Première édition du Festival du Dromadaire à Tchimoumounene : La communauté nomade célèbre un compagnon    incontournable et un patrimoine culturel

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Première édition du Festival du Dromadaire à Tchimoumounene : La communauté nomade célèbre un compagnon    incontournable et un patrimoine culturel
Première édition du Festival du Dromadaire à Tchimoumounene : La communauté nomade célèbre un compagnon    incontournable et un patrimoine culturel

La première édition du Festival du Dromadaire s’est tenue, du 20 au 24 janvier 2026, à Tchimoumounene, une localité du département d’Ingall dans la région d’Agadez. Il s’agit d’un événement historique et unique au Niger, célèbrant cet animal emblématique, compagnon des habitants du désert, à savoir le dromadaire. Cette première édition est placée sous le thème : « La refondation : nous nous engageons ». Les festivités se sont déroulées en présence du ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, le Colonel Mahaman Elhadj Ousmane, ainsi que des autorités administratives et coutumières régionales et locales; des responsables des organisations pastorales et de la population d’Ingall qui s’étaient fortement mobilisées.

Initié par la Fédération Ensemble pour l’Elevage (FEEL-TARTIYT), le Festival du Dromadaire est un cadre qui vise à célébrer et à honorer cet animal emblématique qui joue un rôle crucial dans la vie des populations nomades en général et touarègues en particulier, tant sur le plan socio-économique que culturel. Motivant l’initiative de ce festival, les organisateurs ont expliqué à l’opinion le rôle et la place du dromadaire dans la vie nomade, mais aussi les défis auxquels cet animal fait de plus en plus face, dont les plus importants sont le changement climatique et la modernité. D’où la nécessité de cette célébration qui est essentielle pour le préserver et le promouvoir en tant que patrimoine nomade.

Pour les organisations pastorales, il s’agit spécifiquement de valoriser l’élevage camelin et ses produits dérivés ; promouvoir le tourisme dans la région d’Agadez ; renforcer les liens entre les communautés sahéliennes et préserver les traditions et savoir-faire liés au dromadaire.

Dans ses propos liminaires au cours du festival, le ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, représentant le Premier ministre parrain de l’évènement, a rendu hommage aux initiateurs du festival, en l’occurrence la Fédération Ensemble pour l’Elevage (FEEL-TARTIYT) et son président, M. Aghali Ettey. Le ministre Mahaman Elhadj Ousmane a salué ‘’une vision stratégique et d’une initiative salutaire à plus d’un titre’’. Il a également salué le choix de Tchimoumounene à Ingall, carrefour historique de transhumance, de rencontres humaines et de civilisations pastorales. « Par cette initiative, vous avez posé un acte fort : honorer le dromadaire, mais surtout réhabiliter les peuples du désert, leur savoir-faire, leur dignité et leur contribution essentielle à la nation », a-t-il déclaré.

Pour le ministre Mahaman Elhadj Ousmane, le dromadaire est une créature d’exception façonnée par la sagesse divine pour répondre aux conditions les plus extrêmes. Il a soutenu cette thèse par le Verset Coranique où Le Très-Haut nous interpelle dans le Saint Coran : « Ne considèrent-ils donc pas les chameaux, comment ils ont été créés ? », Sourate Al-Ghashiya, verset 17. « Ce verset est une invitation à la méditation. Il nous rappelle que le dromadaire est un signe, une bénédiction, un modèle de patience, d’endurance et d’utilité pour l’homme. Chez les Touaregs, le dromadaire est l’âme du désert. Le désert ne se traverse pas par la force, mais par la patience du dromadaire. Cette sagesse enseigne que la survie repose sur la constance, l’intelligence et l’humilité face à la nature. Chez les Toubous, peuples des confins sahariens, le dromadaire est mémoire et salut. Par leur maîtrise de l’endurance, de l’orientation et de l’élevage en milieu extrême, les Toubous ont fait du dromadaire un compagnon de vie et de survie. Chez les Peulhs, pasteurs par vocation et par culture, le dromadaire incarne la discipline et la noblesse. L’élevage est pour eux une école de patience, de responsabilité et de respect du vivant. C’est grâce à lui que les routes caravanières ont relié les peuples, transporté les biens, mais aussi la foi, le savoir et la fraternité », a rappelé le ministre.

Les qualités et le rôle important du dromadaire ne sont donc plus à démontrer, car historiquement, précise le ministre en charge de l’Elevage, le dromadaire est au cœur de la construction des civilisations sahariennes et sahéliennes. « Il a rendu possibles les échanges transsahariens, la prospérité des cités caravanières et la résilience des peuples face aux épreuves du climat et du temps. Aujourd’hui encore, il demeure un pilier stratégique de la sécurité alimentaire, l’économie pastorale, la stabilité sociale, la souveraineté nationale. A travers ce festival, le Niger affirme clairement que le désert produit, que le nomade contribue, et que l’éleveur est un acteur central du développement national », a affirmé le colonel Mahaman Elhadj Ousmane.

Au menu de cette première édition du festival du dromadaire, plusieurs thématiques majeures ont été abordées en plus de la musique, de l’art et de la course des chameaux. Il s’agit de la scolarisation en milieu nomade ; la paix et la sécurité ; la cohésion sociale et le vivre-ensemble ; le patriotisme, la citoyenneté et la protection de l’environnement. Il s’agit d’un choix sur des priorités qui s’inscrivent pleinement dans la dynamique de la refondation qui place le citoyen au cœur de l’action publique. C’est pourquoi, le ministre a réitéré l’engagement et la disponibilité du gouvernement de la République du Niger, sous la conduite du Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République, Chef de l’État, à œuvrer pour la sécurité durable des espaces pastoraux ; l’amélioration de la santé animale ; la valorisation des produits de l’élevage et le renforcement des organisations pastorales. Il a souligné avoir pris bonne note de toutes les recommandations pour que le Festival du Dromadaire de Tchimoumounene puisse être inscrit dans la durée et devenir un symbole fort du Niger refondé, fier de ses valeurs, de ses cultures et de ses peuples.

Le gouverneur de la région d’Agadez, le Général de Division Ibra Boulama Issa, a salué l’initiative tout en se réjouissant du choix de Tchimoumounene, chef-lieu du Groupement Kel-Faday, dans le département d’Ingall, capitale de la Cure Salée. Il a remercié les autorités pour leur soutien à cette première édition, preuve de leur engagement à œuvrer inlassablement pour la valorisation de notre patrimoine culturel, mais aussi à contribuer à la paix, la stabilité et le développement socio-économique et culturel de notre pays, et de l’espace AES. « Ingall n’est pas seulement un lieu géographique, c’est un symbole. Symbole de la résilience aux crises et chocs climatiques, symbole millénaire et régulateur du pastoralisme dans notre pays, mais aussi terre de cultures et de rencontres nomades. Ingall est également un carrefour vivant de la cohésion sociale, d’unité, de solidarité, de dignité et du savoir-vivre entre les différentes communautés qui cohabitent et partagent cet espace depuis des siècles », a-t-il souligné.

Le gouverneur d’Agadez a rappelé que le festival du dromadaire vient compléter l’offre culturelle et touristique déjà riche de la région à travers la Cure salée, le festival de l’Aïr, le Gueroual, le Bianou, etc. « Aussi, en notre qualité de premier responsable administratif de la région, nous nous engageons, à vos côtés, à valoriser et pérenniser cet événement pour qu’il réponde aux nobles objectifs qui lui sont assignés. Par ailleurs, nous formulons le vœu, comme l’a dit le comité d’organisation, qu’à terme cet événement soit érigé en une véritable compétition internationale du dromadaire, ainsi que la mise en place d’un véritable pôle économique autour de l’espèce à travers l’institutionnalisation de la Foire Internationale du Dromadaire d’Ingall », a-t-il plaidé.

Pour les initiateurs de cet événement, les perspectives à court terme visent à créer des emplois et des opportunités pour les jeunes et les femmes à travers la diversification des produits touristiques dans notre pays ; contribuer à développer le tourisme dans la région d’Agadez ; mettre en valeur les produits locaux de l’artisanat traditionnel ; sauvegarder et promouvoir la musique « Tendé » en lien direct avec le dromadaire. A long terme, le festival du dromadaire ambitionne de faire d’Ingall un lieu de référence pour les courses de dromadaire en Afrique ; contribuer à la préservation de la culture et du patrimoine du monde pastoral ; favoriser le développement durable de la région ; magnifier la noblesse et l’élégance du dromadaire.

Les deux jours de festivité ont été marqués par des courses senior et junior de dromadaires, des danses Tendé, des concerts de guitare, des expositions et des présentations de dromadaires harnachés.

Ali Maman, ONEP Agadez

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