Africa-Press – Mali. L’activité et les commentaires publiés sur les divers réseaux sociaux, en particulier Facebook et Twitter, se sont concentré sur les évènements au Mali, notamment les sanctions prises contre ce pays par les membres de la Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
C’est le sujet qui a été le plus discuté et le plus partagé sur les pages des réseaux sociaux, un sujet qui a fait également trop de mal à la population malienne qui souffre déjà d’un certain nombre de problèmes, hormis les attaques répétitives des groupes armés qui se soldent à chaque fois sur de nombreuses victimes, surtout parmi les civils.
Vu son importance et le nombre incalculable d’interactions, nous avons sélectionné pour nos lecteurs ce qui suit.
***Campagnes de distribution de vivres aux citoyens suite à l’embargo
Dans les régions Nord du pays,c’est une importante distribution de vivres à laquelle s’emploie la Conseillère spéciale du Pdt de la Transition, le col Assan Badiallo Touré. Cela se situe toujours dans le cadre des actions sociales du Pdt de la Transition, SE le Colonel Assimi Goïta.
100 ménages vulnérables des cercles de TAOUDENIT, Al Ourch, BOUJEBEHA, ACHOURAT, ARAOUANE, FOUM ELBA, ont reçu à leur tour, le mercredi 26 janvier, dans le cadre des actions sociales du Chef de l’État, un kit alimentaire composé de 50 Kg de riz, 50 de mil, 25 Kg de sucre et 20 litres d’huile.
Le Président de la Transition, SE le Colonel Assimi GOÏTA, Chef de l’État, à travers le ministre Secrétaire Général de la Présidence, Mamadou OULALÉ, a remis des matériels informatiques à plusieurs administrations publiques maliennes.
***Le Forum de la Société civile de l’Afrique de l’Ouest, FOSCAO
Le Forum de la Société civile de l’Afrique de l’Ouest, FOSCAO, qui a rencontré les journalistes après plusieurs médiations menées auprès de la CEDEAO pour lever les sanctions contre le Mali, mais qui n’ont pas porté de fruit, malheureusement, a déclaré qu’elle observe avec attention l’évolution de la crise malienne. Le Forum réaffirme sa solidarité aux peuples africains et leur diaspora, mobilisés pour apporter leur soutien au Mali dans la journée du samedi 22 janvier 2022, à travers le monde, suite aux sanctions infligées au pays.
***Le colonel Assimi Goïta échangeant avec le SG des N.U. Antonio Guterres
Dans un entretien téléphonique qu’il a eu, le 14 janvier dernier, avec Mr Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, le colonel Assimi Goïta, a expliqué sa vision, tout en appelant la communauté internationale de soutenir le Mali, surtout, dans les durs moments que le pays traverse en ce moment.
Une certitude : les sanctions prises, le 9 janvier dernier, à Accra, par les Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO et de l’UEMOA n’a laissé personne indifférent.
***Cherté de vie et spéculations
Profitant de cette période d’embargo imposé par la CEDEAO, certains commerçants veulent illégalement s’enrichir, en usant de comportements injustifiés. Alors que les efforts sont en cours pour pouvoir supporter le coup des sanctions imposées aux maliens, il y a des commerçants qui rendent la vie chère à la population malienne, à travers l’augmentation vertigineuse des prix des denrées alimentaires et autres produits de première nécessité.
***La rencontre avec les représentants de l’Union Africaine à Bamako
Le Mali est un pays qui tient à l’unité africaine comme les prunelles des yeux. C’est ce qu’a rappelé le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga lors de sa rencontre avec le président de la commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat en visite à Bamako. « Pour les Maliens, l’unité africaine fait partie de notre ADN. Notre répétons à l’envie que dans toutes les constitutions de la République du Mali depuis l’indépendance, quelques soient les régimes qui se sont succédés à la tête de l’État, il est inscrit que le Mali est prêt à céder tout ou partie de sa souveraineté pour construire l’unité africaine. Donc si l’Union africaine est dans nos murs aujourd’hui pour chercher une solution à la crise malienne, elle est dans son rôle. J’allais dire qu’elle accomplie son devoir », a déclaré le chef du gouvernement malien. Selon lui, les Maliens, toutes catégories sociales confondues, ont été très heureux quand ils ont appris l’arrivée de la délégation de l’union africaine. Même si le Mali est victime de sanctions économiques et financières jugées « illégales, illégitimes et inhumaines », le premier ministre garde espoir pour un dénouement heureux.
***L’union africaine choisit de rejoindre la CEDEAO
Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine s’est réuni il y a tout juste une semaine, mais ses conclusions n’ont été communiquées que ce vendredi 21 janvier Lors de cette séance entièrement consacrée au Mali, le Conseil a endossé les positions de la Cédéao. L’Union africaine soutient donc les sanctions et appelle surtout les autorités maliennes à une prolongation courte de seize mois maximum.
« Un allongement indu du processus de transition au Mali. » Pour l’Union africaine, le calendrier proposé par les autorités maliennes – une prolongation de cinq, puis de quatre ans, de la période de transition – est considéré comme « inconstitutionnel, inadmissible, inapproprié et constitue une grave obstruction au processus démocratique dans le pays. » La condamnation ne saurait être plus ferme.
L’Union africaine plaide pour un retour « rapide » à l’ordre constitutionnel et démocratique « dirigé par des civils » et soutient pour cela la proposition de médiation formulée par l’Algérie. Le délai proposé par Alger, seize mois de transition supplémentaires au maximum avant l’organisation des élections présidentielle et législatives, est jugé « approprié et réalisable. »
***Mobilisation de maliens à l’étranger
Réagissant aux sanctions prises par la CEDEAO et l’UEMOA contre le Mali, des manifestations ont eu lieu dans de nombreuses capitales africaines ainsi qu’en Europe, comme en Allemagne par exemple, en Belgique et à Paris, pour soutenir le peuple malien.
Plusieurs rassemblements ont eu lieu sur le continent, notamment au Ghana, en République de Guinée, au Tchad, au Burkina Faso, en Mauritanie, à Douala (Cameroun), et Centre Afrique… Même la Russie s’est jointe aux actions de soutien au Mali. La manifestation a eu lieu à Saint-Pétersbourg et était accompagnée de slogans en faveur de Bamako. Les participants ont apporté des pancartes avec les inscriptions : « Mali, nous sommes avec toi ! Macron, bas les pattes », « Mali, nos frères, tenez bon ! Votre cause est juste », « Il n’y a plus de colonies en Afrique », « Le Mali est un pays souverain ».
***L’Union européenne s’aligne aux sanctions de la CEDEAO
Pour s’aligner aux sanctions de la CEDEAO infligées au Mali, l’Union européenne, à la suite d’une réunion des 27 ministres des affaires étrangères européens tenue à Brest les 13 et 14 janvier dernier, avait annoncé des sanctions a l’encontre du Mali d’ici la fin du mois de janvier.
***La Turquie dénonce les sanctions CEDEAO contre le Mali
« Les sanctions de la CEDEAO contre le Mali sont une tentative de représailles pour la politique souveraine du pays et le rejet du patronage français », a déclaré Semih Koray, vice-président du parti turc Vatan.
« Nous, en tant que Parti Vatan, sommes entièrement d’accord avec la réponse du Mali contre les sanctions qui ressemblent plus à un blocus de guerre qu’à un ensemble de sanctions spécifiques à un domaine et nous les condamnons fermement. Nous souhaitons également noter que le niveau d’hostilité reflété par ces sanctions indique combien la peur du colonialisme français est grande face à la montée du mouvement démocratique national au Mali. Cette peur est peut-être le seul aspect du néocolonialisme français qui soit conforme à la réalité ».
*** Le soutien du peuple suffit-il pour que le CEDEAO revienne sur ses sanctions ?
Après l’historique et la mémorable mobilisation du vendredi 14 janvier 2022, et celle du 22 janvier, nul ne pourrait douter du soutien indéfectible et sans faille du peuple malien à ses autorités de la transition. Cette incontestable légitimité doublée des prouesses militaires évidentes sur le théâtre des opérations donne au Président de la transition, le Colonel Assimi Goïta une force supplémentaire et fait de lui un interlocuteur incontournable pour la CEDEAO, afin d’envisager lucidement des solutions pour une sortie de crise.
Mais la question que l’on est en droit de se poser est celle de savoir si le seul soutien populaire suffit-il pour que la CEDEAO fléchisse et allège ses sanctions contre le Mali dont les conséquences se font déjà sentir ? La réponse est certainement non, car la CEDEAO demeure intraitable sur une proposition conséquente et raisonnable d’un chronogramme permettant un retour rapide à l’ordre constitutionnel. En effet, la CEDEAO a non seulement rejeté la proposition de cinq ans comme durée de la transition faite par les autorités maliennes, mais aussi et surtout elle a exigé la tenue sans délai d’élections pour un retour rapide des civils au pouvoir.
***Mali – Guinée – Sénégal
Le plus grand perdant, c’est le Sénégal, affirment plusieurs exportateurs sénégalais qui ont préféré garder l’anonymat. L’embargo sur le Mali ne pourra donc que générer des pertes pour le Sénégal de Macky Sall, en terme économique et de trafic, contrairement à la Guinée du colonel Mamadi Doumbouya, pays dont le port est d’ailleurs, de façon géographique, très proche de Bamako, la capitale malienne.
***Sondage sur les sanctions CEDEAO
Contexte d’extrême tension entre le Mali et la CEDEAO, l’UEMOA, la France, l’Ingénieur Statisticien Économiste, Sidiki GUINDO, a procédé à un sondage qui s’est déroulé du vendredi 14 au dimanche 16 janvier 2022, sur un échantillon de 1345 individus dans le district de Bamako sur l’actualité nationale et internationale. De ses résultats, il ressort que plus de 90% de la population est favorable au report des élections présidentielles contre 75% précédemment. La durée moyenne proposée par les enquêtés est estimée à 3 ans et 4 mois. Aussi, plus de 90% de la population trouve injuste les sanctions de la CEDEAO. Et moins de 8% ont une opinion favorable de la CEDEAO contre plus 90% qui ont une opinion négative sur cette organisation. Par ailleurs, plus de 95% de la population est satisfaite de la gestion du pays contre moins de 5% insatisfaite ; et plus de 90% ont confiance à la Russie pour aider le Mali à vaincre les terroristes.
***Recherche de solution contre les sanctions
Face aux sanctions économiques et financières de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), les autorités maliennes sont à la recherche des voies et moyens afin de stabiliser les prix des denrées de première nécessité.
***Opinion des ONG au Mali
Les nouvelles sanctions contre le Mali pourraient avoir un impact dévastateur sur le pays, où une personne sur trois dépend déjà de l’aide humanitaire. Treize ONGs demandent instamment à tous les Etats et organismes soutenant ces sanctions de s’engager sans équivoque à appliquer des exemptions humanitaires, afin que l’aide vitale puisse atteindre tous ceux qui en ont besoin.
Décès d’IBK
Un autre sujet a retenu également l’attention sur les réseaux sociaux, il s’agit du décès de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita qui s’en est allé rejoindre sa dernière demeure.
« La fibre a cessé de battre, l’homme s’est éteint. Il a tiré sa révérence dans une apothéose triste, dans un destin solitaire.
Comme chaque être humain, il était lui aussi une cause partielle du temps. Pourtant, il n’est pas mort d’une mort naturelle, d’une volonté divine. Il a été politiquement trahi, socialement poignardé, et a humainement succombé à ses blessures. Ses assassins sont connus de tous et portent un nom : Sa propre famille. D’abord sa famille biologique, et ensuite sa famille politique. Bref, son entourage. Ce n’est pas un procès, c’est un fait, une réalité qui est connue et qui parle d’elle-même.
L’homme était seul et avait besoin de l’aide, mais on l’en a empêché. Au milieu des hommes, il avait besoin de la chaleur humaine, du concours humain. Criait seul, il n’y eut pas d’écho. Il a été abandonné et abandonné de tous. En apparence, il était calme et serein, mais son âme était emplie d’amertume, d’angoisse. La fin lui inquiétait, son pouvoir était devenu une marchandise à bon prix et à la portée de tous. Je crois avoir dit dans chacune de mes adresses qu’il était mal entouré, que son pouvoir était devenu un mythe dont chacun manipulait à sa guise et pour sa cause personnelle. »
Sekhou sidi Diawara, étudiant-chercheur à la faculté des sciences politiques de Belgrade, Serbie.
Belgrade le 25-01-2022
Anouar CHENNOUFI
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