Benjamin Roger
Africa-Press – Niger. Face à l’hostilité de la junte au pouvoir à Niamey, l’Élysée a décidé de fermer sa représentation diplomatique dans le pays.
C’est une décision inédite et hautement symbolique. La France a en effet décidé de fermer son ambassade à Niamey. Selon nos informations, cette mesure forte a été actée par Emmanuel Macron à la fin de novembre. Sur place, un discret ballet logistique a donc démarré pour permettre la fermeture de l’emprise diplomatique et l’évacuation des derniers personnels demeurés sur place après le départ de l’ambassadeur Sylvain Itté, le 27 septembre. D’après une source française, ils auront tous quitté Niamey vendredi 22 décembre.
« Délai indéterminé »
Le diplomate a informé le personnel de l’ambassade de sa fermeture par courrier. Dans sa lettre, datée du 19 décembre, Sylvain Itté explique que « l’ambassade de France se trouve aujourd’hui dans l’impossibilité d’exercer la plénitude des missions dévolues à une représentation diplomatique du fait des restrictions qui lui sont imposées par les autorités nigériennes ».
« Malgré nos demandes répétées, les autorités nigériennes compétentes n’ont pas répondu favorablement au maintien des activités de l’ambassade de France au Niger dans des conditions normales », poursuit-il, avant d’annoncer la fermeture de la chancellerie « pour un délai indéterminé ».
Depuis le coup d’État du général Abdourahamane Tiani contre Mohamed Bazoum, le 26 juillet, les relations n’ont cessé de se dégrader entre les autorités françaises et le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), la junte nigérienne. Déclaré persona non grata dès le 25 août par les putschistes, Sylvain Itté était resté à Niamey à la demande de l’Élysée. Reclus dans une ambassade sous blocus, il avait finalement quitté le territoire nigérien un mois plus tard, sa situation étant devenue intenable.
Départ des 1 500 soldats français
En parallèle, la junte de Tiani a rompu plusieurs accords de défense avec Paris, ne laissant d’autre choix à l’état-major français que de rappeler ses près de 1 500 militaires, avions de chasse et drones déployés dans le pays pour lutter contre les groupes jihadistes. La totalité d’entre eux auront également quitté le Niger le 22 décembre.
Cette fermeture de l’ambassade de France, une décision très rare, est un nouveau symbole du naufrage de Paris au Sahel depuis les coups d’État successifs d’Assimi Goïta au Mali en 2020 (et 2021), d’Ibrahim Traoré au Burkina Faso en 2022 et d’Abdourahamane Tiani au Niger, en 2023. Tour à tour, et en l’espace de quelques mois, ces trois juntes ont chacune rompu leurs liens avec l’Hexagone, notamment pour se rapprocher de la Russie de Vladimir Poutine.
Source: JeuneAfrique
Pour plus d’informations et d’analyses sur la Niger, suivez Africa-Press





