Africa-Press – Mali. Au Mali, le gouvernement de transition a dénoncé un « rapport biaisé, reposant sur un récit fictif » en réponse à l’ONU qui a accusé la veille l’armée et des combattants « étrangers » d’avoir exécuté au moins 500 personnes, dont une vingtaine de femmes et sept enfants en mars 2022, lors d’une opération anti-jihadiste à Moura.
Selon le porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maiga, la justice malienne a ouvert une enquête à la suite des événements de Moura. « Aucun ressortissant civil de Moura n’a perdu la vie pendant l’opération militaire », a t-il affirmé dans un communiqué lu à la télévision d’État. « Parmi les morts, il n’y avait que des combattants terroristes », a-t-il ajouté.
Le gouvernement malien a dit avoir appris « avec stupeur » que la mission d’établissement des faits avait utilisé des satellites au-dessus de Moura pour obtenir des images « sans autorisation et à l’insu des autorités maliennes » et a déclaré « ouvrir immédiatement une enquête » pour « espionnage, atteinte à la sûreté extérieure de l’État » ainsi que « complot militaire ».
Les déclarations du gouvernement malien de transition sont une réponse à un rapport d’enquête de l’ONU publié le 12 mai affirmant que plus de 500 personnes ont été sommairement exécutées par l’armée et ses supplétifs à Moura, dans le centre du pays, en mars 2022. Tels que documentés dans le rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, les évènements de Moura, objets de versions contradictoires depuis un an, sont les pires du genre dans un pays pourtant familier des atrocités des jihadistes et d’autres groupes armés depuis 2012. Le rapport constitue le document le plus accusateur produit contre les forces maliennes mises en cause à de multiples reprises par le passé.
L’armée malienne avait mené dans cette localité une opération anti-terroriste et indiqué un bilan officiel de 203 morts, tous jihadistes. Un bilan battu en brèche par le rapport onusien, basé sur une enquête de la division des droits de l’Homme de la mission de Casques bleus déployée au Mali depuis 2013 (Minusma), 157 entretiens individuels et 11 entretiens de groupes.
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