Selon L’Analyse de Leurs Poils, les Chats Seraient… Végans

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Selon L’Analyse de Leurs Poils, les Chats Seraient… Végans
Selon L’Analyse de Leurs Poils, les Chats Seraient… Végans

Africa-Press – Mali. Les chats sont des carnivores obligatoires. Leur métabolisme dépend de nutriments que l’on ne trouve que dans la viande, comme la taurine ou certaines formes de vitamine A. Et pourtant, si l’on se fie aux isotopes de l’azote mesurés dans leurs poils et leurs moustaches, les chats domestiques semblent se situer très bas dans la chaîne alimentaire, à un niveau comparable à celui des humains végans. Un paradoxe qui a poussé des chercheurs de l’Université de Vienne à revoir certaines idées bien établies sur la lecture isotopique des régimes alimentaires.

Poils, moustaches et cheveux

L’équipe a analysé les proportions de deux isotopes stables de l’azote, le 14N et le 15N, dans les poils de 35 chats d’intérieur nourris exclusivement avec des aliments industriels, ainsi que dans les moustaches de 14 d’entre eux. En parallèle, les chercheurs ont étudié les cheveux de 653 humains suivant des régimes variés (omnivores, végétariens, végans) et mesuré les signatures isotopiques des aliments pour chats vendus en supermarché.

Le rapport entre les deux isotopes, nommé δ15N, permet d’estimer la position d’un organisme dans le réseau trophique. Plus cette valeur est élevée, plus l’animal se situe haut dans la chaîne alimentaire. En moyenne, les tissus d’un consommateur présentent un enrichissement de 3 à 5 pour mille par rapport à sa nourriture. C’est ce que l’on appelle le facteur de discrimination trophique (TDF). Chez l’humain omnivore, ce décalage atteint environ 4,7 pour mille. Chez le chat, surprise: il n’est que d’environ 1,6.

Fausse signature

Dans les cheveux humains, les δ15N augmentent clairement avec la part de produits animaux dans l’alimentation. Les omnivores affichent des valeurs autour de 8,8 pour mille, contre 8,2 chez les végétariens et 7,2 chez les végans. Les poils et moustaches de chats, eux, plafonnent autour de 6,5 à 6,6 pour mille, soit des valeurs plus proches de celles des végans que des grands carnivores. Pris isolément, ces chiffres donnent l’impression que les chats mangent surtout des végétaux, ce qui est évidemment faux.

Pour les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Frontiers in Ecology and Evolution, le problème ne vient pas de l’outil mais de son interprétation. Le métabolisme du chat est particulièrement efficace pour utiliser les protéines animales. Les acides aminés issus de la viande correspondent étroitement à ceux nécessaires à la fabrication de la kératine des poils. Résultat: ces acides aminés sont incorporés presque tels quels, avec très peu de transformations isotopiques. Chez l’humain, comme chez de nombreux autres animaux, le traitement des protéines alimentaires est plus complexe, ce qui accentue l’enrichissement en isotopes des tissus.

Cette efficacité métabolique fait du chat un cas à part. Elle montre que de faibles valeurs de δ15N ne traduisent pas forcément un régime végétal, mais peuvent refléter la qualité des protéines ingérées et leur adéquation avec les besoins de l’organisme. Utiliser les isotopes de l’azote pour reconstruire les régimes alimentaires ou la position trophique d’un animal sans tenir compte de sa physiologie peut donc conduire à des conclusions erronées.

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