{"id":14425,"date":"2021-10-31T17:12:56","date_gmt":"2021-10-31T17:12:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/niger\/politique\/christophe-colomb-ce-quetait-reellement-lamerique-avant-son-arrivee"},"modified":"2021-10-31T17:20:33","modified_gmt":"2021-10-31T17:20:33","slug":"christophe-colomb-ce-quetait-reellement-lamerique-avant-son-arrivee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/niger\/toutes-les-actualites\/christophe-colomb-ce-quetait-reellement-lamerique-avant-son-arrivee","title":{"rendered":"Christophe Colomb : ce qu&rsquo;\u00e9tait r\u00e9ellement l&rsquo;Am\u00e9rique avant son arriv\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong>Africa-Press &#8211; Niger. <\/strong><\/span>Contrairement \u00e0 ce que de nombreux Europ\u00e9ens de l&rsquo;\u00e9poque \u00e9taient amen\u00e9s \u00e0 croire, le continent \u00e9tait dens\u00e9ment peupl\u00e9 et abritait des soci\u00e9t\u00e9s dynamiques dont la sophistication, dans de nombreux cas, \u00e9tait sans \u00e9quivalent en Europe.<\/p>\n<p>Entre 40 et 60 millions de personnes vivaient dans les Am\u00e9riques, selon des estimations r\u00e9centes, parlant quelque 1 200 langues regroup\u00e9es en quelque 120 familles linguistiques, explique \u00e0 BBC Mundo Charles C. Mann, auteur du livre \u00ab\u00a01491 &#8211; A New History of the Americas Before Columbus\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Des structures sociales \u00e9galitaires \u00e0 la gestion des for\u00eats, en passant par la ma\u00eetrise de l&rsquo;ing\u00e9nierie et des math\u00e9matiques, les peuples autochtones de la r\u00e9gion ont contribu\u00e9 \u00e0 tisser une partie du monde dans lequel nous vivons aujourd&rsquo;hui. Comme le ma\u00efs, une invention m\u00e9so-am\u00e9ricaine qui a r\u00e9volutionn\u00e9 l&rsquo;alimentation et est devenue un \u00e9l\u00e9ment essentiel du r\u00e9gime alimentaire mondial.<\/p>\n<p>Le petit aborig\u00e8ne qui donne une le\u00e7on \u00e0 toute l&rsquo;Australie Comment et quand le Venezuela a \u00ab\u00a0perdu\u00a0\u00bb l&rsquo;\u00eele de Trinidad Le tabac entre mythes et r\u00e9alit\u00e9s \u00c0 tel point que \u00ab\u00a0la domestication et la manipulation g\u00e9n\u00e9tique des plantes est la technologie la plus impressionnante d\u00e9velopp\u00e9e par les peuples indig\u00e8nes des Am\u00e9riques\u00a0\u00bb, explique l&rsquo;arch\u00e9ologue am\u00e9ricain Kurt Anschuetz \u00e0 BBC Mundo.<\/p>\n<p>Les plantes, entre autres, sont \u00e9galement la preuve d&rsquo;un riche commerce entre le nord et le sud, bien que les arch\u00e9ologues ne parviennent toujours pas \u00e0 expliquer exactement comment les plantes domestiqu\u00e9es d&rsquo;Amazonie, comme le tabac, ont atteint la r\u00e9gion canadienne ou comment le cacao m\u00e9so-am\u00e9ricain a atteint le sud du continent.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;affrontement entre les deux mondes qui a suivi l&rsquo;arriv\u00e9e des Europ\u00e9ens, de nombreux modes de vie et structures qu&rsquo;ils avaient construits ont disparu, laissant des questions auxquelles les experts tentent toujours de r\u00e9pondre.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;une des raisons pour lesquelles il est si difficile de dire clairement qui y vivait et \u00e0 quoi ressemblaient la vaste Am\u00e9rique pr\u00e9colombienne.<\/p>\n<p>Dans cette enqu\u00eate de BBC World, nous nous concentrons donc sur une s\u00e9lection, r\u00e9alis\u00e9e avec l&rsquo;aide d&rsquo;anthropologues et d&rsquo;arch\u00e9ologues, des cultures les plus importantes et les plus influentes du continent juste avant l&rsquo;arriv\u00e9e des Europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>La plupart d&rsquo;entre eux ont laiss\u00e9 beaucoup de traces arch\u00e9ologiques, \u00e0 l&rsquo;exception des peuples amazoniens. Cependant, de r\u00e9centes d\u00e9couvertes sur ce dernier bouleversent ce que l&rsquo;on croyait de la vie sur le continent.<\/p>\n<p>Les dizaines de cultures qui vivaient de l&rsquo;actuel Canada \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame-nord du Mexique avaient tendance \u00e0 \u00eatre organis\u00e9es en communaut\u00e9s moins monumentales et plus \u00e9galitaires que les grands royaumes de la M\u00e9so-Am\u00e9rique, par exemple, et beaucoup plus que les monarchies europ\u00e9ennes du 15e si\u00e8cle.<\/p>\n<p>On estime qu&rsquo;il y avait environ cinq millions d&rsquo;habitants \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e des Europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ils vivaient en groupes relativement petits qui se r\u00e9unissaient pour s&rsquo;entraider, mais ils imposaient des limites tr\u00e8s claires au pouvoir des autorit\u00e9s\u00a0\u00bb, explique Charles C. Mann.<\/p>\n<p>Dans certaines soci\u00e9t\u00e9s, tout devait \u00eatre d\u00e9cid\u00e9 par consensus et les dirigeants pouvaient \u00eatre destitu\u00e9s par le peuple &#8211; des id\u00e9es qui impressionnaient m\u00eame les th\u00e9oriciens fran\u00e7ais des Lumi\u00e8res au 18e si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Les Mohawk, les Onondaga, les Oneida, les Cayuga et les Seneca, qui \u00e9taient des nations indiennes, formaient les Haudenosaunee et vivaient dans des zones rurales dens\u00e9ment peupl\u00e9es.<\/p>\n<p>En fait, il s&rsquo;agit de la seule nation indig\u00e8ne officiellement reconnue comme un peuple ayant influenc\u00e9 la constitution et la forme de gouvernement am\u00e9ricaines.<\/p>\n<p>Charles Mann consid\u00e8re que la ressemblance entre les deux syst\u00e8mes politiques est vague, mais pense qu&rsquo;il y avait une influence culturelle des Haudenosaunee.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les Europ\u00e9ens ont trouv\u00e9 des gens qui n&rsquo;avaient pas peur de leurs gouvernements, qui \u00e9taient autonomes et qui se moquaient de l&rsquo;id\u00e9e que la noblesse \u00e9tait h\u00e9r\u00e9ditaire. Ce sont les le\u00e7ons importantes qu&rsquo;ils en ont tir\u00e9es\u00a0\u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>Les cultures mississippiennes \u00e9taient des groupes de villes ayant une religion et une id\u00e9ologie communes.<\/p>\n<p>Ils s&rsquo;\u00e9tendaient dans le Midwest, l&rsquo;est et le sud-est de ce qui est aujourd&rsquo;hui les \u00c9tats-Unis, jusqu&rsquo;\u00e0 la fronti\u00e8re canadienne.<\/p>\n<p>\u00c0 son apog\u00e9e, peu avant 1400 apr\u00e8s J.-C., l&rsquo;\u00e9tendue territoriale de ces peuples \u00e9tait \u00e9quivalente \u00e0 ce que nous appelons la \u00ab\u00a0chr\u00e9tient\u00e9\u00a0\u00bb en Europe \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque. Cela nous donne une id\u00e9e de l&rsquo;influence de cette culture en Am\u00e9rique du Nord, dit Charles C. Mann.<\/p>\n<p>Les villes les plus importantes \u00e9taient constitu\u00e9es d&rsquo;un ensemble de monticules de terre en forme de pyramides ou de plates-formes, au sommet desquels se trouvaient des maisons et des temples.<\/p>\n<p>Parmi eux, l&rsquo;imposant Cahokia &#8211; d\u00e9j\u00e0 inhabit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e des colons &#8211; ou Moundville, le deuxi\u00e8me plus grand centre urbain mississippien.<\/p>\n<p>Ces villes, plus que des centres politiques ou commerciaux, \u00e9taient des points importants de la vie sociale et mystique. Selon les d\u00e9couvertes arch\u00e9ologiques, de grandes f\u00eates religieuses et des sacrifices de masse y \u00e9taient organis\u00e9s.<\/p>\n<p>Cependant, peu avant l&rsquo;arriv\u00e9e des Europ\u00e9ens, Moundville n&rsquo;\u00e9tait plus habit\u00e9 et est devenu un lieu de s\u00e9pulture et de p\u00e8lerinage religieux.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Aujourd&rsquo;hui, deux possibilit\u00e9s sont envisag\u00e9es : soit ils sont partis pour que les villes soient utilis\u00e9es \u00e0 d&rsquo;autres fins, selon les autochtones d&rsquo;origine mississippienne, soit parce qu&rsquo;ils se sont lass\u00e9s de la structure \u00e9litiste et n&rsquo;ont conserv\u00e9 que celles o\u00f9 le pouvoir \u00e9tait partag\u00e9\u00a0\u00bb, explique Mann.<\/p>\n<p>Entre ce qui est aujourd&rsquo;hui le sud-ouest des \u00c9tats-Unis et le nord-ouest du Mexique, il y avait plus de 20 communaut\u00e9s avec des langues et des ethnies distinctes, mais avec une culture et une religion communes.<\/p>\n<p>Les Espagnols les appelaient \u00ab\u00a0pueblos\u00a0\u00bb, mais certaines de ces communaut\u00e9s \u00e9taient si grandes que les premiers documents les qualifiaient de \u00ab\u00a0royaumes\u00a0\u00bb et disaient qu&rsquo;elles \u00ab\u00a0s&rsquo;\u00e9tendaient \u00e0 perte de vue\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>C&rsquo;est le cas de Zuni et d&rsquo;Acoma, cette derni\u00e8re \u00e9tant une ville impressionnante construite sur un plateau au Nouveau-Mexique.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il n&rsquo;y avait pas de ville dominante. Nous avons la preuve qu&rsquo;en p\u00e9riode de s\u00e9cheresse ou de famine, ils se d\u00e9pla\u00e7aient d&rsquo;une ville \u00e0 l&rsquo;autre et restaient pendant des ann\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 ce que les conditions s&rsquo;am\u00e9liorent dans leur r\u00e9gion. Les cultures apprenaient les unes des autres et \u00e9taient des communaut\u00e9s multinationales\u00a0\u00bb, explique Kurt Anschuetz \u00e0 BBC World.<\/p>\n<p>Les cultures Pueblo \u00e9taient \u00e9galement d&rsquo;impressionnants agronomes et agriculteurs, qui ont d\u00e9velopp\u00e9 des vari\u00e9t\u00e9s de ma\u00efs et des technologies pour pouvoir les cultiver dans diff\u00e9rents types de sol, ce qui leur garantissait une nourriture suffisante pour toute l&rsquo;ann\u00e9e et des r\u00e9serves pour compenser les mauvaises r\u00e9coltes.<\/p>\n<p>Bien qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas d&rsquo;agriculture aussi sophistiqu\u00e9e et \u00e0 grande \u00e9chelle en Europe \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, la technique et l&rsquo;efficacit\u00e9 des indig\u00e8nes n&rsquo;impressionnent pas les colonisateurs.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les Europ\u00e9ens \u00e9taient \u00e0 la recherche de richesses min\u00e9rales et d&rsquo;\u00e2mes \u00e0 cat\u00e9chiser. Ils ont dit que la terre \u00e9tait si fertile que les gens n&rsquo;avaient rien \u00e0 faire, juste \u00e0 semer et \u00e0 r\u00e9colter. Mais ce n&rsquo;\u00e9tait pas le cas\u00a0\u00bb, conclut M. Anschuetz.<\/p>\n<p>Install\u00e9s dans des cit\u00e9s monumentales et organis\u00e9s en grands empires ou en petits \u00c9tats ind\u00e9pendants, les M\u00e9soam\u00e9ricains ressemblaient davantage \u00e0 ce que les Europ\u00e9ens ont identifi\u00e9 comme des \u00ab\u00a0civilisations\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;arriv\u00e9e des Europ\u00e9ens, on estime que 24 millions de personnes vivaient au c\u0153ur des Am\u00e9riques.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9gion a \u00e9t\u00e9 le berceau de l&rsquo;innovation et des avanc\u00e9es technologiques, ce qui a permis \u00e0 ses grandes villes de fonctionner mieux que les villes europ\u00e9ennes, selon les experts.<\/p>\n<p>Les peuples indig\u00e8nes ont r\u00e9ussi, par exemple, \u00e0 d\u00e9tourner le cours naturel des rivi\u00e8res, \u00e0 construire des lacs \u00e9tanches et \u00e0 planter des radeaux flottants \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur. Ils utilisaient du caoutchouc pour jouer au ballon et connaissaient la roue, bien qu&rsquo;ils ne l&rsquo;aient pas utilis\u00e9e, car elle \u00e9tait inutile sur leur terrain accident\u00e9 et sans animaux de b\u00e2t.<\/p>\n<p>Bien que les Mayas aient \u00e9t\u00e9 le seul peuple du continent \u00e0 d\u00e9couvrir l&rsquo;\u00e9criture de mani\u00e8re ind\u00e9pendante, d&rsquo;autres cultures m\u00e9so-am\u00e9ricaines ma\u00eetrisaient \u00e9galement l&rsquo;astronomie, les math\u00e9matiques et la po\u00e9sie orale.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin du XVe si\u00e8cle, l&#8217;empire mexicain (appel\u00e9 plus tard \u00ab\u00a0azt\u00e8que\u00a0\u00bb par de nombreux historiens) \u00e9tait \u00e0 son apog\u00e9e.<\/p>\n<p>Les cit\u00e9s-\u00c9tats de Tenochtitlan, Texcoco et Tacuba avaient form\u00e9 une alliance qui avait pris le pouvoir aux Tepanecas et conquis la majeure partie du centre et du sud du Mexique.<\/p>\n<p>Les Mexicains n&rsquo;avaient pas n\u00e9cessairement une pr\u00e9sence militaire dans les territoires conquis, mais ils obligeaient leurs nouveaux sujets \u00e0 leur envoyer des biens et des soldats en guise de tribut.<\/p>\n<p>Ils \u00e9pousent \u00e9galement les filles des chefs locaux, afin que leurs h\u00e9ritiers, \u00e9duqu\u00e9s dans la capitale, puissent \u00e0 l&rsquo;avenir commander les r\u00e9gions.<\/p>\n<p>Tout cela leur a permis de maintenir leur h\u00e9g\u00e9monie.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u00c0 bien des \u00e9gards, ce n&rsquo;\u00e9tait pas si diff\u00e9rent de ce que l&rsquo;on voyait en Europe \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque\u00a0\u00bb, explique \u00e0 BBC World l&rsquo;ethnologue Antje Gunsenheimer, de l&rsquo;universit\u00e9 de Bonn, en Allemagne.<\/p>\n<p>Quand les Europ\u00e9ens sont arriv\u00e9s, Tenochtitlan \u00e9tait une ville plus grande que Paris.<\/p>\n<p>On estime qu&rsquo;elle comptait 250 000 habitants, soit la plus forte densit\u00e9 de population des Am\u00e9riques.<\/p>\n<p>Les Mexicains n&rsquo;avaient pas n\u00e9cessairement une pr\u00e9sence militaire dans les territoires conquis, mais ils obligeaient leurs nouveaux sujets \u00e0 leur envoyer des biens et des soldats en guise de tribut.Comme en Europe, les Mexicains affichaient leur pouvoir par la richesse et la splendeur des palais et des jardins de la capitale de l&#8217;empire, Tenochtitlan.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait une ville raffin\u00e9e, avec des bains publics, avec une trentaine de palais abritant des c\u00e9ramiques fines et des textiles \u00e9l\u00e9gants. Elle \u00e9tait situ\u00e9e au milieu de plus de 2 000 km\u00b2 de lacs riches en poissons, et l&rsquo;agriculture \u00e9tait tr\u00e8s productive et faisait vivre de nombreuses personnes dans la r\u00e9gion\u00a0\u00bb, explique \u00e0 BBC Mundo Esteban Mira Caballos, titulaire d&rsquo;un doctorat en histoire am\u00e9ricaine de l&rsquo;universit\u00e9 de S\u00e9ville, en Espagne.<\/p>\n<p>Mais la ville \u00e9tait, plus que tout autre chose, une prouesse d&rsquo;ing\u00e9nierie incomparable.<\/p>\n<p>Un syst\u00e8me sophistiqu\u00e9 de canaux et de barrages construit au fil du temps a permis de r\u00e9guler la quantit\u00e9 d&rsquo;eau qui atteignait la capitale depuis les montagnes via les lacs. Cela a permis d&rsquo;\u00e9viter que Tenochtitlan ne soit trop fr\u00e9quemment inond\u00e9e pendant les p\u00e9riodes de fortes pluies et de garantir une quantit\u00e9 suffisante d&rsquo;eau douce pour la population.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les Mexicains vivaient dans un environnement tr\u00e8s fragile, qui devait \u00eatre tr\u00e8s bien g\u00e9r\u00e9. Et ils l&rsquo;ont fait parfaitement. Ils ont compris qu&rsquo;avec autant de personnes au m\u00eame endroit, le risque de contamination des lacs \u00e9tait \u00e9lev\u00e9. Nous savons qu&rsquo;il y avait des professionnels qui ramassaient les excr\u00e9ments et les emmenaient sur le continent pour les utiliser comme engrais organique dans les plantations\u00a0\u00bb, explique M. Gunsenheimer.<\/p>\n<p>Des ann\u00e9es plus tard, les Espagnols ont d\u00e9truit le syst\u00e8me hydraulique de Tenochtitlan-Mexico et l&rsquo;ont reconstruit dans le style europ\u00e9en. D\u00e8s lors, la ville a \u00e9t\u00e9 inond\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises au cours du 16e si\u00e8cle et a souffert de graves \u00e9pid\u00e9mies de typhus, preuve que le syst\u00e8me original \u00e9tait meilleur que celui mis en place par les conquistadors.<\/p>\n<p>Les ennemis jur\u00e9s des Mexicains sont moins bien connus, car nous avons moins de preuves de la fa\u00e7on dont ils vivaient avant la conqu\u00eate.<\/p>\n<p>Cependant, les Tarascans poss\u00e9daient le deuxi\u00e8me plus grand \u00c9tat de la M\u00e9so-Am\u00e9rique lorsque les Europ\u00e9ens ont pos\u00e9 le pied sur le continent.<\/p>\n<p>Dans leur mythologie, les Mexicains d\u00e9signent les Tarascans comme l&rsquo;une des tribus qui ont quitt\u00e9 leur terre ancestrale d&rsquo;Aztlan, mais ne les ont pas accompagn\u00e9s \u00e0 Tenochtitlan.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Parler d&rsquo;eux en ces termes a aid\u00e9 les Mexicains \u00e0 justifier leur incapacit\u00e9 \u00e0 vaincre les Tarascans et \u00e0 \u00e9tendre leur fronti\u00e8re au nord-ouest. C&rsquo;est comme s&rsquo;ils disaient &lsquo;ils sont aussi forts parce qu&rsquo;ils sont nos parents, c&rsquo;est pourquoi nous ne pouvons pas les battre'\u00a0\u00bb, explique \u00e0 BBC Mundo l&rsquo;anthropologue Sarah Albiez-Wieck, de l&rsquo;universit\u00e9 de Cologne en Allemagne.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin du 15e si\u00e8cle, la capitale tarascane, Tzintzuntzan, comptait pr\u00e8s de 30 000 habitants et faisait partie d&rsquo;un centre de pouvoir compos\u00e9 de trois cit\u00e9s situ\u00e9es pr\u00e8s d&rsquo;un lac, comme c&rsquo;\u00e9tait le cas dans l&#8217;empire mexicain. Contrairement \u00e0 l&#8217;empire mexicain, les experts estiment que dans le cas des Tarascans, le pouvoir \u00e9tait moins centralis\u00e9 dans une seule ville.<\/p>\n<p>Tzintzuntzan poss\u00e9dait un grand centre religieux, avec des b\u00e2timents et des pyramides de plan mixte appel\u00e9s \u00ab\u00a0y\u00e1catas\u00a0\u00bb, o\u00f9 les pr\u00eatres vivaient et effectuaient des sacrifices rituels et des feux de joie, signe que l&#8217;empire partait en guerre.<\/p>\n<p>Dans les r\u00e9cits des Mexica et des Espagnols, les Tarascans apparaissent \u00e9galement comme de grands m\u00e9tallurgistes.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le Mexique occidental \u00e9tait le berceau de la m\u00e9tallurgie en M\u00e9so-Am\u00e9rique, et les Tarascans faisaient partie de cette tradition. \u00c0 tel point qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 les premiers \u00e0 organiser l&rsquo;extraction et le travail des m\u00e9taux, dans cet \u00c9tat\u00a0\u00bb, explique M. Albiez-Wieck.<\/p>\n<p>Les chefs tarascans ont r\u00e9ussi \u00e0 maintenir leur pouvoir politique plus longtemps que leurs ennemis. Ils ont n\u00e9goci\u00e9 avec les conquistadors espagnols et ont pu continuer \u00e0 recevoir un tribut et \u00e0 avoir des subordonn\u00e9s jusqu&rsquo;au d\u00e9but du 17e si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Au 15e si\u00e8cle, la plupart des grandes cit\u00e9s mayas &#8211; comme Tikal, Palenque ou Copan &#8211; avec leurs pyramides et leurs monuments imposants \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 en pleine d\u00e9cadence. Cependant, quelque chose de r\u00e9volutionnaire s&rsquo;est produit dans cette civilisation.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L&rsquo;administration des cit\u00e9s mayas est devenue plus communautaire apr\u00e8s la disparition des rois divins vers le 9e si\u00e8cle. Je ne pense pas qu&rsquo;elle soit devenue une d\u00e9mocratie, mais davantage de personnes ont commenc\u00e9 \u00e0 participer aux d\u00e9cisions\u00a0\u00bb, explique \u00e0 BBC World l&rsquo;anthropologue Nikolai Grube, des universit\u00e9s du Texas aux \u00c9tats-Unis et de Bonn en Allemagne.<\/p>\n<p>Comme dans la Gr\u00e8ce antique, le monde maya a toujours \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 de cit\u00e9s-\u00e9tats rivales, en guerre les unes contre les autres, malgr\u00e9 une culture et une langue communes. Les rois avaient un fort contr\u00f4le sur les routes commerciales.<\/p>\n<p>Lorsque le syst\u00e8me contr\u00f4l\u00e9 par la noblesse s&rsquo;est effondr\u00e9, il semble que les gens aient profit\u00e9 de ce vide et que davantage de personnes aient commenc\u00e9 \u00e0 avoir acc\u00e8s \u00e0 des produits de luxe tels que le jade et la poterie.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, les routes commerciales avec d&rsquo;autres peuples, d\u00e9sormais libres, ont permis \u00e0 des produits tels que l&rsquo;or et le cuivre d&rsquo;atteindre le monde maya. \u00ab\u00a0D&rsquo;une certaine mani\u00e8re, les gens se sont enrichis dans un monde plus globalis\u00e9\u00a0\u00bb, explique M. Grube.<\/p>\n<p>L&rsquo;architecture des villes est \u00e9galement devenue plus modeste. En l&rsquo;absence de rois pour organiser le travail sur des structures gigantesques, l&rsquo;\u00e8re des grands monuments et des palais est termin\u00e9e. Les temples, construits par les familles, sont devenus plus petits.<\/p>\n<p>Dans la p\u00e9ninsule du Yucat\u00e1n, Mayap\u00e1n \u00e9tait la plus grande cit\u00e9 maya avant la conqu\u00eate, et Nojpet\u00e9n, capitale des Mayas Itz\u00e1, \u00e9tait si puissante qu&rsquo;elle en est venue \u00e0 contr\u00f4ler tout le nord du Guatemala.<\/p>\n<p>Le changement politique et \u00e9conomique n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re r\u00e9volution culturelle de cette civilisation : les Mayas poss\u00e9daient d\u00e9j\u00e0 les connaissances astronomiques les plus avanc\u00e9es du continent, bas\u00e9es sur leur connaissance sophistiqu\u00e9e des math\u00e9matiques.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On sait qu&rsquo;en M\u00e9sopotamie, on faisait des calculs avec l&rsquo;id\u00e9e du z\u00e9ro, mais sans symbole. Les Mayas l&rsquo;ont fait\u00a0\u00bb, explique M. Grube.<\/p>\n<p>Bien que l&rsquo;id\u00e9e du z\u00e9ro ait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e, le symbole du z\u00e9ro est important, car il a permis de repr\u00e9senter plus simplement des nombres plus longs et d&rsquo;effectuer des calculs plus complexes. Ainsi, les Mayas ont d\u00e9velopp\u00e9 un syst\u00e8me de calendrier qui m\u00ealait avec une \u00e9norme pr\u00e9cision les croyances religieuses, l&rsquo;ann\u00e9e solaire de trois cent soixante-cinq jours et d&rsquo;autres ph\u00e9nom\u00e8nes astronomiques tels que les cycles de V\u00e9nus, de la lune et des autres plan\u00e8tes.<\/p>\n<p>Un autre fait fascinant, qui ne s&rsquo;est produit que quelques fois dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9, est que les Mayas ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 le seul peuple du continent \u00e0 d\u00e9couvrir l&rsquo;\u00e9criture de mani\u00e8re ind\u00e9pendante.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9criture des Mayas \u00e9tait similaire aux hi\u00e9roglyphes \u00e9gyptiens et leur permettait d&rsquo;\u00e9crire tous les mots de leur langue. Aujourd&rsquo;hui, seuls quatre livres mayas sont conserv\u00e9s, avec des textes c\u00e9r\u00e9moniels et astronomiques, car les autres ont \u00e9t\u00e9 perdus pendant et apr\u00e8s les batailles contre les Espagnols.<\/p>\n<p>D&rsquo;autre part, le fait qu&rsquo;ils n&rsquo;aient jamais eu de gouvernement unifi\u00e9 leur a donn\u00e9 un avantage sur les envahisseurs et ils n&rsquo;ont jamais pu \u00eatre compl\u00e8tement conquis.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La p\u00e9ninsule du Yucatan et les zones montagneuses du Guatemala \u00e9taient divis\u00e9es en de nombreux petits \u00c9tats dirig\u00e9s par des groupes ou par des seigneurs. Bien que certains se soient ralli\u00e9s aux Espagnols, une grande partie n&rsquo;est pass\u00e9e sous le contr\u00f4le de l&#8217;empire colonial ou des autorit\u00e9s mexicaines qu&rsquo;au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle\u00a0\u00bb, explique Nikolai Grube.<\/p>\n<p>En 1492, l&rsquo;Am\u00e9rique du Sud comptait environ 25 millions d&rsquo;habitants, organis\u00e9s en de nombreux peuples diff\u00e9rents.<\/p>\n<p>Des grands empires andins tels que les Incas ou les Chim\u00fas, aux peuples du sud connus pour avoir r\u00e9sist\u00e9 aux conqu\u00eates et trac\u00e9 la fronti\u00e8re de l&#8217;empire espagnol.<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s les moins connues \u00e0 ce jour sont celles de l&rsquo;Amazonie, dont la rencontre avec les Europ\u00e9ens, dans un grand nombre de chaos, n&rsquo;a pas eu lieu avant le 16e si\u00e8cle.<\/p>\n<p>En effet, on a longtemps pens\u00e9 que seuls de petits groupes itin\u00e9rants pouvaient vivre dans un environnement aussi complexe.<\/p>\n<p>Les experts estiment aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;entre 8 et 10 millions de personnes vivaient en Amazonie, parlaient environ 300 langues et \u00e9taient install\u00e9es dans de grands villages.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On ne peut pas dire qu&rsquo;ils avaient des villes comme les Incas ou les Mayas. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;espaces ayant une valeur politique et religieuse, m\u00eal\u00e9s \u00e0 la for\u00eat et superconnect\u00e9s par un syst\u00e8me de routes\u00a0\u00bb, explique \u00e0 BBC Mundo Eduardo G\u00f3es Neves, du mus\u00e9e d&rsquo;arch\u00e9ologie et d&rsquo;ethnologie de l&rsquo;universit\u00e9 de Sao Paulo (MAE-USP).<\/p>\n<p>La for\u00eat amazonienne n&rsquo;\u00e9tait pas non plus vierge, comme on l&rsquo;a longtemps cru, mais a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e, plant\u00e9e et am\u00e9lior\u00e9e par ces peuples, ce qui la rendait plus r\u00e9sistante aux al\u00e9as climatiques.<\/p>\n<p>D&rsquo;autre part, la c\u00f4te atlantique abritait une grande vari\u00e9t\u00e9 de peuples, comme les Charr\u00faa, les Tupinamb\u00e1s ou les Guaran\u00eds, mais le colonialisme et la construction des villes ont effac\u00e9 une grande partie des preuves mat\u00e9rielles de ces soci\u00e9t\u00e9s pr\u00e9colombiennes.<\/p>\n<p>L&#8217;empire inca est devenu le plus grand du monde, \u00e0 la fin du 15e si\u00e8cle, une expansion que seul l&rsquo;Empire romain \u00e9galait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n<p>Le chef Pachacutec a redessin\u00e9 Cusco, la capitale, pour qu&rsquo;elle ait la forme d&rsquo;un puma (l&rsquo;une des principales divinit\u00e9s des Andes).<\/p>\n<p>L&rsquo;endroit o\u00f9 se trouvaient leurs organes g\u00e9nitaux \u00e9tait le Coricancha, ou temple du Soleil, le temple le plus important de l&#8217;empire.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait le Vatican des Andes\u00a0\u00bb, explique \u00e0 BBC Mundo l&rsquo;arch\u00e9ologue et anthropologue Sonia Alconini, de l&rsquo;universit\u00e9 de Virginie, aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>L&#8217;empire s&rsquo;\u00e9tendait sur environ 3 millions de kilom\u00e8tres carr\u00e9s, du nord de l&rsquo;\u00c9quateur actuel au centre du Chili, et \u00e9tait divis\u00e9 en quatre grands districts, chacun comportant plusieurs provinces.<\/p>\n<p>Tout \u00e9tait reli\u00e9 par un impressionnant syst\u00e8me de routes pav\u00e9es, bien construites. \u00ab\u00a0Il y avait des infrastructures partout : des ponts, des marches pour gravir les montagnes avec des lamas. Nombre de ces routes sont encore utilis\u00e9es aujourd&rsquo;hui\u00a0\u00bb, explique M. Alconini.<\/p>\n<p>Les coquilles de spondylus, tr\u00e8s pr\u00e9cieuses comme ornements, les plumes d&rsquo;oiseaux tropicaux, l&rsquo;ayahuasca, les feuilles de coca, le piment, le cuivre et le bois de l&rsquo;Amazonie \u00e9taient transport\u00e9s le long des routes de l&#8217;empire.<\/p>\n<p>L&rsquo;or et l&rsquo;argent, qui recouvraient les murs des temples de Cusco, avaient une importance plus rituelle que commerciale : l&rsquo;or repr\u00e9sentait le soleil et l&rsquo;argent la lune. Pour cette raison, il ne pouvait \u00eatre utilis\u00e9 que par l&rsquo;\u00e9lite, qui \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme divine.<\/p>\n<p>Mais pour dominer une si grande partie du continent, les Incas ont d\u00fb soumettre tous les peuples de la r\u00e9gion et les encourager \u00e0 travailler \u00e0 des travaux publics.<\/p>\n<p>Sans monnaie et sans march\u00e9, quels m\u00e9canismes \u00e9conomiques permettaient la viabilit\u00e9 d&rsquo;un si grand empire ?<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse, selon Alconini, r\u00e9side dans la gestion et la distribution sophistiqu\u00e9es des ressources par les Incas et dans leurs strat\u00e9gies de \u00ab\u00a0soft power\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Lorsque les Incas atteignaient un centre rituel important, comme l&rsquo;oracle de Pachacamac, ils y construisaient d&rsquo;autres temples et incorporaient cette divinit\u00e9 dans leur panth\u00e9on imp\u00e9rial. Ils l&rsquo;ont m\u00eame emmen\u00e9 \u00e0 Cusco et l&rsquo;ont plac\u00e9 dans le Coricancha. Imaginez l&rsquo;effet que cela a eu sur les communaut\u00e9s locales\u00a0\u00bb, explique l&rsquo;anthropologue.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, l&rsquo;un des aspects les plus importants de la conqu\u00eate inca a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;organisation de l&rsquo;\u00e9conomie de la nouvelle province. Pour ce faire, ils ont recens\u00e9 l&rsquo;ensemble de la population par \u00e2ge, sexe et ressources, ce qui a permis de d\u00e9terminer le tribut que chacun devait payer \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat sous forme de travail.<\/p>\n<p>Dans la capitale, il y avait des biblioth\u00e8ques quipus qui conservaient \u00e0 la fois les donn\u00e9es administratives de l&rsquo;ensemble de l&#8217;empire et les lign\u00e9es imp\u00e9riales des Incas. Les diff\u00e9rents types d&rsquo;informations \u00e9taient organis\u00e9s en fonction du type de n\u0153ud, de sa position, de son \u00e9paisseur, de la couleur ou de l&rsquo;extension du quipu.<\/p>\n<p>Une fois le recensement d&rsquo;une nouvelle province effectu\u00e9, toutes les ressources disponibles et produites \u00e0 partir de ce moment-l\u00e0 \u00e9taient divis\u00e9es en trois parties : un tiers allait \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat, un tiers au souverain et \u00e0 la famille imp\u00e9riale, et le dernier tiers aux communaut\u00e9s elles-m\u00eames.<\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait le syst\u00e8me Mita.<\/p>\n<p>Le tiers consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat fonctionnait comme un m\u00e9canisme de s\u00e9curit\u00e9 pour la population, puisqu&rsquo;en p\u00e9riode de s\u00e9cheresse, par exemple, l&rsquo;aide venait de l\u00e0.<\/p>\n<p>La mita \u00e9tait \u00e9galement essentielle pour l&rsquo;entretien des ouvrages et le d\u00e9placement des troupes, le long du r\u00e9seau routier de l&#8217;empire. L&rsquo;\u00c9tat pla\u00e7ait de la nourriture, des textiles ou des sandales dans les callancas &#8211; des entrep\u00f4ts construits sur les routes \u00e0 une journ\u00e9e de marche &#8211; afin que les soldats, par exemple, puissent voyager l\u00e9ger lors de leurs campagnes militaires.<\/p>\n<p>Dans certaines r\u00e9gions, les fouilles arch\u00e9ologiques sugg\u00e8rent que la conqu\u00eate inca et son syst\u00e8me de redistribution ont servi de m\u00e9canisme de nivellement entre les \u00e9lites et le peuple, selon Alconini.<\/p>\n<p>Mais cela ne signifie pas que tout le monde aimait la r\u00e8gle inca, qui exigeait, entre autres, que la langue de l&#8217;empire, le quechua, soit parl\u00e9e. Si les gens coop\u00e9raient, ils recevaient en compensation les meilleures terres, mais s&rsquo;ils se rebellaient, ils \u00e9taient d\u00e9plac\u00e9s ailleurs.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les Incas ont emmen\u00e9 en Bolivie des gens qui venaient de la r\u00e9gion de l&rsquo;\u00c9quateur. Il en va de m\u00eame pour le Chili. Cela montre l&rsquo;\u00e9norme capacit\u00e9 qu&rsquo;ils avaient de se d\u00e9placer, d&rsquo;organiser et de planifier la soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb, explique le chercheur.<\/p>\n<p>Le travail des peuples conquis a \u00e9galement servi \u00e0 \u00e9tendre la fronti\u00e8re agricole de l&#8217;empire. Gr\u00e2ce \u00e0 la technique des terrasses, construites sur les pentes du terrain andin difficile, ils ont pu cultiver du ma\u00efs et des pommes de terre, entre autres.<\/p>\n<p>Ce syst\u00e8me, dont les d\u00e9tails continuent d&rsquo;impressionner les arch\u00e9ologues, a permis aux Incas de conna\u00eetre une expansion impressionnante, mais il n&rsquo;a pas emp\u00each\u00e9 les crises politiques caus\u00e9es par la succession des souverains. L&rsquo;une d&rsquo;entre elles a provoqu\u00e9 la division qui a abouti \u00e0 la chute de l&#8217;empire aux mains des Espagnols.<\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;en 1470 environ, l&#8217;empire Chimu &#8211; qui s&rsquo;\u00e9tendait sur environ 500 km du sud de l&rsquo;actuel \u00c9quateur \u00e0 la c\u00f4te nord du P\u00e9rou, peut-\u00eatre jusqu&rsquo;\u00e0 Lima, selon certains chercheurs &#8211; \u00e9tait l&rsquo;un des plus puissants des Andes.<\/p>\n<p>En fait, la capitale Chan Chan \u00e9tait l&rsquo;une des villes les plus grandes et les plus splendides de toutes les Am\u00e9riques.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait aussi grand que Tenochtitlan, voire plus. Elle avait 24 kilom\u00e8tres carr\u00e9s de construction et, \u00e0 son apog\u00e9e et en comptant toutes les communaut\u00e9s satellites, je pense qu&rsquo;elle a pu atteindre 100 000 habitants\u00a0\u00bb, explique Gabriel Prieto, de l&rsquo;universit\u00e9 de Floride, \u00e0 BBC Mundo.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la ville se trouvaient d&rsquo;immenses palais royaux aux murs de boue d&rsquo;environ 15 m\u00e8tres de haut, d\u00e9cor\u00e9s de motifs marins.<\/p>\n<p>Leur relation avec l&rsquo;oc\u00e9an \u00e9tait tr\u00e8s particuli\u00e8re : non seulement c&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;ils commer\u00e7aient avec les autres peuples de la c\u00f4te andine, mais ils le consid\u00e9raient aussi comme leur lieu d&rsquo;origine.<\/p>\n<p>Bien qu&rsquo;ils se consid\u00e8rent comme des gens de la mer, les dirigeants de l&#8217;empire Chimu consid\u00e9raient la terre comme le principal facteur de production.<\/p>\n<p>Ils disposaient d&rsquo;un syst\u00e8me d&rsquo;irrigation impressionnant pour les zones d\u00e9sertiques, avec des canaux faits de pierres et de boue, qui sont consid\u00e9r\u00e9s comme des prouesses d&rsquo;ing\u00e9nierie.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ces personnes ont r\u00e9ussi, sans les outils qui sont aujourd&rsquo;hui fondamentaux pour le g\u00e9nie civil, \u00e0 maintenir la variation de leurs canaux \u00e0 moins d&rsquo;un m\u00e8tre par kilom\u00e8tre, ce qui est essentiel pour qu&rsquo;un canal fonctionne\u00a0\u00bb, explique Gabriel Prieto.<\/p>\n<p>La capitale a \u00e9t\u00e9 construite dans une vall\u00e9e artificielle cr\u00e9\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 ce syst\u00e8me : un canal principal amenait l&rsquo;eau d&rsquo;une rivi\u00e8re situ\u00e9e \u00e0 80 kilom\u00e8tres, tandis que d&rsquo;autres canaux provenaient des montagnes.<\/p>\n<p>Dans les zones r\u00e9sidentielles de Chan Chan, on a trouv\u00e9 les traces d&rsquo;un grand nombre d&rsquo;ateliers de textile, de poterie et de m\u00e9tallurgie. Cette derni\u00e8re a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;une de leurs grandes contributions \u00e0 la r\u00e9gion, car elle s&rsquo;est r\u00e9pandue parmi les gens du peuple dans les Andes.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il s&rsquo;agissait essentiellement d&rsquo;une machine industrielle destin\u00e9e \u00e0 traiter les objets m\u00e9talliques, en particulier les objets en cuivre et en bronze arsenical (un alliage de cuivre et d&rsquo;arsenic qui peut exister \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat naturel ou \u00eatre produit)\u00a0\u00bb, explique M. Prieto.<\/p>\n<p>L&rsquo;or et l&rsquo;argent repr\u00e9sentaient la dualit\u00e9 compl\u00e9mentaire du monde et \u00e9taient abondants dans les palais et les mausol\u00e9es Chim\u00fa, o\u00f9 les seigneurs les plus puissants \u00e9taient enterr\u00e9s avec des parures extravagantes.<\/p>\n<p>L&rsquo;orf\u00e8vrerie chimu \u00e9tait si prestigieuse que les Incas ont adopt\u00e9 leur style et que les Espagnols ont compt\u00e9 des quantit\u00e9s impressionnantes de ces m\u00e9taux pr\u00e9cieux apr\u00e8s la conqu\u00eate.<\/p>\n<p>Cet empire a perdu de sa force vers la fin du 15e si\u00e8cle lorsqu&rsquo;il est entr\u00e9 en conflit avec les Incas, estiment les chercheurs.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce combat a d\u00e9fini le destin de la r\u00e9gion andine, car les Incas n&rsquo;avaient jamais affront\u00e9 une organisation politique aussi puissante que les Chim\u00fa, mais ces derniers ne disposaient pas de l&rsquo;appareil militaire dont disposaient les Incas. Au final, les Incas ont gagn\u00e9 et conquis tout ce territoire du nord\u00a0\u00bb, explique Prieto.<\/p>\n<p>Dans ce qui est aujourd&rsquo;hui la Bolivie, les arch\u00e9ologues ont trouv\u00e9 des preuves d&rsquo;une culture qui d\u00e9fie toutes les id\u00e9es re\u00e7ues sur ceux qui vivaient en Amazonie jusqu&rsquo;en 1492.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Dans cette zone, il y avait beaucoup d&rsquo;\u0153uvres monumentales, ce que l&rsquo;on n&rsquo;attend pas ou m\u00eame que l&rsquo;on ne dit pas sur l&rsquo;Amazonie. Nous nous attendons toujours \u00e0 trouver des monuments en pierre, mais la monumentalit\u00e9 ici est en terre\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 BBC Mundo l&rsquo;anthropologue et arch\u00e9ologue Carla Jaimes Betancourt, de l&rsquo;universit\u00e9 de Bonn en Allemagne.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit de diverses structures architecturales ayant appartenu aux habitants de la zone de for\u00eat tropicale des Llanos de Mojos, connus sous le nom de \u00ab\u00a0culture casarabe\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;un des types de ces structures \u00e9tait des monticules en forme de pyramide qui pouvaient atteindre 20 m\u00e8tres de haut et \u00e9taient reli\u00e9s par des canaux et des digues. Ils \u00e9taient utilis\u00e9s comme r\u00e9sidences, cimeti\u00e8res, sites de culture et les plus grands comme centres c\u00e9r\u00e9moniels ou maisons pour l&rsquo;\u00e9lite.<\/p>\n<p>Un exemple est le r\u00e9seau de 500 monticules que l&rsquo;on trouve dans le bassin de la rivi\u00e8re Madera.<\/p>\n<p>Au total, on estime que jusqu&rsquo;\u00e0 20 000 monticules ont \u00e9t\u00e9 construits dans ce qui est aujourd&rsquo;hui le d\u00e9partement de Beni.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il semble qu&rsquo;ils aient marqu\u00e9 le paysage pour montrer leur h\u00e9g\u00e9monie politique et religieuse. Certains sites sont plus grands et s&rsquo;interconnectent avec des monticules plus petits, ce qui nous fait penser \u00e0 des zones d&rsquo;influence, comme une capitale et ses satellites\u00a0\u00bb, explique Mme Betancourt.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres structures qui nous montrent comment vivaient les habitants des plaines de Mojos sont des plateformes de culture sur\u00e9lev\u00e9es de diff\u00e9rentes tailles, certaines pouvant atteindre 30 m\u00e8tres de large et des centaines de m\u00e8tres de long, o\u00f9 l&rsquo;on r\u00e9coltait le ma\u00efs, le manioc, le piment et la courge.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s de la fronti\u00e8re actuelle avec le Br\u00e9sil, on trouve les traces d&rsquo;une autre soci\u00e9t\u00e9, sp\u00e9cialis\u00e9e dans la construction de foss\u00e9s ou de g\u00e9oglyphes. Il ne s&rsquo;agissait pas de simples dessins dans le sol, mais ils servaient \u00e0 prot\u00e9ger les villages, mais on ne sait pas de quoi ni de qui.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La taille des villages est impressionnante. Nous avons trouv\u00e9 des foss\u00e9s circulaires d\u00e9limitant des zones gigantesques de 240 hectares, avec un village \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;autre s\u00e9par\u00e9 par des syst\u00e8mes de foss\u00e9s. [Comme diff\u00e9rentes cultures vivaient dans la r\u00e9gion, il est possible qu&rsquo;il y ait eu des tensions entre elles, mais nous ne savons pas quels ph\u00e9nom\u00e8nes s&rsquo;y sont produits\u00a0\u00bb, explique l&rsquo;arch\u00e9ologue.<\/p>\n<p>Mais surtout, la cr\u00e9ation de toutes ces structures a n\u00e9cessit\u00e9 beaucoup de main-d&rsquo;\u0153uvre, ce qui montre que les soci\u00e9t\u00e9s Beni \u00e9taient plus complexes et beaucoup plus grandes qu&rsquo;on ne l&rsquo;imaginait.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pour r\u00e9aliser ces constructions, il fallait une organisation sociale et politique stable et beaucoup de monde. Nous estimons qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui la population du d\u00e9partement de Beni (environ 500 000 personnes) repr\u00e9sente 20 % de ce qu&rsquo;elle \u00e9tait avant l&rsquo;arriv\u00e9e des Europ\u00e9ens\u00a0\u00bb, explique Carla Betancourt.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 le grand nombre de personnes qui ont v\u00e9cu et modifi\u00e9 le paysage pendant des milliers d&rsquo;ann\u00e9es, on a su pr\u00e9server l&rsquo;environnement et laisser un territoire riche en biodiversit\u00e9. \u00ab\u00a0Et cela, compar\u00e9 \u00e0 ce que nous faisons aujourd&rsquo;hui en Amazonie, comme la monoculture et la d\u00e9forestation, est impressionnant\u00a0\u00bb, conclut M. Betancourt.<\/p>\n<p>Le complexe de Kuhikugu est l&rsquo;un des sites arch\u00e9ologiques les plus impressionnants de l&rsquo;Amazonie.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit de 20 villages \u00e9parpill\u00e9s sur une superficie de quelque 20 000 kilom\u00e8tres carr\u00e9s dans la r\u00e9gion de l&rsquo;Alto de Xingu, au centre du Br\u00e9sil, d\u00e9couverts par l&rsquo;arch\u00e9ologue Michael Heckenberger, de l&rsquo;universit\u00e9 de Floride.<\/p>\n<p>Les villages ont probablement \u00e9t\u00e9 construits par les anc\u00eatres du peuple indig\u00e8ne Kuikuro, qui vit aujourd&rsquo;hui dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u00e0 o\u00f9 il y a un village Kuikuro aujourd&rsquo;hui, il y en avait 20 il y a cinq cents ans, et le plus grand d&rsquo;entre eux \u00e9tait environ 15 \u00e0 20 fois plus grand que celui que nous avons aujourd&rsquo;hui. Nous estimons qu&rsquo;environ 50 000 personnes y vivaient\u00a0\u00bb, explique Heckenberger \u00e0 BBC News World.<\/p>\n<p>Ce qui \u00e9tait le plus surprenant, c&rsquo;\u00e9tait leur organisation.<\/p>\n<p>Kuhikugu, l&rsquo;un des plus grands, poss\u00e8de un \u00e9tablissement central de plus de 50 hectares, probablement destin\u00e9 aux c\u00e9r\u00e9monies, avec une immense place et un foss\u00e9 autour.<\/p>\n<p>Entre tous ces villages, il y avait un syst\u00e8me de routes pouvant atteindre 50 m\u00e8tres de large, quatre voies et m\u00eame des trottoirs.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous pensons que toute la r\u00e9gion du Xingu \u00e9tait connect\u00e9e par ce r\u00e9seau. Quelque chose comme cela n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 vu dans la Gr\u00e8ce antique ou l&rsquo;Europe m\u00e9di\u00e9vale, o\u00f9 il y avait de grandes villes, mais qui n&rsquo;\u00e9taient pas reli\u00e9es \u00e0 d&rsquo;autres communaut\u00e9s de mani\u00e8re aussi pr\u00e9cise.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Selon M. Heckenberger, ce que l&rsquo;on a d\u00e9couvert en Amazonie br\u00e9silienne est un urbanisme distinct et unique au monde.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les indig\u00e8nes ont d\u00e9couvert il y a huit cents ans que la nature pouvait \u00eatre int\u00e9gr\u00e9e dans les villes. Ils ont m\u00e9lang\u00e9 et altern\u00e9 des zones d&rsquo;occupation humaine avec des for\u00eats et des vergers.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En effet, pendant de nombreuses ann\u00e9es, les chercheurs ont suppos\u00e9 qu&rsquo;en Amazonie pr\u00e9colombienne, les tribus \u00e9taient des chasseurs-cueilleurs nomades, mais des d\u00e9couvertes comme celle de Kuhikugu montrent qu&rsquo;il y a encore beaucoup \u00e0 comprendre.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le fait que nous n&rsquo;ayons pas trouv\u00e9 quelque chose comme une grande cit\u00e9 maya en Amazonie ne signifie pas que la population ne s&rsquo;urbanisait pas et que les ressources naturelles n&rsquo;\u00e9taient pas g\u00e9r\u00e9es de mani\u00e8re sophistiqu\u00e9e\u00a0\u00bb, explique Heckenberger.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Kuhikugu est entour\u00e9 d&rsquo;une double tranch\u00e9e qui s&rsquo;\u00e9tend sur deux kilom\u00e8tres, fait 15 m\u00e8tres de large et 5 m\u00e8tres de profondeur. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;\u00e9normes constructions. Ce serait plus \u00e9vident pour nous s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une pyramide, mais une tranch\u00e9e comme celle-ci a n\u00e9cessit\u00e9 la m\u00eame mobilisation de main-d&rsquo;\u0153uvre\u00a0\u00bb, ajoute-t-il.<\/p>\n<p>Ces travaux visaient \u00e9galement \u00e0 modifier la for\u00eat de mani\u00e8re respectueuse : ils ont choisi la forme et l&rsquo;endroit les plus propices \u00e0 la croissance de certaines esp\u00e8ces, comme le montrent les preuves.<\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, de nouvelles fouilles et recherches ont montr\u00e9 qu&rsquo;il existait des soci\u00e9t\u00e9s complexes, denses et \u00e9tablies &#8211; comme celle du Xingu &#8211; dans les principaux bassins fluviaux amazoniens, selon M. Heckenberger.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Gr\u00e2ce \u00e0 ces routes, ces villages \u00e9taient probablement reli\u00e9s. Nous ne voyons pas cela aujourd&rsquo;hui parce que le colonialisme a atomis\u00e9 toute la soci\u00e9t\u00e9 qui existait l\u00e0-bas\u00a0\u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>Des d\u00e9cennies apr\u00e8s l&rsquo;arriv\u00e9e des Europ\u00e9ens en Am\u00e9rique, de nombreux peuples de l&rsquo;Amazonie centrale sont rest\u00e9s sans contact et, dans certains cas, prot\u00e9g\u00e9s des maladies qui frappaient les autres communaut\u00e9s du continent.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ce qui semble s&rsquo;\u00eatre pass\u00e9 avec les Aisuaris.<\/p>\n<p>Selon les chroniques des premiers religieux espagnols qui sont entr\u00e9s en contact avec eux (Gaspar de Carvajal en 1540 et Crist\u00f3bal de Acu\u00f1a en 1639), ce peuple vivait dans une zone dens\u00e9ment peupl\u00e9e &#8211; avec au moins 30 villages &#8211; sur les rives du fleuve Amazone, pr\u00e8s de l&rsquo;actuelle ville de Tef\u00e9, au Br\u00e9sil.<\/p>\n<p>Les religieux les d\u00e9crivaient comme d&rsquo;immenses villages, avec des milliers de guerriers, avec \u00ab\u00a0de bonnes et longues routes menant aux villages de l&rsquo;int\u00e9rieur\u00a0\u00bb, et avec des animaux comme la taricaya (une sorte de tortue).<\/p>\n<p>On a longtemps pens\u00e9 qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;exag\u00e9rations, mais durant ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les arch\u00e9ologues br\u00e9siliens ont commenc\u00e9 \u00e0 prouver le contraire.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les chroniques disaient que les Aisuaris avaient des villages lin\u00e9aires le long des rives. Nous avons trouv\u00e9 de tels sites, jusqu&rsquo;\u00e0 un kilom\u00e8tre de long, dans un \u00e9tablissement qui occupait un total de 18 hectares. Cet endroit \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s d\u00e9grad\u00e9, ce qui nous fait penser que le village devait \u00eatre beaucoup plus grand\u00a0\u00bb, explique \u00e0 BBC Mundo Rafael Lopes, chercheur \u00e0 l&rsquo;Institut du d\u00e9veloppement durable de Mamirau\u00e1.<\/p>\n<p>De plus, l&rsquo;anthropologue br\u00e9silien Antonio Porro, sp\u00e9cialiste des peuples de l&rsquo;Amazonie centrale, estime que la communaut\u00e9 Aisuaris pouvait compter jusqu&rsquo;\u00e0 60 000 personnes \u00e0 la fin du 15e si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Les vestiges arch\u00e9ologiques semblent \u00e9galement confirmer que ce peuple domestiquait les tortues, ce qui, une fois de plus, r\u00e9fute l&rsquo;id\u00e9e que les civilisations amazoniennes \u00e9taient de simples chasseurs-cueilleurs.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Cela leur garantissait des prot\u00e9ines dans leur alimentation, mais il est important de mentionner que, m\u00eame s&rsquo;ils avaient beaucoup de bouches \u00e0 nourrir, ils ont s\u00e9par\u00e9 un certain nombre de tortues et rel\u00e2ch\u00e9 les autres. C&rsquo;est la gestion des ressources naturelles\u00a0\u00bb, explique Eduardo Neves de l&rsquo;USP.<\/p>\n<p>Une autre preuve de cette gestion se trouve dans la for\u00eat amazonienne, o\u00f9 les Aisuaris ont plant\u00e9 des arbres. Des d\u00e9couvertes r\u00e9centes, comme une ch\u00e2taigneraie vieille de quatre cents \u00e0 cinq cents ans, qui s&rsquo;\u00e9tend presque jusqu&rsquo;\u00e0 la rivi\u00e8re, sont la preuve que les Aisuaris l&rsquo;ont cr\u00e9\u00e9e et entretenue.<\/p>\n<p>Selon les chroniques des pr\u00eatres espagnols, il y avait tous les 15 kilom\u00e8tres des abris entour\u00e9s de plantations pour approvisionner les personnes en exp\u00e9dition commerciale &#8211; un concept similaire \u00e0 celui des callancas incas. Ces d\u00e9tails n&rsquo;ont pas encore pu \u00eatre confirm\u00e9s.<\/p>\n<p>La poterie trouv\u00e9e dans les villages d&rsquo;Aisuari confirme que ce peuple \u00e9tait \u00e9troitement li\u00e9 \u00e0 un r\u00e9seau d&rsquo;\u00e9changes commerciaux et culturels.<\/p>\n<p>Cela nous permet \u00e9galement de conna\u00eetre leur vision du monde et leur lien avec le territoire.<\/p>\n<p>Par exemple, le fait que les urnes soient petites montre qu&rsquo;on n&rsquo;enterrait pas le corps entier, mais qu&rsquo;on attendait que le corps se d\u00e9compose avant de placer les os, parfois avec des os d&rsquo;animaux.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin du 17e si\u00e8cle, le j\u00e9suite Samuel Fritz dit n&rsquo;avoir trouv\u00e9 que quelques villages l\u00e0 o\u00f9 il y en avait des dizaines auparavant. Il semble que les Aisuaris aient d\u00e9clin\u00e9 apr\u00e8s le contact avec les colonisateurs, comme beaucoup d&rsquo;autres peuples de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Les rives du fleuve Amazone, o\u00f9 se trouve aujourd&rsquo;hui la ville de Santar\u00e9m, dans le nord du Br\u00e9sil, abritaient une civilisation dont l&rsquo;art \u00e9tait si appr\u00e9ci\u00e9 qu&rsquo;il atteignait les Cara\u00efbes, gr\u00e2ce aux r\u00e9seaux commerciaux de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit de la culture Santar\u00e9m, comme l&rsquo;appellent les chercheurs, qui a connu son apog\u00e9e entre 1200 et 1400.<\/p>\n<p>Son centre \u00e9tait une grande ville d&rsquo;au moins 400 hectares, dont les sections ressemblaient presque \u00e0 des quartiers, avec des rang\u00e9es de maisons soign\u00e9es construites sur des monticules.<\/p>\n<p>Ils y ont trouv\u00e9 des exemples d&rsquo;un type de poterie et d&rsquo;ornements uniques en Am\u00e9rique : parmi eux, des r\u00e9cipients ou des urnes, des sculptures humaines, des pointes de lance et des \u00ab\u00a0muiraquit\u00e3s\u00a0\u00bb, des amulettes zoomorphes qui ont \u00e9t\u00e9 dispers\u00e9es dans d&rsquo;autres r\u00e9gions de l&rsquo;Amazonie.<\/p>\n<p>Les Santare\u00f1os avaient \u00e9galement un \u00ab\u00a0culte de la cr\u00e9mation\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ils momifiaient les corps, ils les conservaient, ils les sortaient et les habillaient, ils les consid\u00e9raient comme des \u00eatres vivants. Mais les momies se d\u00e9t\u00e9riorant, la cr\u00e9mation \u00e9tait probablement l&rsquo;\u00e9tape finale. Ils mettaient les cendres dans des pots sp\u00e9ciaux et faisaient une sorte de th\u00e9 que les gens buvaient\u00a0\u00bb, explique \u00e0 BBC Mundo l&rsquo;arch\u00e9ologue et anthropologue Anna Roosevelt, de l&rsquo;Universit\u00e9 de l&rsquo;Illinois, \u00e0 Chicago (\u00c9tats-Unis).<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est un rituel commun en Amazonie, et cela signifie la r\u00e9v\u00e9rence. Vous buvez l&rsquo;\u00e2me de la personne, son pouvoir et son statut\u00a0\u00bb, ajoute-t-elle.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la pratique mystique, ces cendres ainsi que les restes organiques de la c\u00e9r\u00e9monie jouaient un r\u00f4le vital dans la fertilit\u00e9 du sol amazonien. Les indig\u00e8nes transportaient cette \u00ab\u00a0terre noire\u00a0\u00bb jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;endroit o\u00f9 ils voulaient cultiver, mais ils ne la produisaient pas sp\u00e9cifiquement dans ce but, c&rsquo;\u00e9tait une fa\u00e7on de se d\u00e9barrasser de ces d\u00e9chets abondants.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il s&rsquo;agissait essentiellement de d\u00e9chets organiques qui \u00e9taient compost\u00e9s et qui \u00e9taient abondants, car ils devaient \u00eatre de grandes populations\u00a0\u00bb, explique Roosevelt.<\/p>\n<p>En effet, cette terre noire est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;un des principaux indices que, contrairement \u00e0 ce que l&rsquo;on pensait, l&rsquo;Amazonie \u00e9tait tr\u00e8s peupl\u00e9e.<\/p>\n<p>Les premiers Europ\u00e9ens \u00e0 arriver dans la r\u00e9gion furent des pr\u00eatres europ\u00e9ens en 1542, qui entr\u00e8rent en contact avec le peuple Tapaj\u00f3, qui s&rsquo;est \u00e9teint \u00e0 la suite de la rencontre avec les colonisateurs.<\/p>\n<p>Bien qu&rsquo;il n&rsquo;existe aucune preuve arch\u00e9ologique que ces personnes faisaient partie de la culture Santar\u00e9m, Roosevelt estime que l&rsquo;on peut supposer qu&rsquo;elles en \u00e9taient les descendants.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La continuit\u00e9 des cultures parmi les peuples de l&rsquo;Amazonie est impressionnante. La plupart d&rsquo;entre eux sont encore en vie aujourd&rsquo;hui. Il y a des peuples qui conservent les m\u00eames symboles, les m\u00eames c\u00e9r\u00e9monies et l&rsquo;art de ceux qui vivaient dans la r\u00e9gion il y a des milliers d&rsquo;ann\u00e9es\u00a0\u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>Lorsque les Espagnols sont arriv\u00e9s dans le sud de ce qui est aujourd&rsquo;hui le Chili et l&rsquo;Argentine, pr\u00e8s de la Patagonie, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1540, ils ont trouv\u00e9 une organisation sociale si sophistiqu\u00e9e qu&rsquo;ils n&rsquo;ont jamais pu la dominer.<\/p>\n<p>\u00c0 tel point que les Mapuches ont r\u00e9sist\u00e9 plus longtemps que tout autre peuple des Am\u00e9riques. Ils \u00e9taient les seuls avec lesquels l&rsquo;Espagne devait signer un trait\u00e9 de paix pour garantir qu&rsquo;ils respecteraient les limites de leur territoire.<\/p>\n<p>Avant cela, les Mapuche s&rsquo;\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9s dans une confrontation sanglante avec les Incas, qui avaient domin\u00e9 une partie de leur territoire au nord.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les Espagnols ont estim\u00e9 le nombre de Mapuche en se basant sur les batailles. Nous savons aujourd&rsquo;hui que leur chiffre est exag\u00e9r\u00e9 et nous calculons qu&rsquo;il y avait probablement entre 1,2 et 1,3 million de personnes sur le territoire \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque\u00a0\u00bb, explique \u00e0 BBC News Mundo Tom Dillehay, de l&rsquo;universit\u00e9 Vanderbilt, aux \u00c9tats-Unis, et de l&rsquo;universit\u00e9 Austral, au Chili.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agissait de communaut\u00e9s conf\u00e9d\u00e9r\u00e9es, semblables aux peuples d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, unies uniquement sur le plan id\u00e9ologique et \u00e0 des fins militaires.<\/p>\n<p>Mais il existe des aspects uniques de l&rsquo;organisation des Mapuches qui, selon l&rsquo;expert, ont \u00e9t\u00e9 essentiels \u00e0 leur capacit\u00e9 de r\u00e9sister si longtemps \u00e0 la conqu\u00eate.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ils \u00e9taient tr\u00e8s bien organis\u00e9s sur la base d&rsquo;une structure de parent\u00e9 que j&rsquo;appelle &lsquo;t\u00e9lescopique&rsquo;. Les groupes familiaux li\u00e9s \u00e0 un anc\u00eatre masculin commun formaient un \u00ab\u00a0lof\u00a0\u00bb et ces \u00ab\u00a0lofs\u00a0\u00bb, en temps de guerre, se rassemblaient en d&rsquo;autres groupes sous la direction de chefs militaires appel\u00e9s toquis. Les diff\u00e9rentes r\u00e9gions envoyaient leurs toquis \u00e0 des c\u00e9r\u00e9monies publiques pour se mettre d&rsquo;accord sur les strat\u00e9gies \u00e0 adopter en cas de guerre ou d&rsquo;invasion\u00a0\u00bb, explique l&rsquo;arch\u00e9ologue.<\/p>\n<p>En p\u00e9riode de conflit, ils se concentraient sur les diff\u00e9rents besoins de la population : certains \u00e9taient charg\u00e9s de la nourriture, d&rsquo;autres de l&rsquo;accueil des familles d\u00e9plac\u00e9es, d&rsquo;autres encore de l&rsquo;approvisionnement des guerriers, etc.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Un autre de leurs avantages \u00e9tait l&rsquo;utilisation de tactiques de gu\u00e9rilla. Ils ont attaqu\u00e9 en petits groupes et dans des zones planifi\u00e9es, o\u00f9 ils pouvaient sortir rapidement. La guerre mobile \u00e9tait leur point fort\u00a0\u00bb, explique l&rsquo;expert.<\/p>\n<p>La r\u00e9sistance des Mapuches a dur\u00e9 jusqu&rsquo;au 19e si\u00e8cle. Aujourd&rsquo;hui, certains descendants de Mapuches sont toujours actifs sur le plan politique, notamment au Chili.<\/p>\n<p><strong>Pour plus d&rsquo;informations et d&rsquo;analyses sur la <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/niger\">Niger<\/a>, suivez <a href=\"https:\/\/www.africa-press.net\/\">Africa-Press<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Africa-Press &#8211; Niger. Contrairement \u00e0 ce que de nombreux Europ\u00e9ens de l&rsquo;\u00e9poque \u00e9taient amen\u00e9s \u00e0 croire, le continent \u00e9tait dens\u00e9ment peupl\u00e9 et abritait des soci\u00e9t\u00e9s dynamiques dont la sophistication, dans de nombreux cas, \u00e9tait sans \u00e9quivalent en Europe. 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