Mawunyo Hermann Boko
Africa-Press – Niger. Le diplomate béninois, qui a pris fonction le 6 août à Niamey après plus d’un an de tensions diplomatiques entre les deux pays, avait présenté ses excuses au peuple nigérien au nom de Cotonou. Explications.
C’est un acte de contrition qui n’est pas passé auprès des autorités béninoises. Gildas Agonkan, l’ambassadeur accrédité à Niamey, a été rappelé « pour consultation » le 12 février par Olushegun Bakari, le ministre des Affaires étrangères. Alors que Cotonou n’a cessé de multiplier les signes d’apaisement envers son voisin du nord, qui y reste encore réfractaire, Gildas Agonkan a cru bon de demander pardon au peuple nigérien.
La scène s’est déroulée le 1er février, lors d’une cérémonie de remise de diplômes à de nouveaux médecins parmi lesquels quelques ressortissants béninois, dans la ville de Gaya près de la frontière béninoise. « Mon pays, le Bénin, a connu des difficultés avec le Niger, a affirmé l’ambassadeur. Je voudrais, au nom de tous les Béninois, au nom des autorités du Bénin, demander pardon au peuple nigérien. Des choses graves se sont passées [et] ont engendré des sacrifices, des difficultés, des problèmes ici à Gaya. Nous demandons pardon parce que nous sommes des frères. »
« Bourde diplomatique »
La veille de ce discours, Kaladé Chaibou, nommé fin novembre 2024 par le général Abdourahamane Tiani, le président nigérien de la transition, présentait officiellement les copies figurées de ses lettres de créance au chef de la diplomatie béninoise. Le Niger n’avait plus d’ambassadeur dans la capitale économique béninoise depuis décembre 2023.
Pourtant, le rappel de l’ambassadeur béninois est intervenu seulement deux semaines plus tard car un extrait de la prise de parole de Gildas Agonkan, filmée pour l’occasion, n’est apparu sur les réseaux sociaux que le 8 février, suscitant un tollé du côté béninois. « Demander pardon, c’est reconnaître qu’on a péché ou commis une faute. Or ce n’est pas le cas. Nous avons suivi les recommandations et appliqué les sanctions imposées par la Cedeao au Niger après le coup d’État de juillet 2023 », explique un commentateur de la vie politique. « Ce qu’a dit l’ambassadeur au Niger est une grande bourde diplomatique », déplore un membre de la majorité présidentielle.
Nommé en juin 2023 mais officiellement en poste à Niamey depuis le 6 août, Gildas Agonkan est attendu à Cotonou ce 13 février, où il devrait être fixé sur son sort. Malgré la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays, la frontière est toujours fermée. Le gouvernement nigérien continue d’accuser son voisin d’abriter des forces françaises sur ses bases militaires dans le but de le déstabiliser.
Source: JeuneAfrique
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