pourquoi l’opposant Oumar Mariko se cache-t-il ?

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pourquoi l’opposant Oumar Mariko se cache-t-il ?
pourquoi l’opposant Oumar Mariko se cache-t-il ?

Africa-Press – Mali. Déjà interpellée en décembre, cette figure de la gauche fait l’objet d’une nouvelle procédure après avoir accusé l’armée d’exactions. Une affaire qui a poussé Oumar Mariko à disparaître.

Oumar Mariko serait-il devenu « l’homme à abattre » pour les autorités de Bamako ? C’est en tout cas l’avis de l’entourage du président du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi). Il faut dire que ce dernier accumule les déboires judiciaires. Le premier remonte au 6 décembre 2021.

Ce jour là, Oumar Mariko, ancien membre du Mouvement du 5 juin – Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) – est interpellé par la gendarmerie nationale suite à la diffusion d’une conversation privée dans laquelle on l’entend tenir des propos pour le moins irrévérencieux à l’encontre du locataire de la primature, Choguel Kokalla Maïga, lui aussi issu du M5.

Accusations d’exactions contre l’armée

Remis en liberté provisoire à la suite de sa première interpellation, Oumar Mariko serait aujourd’hui visé par une autre procédure, qui inquiète davantage ses proches. Les faits remontent au début du mois d’avril.

Alors que le Mali vient de commémorer, le 26 mars, l’avènement – à sa date anniversaire – de la démocratie dans le pays, le responsable politique participe, le 2 avril, à un débat sur le bilan du mouvement démocratique organisé par l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adema- PASJ).

Au milieu d’un panel de figures historiques de la lutte contre le dictateur Moussa Traoré en 1991, Oumar Mariko évoque notamment la transition malienne et les soupçons d’exactions qui pèsent sur les forces armées maliennes (Fama) suite à leur opération anti-terroriste à Moura, dans le centre du pays.

Un flou inquiétant

À peine deux jours plus tard, le 4 avril, « des hommes en uniforme, lourdement armés », débarquent à son domicile, explique Babarou Bocoum, secrétaire politique du bureau national du parti Sadi.

Mais l’opposant ne s’y trouve pas. Il ne réapparaîtra plus publiquement. « Le procureur a souhaité convoquer Monsieur Mariko afin qu’il s’explique et fournisse la preuve de ses propos sur l’armée », explique l’avocate Mariam Diawara, qui représente Oumar Mariko.

La convocation qui vise son client, à laquelle Jeune Afrique a eu accès, n’est datée que du 27 avril, soit 23 jours après l’intervention au domicile du représentant politique.

Un flou qui fait craindre « des procédures arbitraires » à certains proches d’Oumar Mariko, lesquels voient dans les affaires en cours une volonté des autorités de « faire taire et d’intimider » l’opposant, si ce n’est tout simplement « de le faire disparaître ».

Depuis, « il se cache », confirment plusieurs membres de son entourage, sans se prononcer sur les rumeurs qui le disent tantôt retranché dans une ambassade à Bamako, tantôt en cavale dans la sous-région.

Chasse à l’homme

« La gendarmerie n’a pas été en mesure de nous dire qui étaient les hommes intervenus au domicile d’Oumar Mariko. Cela aurait très bien pu être la Sécurité d’État.

Dans ce cas, Oumar Mariko aurait très bien pu disparaître sans que l’on ne sache jamais qui l’avait embarqué. Cela ressemble davantage à une chasse à l’homme qu’à une procédure judiciaire », renchérit Babarou Bocoum.

Le collaborateur d’Oumar Mariko alerte également sur les problèmes de santé dont souffrirait l’homme politique, et qui auraient pu « lui valoir le même sort que l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga (SBM) ».

Le 12 mars 2022, le Tigre décédait en détention au terme de sept mois passés en prison. Une mort « programmée » par le pouvoir, selon sa famille, qui accuse les autorités d’avoir refusé à SBM l’accès aux soins dont il avait besoin.

Et le secrétaire politique du Sadi de conclure : « La prison et les procédure judiciaires arbitraires ne doivent pas devenir un moyen pour les autorités de se débarrasser d’opposants gênants.»

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