Africa-Press – Mali. Les résultats du référendum organisé dimanche dernier sur le projet de Constitution porté par l’autorité de transition au Mali sont tombés. Sans surprise, le «Oui» l’a emporté avec 97% des voix, ce qui représente un véritable plébiscite en faveur des dirigeants actuels qui ont engagé la rupture avec la gouvernance antérieure.
En s’inscrivant à contre-courant de la stratégie qui faisait la part belle aux forces étrangères dans la lutte antiterroriste, les autorités de transition entendent recentrer l’action gouvernementale face aux priorités qu’impose une profonde crise multidimensionnelle.
Le taux de participation au référendum a atteint 39,40%, selon l’autorité électorale, qui a proclamé des résultats encore provisoires, vendredi dernier, lors d’une cérémonie au Centre international de conférences de Bamako.
La crainte des attaques terroristes ainsi que quelques désaccords d’ordre politique, notamment en ce qui concerne la langue officielle ou l’enjeu de la laïcité, ont impacté ce taux de participation, tout en sachant qu’il est traditionnellement faible dans le pays.
Les critiques n’ont pas tardé à fuser de la part des médias et des observateurs occidentaux qui considèrent le résultat comme «taillé sur mesure pour un maintien des colonels au pouvoir au-delà de la présidentielle prévue en février 2024, malgré leur engagement initial à rétrocéder la place aux civils après les élections.
» D’autant plus vives sont leurs «craintes» que les autorités de transition ont lancé une dynamique de rupture au Mali, au Burkina Faso et même en Guinée, au gré de laquelle les forces étrangères telles que Barkhane, Takuba, Sabre et autre G5 Sahel ont dû plier bagage après une décennie de grandes manoeuvres dans toute la région De fait, la nouvelle Constitution instaure un cadre présidentialiste au Mali, renforçant les prérogatives du chef de l’État et confortant les attentes des FAMa (forces armées maliennes) ainsi que les aspirations de la population à une réelle souveraineté face aux pressions de l’ancienne puissance coloniale, omniprésente dans la Cédéao.
Toujours est-il que le référendum était une étape cruciale dans la feuille de route scellée par les dirigeants maliens et la Cédéao en vue d’une organisation des élections en 2024 pour rétrocéder le pouvoir aux civils.
Il concrétise le calendrier de consultations et de réformes menées tambour battant depuis août 2020, avec un soutien conséquent de la population au programme mis en oeuvre par l’autorité de transition que dirige Assimi Goïta.
Par-là même, il apparaît comme la pierre angulaire de toute la refondation entreprise pour sortir le Mali d’une crise aussi longue que profonde. Ultime facette de la rupture engagée, Bamako a exigé récemment le départ des 11000 Casques bleus et 1600 policiers de la Minurso présents au Mali depuis 2013.
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