Africa-Press – Madagascar. Madagascar produit en moyenne entre 1 800 et 3 000 tonnes de vanille par an, selon les saisons.
Le pays fournit à lui seul environ 70 à 80 % de la vanille naturelle mondiale. Cette filière fait vivre entre 80 000 et 100 000 producteurs, directement ou indirectement, et représente l’un des principaux produits d’exportation agricoles du pays.
Dans ce secteur, la région de Sava joue un rôle central. Elle concentre près de 80 à 90 % de la production nationale, soit environ 1 500 à 2 500 tonnes par an.
Sambava, appelée capitale de la vanille, se trouve au cœur de cette activité. Dans cette région, environ 93% des ménages ruraux vivent de la vanille, de près ou de loin.
À Andranovato, dans la commune de Farahalana à Sambava, la culture est presque universelle. « Dans mon fokontany [petite localité], aucun foyer ne vit sans cette plante », explique Soafaly Constant, président de l’Association Lavarondra.
La production demande patience et rigueur. Les lianes sont d’abord plantées dans le sol, puis attachées à des tuteurs. Après environ deux ans et demi, les premières fleurs apparaissent.
Vient alors une étape essentielle: la pollinisation manuelle, réalisée fleur par fleur. Neuf mois plus tard, les gousses arrivent à maturité avant de passer par plusieurs étapes de transformation, notamment l’échaudage, l’étuvage, le séchage et l’affinage.
Mais la filière rencontre plusieurs difficultés.
« Les ravageurs détruisent parfois les plantations, l’insécurité oblige les producteurs à surveiller leurs champs, et les prix de la vanille ont fortement baissé. Les revenus ne couvrent plus toujours les efforts fournis. Les conditions climatiques influencent aussi les récoltes d’une année à l’autre », explique Soafaly Constant.
Face à ces défis, les producteurs s’inquiètent pour l’avenir. « Sans amélioration des conditions de production, la région de Sava pourrait perdre progressivement sa place de référence dans la vanille mondiale », a-t-il alerté.





