Africa-Press – Niger. La directrice de la pharmacie et de la médecine traditionnelle, Dr Abdou Bagoudou Rakia, représentant le ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique a présidé, le vendredi 30 janvier 2026 à Niamey, le lancement des festivités commémoratives de la 7è journée mondiale de lutte contre les Maladies Tropicales Négligées (MTN). Placée sous le thème « S’unir, agir, éliminer », cette journée vise à sensibiliser et, agir ensemble pour lutter contre ces maladies à travers l’engagement commun et l’appropriation de la lutte par les populations et les programmes MTN des pays touchés.
À l’ouverture des travaux, la directrice de la pharmacie et de la médecine traditionnelle a rappelé que la célébration de cette journée émane de la Déclaration de Londres de 2012 qui a réuni les partenaires de tous les secteurs afin de lutter activement contre ces maladies, avec comme initiative la publication de la première feuille de route de l’OMS pour le contrôle, l’élimination et l’éradication des MTN afin d’atteindre les objectifs prédéfinis à l’horizon 2030.
Par ailleurs, elle a indiqué que depuis cette déclaration, 33 pays ont éliminé au moins une MTN. Aussi, plus d’un milliard de personnes ont bénéficié de traitements préventifs au cours des cinq dernières années consécutives et plus de 400 millions de personnes n’ont plus besoin de traitement. En ce qui concerne le Niger, elle a révélé que 14 MTN ont été ciblées dans le Plan Directeur National de lutte contre les MTN 2022-2026 et que, tous les 72 districts sanitaires du pays sont endémiques à au moins une maladie. « Nul n’est à l’abri de ces maladies », a-t-elle soutenu car tous les Nigériens sont à risque. « Plus de 15 millions d’entre nous sont à risque pour la Bilharziose, plus de 10 000 femmes souffrent de la forme génitale de la maladie et plus de 33 000 individus souffrent de lymphœdème ou l’éléphantiasis des membres », a-t-elle ajouté.
La directrice a également précisé que ces maladies touchent les populations les plus pauvres et les plus vulnérables qui vivent dans des zones démunies. Elle a souligné que ces affections sont dues à l’insalubrité et aux mauvaises conditions d’hygiène et d’assainissement, mais les enfants constituent la frange de la population la plus exposée car, dit-elle, au moins 1/3 des enfants sont souvent infectés avant l’âge de 5 ans par au moins une de ces maladies. Par la suite, elle a souligné les conséquences de ces MTN sur la population et l’économie du pays. « Elles défigurent et provoquent des handicaps. Elles empêchent les enfants d’aller à l’école et les parents de travailler, limitant leur potentiel et laissant les habitants prisonniers de la pauvreté avec pour cause, des pertes de productivité, économique qui se chiffrent à des milliards de dollars américains chaque année », a-t-elle déclaré. Elle a également remercié les partenaires techniques et financiers pour leur engagement dans le cadre de la lutte contre les MTN avant de lancer un appel à l’ensemble des parties présentes. « Je vous exhorte à plus d’engagement pour la mobilisation des ressources et l’appropriation des activités de manière collégiale afin de mettre fin au fardeau des MTN dans notre pays », a-t-elle poursuivi.
Quant au Coordonnateur de la lutte contre la maladie, représentant l’OMS, Dr Baruani Bienvenu a révélé les conséquences des MTN sur les populations africaines. « Elles frappent les communautés pauvres et marginalisées, aggravant la pauvreté, le handicap et la stigmatisation, compromettant l’éducation des enfants, la productivité des adultes et, elles constituent un défi de santé et un frein au développement socio-économique », a-t-il indiqué. Il a également déclaré que le choix du thème cette année est un appel à toutes les parties prenantes à intensifier les efforts, innover, mobiliser davantage de ressources et renforcer le travail d’équipe afin d’atteindre les objectifs mondiaux fixés pour 2030. Aussi, il a souligné que l’élimination de ces maladies est réalisable grâce à l’engagement, aux partenariats et à la participation communautaire. « En 2025, 22 pays africains avaient réussi à éliminer au moins une de ces maladies et le Niger s’est démarqué en devenant le premier pays à avoir éliminé l’onchocercose et en enregistrant des progrès significatifs dans la lutte contre d’autres maladies comme le trachome, le ver de Guinée avec une réduction de plus de 99% du nombre des cas », a-t-il relevé. Malgré ces résultats encourageants, le représentant explique que certains objectifs n’ont pas été atteints. « Le fardeau des MTN repose encore sur 16 pays qui supportent 80% de ces conséquences et le Niger est encore sur la liste », a-t-il précisé.
Par ailleurs, il a salué les efforts consentis par le gouvernement du Niger et par les parties ainsi que leur participation active dans la lutte. Il a également réitéré l’engagement de son organisation pour continuer à soutenir ces efforts afin de garantir l’amélioration de la santé des populations. Enfin, il a lancé un appel aux PTF pour qu’ils se mobilisent davantage pour assurer le maintien des acquis, l’accélération du contrôle et de l’élimination d’autres MTN au Niger.
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