Indignation de l’AES face à la résolution européenne

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Indignation de l'AES face à la résolution européenne
Indignation de l'AES face à la résolution européenne

Africa-Press – Niger. Les députés européens avaient demandé la semaine dernière la libération « immédiate et inconditionnelle » de Mohamed Bazoum, provoquant l’ire du Niger. Cette fois, c’est l’AES tout entière qui s’en indigne.

Les juntes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont exprimé jeudi 19 mars leur « vive indignation » après le vote d’une résolution au Parlement européen demandant la libération « immédiate » du président nigérien Mohamed Bazoum, renversé en juillet 2023 et détenu depuis.

Dans un communiqué lu à la télévision publique, les trois pays, réunis dans la confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont condamné « avec fermeté une ingérence grave, concertée et délibérée dans les affaires intérieures d’un État souverain ».

« La sélectivité » du Parlement européen

Les juntes critiquent également « la sélectivité » du Parlement européen, estimant que l’institution passe « sous un silence assourdissant les violations réelles, illégitimes, flagrantes, répétées et continues du droit international commises, y compris l’enlèvement d’un chef d’État et l’assassinat d’un leader religieux et spirituel ».

Elles font référence sans les nommer à la capture par l’armée américaine du président vénézuélien Nicolas Maduro le 3 janvier et à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué fin février au premier jour de l’offensive israélo-américaine.

Les députés européens avaient demandé la semaine dernière à la quasi-unanimité la libération « immédiate et inconditionnelle » de Mohamed Bazoum. Élu en 2021, il a été renversé par un putsch le 26 juillet 2023 et est détenu depuis avec son épouse dans une aile du palais présidentiel à Niamey, capitale du Niger. Son mandat doit officiellement prendre fin le 2 avril.

Pour Niamey, cette résolution est une « agression »

Jeudi soir, à la télévision nationale nigérienne, le ministre de l’Intérieur Mohamed Toumba a qualifié cette résolution « d’agression ». Dans la foulée du vote, le Niger avait convoqué la chargée d’affaires de l’UE à Niamey et mardi les ambassadeurs européens accrédités dans la capitale nigérienne avaient rencontré le ministre des Affaires étrangères qui avait transmis un message de protestation.

Les autorités de l’AES, arrivées au pouvoir par des putschs entre 2020 et 2023 ont toutes tourné le dos à la France, ex-puissance coloniale et à certains alliés occidentaux pour se rapprocher de Moscou mais aussi de l’Iran ou du Venezuela notamment. Elles défendent une politique panafricaniste, souverainiste et anti-impérialiste.

En mars 2025, le régime nigérien a prolongé de cinq ans au minimum sa transition à la tête du Niger, en proie à des attaques jihadistes meurtrières qui ne faiblissent pas. Elle est toujours restée sourde aux divers appels à la libération de Mohamed Bazoum.

Source: JeuneAfrique

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