France-Mali, un divorce qui coûte cher aux populations civiles

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France-Mali, un divorce qui coûte cher aux populations civiles
France-Mali, un divorce qui coûte cher aux populations civiles

Africa-Press – Mali. Depuis la décision de l’exécutif malien d’interdire sur son sol toute activité, y compris humanitaire, bénéficiant de financements français, plusieurs ONG se voient privées d’exercer leurs missions. Au détriment des populations les plus vulnérables.

Les liens qui relient la France au Mali se distendent chaque jour un peu plus. Après la rupture diplomatique, c’est la coupure humanitaire qui impacte directement les populations civiles. En effet, depuis la parution d’un communiqué daté du 21 novembre, le gouvernement de transition au Mali a interdit, « avec effet immédiat », toutes les activités menées sur son sol par des ONG opérant sur financement ou avec l’appui matériel ou technique de la France, y compris dans l’humanitaire. Un coup de semonce dont les effets sur la population malienne la plus démunie commencent à se faire sentir nettement en cette fin d’année, rapporte le « Journal du Mali ».

L’arrêt d’activités essentielles

D’après l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Mali a reçu 121 millions de dollars américains, soit environ 77 milliards de francs CFA d’aide publique au développement de la part de la France en 2020. Et entre janvier 2013 et septembre 2017, le montant des aides de la France au Mali, au travers de l’Agence française de développement (AFD), s’est élevé à 310 milliards de francs CFA, selon les chiffres de l’ambassade de France.

« Alors que 7,5 millions de personnes ont besoin d’assistance, soit plus de 35 % de la population malienne, et que le Mali est en 184e position sur l’Indice de développement humain, la suppression de ces financements entraînera l’arrêt d’activités essentielles, voire vitales, menées par les organisations de la société civile malienne et internationale au profit de populations en situation de grande fragilité ou de pauvreté. Ces populations se retrouvent ainsi encore plus vulnérables à la violence et à l’influence des parties en conflit », s’est inquiétée, dans une lettre aux autorités françaises, Coordination SUD, un collectif qui regroupe une trentaine d’ONG françaises à vocation internationale.

Pertes d’emploi

Selon Amadou Touré, juriste cité par Le Journal du Mali, ces ONG sont parfois le seul moyen pour les populations civiles les plus pauvres d’accéder à des services sociaux de base, tels que les soins médicaux, l’Etat malien étant totalement absent de certaines zones.

Pour les Maliens qui travaillent dans le secteur humanitaire comme employés des ONG françaises, cela signifie aussi une perte d’emploi. Mais quelques-uns ne le regrettent pas : « Personnellement, bien que cela me mette au chômage, je soutiens la décision du gouvernement malien. La France fait du chantage et il ne faut pas céder à ce chantage », estime un agent d’une ONG située dans la région de Gao, qui a accepté de répondre aux questions du journal.

Des actions détournées

Ce même agent assure que la suspension des aides françaises aura plus d’impact sur les acteurs politiques et humanitaires que sur les plus vulnérables. Car selon lui, « une grande partie des actions destinées aux plus vulnérables sont détournées par certains acteurs humanitaires. Malheureusement, ce sont des miettes qui arrivent à ces pauvres. A regarder le mode de vie richissime de certains de nos amis humanitaires, on voit bien cette dimension des détournements. Dans ce lot, on a malheureusement aussi certains élus, des notables et l’administration », poursuit-il.

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