
Africa-Press – Niger. Proclamée République du Niger depuis le 18 décembre 1958, soit 65 ans en cette année 2023, le Niger a connu plusieurs bouleversements dont le plus grand se joue aujourd’hui avec la déchéance du régime de la 7ème République. Les citoyens nigériens ont retrouvé leur liberté d’expression et comme un seul homme, ils sont déterminés plus que jamais à en découdre avec le néocolonialisme. L’avènement du CNSP constitue également une opportunité pour le Niger de se reforger sur des bases saines pour mettre en place une République forte et indivisible, mais aussi pour relever les défis de son développement.
En effet, au lendemain des évènements du 26 juillet passé, le peuple nigérien a exprimé une sorte d’ouf de soulagement. Malgré le choix des citoyens nigériens d’opter pour une République démocratique, ce rêve qui aurait dû garantir au peuple des institutions fortes, justes et équitables, n’a finalement été qu’injustice, privation de droits, corruption, violation des droits constitutionnels, tant de tourmentes qui ont pris fin. Selon l’acteur de la société civile Nouhou Arzika, président du Mouvement Patriotique pour une Citoyenneté Responsable (MPCR), les Nigériens ont perdu goût à la démocratie au point où ils croient que c’est elle qui est responsable de leur malheur. Alors que la démocratie n’est en rien responsable, martèle-t-il.
Il estime qu’au Niger, ce sont les acteurs de la vie démocratique qui ont manqué à leur devoir, qui ont travaillé à travestir l’esprit et la lettre de notre volonté commune d’aller vers une République, une et indivisible, démocratique et sociale qui doit travailler sur la base des principes fondateurs qui sont bien clairs. « Dès qu’on parle aux gens de démocratie ou des élections, ils estiment qu’il n’y a pas lieu de continuer à parler de la démocratie, ils ne veulent même pas de la démocratie parce que pour eux, elle n’a rien accouché de crédible au Niger », notifie-t-il. Pour Nouhou Arzika, ces principes fondamentaux de bases sur lesquels doit s’assoir une République sont d’abord, le principe du gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Malheureusement, dénonce-t-il, ce processus électoral est dévoyé et ne permet pas de faire une véritable démocratie parce que ces élections truffées de tricheries ne sont pas crédibles.
Ce n’est pas la démocratie qui est en cause
« Nous attirons l’attention de tout le monde sur la nécessité d’éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain», déclare l’acteur de la société civile. La démocratie en elle-même, poursuit-il, n’a pas de problème telle qu’elle a été conçue et prévue. Aujourd’hui, nous avons une nouvelle situation, un nouveau contexte. « Longtemps avant leur arrivée, nous étions en train de dénoncer la mauvaise gouvernance, les mauvaises pratiques et les abus du pouvoir, l’impunité, la discrimination, la rupture d’égalité manifeste qui s’observait dans la gestion des affaires de l’État au niveau de tous les secteurs de la vie nationale », souligne M. Nouhou Arzika. Selon cet acteur de la société civile, les citoyens étaient étouffés sous l’ancienne République, ils étaient même constipés.
Pour ce doyen de la société civile nigérienne, plusieurs questions doivent être posées afin de faire un mea-culpa des priorités pour redresser la République. «D’abord, quels sont les nouveaux problèmes ? les problèmes anciens auxquels on fait face pour lesquels on doit dorénavant trouver des solutions à travers des initiatives qu’on aura à mettre en œuvre, notamment toutes les réformes qui sont nécessaires, pour l’avènement d’une nouvelle République », propose-t-il. La refondation de la République doit, selon Nouhou Arzika, dans un premier temps passer par une analyse critique des bases qui ont gouverné la République déchue pour qu’ensemble, on trouve des nouvelles voies qui vont permettre de mettre notre pays sur des nouveaux horizons. « Aujourd’hui notre peuple a choisi d’adopter une nouvelle posture. Nous voulons que le Niger soit comme un aigle. Vous savez l’aigle est l’oiseau qui vole le plus haut à la différence du canard qui n’arrive même pas à décoller et qui a même des difficultés pour marcher. Nous voulons quitter cette posture de République canard pour aller vers une République de l’aigle qui va être dans la posture de se fixer son objectif, de savoir où il va et comment y arriver », ajoute-t-il. « Nous ne voulons plus être une République de facilités, de citoyens qui aiment la facilité. Nous voulons être une République de conquérants », a-t-il conclu.
Hamissou Yahaya (ONEP)
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