-Press – Madagascar. L’étau judiciaire se resserre autour de l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga actuellement en détention à l’île Maurice pour blanchiment d’argent et entente délictueuse. Le Pôle anti-corruption (PAC) a annoncé samedi avoir émis un mandat d’arrêt international contre celui qui fut longtemps considéré comme l’un des hommes les plus puissants et influents de Madagascar.
Selon le communiqué du PAC, l’enquête porte sur des faits remontant aux campagnes d’exportation 2019-2020, ainsi que sur des flux financiers suspects couvrant la période 2019-2026. Au cœur du dossier: le Groupement des Exportateurs de Litchis (GEL), dont Mamy Ravatomanga faisait partie des dirigeants. Les enquêteurs soupçonnent l’existence d’une rupture d’égalité entre opérateurs économiques, notamment dans la répartition des quotas d’exportation et les conditions d’accès au groupement, en l’absence de critères transparents.
Le groupe SODIAT, conglomérat fondé par Ravatomanga et actif dans plusieurs secteurs stratégiques (import-export, logistique, immobilier, agriculture), est également cité. Plusieurs sociétés du groupe auraient participé à l’exportation de litchis vers l’île Maurice. Une société basée à Maurice, appartenant à l’homme d’affaires, aurait ensuite revendu ces produits vers l’Europe, générant d’importantes marges. Les autorités soupçonnent que ces opérations aient pu servir à dissimuler des flux financiers, constitutifs de blanchiment de capitaux.
Au total, huit personnes et douze sociétés sont mises en cause pour blanchiment d’argent, corruption, atteinte à la concurrence, abus de fonction et trafic d’influence. Quatre cadres du groupe SODIAT ont été placées en détention préventive, deux autres sous contrôle judiciaire.
En 2022, Transparency International Initiative Madagascar (TI-IM) a dénoncé la mainmise du GEL et de Ravatomanga sur les exportations du litchi malgache. Elle a déposé un signalement auprès du Parquet National Financier en France et du Pôle Anti-Corruption (PAC) à Madagascar, appelant ces autorités à ouvrir une enquête sur de possibles faits criminels commis par des sociétés et des individus impliqués dans le commerce de litchi de Madagascar. « La majorité des profits générés par le commerce lucratif de litchi entre Madagascar et l’Union Européenne est concentrée entre les mains de quelques individus puissants ayant des liens avec le pouvoir politique, au détriment de dizaines de milliers de petits producteurs et collecteurs qui ne reçoivent pas leur juste dû », avait affirmé à l’époque la directrice exécutive de TI-IM.
Mamy Ravatomanga est déjà visé par un autre mandat d’arrêt international pour sa présumée implication dans la livraison clandestine en Iran de Boeing 777 via Madagascar.
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