{"id":95624,"date":"2026-02-19T16:02:00","date_gmt":"2026-02-19T16:02:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/niger\/politique\/interview-du-president-tiani-sur-la-resilience"},"modified":"2026-02-19T16:54:18","modified_gmt":"2026-02-19T16:54:18","slug":"interview-du-president-tiani-sur-la-resilience","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/niger\/politique\/interview-du-president-tiani-sur-la-resilience","title":{"rendered":"Interview Du Pr\u00e9sident Tiani Sur La R\u00e9silience"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong>Africa-Press &#8211; Niger. <\/strong><\/span><b>Monsieur le Pre\u0301sident bonsoir, et merci de nous donner l\u2019occasion d\u2019e\u0301changer avec vous sur les pre\u0301occupations des Nige\u0301riens. Avant les grands the\u0300mes que nous allons aborder, M. le Pre\u0301sident, permettez-nous de vous demander un mot sur la tourne\u0301e que vous avez effectue\u0301e au mois d\u2019octobre et de novembre derniers a\u0300 l\u2019inte\u0301rieur du pays. Quels sont vos constats et quels sentiments vous animent, dans quel e\u0301tat se trouve notre pays, qu\u2019est-ce qu\u2019il faut retenir de la tourne\u0301e, et quels enseignements avez-vous tire\u0301s de cette tourne\u0301e? <\/b><\/p>\n<p>Aouzou bilahi mina chaitani rajim, bissimilahi rahamani rahim ! Rendons gra\u0302ce a\u0300 Allah soubahanahou wata-ala qui nous a une fois de plus permis de nous retrouver et d\u2019e\u0301changer sur la vie de la nation. Utilisons cette gra\u0302ce pour fe\u0301liciter nos Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301, fe\u0301liciter le peuple re\u0301silient ; et a\u0300 tous nos martyrs prions Allah Soubahanahou Wata-ala qu\u2019il leur accorde sa Rahama ; a\u0300 nos blesse\u0301s, qu\u2019il leur accorde un prompt re\u0301tablissement. A nous, qu\u2019il a be\u0301nis, qu\u2019il nous donne la force et le courage de continuer le combat ; un combat dont nous sommes su\u0302rs, qu\u2019une seule issue s\u2019offre a\u0300 nous: la victoire In cha Allah.<\/p>\n<p>Pour revenir a\u0300 la tourne\u0301e dont vous avez fait mention, effectivement, le 4 octobre 2025, nous avons initie\u0301 une tourne\u0301e a\u0300 l\u2019inte\u0301rieur du pays. Cette tourne\u0301e a pour objectif essentiel de voir le degre\u0301 d\u2019adhe\u0301sion et de prise de conscience de l\u2019ensemble des Nige\u0301riens par rapport aux de\u0301fis qui nous sont oppose\u0301s. Cette tourne\u0301e a commence\u0301 par la re\u0301gion de Tillabe\u0301ri, ou\u0300 nous e\u0301tions du 4 au 5 octobre, le 4 a\u0300 Tillabe\u0301ri ville me\u0302me, ensuite le 5 a\u0300 Te\u0301ra. C\u2019est une tourne\u0301e qui nous a permis dans cette premie\u0300re phase, de prendre contact avec les Nige\u0301riens, de confirmer leurs pre\u0301occupations, puisque nous connaissons de\u0301ja\u0300 les principales pre\u0301occupations de l\u2019ensemble des Nige\u0301riens, de voir physiquement et de visu quels sont les proble\u0300mes qui se posent a\u0300 l\u2019ensemble du peuple nige\u0301rien particulie\u0300rement dans la re\u0301gion de Tillabe\u0301ri qui e\u0301tait la premie\u0300re phase. Nous avons conduit des rapports avec l\u2019ensemble des Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301, pour leur porter un message de fe\u0301licitations, mais e\u0301galement un message de sensibilisation, car nous savons ceux a\u0300 qui nous avons affaire, et nous sommes conscients de la capacite\u0301 de ceux qui sont en face de nous d\u2019utiliser tous les moyens, me\u0302me les plus abjects pour nous soumettre. Donc il fallait que les FDS soient sensibilise\u0301es, pour faire face a\u0300 tout type de menace autre que les menaces auxquelles elles sont confronte\u0301es, c\u2019est-a\u0300-dire la confrontation avec les mercenaires. Nous avons e\u0301galement conduit un entretien a\u0300 la tribune de Tillabe\u0301ri, entretien au cours duquel nous avons de\u0301cline\u0301 les quatre axes de notre vision pour notre pays, et nous avons e\u0301galement a\u0300 travers des audiences, collecte\u0301, recense\u0301 les pre\u0301occupations de la population de Tillabe\u0301ri. Nous avons fait une feuille de route que nous avons conforte\u0301e avant de continuer sur Te\u0301ra le lendemain 5 octobre. Arrive\u0301 a\u0300 Te\u0301ra, c\u2019est un parcours en temps normal de 2 heures, mais nous avions mis toute une journe\u0301e. Toute une journe\u0301e, non seulement par rapport a\u0300 l\u2019accueil a\u0300 Te\u0301ra tout comme a\u0300 Tillabe\u0301ri, qui nous a e\u0301te\u0301 re\u0301serve\u0301, et pour lequel nous avons par devoir moral marche\u0301 pour saluer la population qui e\u0301tait sortie massivement ; mais e\u0301galement l\u2019e\u0301tat de la route Farie\u0301-Te\u0301ra. Je ne dirais pas la route, mais la piste Farie\u0301-Te\u0301ra.<\/p>\n<p>A Tera e\u0301galement, nous avons tenu un rapport pour nous adresser aux Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301, les fe\u0301liciter pour les sacrifices consentis, pour le de\u0301vouement avec lequel ils servent leur patrie ; et les encourager avec une prie\u0300re particulie\u0300re a\u0300 nos martyrs et a\u0300 toutes leurs familles, la grande famille nige\u0301rienne. Nous avions effectivement conduit un autre meeting a\u0300 Tera ou\u0300 nous avions recense\u0301 des pre\u0301occupations auxquelles nous avions tenu a\u0300 apporter des re\u0301ponses imme\u0301diates. Ce qui se passe est actuellement visible sur le terrain. Je n\u2019ai pas besoin de revenir la\u0300-dessus. Apre\u0300s Tera, nous e\u0301tions rentre\u0301s a\u0300 Niamey vers 22 heures pour nous pre\u0301parer pour la deuxie\u0300me phase de la tourne\u0301e dans l\u2019ensemble des huit re\u0301gions. C\u2019est ainsi que le 8 novembre, nous avons quitte\u0301 pour Dosso ou\u0300 nous avons e\u0301te\u0301, tout le long du parcours, accueillis par des foules immenses. Dosso que nous avons traverse\u0301 puisque l\u2019objectif est d\u2019aller jusqu\u2019a\u0300 Gaya en passant par le camp Agali ou\u0300 nous avons tenu un rapport avec les FDS, avant de continuer sur Gaya ou\u0300 nous avons eu un entretien avec la population sortie nombreuse pour nous accueillir et nous e\u0301couter. Je ne ferai pas la gene\u0300se des de\u0301placements dans les villes parce qu\u2019apre\u0300s Dosso, c\u2019e\u0301tait Tahoua ; et vous avez vu ce que vous avez vu sur l\u2019itine\u0301raire Dosso \u2013 Tahoua, le meeting a\u0300 Tahoua, l\u2019entretien avec les populations, les FDS, deux nuits, avant de continuer sur Agadez, et toujours par voie routie\u0300re. D\u2019Agadez, nous e\u0301tions partis a\u0300 Arlit ; Arlit-Assamaka ; puis retour sur Arlit et nuit surplace, pour continuer le lendemain, 670 kilome\u0300tres environ, sur Zinder. Nous avions atteint Zinder vers 1h30 du matin, nous avions trouve\u0301, et sur notre itine\u0301raire de Arlit-Agadez-Aderbissanat-Tanout-Zinder, des foules immenses, des populations mobilise\u0301es, a\u0300 minuit, 1h30 du matin. Nous avions e\u0301galement conduit le rapport avec les FDS de la zone de de\u0301fense numero 3 de Zinder, suivi de l\u2019entretien avec la population au stade re\u0301gional Lawandidi Manzo de Zinder. Apre\u0300s, nous avions continue\u0301 sur Maradi, ou\u0300 l\u2019accueil sur tout notre passage e\u0301tait un accueil des grands jours jusqu\u2019a\u0300 Maradi ville ou\u0300 nous e\u0301tions arrive\u0301s vers 22 heures. Le lendemain, nous avons tenu un rapport avec les FDS au PC de la zone 6 de Maradi, suivi de la visite a\u0300 Jiratawa sur un site d\u2019ame\u0301nagement hydroagricole vu l\u2019importance que nous accordons a\u0300 l\u2019autosuffisance alimentaire. De Jiratawa, nous e\u0301tions revenus a\u0300 l\u2019are\u0300ne de Maradi qui e\u0301tait pleine, avec environ 10 000 personnes. Mais, a\u0300 l\u2019exte\u0301rieur de l\u2019are\u0300ne, il y avait le triple de ce nombre, ce qui de\u0301note de la forte mobilisation que nous avions observe\u0301e. Apre\u0300s Maradi, nous e\u0301tions repartis sur Zinder pour continuer a\u0300 Diffa. La\u0300 e\u0301galement, sur tout l\u2019itine\u0301raire Maradi-Zinder-Goure\u0301 et Goudoumaria, ou\u0300 nous avions passe\u0301 la nuit ; Goudoumaria-Maine\u0301-Diffa, c\u2019e\u0301tait la me\u0302me mobilisation que nous avions observe\u0301e. Le peuple nige\u0301rien est sorti, et il nous a transmis un message: le peuple nige\u0301rien est debout, le peuple nige\u0301rien est plus que jamais de\u0301termine\u0301 a\u0300 poursuivre le combat de la dignite\u0301, le combat de la souverainete\u0301. Nous avons vu un peuple pre\u0302t au combat ; un peuple re\u0301silient, et pour qui cette re\u0301silience n\u2019est que le sympto\u0302me de ce qu\u2019il est capable d\u2019accomplir encore. Et par rapport a\u0300 tout ce que nous avons observe\u0301 et recense\u0301, nous avons tire\u0301 des conclusions. Les conclusions sont celles que je viens de dire: un peuple re\u0301silient, de\u0301termine\u0301, digne, debout, et pre\u0302t pour la lutte. Seule la lutte libe\u0300re et le peuple nige\u0301rien l\u2019a compris. Nous avons applique\u0301 depuis 1958 des strate\u0301gies qui nous ont toujours maintenus sous la domination, qu\u2019elle soit politique, strate\u0301gique, de de\u0301fense, alimentaire ou e\u0301conomique. Le peuple nige\u0301rien a compris qu\u2019une autre voie est possible. Et, c\u2019est cette voie que nous proposons a\u0300 l\u2019ensemble des Nige\u0301riens. Et nous avons trouve\u0301 un peuple qui a accepte\u0301 cette proposition et qui est de\u0301termine\u0301 a\u0300 aller jusqu\u2019au bout. Nous avons, comme je l\u2019ai dit, pris des pre\u0301occupations auxquelles nous nous sommes attele\u0301s a\u0300 donner des re\u0301ponses.<\/p>\n<p><b>Et en quoi consistaient ces re\u0301ponses?<\/b><\/p>\n<p>Pour ce qui est de la re\u0301gion de Tillabe\u0301ri, c\u2019est de\u0301ja\u0300 en cours. Pour ce qui est des autres re\u0301gions, notamment les grandes pre\u0301occupations de la re\u0301gion de Dosso, c\u2019est la mise en \u0153uvre de ce grand projet de complexe pe\u0301trochimique, du port sec de Dosso, de l\u2019ae\u0301roport de Dosso, dont peut-e\u0302tre certains estiment que ce sont des projets irre\u0301alisables. Mais nous, nous sommes su\u0302rs, In cha Allah, ces projets seront re\u0301alise\u0301s. Et nous prendrons le temps pour qu\u2019au moment ou\u0300 ces projets seront re\u0301alise\u0301s, que l\u2019inte\u0301re\u0302t national, l\u2019inte\u0301re\u0302t du peuple nige\u0301rien ne soit pas me\u0301connu. C\u2019est ce qui nous pousse a\u0300 prendre tout ce temps, je l\u2019ai dit a\u0300 Dosso, pour re\u0301aliser ce que nous avons a\u0300 re\u0301aliser. A Tahoua, les pre\u0301occupations sont e\u0301galement les me\u0302mes: l\u2019emploi. Mais en plus de l\u2019emploi, il y a le domaine de la sante\u0301, ou\u0300 ils ont souhaite\u0301 qu\u2019il y ait un ho\u0302pital de re\u0301fe\u0301rence a\u0300 l\u2019image de Maradi et de Niamey. Nous avions vu la route Tsharnawa-Tahoua, qui est totalement de\u0301grade\u0301e. C\u2019e\u0301tait e\u0301galement une pre\u0301occupation des populations. Ensuite les ame\u0301nagements hydroagricoles, cre\u0301ateurs d\u2019emplois, et d\u2019autosuffisance alimentaire. Sur ces diffe\u0301rents points, certains ont de\u0301marre\u0301, d\u2019autres sont toujours en e\u0301tude puisque nous ne voulons pas commettre les me\u0302mes erreurs. Ce sont les me\u0302mes pre\u0301occupations que nous avions trouve\u0301es a\u0300 Agadez, l\u2019emploi, la se\u0301curite\u0301 qui est valable pour toutes les autres re\u0301gions me\u0302me si je n\u2019en ai pas parle\u0301 ; et les infrastructures puisque nous avions vu la route Tabalak- Mairoua-Abalak, 85 kilome\u0300tres. Nous avions vu la route Abalak, en allant vers Tamaya, la\u0300 e\u0301galement c\u2019e\u0301tait tout un calvaire, ou\u0300 par moment, nous e\u0301tions contraints de de\u0301barquer, de marcher sur des centaines de me\u0300tres pour ne pas dire des kilome\u0300tres, non seulement pour rendre la politesse a\u0300 la population qui nous attendait, pour certains depuis 6 heures du matin, pour d\u2019autres depuis 7 heures ou 8 heures, pour nous voir passer vers midi, ou 14 heures, ou plus tard. A Agadez, nous avons e\u0301galement recense\u0301 les me\u0302mes pre\u0301occupations. Que la population d\u2019Agadez sache que tout ce que nous avons recense\u0301 sera, In cha Allah, re\u0301alise\u0301. C\u2019est la me\u0302me chose pour Arlit \u2013 Assamaka, ou\u0300 la route Agadez-Arlit est inexistante ; ensuite la route en chantier Arlit -Assamaka ; et Assamaka jusqu\u2019a\u0300 la position la plus extre\u0302me qu\u2019on appelle commune\u0301ment Dune. Nous avons tenu a\u0300 passer sur toutes ces positions pour nous adresser aux FDS qui accomplissent un travail merveilleux, et qui se sacrifient pour leur pays. A Assamaka, nous avons trouve\u0301 une situation terrible. Les e\u0301le\u0300ves de l\u2019e\u0301cole primaire de cette localite\u0301, c\u2019est juste un petit exemple, pour l\u2019examen du Certificat de fin d\u2019e\u0301tude, parcourent une distance de 374 kilome\u0300tres, pour rejoindre Ingall et passer leur examen de fin d\u2019e\u0301tudes. Le diplo\u0302me obtenu, ils arre\u0302tent leur scolarite\u0301 parce qu\u2019il n\u2019y avait pas de colle\u0300ge a\u0300 Assamaka. Ils n\u2019avaient pas de tuteurs a\u0300 Ingall. Alors qu\u2019Arlit, qui se trouve a\u0300 moins de 200 km avec 120 km de route goudronne\u0301e pouvait permettre a\u0300 ces jeunes nige\u0301riens d\u2019aller passer leur examen en toute se\u0301curite\u0301 sans risque de se perdre dans le de\u0301sert. Pire, nous avions trouve\u0301 6 classes inoccupe\u0301es qui pourraient servir de colle\u0300ge aux e\u0301le\u0300ves qui auront re\u0301ussi a\u0300 leur certificat d\u2019e\u0301tudes primaires. Etant avec la ministre de l\u2019Education nationale, nous lui avons fait part de cette pre\u0301occupation. Avant que nous rentrions a\u0300 Zinder, l\u2019arre\u0302te\u0301 a e\u0301te\u0301 pris, le CEG a e\u0301te\u0301 cre\u0301e\u0301, le directeur et tout l\u2019encadrement de\u0301signe\u0301s. C\u2019est pour vous dire qu\u2019il ya des aberrations qu\u2019on ne peut imaginer qu\u2019une fois sur place. Ces me\u0302mes types de pre\u0301occupations qui pouvaient avoir la solution imme\u0301diate ont e\u0301te\u0301 recense\u0301es dans toutes les autres re\u0301gions que nous avions visite\u0301es. Pour celles auxquelles nous pouvions apporter des re\u0301ponses imme\u0301diates comme le CEG de Assamaka, les re\u0301ponses imme\u0301diates ont e\u0301te\u0301 apporte\u0301es. Pour les pre\u0301occupations qui me\u0301ritent les analyses profondes, des analyses dont la de\u0301cision qui sera prise ne laisse place a\u0300 aucun travers, ces analyses-la\u0300 sont pose\u0301es et des de\u0301cisions seront prises comme je l\u2019ai dit dans l\u2019inte\u0301re\u0302t ge\u0301ne\u0301ral du peuple nige\u0301rien. Nous sommes re\u0301conforte\u0301s de ce que nous avions vu, nous sortons re\u0301conforte\u0301s de cette tourne\u0301e, nous sortons re\u0301conforte\u0301s de l\u2019e\u0301tat d\u2019acceptation de la lutte par le peuple nige\u0301rien et ceci nous convainc davantage que nous sommes sur la bonne voie et, In cha Allah nous allons re\u0301ussir tous ensemble malgre\u0301 l\u2019adversite\u0301 sauvage et mesquine. Voila\u0300 ce que je tire de cette grande tourne\u0301e au cours de laquelle nous avions parcouru 4 083 kilome\u0300tres en ve\u0301hicule et a\u0300 pied comme je l\u2019ai dit. Et nous tirons une conclusion e\u0301galement.<\/p>\n<p><b>Pour revenir sur la de\u0301fense et la se\u0301curite\u0301, M. le Pre\u0301sident, nous avons incontestablement ve\u0301cu une certaine accalmie avant les e\u0301ve\u0301nements survenus a\u0300 l\u2019ae\u0301roport international de Niamey dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026. S\u2019agit-il d\u2019un acte isole\u0301 ou bien d\u2019un acte annonciateur d\u2019une re\u0301surgence du terrorisme qui va cibler nos principaux sites strate\u0301giques, y compris Niamey? M. le Pre\u0301sident, que s\u2019est-il re\u0301ellement passe\u0301, et quel enseignement devons-nous tirer?<\/b><\/p>\n<p>Comme je l\u2019ai dit pre\u0301ce\u0301demment, nous tirons une conclusion de cette tourne\u0301e sur le plan se\u0301curitaire. Les chants des oiseaux de mauvais augure qui re\u0301pandent sur toutes les zones que le Niger est un pays rouge, le Niger est un pays a\u0300 feu et a\u0300 sang, ne sont mensonges et de\u0301sinformation. Nous avions parcouru 4 083 kilome\u0300tres de l\u2019est a\u0300 l\u2019ouest de notre pays, du sud au nord de notre pays, sans que le moindre incident ne soit enregistre\u0301. Ceci est la preuve que le peuple est debout et que les Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301 sont pre\u0302tes. Elles l\u2019e\u0301taient de\u0301ja\u0300 parce qu\u2019elles avaient pris conscience que la lutte incombe a\u0300 elles et non a\u0300 quelques forces e\u0301trange\u0300res. Voila\u0300 les conclusions que nous tirons de cette tourne\u0301e.<\/p>\n<p>Pour faire la transition vers votre question relativement a\u0300 la situation se\u0301curitaire, je crois que ce que j\u2019ai dit vous donne une ide\u0301e. Nous ne sommes pas nai\u0308fs. Nous savons que l\u2019adversite\u0301 sauvage est en face de nous. L\u2019attaque de l\u2019ae\u0301roport international Diori Hamani et de la base ae\u0301rienne 101 n\u2019est pas en dehors d\u2019un processus que les forces ne\u0301ocoloniales, particulie\u0300rement les forces franc\u0327aises a\u0300 travers tous leurs de\u0301membrements, les forces spe\u0301ciales, les services et les forces de fac\u0327on ge\u0301ne\u0301rale sous la direction d\u2019Emmanuel Macron, me\u0300nent contre notre pays. Ce n\u2019est un secret pour personne: notre arrive\u0301e a cre\u0301e\u0301 une situation d\u2019inimite\u0301 ouverte entre Macron et nous. Et malheureusement, il a pu entrai\u0302ner dans cette haine visce\u0301rale certains pays europe\u0301ens pour lesquels nous sommes amene\u0301s a\u0300 nous poser des questions.<\/p>\n<p>Sont-ils aveugles? Sont-ils sourds? N\u2019ont-ils pas observe\u0301 ce que la France a fait depuis 1850 pour certains, 1880-1898, jusqu\u2019a\u0300 date pour d\u2019autres sur nos territoires? L\u2019attaque de l\u2019ae\u0301roport est inscrite dans un agenda de de\u0301stabilisation maladive. Macron a pris un engagement qu\u2019avant son de\u0301part, il fera tout pour renverser le re\u0301gime nige\u0301rien qui a ose\u0301 choisir la voie de l\u2019inde\u0301pendance, de la souverainete\u0301, de la bonne gouvernance, de l\u2019autosuffisance a\u0300 travers un de\u0301veloppement des bases de production pour une souverainete\u0301 e\u0301conomique, la voie courageuse des re\u0301formes sociales que nous avions initie\u0301es. Il ne fallait pas que nous re\u0301ussissions et c\u2019est le combat que Emmanuel Macron et ses sbires nous livrent, malheureusement avec l\u2019accompagnement de certains chefs d\u2019E\u0301tat de notre sous-region et d\u2019ailleurs.<\/p>\n<p>Nous avons suivi les pre\u0301paratifs de l\u2019attaque de l\u2019ae\u0301roport depuis avril 2025. Du 26 au 28 avril, nous l\u2019avions suivi, et j\u2019ai eu a\u0300 le dire, mais malheureusement, certains Nige\u0301riens ne retiennent pas ce que nous disons ici pour sonner l\u2019alerte. Nous le faisons parce que nous savons que c\u2019est ensemble que nous pouvons remporter ce combat. Du 26 au 28 avril, a\u0300 travers les services franc\u0327ais (quand je dis les services, c\u2019est la DGSE, ce sont les forces spe\u0301ciales), avaient inonde\u0301 les mercenaires de la rive droite du Gourma, dans la zone Liptako-Gourma, en armement, en moyens financiers et en tous types d\u2019e\u0301quipements militaires pour nous de\u0301stabiliser. Il n\u2019y a pas que le Niger; le Mali et le Burkina Faso e\u0301taient aussi dans le viseur. Si vous avez suivi, c\u2019est dans l\u2019euphorie de la re\u0301ception de ces moyens: armements, mate\u0301riels roulants, moyens financiers et de toute nature, que la tentative d\u2019incursion de Namaro avait eu lieu.<\/p>\n<p>Vous vous rappelez la correction que ces e\u0301le\u0301ments-la\u0300 ont rec\u0327ue. Suite a\u0300 cette correction que nous leur avons inflige\u0301e, et surtout a\u0300 l\u2019initiative, (parce que je l\u2019ai dit, c\u2019est l\u2019euphorie de la re\u0301ception de ce mate\u0301riel mis en place par la France qui a pousse\u0301 ces mercenaires-la\u0300 a\u0300 s\u2019aventurer), ils ont e\u0301te\u0301 recadre\u0301s. Certains ont e\u0301te\u0301 releve\u0301s de leur commandement parce qu\u2019ils (les franc\u0327ais) leur avaient donne\u0301 des consignes fermes. Le signal, c\u2019est aux Franc\u0327ais de donner le signal de l\u2019attaque. Donc, nous suivons au jour le jour jusqu\u2019au 15 juillet 2025 ou\u0300 cinq agents franc\u0327ais s\u2019e\u0301taient re\u0301unis a\u0300 co\u0302te\u0301 de Yable\u0301, a\u0300 une quarantaine de kilome\u0300tres de Namaro, je crois. C\u2019est un site aurife\u0300re. Renseignez-vous aupre\u0300s des orpailleurs, vous saurez de quoi je parle. Donc, du 15 au 19 juillet, ils s\u2019e\u0301taient re\u0301unis. Au cours de cette re\u0301union, il e\u0301tait de\u0301cide\u0301 d\u2019attaquer l\u2019ae\u0301roport international Diori Hamani.<\/p>\n<p>Ce n\u2019e\u0301tait pas l\u2019EIGS, ce n\u2019e\u0301tait pas le JNIM, c\u2019e\u0301tait un conglome\u0301rat de mercenaires que les Franc\u0327ais ont finance\u0301 et nous connaissons le montant du financement. Ce conglome\u0301rat dont la re\u0301union de cadrage avait eu lieu du 15 au 19 juillet 2025 a\u0300 Yable\u0301 avait rec\u0327u pour mission d\u2019attaquer fin de\u0301cembre 2025. Il faut suivre ce que font les services franc\u0327ais pour comprendre leur psychologie, leur mentalite\u0301. Vous vous rappelez a\u0300 travers certains laquais, notamment le site N\u2019Gade, malheureusement un site que les services franc\u0327ais animent mais qui communiquent les e\u0301le\u0301ments a\u0300 ce malfrat pour les porter a\u0300 la connaissance des Nige\u0301riens et du monde entier. Il faut que les Nige\u0301riens le sachent. Ils avaient, si vous vous rappelez, lui et un certain Barou Chekaraou, mis sur leur site que le ge\u0301ne\u0301ral Tiani s\u2019est affole\u0301. Il a convoque\u0301 une re\u0301union parce qu\u2019il a appris que l\u2019ae\u0301roport sera attaque\u0301. Mais c\u2019e\u0301tait des projets qui ont e\u0301te\u0301 de\u0301veloppe\u0301s a\u0300 Yable\u0301 du 15 au 19 juillet. Ce ne sont pas des chime\u0300res. Ce qu\u2019ils disent, c\u2019est re\u0301ellement leur intention. Nous, Nige\u0301riens, nous avons eu l\u2019occasion ou les occasions multiples de savoir que ces gens disent par anticipation, ce qu\u2019ils ont de\u0301ja\u0300 ordonne\u0301 de faire. Ce sont les dispositions que nous prenons qui font que ces gens sont oblige\u0301s de reporter.<\/p>\n<p>Mais aucun dispositif n\u2019est parfait. Qu\u2019on me cite une seule capitale au monde qui n\u2019a pas fait l\u2019objet d\u2019attaques terroristes ou d\u2019attaques de grands bandits. De mars 2013 a\u0300 novembre 2024, la France a enregistre\u0301 53 attaques terroristes. De ces 53 attaques terroristes, 80% sont conduites a\u0300 Paris, la capitale de la France. Donc, aucun dispositif n\u2019est parfait. Ils sont prompts a\u0300 dire que nous sommes des incapables. Mais si nous sommes des incapables, c\u2019est d\u2019eux que nous avons he\u0301rite\u0301 cette incapacite\u0301. Et justement, c\u2019est cette incapacite\u0301 que nous voulons e\u0301carter de notre vision. C\u2019est cette incapacite\u0301 que nous voulons amener le peuple nige\u0301rien a\u0300 comprendre que ce n\u2019est pas la bonne voie. Que Dieu nous pre\u0301serve de la voie des incapables.<\/p>\n<p>Vous vous rappelez l\u2019attaque du Bataclan, celle du site de Charlie Hebdo, et celle du stade de France ou\u0300 le pre\u0301sident franc\u0327ais e\u0301tait au stade quand des attaques simultane\u0301es ont e\u0301te\u0301 conduites a\u0300 Paris. Sept attaques la me\u0302me nuit. C\u2019est 91 victimes en moins de 30 minutes. Donc, ces gens qui crient a\u0300 notre incapacite\u0301, peut-e\u0302tre qu\u2019elle est he\u0301re\u0301ditaire chez eux. Et quand je dis he\u0301re\u0301ditaire, pas nige\u0301rienne, elle est franc\u0327aise.<\/p>\n<p>C\u2019est pour vous dire, en parlant se\u0301rieusement, qu\u2019aucun dispositif n\u2019est herme\u0301tique. Aucun dispositif n\u2019est infaillible. Nous apprenons, nous Nige\u0301riens, de nos failles et nous les corrigeons. Nous avions appris et c\u0327a gra\u0302ce a\u0300 notre formation a\u0300 anticiper. Parce que, dans chaque ope\u0301ration, nous avons appris a\u0300 pre\u0301voir l\u2019impre\u0301vu. Mais nous ne sommes pas nai\u0308fs et c\u2019est pourquoi chaque fois que nous concevons une ope\u0301ration, il y a un taux d\u2019attrition que nous calculons. Rien n\u2019est facile, rien n\u2019est parfait. L\u2019attaque de l\u2019ae\u0301roport international Diori Hamani, je l\u2019ai dit le 29 janvier 2026, a be\u0301ne\u0301ficie\u0301 de la collaboration des pays que j\u2019ai cite\u0301s et particulie\u0300rement des pre\u0301sidents de ces pays. C\u2019est une attaque qui a regroupe\u0301 10 motos des mercenaires de GSIM ou JNIM, 10 motos plus un ve\u0301hicule de l\u2019EIGS et 20 motos du mouvement Boko Haram, ISWAP qui a e\u0301lu domicile dans la zone de Sokoto, Katsina, Ke\u0301bi, Zamfara et que nous avions en son temps alerte\u0301 les autorite\u0301s nige\u0301rianes.<\/p>\n<p>Ce sont ces groupes qui ont e\u0301te\u0301 recense\u0301s par les pays que j\u2019avais cite\u0301s parce que si vous participez financie\u0300rement, pour nous, vous participez en connaissance et vous ne pouvez pas vous offusquer quand on sort pour citer vos noms. L\u2019attaque a cou\u0302te\u0301 aux sponsors 300 millions dont 200 millions pour les pre\u0301paratifs et 100 millions pour revendiquer. Parce que si vous l\u2019avez constate\u0301, et c\u2019est ce que j\u2019ai dit, suivez toujours ces gens, vous comprendrez, quand vous recevez une pierre, d\u2019ou\u0300 vient la pierre. Aucun groupe n\u2019e\u0301tait dispose\u0301 a\u0300 revendiquer l\u2019attaque. Contrairement aux habitudes, c\u2019est pre\u0300s de 72 heures apre\u0300s, que l\u2019EIGS l\u2019a revendique\u0301e. Mais nous, nous savons aller au-dela\u0300 des lignes, parce que nous avons les moyens d\u2019aller au-dela\u0300 des lignes. Pour que l\u2019EIGS revendique, il a be\u0301ne\u0301ficie\u0301 de 100 millions cash de francs CFA. C\u2019est en ce temps qu\u2019il est parti revendiquer. Et, me\u0302me cette revendication au forceps a e\u0301te\u0301 motive\u0301e par mon intervention le 29 janvier 2026 a\u0300 la base ae\u0301rienne 101. Il fallait de\u0301mentir une e\u0301vidence et il fallait trouver le bouc e\u0301missaire a\u0300 cou\u0302t de centaines de millions. Et ce bouc e\u0301missaire a e\u0301te\u0301 l\u2019EIGS. Je maintiens, je persiste, et les Nige\u0301riens doivent s\u2019en convaincre. Chaque fois que nous sortons pour dire quelque chose, nous ne le faisons pas sur un coup de te\u0302te. Nous ne le faisons pas par haine, me\u0302me si la haine est la conse\u0301quence de notre sortie pour de\u0301noncer. Nous le disons parce que nous avons des e\u0301le\u0301ments qui prouvent que ce que nous disons est ve\u0301rifiable. Nous avons les e\u0301crits, nous avons les acteurs et nous avons les moyens mis a\u0300 la disposition de ces mercenaires.<\/p>\n<p>Ils ne me\u0301ritent pas une autre qualification que celle des mercenaires et leurs sponsors ne me\u0301ritent pas une autre qualification que celle des sponsors du terrorisme. Au cours de cette attaque qui a e\u0301te\u0301 conduite dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026 a\u0300 la base ae\u0301rienne 101, ensuite a\u0300 l\u2019ae\u0301roport international Diori Hamani, ils ont mitraille\u0301 e\u0301galement des avions qu\u2019ils avaient trouve\u0301s sur le tarmac. Nous avions parle\u0301 de trois avions, j\u2019ai vu les gens se pre\u0301cipiter pour parler de la compagnie ivoirienne. En fait, le troisie\u0300me avion est un avion tchadien qui est venu rapatrier la de\u0301pouille d\u2019une citoyenne tchadienne de\u0301ce\u0301de\u0301e. Malheureusement, c\u2019est cet avion-la\u0300 qui a e\u0301te\u0301 crible\u0301 de balles comme les deux avions de Asky. Il ne s\u2019agissait me\u0302me pas de l\u2019avion d\u2019Air Co\u0302te d\u2019Ivoire et nous n\u2019avons jamais parle\u0301 d\u2019Air Co\u0302te d\u2019Ivoire qui a rec\u0327u tout un impact de balles perdues.<\/p>\n<p>Donc je le confirme ici que cette attaque de la base ae\u0301rienne et de l\u2019ae\u0301roport international est une action commandite\u0301e par les sponsors du terrorisme que j\u2019avais cite\u0301s et je persiste et signe parce que nous avons les acteurs. Ce n\u2019est pas un seul acteur, nous avons les moyens, nous avons les rencontres en amont qui ont eu lieu avec les acteurs que j\u2019ai cite\u0301s. L\u2019attaque a e\u0301te\u0301 vaillamment repousse\u0301e, mais, comme je l\u2019ai dit, la faille est inhe\u0301rente a\u0300 tout dispositif, qu\u2019il soit nige\u0301rien ou d\u2019autres pays. La faille a permis que cette attaque ait lieu mais je crois que la re\u0301ponse approprie\u0301e a e\u0301galement re\u0301conforte\u0301 l\u2019ensemble des Nige\u0301riens que les Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301 sont pre\u0302tes a\u0300 relever tout de\u0301fi.<\/p>\n<p>Les attaques ne vont pas s\u2019arre\u0302ter, nous avons la dernie\u0300re orientation qu\u2019Emmanuel Macron a donne\u0301e, je la garde pour les services qui travaillent de pied ferme pour y faire face. Cette attaque devait e\u0302tre le de\u0301clenchement comme au Mali suite a\u0300 l\u2019attaque en septembre 2024 de l\u2019ae\u0301roport de Bamako. Ils avaient e\u0301galement dans le sillage de cette attaque, mais avec un de\u0301lai un peu plus long, le mois de janvier 2025, planifie\u0301 des attaques simultane\u0301es qu\u2019ils avaient continue\u0301 a\u0300 pre\u0301ciser pour les conduire dans la nuit du 1er au 2 juillet 2025. C\u2019est le me\u0302me principe avec cette attaque simultane\u0301e conduite au Mali qui a e\u0301te\u0301 retenu ici. L\u2019attaque de l\u2019ae\u0301roport international Dori Hamani devait e\u0302tre suivie, si elle avait re\u0301ussi, de sept autres attaques qui ont e\u0301te\u0301 planifie\u0301es par les forces franc\u0327aises et les services spe\u0301ciaux franc\u0327ais. Quand je dis services spe\u0301ciaux franc\u0327ais, vous savez de qui je parle, c\u2019est la DGSE et leurs agents qui sont a\u0300 Cotonou, au Be\u0301nin et en Co\u0302te d\u2019Ivoire e\u0301galement.<\/p>\n<p>Donc ils avaient pre\u0301vu sept attaques simultane\u0301es qui devaient concerner Tamou, Say, Torodi, Tera, Bankilare, Ouallam, Banibangou et Ayerou. Ces attaques devaient e\u0302tre la suite de l\u2019attaque de l\u2019ae\u0301roport international Dori Hamani de Niamey. C\u2019est le cha\u0302timent re\u0301serve\u0301 aux mercenaires et la lec\u0327on donne\u0301e a\u0300 leurs sponsors qui a fait interrompre cet e\u0301lan, cet assaut qui e\u0301tait planifie\u0301. Vous avez suivi, deux jours apre\u0300s, ils ont tente\u0301 une incursion a\u0300 Makalondi, la\u0300 e\u0301galement, parce que l\u2019objectif des mercenaires et de leurs sponsors particulie\u0300rement, e\u0301tait de de\u0301truire tout ce que nous avons comme capacite\u0301s ae\u0301riennes. C\u2019e\u0301tait c\u0327a leur objectif. A partir de c\u0327a, c\u0327a allait e\u0302tre un boulevard parce que les Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301 n\u2019auront plus de moyens ae\u0301riens pour soutenir par le feu, par le renseignement, les Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301 qui sont de\u0301ploye\u0301es sur l\u2019ensemble de notre territoire ou qui e\u0301taient en ope\u0301ration au moment de l\u2019attaque. Donc la planification des attaques successives a\u0300 l\u2019issue de l\u2019attaque du 28 au 29 janvier 2026 e\u0301tait une \u0153uvre des forces spe\u0301ciales et des services franc\u0327ais, mais nous le savons avec, bien su\u0302r, la be\u0301ne\u0301diction de leur mentor Emmanuel Macron et de ces laquais africains que j\u2019ai cite\u0301s, ouest africains. Donc voila\u0300 sommairement le calendrier re\u0301serve\u0301 au Niger. Et quand vous dites est-ce les pre\u0301mices a\u0300 d\u2019autres attaques, nous ne nous sommes jamais fait d\u2019illusion parce que nous savons que c\u2019est deux volonte\u0301s qui se confrontent. Et nous sommes convaincus, In Shaa\u2019Allah, la volonte\u0301 du triomphe, la volonte\u0301 de la victoire est du co\u0302te\u0301 du Niger, du co\u0302te\u0301 de la Confe\u0301de\u0301ration des E\u0301tats du Sahel.<\/p>\n<p>Nous ne pouvons, me\u0302me de\u0301magogique, dire aux Nige\u0301riens qu\u2019il n\u2019y aura pas d\u2019attaque. Je sais ce que je sais. Je sais les ordres qu\u2019Emmanuel Macron a donne\u0301s. Je sais le de\u0301ploiement qui a e\u0301te\u0301 fait. Je sais l\u2019investissement fait. Et je sais la soumission, pour ne pas dire la servilite\u0301 de certains laquais ouest africains a\u0300 abonder dans cette volonte\u0301 de leur seigneur. Parce que, pour eux, Dieu n\u2019existe pas. Allah subhanahu wa ta\u2019ala est la\u0300 et il est juge.<\/p>\n<p>Pour notre part, nous sommes convaincus que nous ferons face de fac\u0327on victorieuse avec la de\u0301termination qui nous caracte\u0301rise a\u0300 opposer une re\u0301sistance a\u0300 toute tentative et a\u0300 anticiper e\u0301galement, a\u0300 travers les moyens qui sont les no\u0302tres, de toute organisation dont l\u2019objectif sera de troubler la quie\u0301tude des Nige\u0301riens. Il faut que les Nige\u0301riens soient convaincus que l\u2019attaque du 29 janvier est une attaque sponsorise\u0301e. Mais, c\u2019est une attaque qui n\u2019a pas atteint son objectif. Nous l\u2019avons vu pour la premie\u0300re fois, les terroristes sont sortis 12 heures pour faire une revendication. Mieux, les terroristes ont pour la premie\u0300re fois conduit une man\u0153uvre, c\u2019est la\u0300 ou\u0300 c\u0327a nous fait rire, avec un canevas comportant des mentions \u2018\u2019Jour J plus 1\u2019\u2019, \u2018\u2019jour J plus 2\u2019\u2019; \u2018\u201920h30, nous e\u0301tions derrie\u0300re l\u2019ae\u0301roport international\u2019\u2019; etc. Il y a 5 points avec une trentaine de sous-points dans leur canevas.<\/p>\n<p>Depuis quand les terroristes s\u2019encombrent avec des points et des sous-points? Et ils sont partis me\u0302me jusqu\u2019a\u0300 faire un nota Bene: \u2018\u2019Nous ne sommes pas venus pour l\u2019uranium\u2019\u2019!!!. Mais qui leur a dit que l\u2019uranium est a\u0300 la base ae\u0301rienne?!!! C\u2019est pour vous dire que les Nige\u0301riens apprennent a\u0300 lire, a\u0300 lire entre les lignes et a\u0300 comprendre. Nous avons certes les moyens de lire entre les lignes. Mais, en plus des moyens, nous avons e\u0301galement l\u2019expe\u0301rience, quand me\u0302me, c\u0327a me fait 41 ans de service militaire au profit de mon pays. Me\u0302me si c\u2019est une lec\u0327on que je retiens chaque mois, multiplie\u0301 12 par 41, vous aurez le nombre de lec\u0327ons et des lec\u0327ons militaires que j\u2019ai retenues pour vous dire que nous savons ce que nous faisons et nous ferons face a\u0300 toutes les velleite\u0301s.<\/p>\n<p><b>Monsieur le Pre\u0301sident, dans la me\u0302me lance\u0301e, et de fac\u0327on plus ge\u0301ne\u0301rale, d\u2019abord quelle appre\u0301ciation avez-vous de la situation se\u0301curitaire du pays, aussi bien en termes de perception que d\u2019effectivite\u0301? Ensuite, qu\u2019en est-il a\u0300 ce jour de la monte\u0301e en puissance de nos FDS en termes d\u2019effectifs, d\u2019acquisition de mate\u0301riel, de formation et de capacite\u0301 autonome d\u2019action sur le terrain et quelles sont les perspectives a\u0300 envisager? <\/b><\/p>\n<p>Pour ce qui est de la situation se\u0301curitaire dans notre pays, nous ne jugeons ou nous ne de\u0301cidons pas par perception. Nous sommes pragmatiques. Nous nous basons sur des faits et les faits, je viens de vous les citer.<\/p>\n<p>La re\u0301ponse re\u0301serve\u0301e a\u0300 la tentative d\u2019incursion a\u0300 la base ae\u0301rienne 101 et a\u0300 l\u2019ae\u0301roport international Diori Hamani de Niamey est une preuve supple\u0301mentaire de l\u2019e\u0301tat de professionnalisme de nos Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301 qui ont, en moins de 20 minutes, je le dis et je le re\u0301pe\u0300te, repris le contro\u0302le et qui ont, en moins de 20 minutes, engage\u0301 les mercenaires et les ont de\u0301truits dans la profondeur. C\u2019est ce qui s\u2019est passe\u0301 et c\u2019est ce qui fait ce narratif de 1h30 de combat, 2h30 de combat. Bien su\u0302r, c\u2019est 1h30 de combat, mais dans quelles dispositions? C\u0327a e\u0301galement, il faut le dire parce que beaucoup le connaissent.<\/p>\n<p>Quand vous e\u0302tes l\u2019objet d\u2019une attaque, il y a une re\u0301action. Cette re\u0301action est conduite par un e\u0301le\u0301ment destine\u0301. Nous concevons, nous planifions et nous conduisons. C\u2019est c\u0327a la diffe\u0301rence. Les FDS n\u2019agissent pas par a\u0300 peu pre\u0300s. Tout est planifie\u0301. Quand je vous dis jusqu\u2019au taux d\u2019attrition, c\u2019est les pertes en vie humaine quand on pre\u0301pare une ope\u0301ration. Nous de\u0301terminons a\u0300 travers des calculs bien pre\u0301cis le taux d\u2019attrition en fonction de la menace, des moyens que la menace utilise, en fonction de la doctrine de la menace.<\/p>\n<p>Donc la re\u0301ponse a\u0300 l\u2019attaque de la base 101 est une preuve supple\u0301mentaire du degre\u0301 de professionnalisme de nos Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301, du degre\u0301 de formation de nos Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301, du degre\u0301 de re\u0301activite\u0301 ou de re\u0301action militaire de nos Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301, des moyens approprie\u0301s dont disposent nos Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301. Ce sont tous ces moyens et le professionnalisme qui leur ont permis non seulement de reprendre le contro\u0302le en re\u0301tablissant l\u2019inte\u0301gralite\u0301 de la base 101 et de l\u2019ae\u0301roport international Diori Hamani de Niamey, mais de poursuivre l\u2019ennemi en le de\u0301truisant dans la profondeur.<\/p>\n<p>Renseignez-vous aupre\u0300s des populations qui sont a\u0300 40, 50, 100 kilome\u0300tres autour de Niamey ce qu\u2019elles ont vu, ce qu\u2019elles ont suivi. C\u2019est un combat qui a continue\u0301 jusqu\u2019au lendemain. Donc c\u2019est ce qui fait que les gens pensent que c\u2019est un combat qui a dure\u0301 deux heures de temps au sein me\u0302me de l\u2019ae\u0301roport.<\/p>\n<p>Nous sommes convaincus, et j\u2019espe\u0300re que les Nige\u0301riens sont convaincus de la monte\u0301e en puissance de nos Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301, des moyens dont disposent nos Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301. Je l\u2019ai dit, l\u2019attaque devait donner suite a\u0300 une se\u0301rie d\u2019autres attaques, mais ceci n\u2019a pas e\u0301te\u0301 exe\u0301cute\u0301 pour ce que l\u2019ennemi a constate\u0301, pour ce que le sponsor ou les sponsors ont constate\u0301.<\/p>\n<p>Donc les Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301 sont plus que jamais pre\u0302tes a\u0300 de\u0301fendre l\u2019inte\u0301grite\u0301 de notre territoire, surtout qu\u2019elles sont convaincues, et nous l\u2019avons remarque\u0301, a\u0300 travers la mobilisation de la population autour de Niamey pour accompagner les Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301 le jour J pour parler le langage des sponsors, des mercenaires et le jour J plus 1, plus 2 jusqu\u2019a\u0300 aujourd\u2019hui e\u0301galement ou\u0300 nous continuons, en plus de ceux que nous avons neutralise\u0301s, a\u0300 interpeller les collaborateurs, les complices, en plus de ceux qui ont e\u0301te\u0301 capture\u0301s sur le terrain de combat. Voila\u0300 ce que je peux vous dire sans rentrer dans les de\u0301tails puisque ces sont ces de\u0301tails la\u0300 que l\u2019adversaire utilise contre nous et qu\u2019il projette ou en tout cas revoit sa planification. Les Forces de De\u0301fense sont pre\u0302tes. La monte\u0301e en puissance n\u2019est pas une vue de l\u2019esprit, n\u2019est pas de la de\u0301magogie. Ceux qui s\u2019y e\u0301taient frotte\u0301s ont compris, ce n\u2019est pas qu\u2019ils se sont fait piquer, ils se sont fait transpercer.<\/p>\n<p><b>En de\u0301cembre dernier, le Pre\u0301sident Assimi Goi\u0308ta, alors Pre\u0301sident de la Confe\u0301de\u0301ration, avait dit que l\u2019AES est pre\u0302te pour une guerre de haute intensite\u0301. Pouvez-vous nous dire, monsieur le Pre\u0301sident, a\u0300 quel niveau de pre\u0301paration sommes-nous? Est-ce a\u0300 dire que l\u2019ordonnance portant Mobilisation Ge\u0301ne\u0301rale participe de cette ide\u0301e? <\/b><\/p>\n<p>Vous avez bien dit le Ge\u0301ne\u0301ral d\u2019arme\u0301e Assimi Goi\u0308ta a dit que nous sommes pre\u0302ts. Notre monte\u0301e en puissance, je l\u2019ai dit, n\u2019est pas une vue de l\u2019esprit. Quand le Pre\u0301sident de la Confe\u0301de\u0301ration en exercice dit que nous sommes pre\u0302ts, c\u2019est que nous sommes pre\u0302ts. Nous n\u2019avons pas attendu le jour du 23 de\u0301cembre 2025 pour dire que nous sommes pre\u0302ts.<\/p>\n<p>Nous nous sommes pre\u0301pare\u0301s pour e\u0302tre pre\u0302ts au moment ou\u0300 le Pre\u0301sident Assimi Goi\u0308ta a fait cette de\u0301claration. Et la stabilite\u0301 que vous observez, malgre\u0301 l\u2019acharnement, c\u2019est parce que vous, vous ne savez pas ce que personnellement je sais, ce que le Pre\u0301sident Assimi Goi\u0308ta sait, ce que le Pre\u0301sident Ibrahim Traore\u0301 sait de l\u2019acharnement des sponsors de ces mercenaires, des desseins macabres de ces sponsors. Pour nous, le de\u0301fi n\u2019est pas les mercenaires. Le de\u0301fi, ce sont les sponsors de ces mercenaires. Et nous sommes conscients que les mercenaires be\u0301ne\u0301ficient de soutiens mate\u0301riel, financier, en armement, en renseignement, de tre\u0300s grande technologie de la part de ces sponsors-la\u0300. Je vous le de\u0301taillerai, Insha Allah.<\/p>\n<p>Donc, ce n\u2019est pas a\u0300 partir du jour ou\u0300 le Pre\u0301sident Assimi Goi\u0308ta a fait cette assertion que nous allons nous pre\u0301parer pour monter en puissance. C\u2019est un constat qui a conduit a\u0300 la pre\u0301sentation de la force unifie\u0301e qui est l\u2019expression justement de cette monte\u0301e en puissance dont l\u2019effectif a e\u0301te\u0301 revu a\u0300 6 000 hommes au lieu de 5 000 initialement pre\u0301vus. C\u2019est conscients de la capacite\u0301 de nuisance de ces sponsors-la\u0300 que nous avons re\u0301ame\u0301nage\u0301 notre dispositif se\u0301curitaire commun et que nous avons re\u0301adapte\u0301 e\u0301galement l\u2019organisation de notre force unifie\u0301e pour qu\u2019elle puisse faire face a\u0300 toute menace au profit des peuples du Sahel.<\/p>\n<p>Donc c\u2019est un constat visible sur le terrain. Rappelez-vous de la vaine tentative de l\u2019e\u0301touffement de Bamako. Souvenez-vous des chapelets d\u2019actions contre le Burkina. Souvenez-vous de l\u2019attaque de l\u2019ae\u0301roport international Diori Hamani de Niamey qui devait e\u0302tre suivi, comme je l\u2019ai dit, a\u0300 l\u2019instar de celle du 1er juillet 2025 au Mali, de sept autres attaques sur notre territoire dans l\u2019objectif ultime est de montrer que nous sommes des incapables et que les \u2018\u2019putschistes\u2019\u2019 ne peuvent pas diriger ces pays.<\/p>\n<p>Les conclusions, nous les laissons a\u0300 l\u2019adversaire, mais notre monte\u0301e en puissance n\u2019est pas comparable a\u0300 la force en attente de la CEDAO que nous attendons depuis 1990 et, 36 ans apre\u0300s, elle est toujours en attente. Et nous, en moins de deux ans, nous avons accompli cette prouesse de mettre en place une force qui va certainement combler les lacunes, re\u0301ajuster mais, en fin de compte, qui va ramener la paix, nous en sommes convaincus, Insha Allah, sur l\u2019ensemble de notre espace. Donc la monte\u0301e en puissance n\u2019est pas une vue de l\u2019esprit, c\u2019est une re\u0301alite\u0301 dans le Sahel, particulie\u0300rement au sein de la Confe\u0301de\u0301ration.<\/p>\n<p>Sur l\u2019ordonnance portant Mobilisation Ge\u0301ne\u0301rale, nous sommes des professionnels, nous savons les de\u0301fis auxquels nous faisons face et nous savons l\u2019ampleur des de\u0301fis, puisque nous savons ce que beaucoup de Nige\u0301riens ne savent pas, et c\u2019est c\u0327a la diffe\u0301rence. Donc nous savons l\u2019ampleur des de\u0301fis, la de\u0301termination des sponsors a\u0300 nous mettre a\u0300 genoux, quitte a\u0300 nous e\u0301liminer physiquement, et c\u0327a je pe\u0300se mes mots.<\/p>\n<p>Donc, face a\u0300 c\u0327a, nous savons que les jours a\u0300 venir seront particulie\u0300rement difficiles. Non pas parce que nos Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301 ne sont pas adapte\u0301es, ne sont pas puissantes, ne sont pas professionnelles, ne sont pas dote\u0301es. Le temps que j\u2019ai dit, ce sera difficile parce que nous connaissons l\u2019agenda de l\u2019autre. La Mobilisation Ge\u0301ne\u0301rale s\u2019inscrit dans ce sens. L\u2019ordonnance du 26 de\u0301cembre 2025, la 42, c\u2019est une disposition le\u0301gale qui est pre\u0301vue par la loi nume\u0301ro 2002-30 du 31 de\u0301cembre 2002, portant l\u2019organisation de la de\u0301fense nationale et l\u2019article 43 de la Charte de la Refondation. C\u2019est de la\u0300 que cette mobilisation nationale tire son essence.<\/p>\n<p>La Mobilisation Ge\u0301ne\u0301rale est l\u2019aptitude, pour faire cours, du peuple nige\u0301rien. Je prends l\u2019exemple du peuple nige\u0301rien avec toutes ses composantes, les Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301, les institutions, le gouvernement, toutes les structures, les ministe\u0300res, les grandes entreprises, la socie\u0301te\u0301 civile, les citoyens lambda s\u2019approprient cette capacite\u0301 de basculer d\u2019un temps de paix a\u0300 un temps de guerre. La Mobilisation Ge\u0301ne\u0301rale c\u2019est cette capacite\u0301 de basculer en structure organise\u0301e, chacun sachant ce qu\u2019il doit faire en fonction de sa qualification, en fonction de ses compe\u0301tences et en fonction de son aptitude a\u0300 prendre une posture de guerre quand il est ne\u0301cessaire et quand c\u2019est de\u0301cre\u0301te\u0301. La Mobilisation Ge\u0301ne\u0301rale repose sur un certain nombre de piliers qui sont d\u2019abord les dispositions ge\u0301ne\u0301rales que j\u2019ai cite\u0301es et a\u0300 travers l\u2019organisation e\u0301galement de cette mobilisation, a\u0300 travers la pre\u0301paration de cette mobilisation, a\u0300 travers la conduite pour parler en termes militaires de cette mobilisation et, pour parler en termes civils, la mise en \u0153uvre de cette mobilisation. Il faut e\u0301galement pre\u0301voir des dispositions pe\u0301nales qui renforcent l\u2019efficacite\u0301 de cette mobilisation.<\/p>\n<p>Nous sommes a\u0300 moins de 10 jours du mois de care\u0302me, du jeu\u0302ne de ramadan. Pour prendre un exemple terre a\u0300 terre, vous n\u2019attendez pas le premier jour pour commencer a\u0300 assurer votre re\u0301serve de sucre. Vous n\u2019attendez pas le premier jour pour assurer votre re\u0301serve de mil pour faire la bouillie. Vous n\u2019attendez pas le premier jour pour faire tout le stock alimentaire ne\u0301cessaire a\u0300 la me\u0301nage\u0300re. Vous vous pre\u0301parez pour un objectif bien pre\u0301cis, pour que les 29 ou 30 jours de jeu\u0302ne se passent avec moins de difficulte\u0301s. C\u2019est c\u0327a la mobilisation ge\u0301ne\u0301rale.<\/p>\n<p>C\u2019est pour que l\u2019ensemble des citoyens, non seulement de fac\u0327on collective mais aussi de fac\u0327on individuelle, aient le re\u0301flexe approprie\u0301 pour passer d\u2019un temps de paix a\u0300 un temps de guerre. Les Nige\u0301riens connaissent ce temps de de\u0301fi, je ne dirais pas de guerre, depuis plus de 30 ans. Je crois que si nous avions fait c\u0327a, c\u2019est pour que nous soyons encore plus performants a\u0300 ce que les autres n\u2019ont pas pense\u0301 a\u0300 le faire, pour des raisons que je ne citerai pas.<\/p>\n<p>Mais nous, nous sommes conscients que les sponsors et nous, c\u2019est deux volonte\u0301s: la volonte\u0301 de nous soumettre et notre volonte\u0301 de nous libe\u0301rer et de rester mai\u0302tres de notre destin. C\u2019est c\u0327a la diffe\u0301rence. Nous avons repris la liberte\u0301 d\u2019action. Nous devons garder cette liberte\u0301 d\u2019action pour notre dignite\u0301, notre souverainete\u0301 et pour notre prospe\u0301rite\u0301. Voila\u0300 ce que je peux dire de la Mobilisation Ge\u0301ne\u0301rale, des missions de sensibilisation sont conduites et je crois que d\u2019autres de\u0301tails peuvent e\u0302tre apporte\u0301s.<\/p>\n<p><b>Monsieur le Pre\u0301sident, cela fait presque trois ans que vous pre\u0301sidez aux destine\u0301es du Niger avec l<\/b>\u2019<b>ave\u0300nement au pouvoir du CNSP le 26 juillet 2023. Est-ce que vous comprenez les attentes pressantes des Nige\u0301riens pour<\/b> <b>une nette ame\u0301lioration de leurs conditions de vie en rupture d\u2019avec ce qu\u2019ils ont connu par le passe\u0301?<\/b> <b>En effet, les Nige\u0301riens se disent maintenant que nous disposons de notre pays et de ses immenses ressources naturelles ils doivent constater un changement positif de leur vie quotidienne. Quelle appre\u0301ciation avez-vous des revendications qui se font jour ces dernie\u0300res semaines relativement au paiement des salaires, la cherte\u0301<\/b> <b>de la vie et l<\/b>\u2019<b>absence de liquidite\u0301<\/b> <b>financie\u0300re suffisante<\/b> <b>a\u0300<\/b> <b>Niamey et dans le circuit financier national<\/b>, <b>formel? <\/b><\/p>\n<p>Merci, je me surprends a\u0300 entendre ce chapelet de questions, mais il faut peut-e\u0302tre apporter beaucoup de corrections. D\u2019abord, nous n\u2019avons pas trois ans, nous avons deux ans six mois. Un an, c\u2019est un an, six mois c\u2019est la moitie\u0301 d\u2019un an. Nous avons deux ans six mois et si on vient a\u0300 la Charte de la refondation, allez-y voir le 26 mars 2025, n\u2019est-ce pas? Vous aurez ce que nous avons au pouvoir. L\u2019un dans l\u2019autre, vous avez dit trois ans, le Niger est une re\u0301publique depuis quand? Le 18 de\u0301cembre 1958. Le Niger est inde\u0301pendant entre parenthe\u0300ses depuis quand? Le 3 aou\u0302t 1960.<\/p>\n<p>Tous ceux qui nous font ces reproches la\u0300 e\u0301taient ou\u0300 pendant ces 65 ans? Je prends juste a\u0300 partir du 3 aou\u0302t 1960. Pendant ces 65 ans, ils e\u0301taient ou\u0300? Nous, nous connaissons le Niger, nous connaissons l\u2019histoire du Niger, qu\u2019elle soit l\u2019histoire au temps du ne\u0301olithique ou l\u2019histoire plus re\u0301cente de la colonisation franc\u0327aise ou l\u2019histoire encore plus re\u0301cente de l\u2019occupation franc\u0327aise apre\u0300s le 3 aou\u0302t 1960. Parce que nous avons ve\u0301cu sous l\u2019occupation franc\u0327aise apre\u0300s le 3 aou\u0302t 1960. D\u2019autres de\u0301tails vous prouveront ce que j\u2019ai dit pre\u0301sentement. Suivez juste la chronologie des explications que je donnerai au fur et a\u0300 mesure. Nous sommes dans un processus de re\u0301appropriation de nos ressources. C\u2019est c\u0327a que certains ne comprennent pas. Quand je les entends dire ou\u0300 passe l\u2019argent de l\u2019uranium, ou\u0300 passe l\u2019argent du pe\u0301trole, ou\u0300 passe l\u2019argent de l\u2019or? Mais quand nous e\u0301tions arrive\u0301s le 26 juillet 2023, combien de grammes d\u2019or nous avons trouve\u0301s au tre\u0301sor national comme appartenant a\u0300 l\u2019Etat nige\u0301rien, donc appartenant a\u0300 l\u2019ensemble des Nige\u0301riens? Ze\u0301ro. Quels e\u0301taient les be\u0301ne\u0301fices de la vente de l\u2019uranium au profit des Nige\u0301riens? Rien. Au pire, les Nige\u0301riens ont he\u0301rite\u0301 du cancer, de la pollution de leurs ressources hydriques et des nappes souterraines. Les Nige\u0301riens ont be\u0301ne\u0301ficie\u0301 de la pollution de l\u2019environnement.<\/p>\n<p>Donc, c\u2019est un processus qui a dure\u0301 plus de 70 ans que nous nous sommes e\u0301vertue\u0301s a\u0300 de\u0301faire apre\u0300s l\u2019avoir combattu avec l\u2019arme intellectuelle, l\u2019arme de la raison, l\u2019arme du pragmatisme et l\u2019arme de la dignite\u0301. C\u2019est dans ce combat que nous sommes. On parle du pe\u0301trole, mais que rapporte le pe\u0301trole aux Nige\u0301riens? Tout s\u2019inscrit dans ce combat et c\u2019est ce que nous faisons et c\u2019est ce que nous n\u2019avons cesse\u0301 d\u2019annoncer aux Nige\u0301riens. Il faut qu\u2019ils comprennent que nous ne sommes pas a\u0300 100% mai\u0302tres de nos ressources naturelles ou autres. Un peuple qui n\u2019est me\u0302me pas libre, qui n\u2019est me\u0302me pas mai\u0302tre de son destin, donc le combat le plus pragmatique est de lui faire comprendre qu\u2019il est de\u0301sormais mai\u0302tre de son destin, qu\u2019il est mai\u0302tre de ses ressources. Vous croyez que c\u2019est un combat qu\u2019on peut mener en deux ans, trois ans? Vous croyez que ceux qui ont be\u0301ne\u0301ficie\u0301 de toute cette manne vont rester les bras croise\u0301s? Jetez un coup d\u2019\u0153il a\u0300 ce qui se passe en France. Vous comprendrez, c\u2019est vrai qu\u2019ils ont re\u0301ussi a\u0300 convaincre des Nige\u0301riens, et pas des moindres, que notre uranium a moins de valeur que de l\u2019argile, que l\u2019apport des oignons ou de quelques feuilles de gabou ont plus de devises a\u0300 procurer au Niger.<\/p>\n<p>Mais nous ne sommes pas nai\u0308fs, nous savons que c\u0327a la\u0300, c\u2019est un narratif pour convaincre les Nige\u0301riens de l\u2019inutilite\u0301 de son uranium. Mais allez-y voir, l\u2019effet qu\u2019a produit le fait d\u2019avoir arre\u0302te\u0301 ce pillage syste\u0301matique de notre uranium, dans la politique d\u2019Emmanuel Macron. Je le comprends en partie, et c\u2019est pourquoi je compatis a\u0300 ce qu\u2019il endure. Mais il aurait e\u0301te\u0301 plus sage d\u2019accepter que l\u2019uranium, depuis le 26 juillet 2023, est la proprie\u0301te\u0301 du Niger, et que l\u2019uranium est de\u0301finitivement la proprie\u0301te\u0301 des Nige\u0301riens. Il aurait e\u0301te\u0301 plus sage de se comporter en un partenaire se\u0301rieux qui ne me\u0301connai\u0302t pas, qui ne vient pas avec l\u2019esprit de pillage qui les a toujours guide\u0301s, qui ne vient pas avec l\u2019esprit hautain, condescendant, mesquin, vers nous pour ne\u0301gocier, que ce partenaire comprenne que nous sommes dispose\u0301s, tant que ce n\u2019est pas ses qualificatifs, ses crite\u0300res qui le guident.<\/p>\n<p>Donc, nous nous approprions nos ressources. Nous remercions et fe\u0301licitons les employe\u0301s de la Somai\u0308r, puisque la Cominak a e\u0301te\u0301 assassine\u0301e par les me\u0302mes Franc\u0327ais quand ils ont pense\u0301 que l\u2019uranium n\u2019a plus d\u2019apport e\u0301conomique suffisant, ou ils avaient choisi de ne pas investir pour re\u0301habiliter les galeries de la Cominak. Ils l\u2019ont purement et simplement abandonne\u0301, malgre\u0301 le fait que les actionnaires qui sont d\u2019autres nationalite\u0301s aient verse\u0301 l\u2019inte\u0301gralite\u0301 des fonds destine\u0301s a\u0300 la re\u0301habilitation du site. Malgre\u0301 ce fait, les Franc\u0327ais ont refuse\u0301 de continuer la re\u0301habilitation du site pour nous laisser plus de 600 kilome\u0300tres de galeries en train de contaminer notre nappe phre\u0301atique. Et c\u2019est nous que certaines organisations mettent en garde! C\u2019est a\u0300 nous que certaines organisations donnent un avertissement! C\u2019est pour vous dire le degre\u0301 d\u2019immoralite\u0301 qui caracte\u0301rise les affaires internationales aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Donc, il faut que les Nige\u0301riens comprennent qu\u2019on ne vit pas dans l\u2019opulence, mais le combat que nous menons est justement celui de permettre aux Nige\u0301riens de vivre dans l\u2019opulence. Actuellement, pour ce qui est des pre\u0301occupations alimentaires, je crois que nous avons tourne\u0301 le dos, et nous avons de\u0301finitivement tourne\u0301 le dos a\u0300 l\u2019aide alimentaire. Il faut que les Nige\u0301riens comprennent que d\u2019autres Nige\u0301riens se sacrifient pour qu\u2019on atteigne ses objectifs. C\u2019est le cas des Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301, c\u2019est le cas des employe\u0301s, comme je l\u2019ai dit de la Somai\u0308r, qui produisent cet uranium. Et c\u2019est le cas des Nige\u0301riens conscients, re\u0301silients, qui savent que le combat ne fait que commencer. Le combat est au de\u0301but, parce que les de\u0301fis sont e\u0301normes. Ceux qui pensent que ce qu\u2019on n\u2019a pas pu obtenir avec ou a\u0300 travers le dialogue, c\u2019est a\u0300 travers un chapelet de gre\u0300ves qu\u2019ils peuvent l\u2019obtenir, c\u2019est leur jugement. Mais, ce n\u2019est pas un jugement que je partage, et ce n\u2019est pas un jugement que les Nige\u0301riens partagent.<\/p>\n<p>Quand nous e\u0301tions arrive\u0301s, au niveau de l\u2019e\u0301ducation et de l\u2019enseignement supe\u0301rieur, nous avions trouve\u0301 des arrie\u0301re\u0301s de 2021, 2022 et 2023. Au niveau de l\u2019e\u0301ducation, les contractuels de l\u2019e\u0301ducation ou de la sante\u0301, nous avions trouve\u0301 des arrie\u0301re\u0301s. Nous e\u0301tions soumis a\u0300 un embargo sauvage, ou\u0300 nos propres fonds ont e\u0301te\u0301 irre\u0301gulie\u0300rement et ille\u0301galement confisque\u0301s, parce qu\u2019il y a des laquais pre\u0302ts a\u0300 re\u0301percuter les ordres du seigneur Macron. Nous avons malgre\u0301 tout e\u0301te\u0301 imaginatifs. Nous pris des de\u0301cisions pour que tout de\u0301veloppement se fasse a\u0300 travers nos ressources endoge\u0300nes, puisque les ressources exoge\u0300nes ne sont plus ou n\u2019e\u0301taient plus a\u0300 notre porte\u0301e. Me\u0302me les ressources endoge\u0300nes qui e\u0301taient dans un circuit que nous ne contro\u0302lons pas, ont e\u0301te\u0301 mises hors de notre porte\u0301e. Malgre\u0301 tout, nous avons re\u0301ussi, au moment ou\u0300 je parle, a\u0300 ramener ces arrie\u0301re\u0301s la\u0300, a\u0300 peut-e\u0302tre fin 2025. Que ce soit les e\u0301tudiants, je le comprends, qui ont besoin des bourses pour survivre, que ce soit les enseignants, qui ont e\u0301galement des familles a\u0300 charge, mais qu\u2019ils comprennent, nous sommes 27 millions.<\/p>\n<p>Sur les 27 millions, il y a moins de 200 000 qui ont un salaire mensuel. Les 27 millions, c\u2019est a\u0300 travers l\u2019investissement que l\u2019E\u0301tat fait qu\u2019ils sentent que l\u2019E\u0301tat existe, qu\u2019ils sentent que l\u2019E\u0301tat est la\u0300 pour leur faciliter la vie. Donc, que les autres e\u0301galement qui ont ce privile\u0300ge de se pre\u0301valoir d\u2019un salaire a\u0300 la fin de chaque mois comprennent que ce sont des sacrifices e\u0301normes qui sont consentis pour re\u0301duire les arrie\u0301re\u0301s et essayer d\u2019e\u0302tre re\u0301guliers. Au moment ou\u0300 je vous parle, les contractuels ont un reliquat de 2,6 milliards pour le paiement de de\u0301cembre et les bourses, je crois, c\u2019est 444 millions pour de\u0301cembre. Donc, nous sommes conscients, nous suivons, mais qu\u2019ils comprennent que c\u2019est le moment de sacrifice. De la me\u0302me fac\u0327on que nous nous sommes e\u0301vertue\u0301s a\u0300 re\u0301duire les mois d\u2019arrie\u0301re\u0301s qu\u2019ils avaient a\u0300 notre arrive\u0301e et sous embargo, ce n\u2019est pas avec plaisir que nous accusons des retards. Qu\u2019ils comprennent que des militaires, des FDS, accusaient e\u0301galement des mois d\u2019arrie\u0301re\u0301s, pourtant ils se sacrifiaient pour ce me\u0302me pays, ils mouraient pour ce me\u0302me pays. Qu\u2019est-ce qui fait c\u0327a? C\u2019est la conviction que si nous ne faisons pas le combat, personne ne le fera a\u0300 notre place. Et qui dit combat, dit sacrifice. C\u2019est la lutte. La lutte, ce n\u2019est pas dans un salon qu\u2019elle se me\u0300ne. Elle est mate\u0301rielle, elle est physique, elle est morale. Il faut que les gens comprennent ceci pour que tout ce qui arrive en retard ne soit pas pris comme un de\u0301fi, comme une manifestation de mauvaise foi, mais comme un fait circonstanciel, comme fait conjoncturel.<\/p>\n<p><b>Monsieur le Pre\u0301sident, en ce moment difficile pour tous, vous venez de le dire, beaucoup de nos compatriotes pensent qu\u2019il faut revoir le train de vie de l\u2019E\u0301tat pour faire les e\u0301conomies ne\u0301cessaires en vue de s\u2019adapter a\u0300 la situation conjoncturelle. On parle notamment du parc auto de l\u2019E\u0301tat, des multiples ce\u0301re\u0301monies finance\u0301es par l\u2019administration et de certaines missions a\u0300 l\u2019inte\u0301rieur comme a\u0300 l\u2019exte\u0301rieur du pays. Comment votre gouvernement appre\u0301hende cette situation, monsieur le Pre\u0301sident? <\/b><\/p>\n<p>Pour re\u0301pondre a\u0300 votre question, je vais caricaturer. Vous savez, ou vous avez une connaissance sur la mythologie gre\u0301co-romaine. Les dieux Zeus, Apollon, He\u0301ra, les nymphes de montagne telles que la me\u0300re d\u2019Achille, The\u0301tis, ou E\u0301cho. Un jour E\u0301cho a commis l\u2019imprudence de s\u2019immiscer dans l\u2019affaire d\u2019un couple. C\u2019est le couple du dieu Zeus et sa femme He\u0301ra. Alors, E\u0301cho, cette nymphe, a diverti He\u0301ra, l\u2019e\u0301pouse de Zeus. Et pendant ce temps, Zeus a triche\u0301 dans une relation extra-conjugale. Quand He\u0301ra a de\u0301couvert le jeu trouble qu\u2019E\u0301cho a joue\u0301, elle l\u2019a maudite en lui lanc\u0327ant un sort comme quoi, toute sa vie, elle ne pourra construire une phrase d\u2019elle-me\u0302me. Elle passera le restant de sa vie a\u0300 re\u0301pe\u0301ter les derniers mots de la phrase d\u2019autrui. Et c\u2019est ce qui fait ce phe\u0301nome\u0300ne acoustique qu\u2019on appelle E\u0301cho. Si vous e\u0302tes dans des re\u0301gions montagneuses, quand vous criez, vous entendez la re\u0301percussion. C\u2019est c\u0327a le sort d\u2019E\u0301cho. E\u0301cho ne fait que re\u0301pe\u0301ter ce que les autres disent. Et me\u0302me re\u0301pe\u0301ter, ce n\u2019est pas l\u2019inte\u0301gralite\u0301, c\u2019est les derniers mots de ce que les autres disent.<\/p>\n<p>Suivez ce que je veux dire. Vous parlez de train de vie. Est-ce que nous avons un train de vie? Face a\u0300 tous nos de\u0301fis, face a\u0300 tous les engagements, est-ce que nous avons un train de vie? Nous avons un train de survie. Et c\u2019est c\u0327a que je veux que les Nige\u0301riens comprennent. Nous n\u2019avons pas de train de vie. Si les gens sont habitue\u0301s a\u0300 re\u0301pe\u0301ter, il faut re\u0301pe\u0301ter intelligemment et non re\u0301pe\u0301ter comme E\u0301cho. Depuis que nous sommes arrive\u0301s, quelles sont les premie\u0300res mesures que nous avions prises? D\u2019abord pour le Conseil national pour la Sauvegarde de la Patrie, les Nige\u0301riens peuvent approcher le SG du Ministe\u0300re des Finances que nous avions trouve\u0301. Le premier jour ou\u0300 nous l\u2019avions rec\u0327u, il nous a rappele\u0301 les indemnite\u0301s qui sont de\u0301volues en pareille circonstance aux membres du Conseil. Nous lui avons dit que nous sommes conscients que notre intervention est base\u0301e sur une prise de conscience, pas une volonte\u0301 de pillage. Une prise de conscience pour mettre fin au pillage des maigres ressources nationales. Nous allons nous contenter chacun de son salaire et de ses indemnite\u0301s en fonction de ses responsabilite\u0301s initiales. Parce que nous e\u0301tions tous, chacun a\u0300 un poste de responsabilite\u0301.<\/p>\n<p>Depuis que nous e\u0301tions arrive\u0301s, dites-moi une seule commande de parc automobile que nous avons faite, si ce n\u2019est au profit des Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301. Nous savions que ce n\u2019e\u0301tait pas la pratique. Mais, les re\u0301gimes qui se sont succe\u0301de\u0301 commandaient annuellement des centaines de ve\u0301hicules. Je dis bien annuellement. Qu\u2019on nous dise les centaines de ve\u0301hicules que nous avons commande\u0301s pour l\u2019administration ou toute autre structure en dehors, comme je l\u2019ai dit, des Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301. Mieux, nous avions instruit que tous les contrats de louage soient suspendus, annule\u0301s me\u0302me.<\/p>\n<p>Nous avons instruit pour que tous les conseillers, pre\u0300s de 7 000 conseillers soient remercie\u0301s. Si vous prenez la Pre\u0301sidence de la Re\u0301publique, la Primature, l\u2019Assemble\u0301e de l\u2019e\u0301poque, c\u2019est pre\u0300s de 7 000 conseillers et a\u0300 la charge des ressources nationales. Nous avions suspendu tout c\u0327a. A\u0300 l\u2019e\u0301tat actuel, vous mettez tous nos conseillers, ils ne font pas 200, la\u0300 ou\u0300 nous avons annule\u0301 7 000. Les diffe\u0301rents directeurs, allez-y vous renseigner: nous avions trouve\u0301 des directeurs ge\u0301ne\u0301raux avec des salaires de 6, 7, 9 millions de francs CFA par mois. J\u2019ai pris une ordonnance pour que c\u0327a soit revu au strict minimum. Celui qui peut servir son pays le serve. Celui qui pense qu\u2019il ne peut pas servir le pays avec ce montant, il y a des milliers de Nige\u0301riens aptes a\u0300 occuper sa place.<\/p>\n<p>Mieux, pour ne pas aller loin, en 2022, la Pre\u0301sidence de la Re\u0301publique avait un budget de plus de 220 milliards de FCFA. Allez-y comparez avec le budget de la Pre\u0301sidence de ces trois dernie\u0300res anne\u0301es. Nous sommes actuellement, je dirais, dans les deux dernie\u0300res anne\u0301es puisque 2023, c\u2019est une loi budge\u0301taire que nous avions de\u0301ja\u0300 trouve\u0301e. Donc 2024-2025 et maintenant avec la loi budge\u0301taire de 2026. Allez-y, ve\u0301rifiez. Nous sommes a\u0300 60 milliards de FCFA pour le budget de la Pre\u0301sidence de la Re\u0301publique du Niger. Un budget qui e\u0301tait, rien qu\u2019en 2022, de 224 milliards de FCFA, de 164 milliards de FCFA en 2023 ; comme je l\u2019ai dit, c\u2019est une loi que nous avions trouve\u0301e et qui e\u0301tait descendue a\u0300 environ 90 milliards en 2025, pour encore continuer a\u0300 descendre a\u0300 60 milliards de FCFA en 2026.<\/p>\n<p>Nous sommes conscients de ce que nous faisons et que les \u2018\u2019e\u0301chos\u2019\u2019 qui pullulent arre\u0302tent de se conduire en Echo. La loi des finances est disponible. Allez-y voir quels sont les cre\u0301dits qui sont alloue\u0301s aux diffe\u0301rentes structures, institutions, ministe\u0300res et autres dans la loi des finances de 2026. Le plus grand montant, tenez-vous, est re\u0301serve\u0301 a\u0300 l\u2019e\u0301ducation nationale. Me\u0302me pas la de\u0301fense, c\u2019est l\u2019e\u0301ducation nationale. Ensuite vient la de\u0301fense nationale, le ministe\u0300re de l\u2019Inte\u0301rieur, le ministe\u0300re de l\u2019Equipement, le ministe\u0300re de l\u2019Agriculture, le ministe\u0300re de l\u2019Enseignement Supe\u0301rieur. Ce sont ces structures qui be\u0301ne\u0301ficient de la plus grande partie des pre\u0301visions budge\u0301taires.<\/p>\n<p>Le ministe\u0300re de l\u2019E\u0301ducation Nationale et le ministe\u0300re de la De\u0301fense font plus de quatre fois le budget de la Pre\u0301sidence de la Re\u0301publique. Allez-y voir, avant notre arrive\u0301e, quel e\u0301tait le rapport entre la Pre\u0301sidence et ses diffe\u0301rents ministe\u0300res. Donc, que les gens cessent de re\u0301pe\u0301ter sans ve\u0301rifier. Malheureusement, on a des champions dans ce domaine parce que me\u0302me la loi des finances, avant qu\u2019elle ne sorte, j\u2019ai vu des points de presse conduits par des experts internationaux dont on ne voit le fait ou le produit de l\u2019expertise qu\u2019a\u0300 travers les causeries des fadas ou la me\u0301disance. Que les Nige\u0301riens apprennent a\u0300 ne pas se laisser embobiner, qu\u2019ils apprennent a\u0300 lire quand la loi des finances est adopte\u0301e, qu\u2019ils s\u2019approprient cette loi des finances, qu\u2019ils l\u2019e\u0301tudient et qu\u2019ils voient les propositions qui sont faites et de quelle re\u0301alite\u0301 tiennent compte ces propositions.<\/p>\n<p>Donc je ne me reconnais pas, aucune institution, aucun gouvernement ne se reconnai\u0302t dans un train de vie. Allez-y voir les salaires des ministres. Je ne veux pas les de\u0301voiler puisque nos e\u0301chos portent loin. Allez-y voir les salaires de nos conseillers pour la refondation. Vous comprendrez que c\u2019est une mise\u0300re. Me\u0302me si certains, d\u2019ailleurs j\u2019ai vu me\u0302me parmi les conseillers, sont sortis pour penser qu\u2019ils e\u0301taient ga\u0302te\u0301s. Nous ne sommes pas dans la de\u0301magogie, nous sommes dans la re\u0301alite\u0301. Nous ne sommes pas dans le virtuel, nous sommes dans le pragmatisme et nous sommes conscients des responsabilite\u0301s qui nous incombent. De notre arrive\u0301e a\u0300 aujourd\u2019hui, nous n\u2019avons commande\u0301 aucun ve\u0301hicule de luxe pour faire plaisir a\u0300 un pre\u0301sident d\u2019institution ou a\u0300 un ministre. Tout ce que nous avons fait s\u2019inscrit dans le strict minimum pour permettre a\u0300 nos Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301 de mener le combat terrestre et ae\u0301rien dans de meilleures conditions. Et me\u0302me c\u0327a difficilement, parce que l\u2019environnement global, mondial, est difficile non pas pour le Niger seul, mais pour tous les pays du monde. Donc, voila\u0300 la re\u0301ponse que je porte a\u0300 \u2018\u2019e\u0301chos\u2019\u2019, que ce soit e\u0301cho avec O tout simplement, ou bien e\u0301chos avec S. Que les Nige\u0301riens sachent e\u0302tre sourds face a\u0300 ces oiseaux de mauvais augure.<\/p>\n<p><b>Monsieur le Pre\u0301sident, beaucoup s\u2019interrogent sur la nomination de certains responsables qui se sont illustre\u0301s par leur mauvaise gestion ou leur comportement clanique et me\u0302me oppose\u0301 a\u0300 la fondation, c\u2019est ce qui se dit couramment. Et dans le me\u0302me ordre d\u2019ide\u0301es, nous avons assiste\u0301 a\u0300 une certaine instabilite\u0301 des postes du ministre du Pe\u0301trole et du directeur ge\u0301ne\u0301ral des douanes, des secteurs en lien avec l\u2019argent et le monde des affaires. Alors question, qu\u2019en est-il ve\u0301ritablement? Est-ce que c\u2019est difficile de trouver de bonnes personnes pour assumer certains postes de responsabilite\u0301 au Niger, monsieur le Pre\u0301sident? <\/b><\/p>\n<p>Vous voyez, ce que je viens de de\u0301plorer re\u0301apparai\u0302t e\u0301galement dans cette question parce que vous dites le jour et la nuit, vous dites une chose et son contraire: nous nommons des gens qui ne me\u0301ritent pas d\u2019e\u0302tre nomme\u0301s et nous les de\u0301gommons. C\u2019est c\u0327a, synthe\u0301tiquement. Mais, si les gens ne re\u0301pe\u0300tent pas, sans analyser eux-me\u0302mes, ce qu\u2019ils disent, est-ce que c\u2019est une question qui doit revenir aujourd\u2019hui sur la table? Puisque j\u2019ai de\u0301ja\u0300 parle\u0301 du processus de nomination. Pour nommer, nous demandons des CV, des CV des Nige\u0301riens. Ce ne sont pas des CV des Franc\u0327ais comme c\u0327a se faisait a\u0300 l\u2019e\u0301poque. D\u2019ailleurs, jusqu\u2019a\u0300 une e\u0301poque re\u0301cente, des Franc\u0327ais e\u0301taient dans les ministe\u0300res, dans les postes des Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301. Donc, nous demandons des CV des Nige\u0301riens en fonction des postes a\u0300 occuper. Les Nige\u0301riens transmettent, je dis bien les Nige\u0301riens transmettent, je le dis et je le re\u0301pe\u0300te, des CV qui sont soumis a\u0300 la loupe de la Gendarmerie Nationale, a\u0300 la loupe de la se\u0301curite\u0301 d\u2019E\u0301tat, a\u0300 la loupe de la police judiciaire.<\/p>\n<p>C\u2019est le re\u0301sultat de ces trois structures qui nous permet d\u2019avoir une synthe\u0300se sur la capacite\u0301 intellectuelle et morale du candidat a\u0300 occuper le poste vacant. Une fois cette e\u0301tape franchie, nous prenons l\u2019acte pour nommer le meilleur candidat, en tout cas face aux trois synthe\u0300ses que nous recevons. Ce n\u2019est pas quelque chose que je me re\u0301fugie dans le bureau pour prendre, non. C\u2019est un acte colle\u0301gial. Nous nommons et nous observons, car nous avons appris que la confiance n\u2019exclut pas le contro\u0302le. Nous sommes militaires et nous restons militaires. Nous ne laissons aucune place au ta\u0302tonnement. Nous ne laissons aucune place au hasard. Nous ne laissons aucune place a\u0300 un sentiment personnel. Nous nommons, nous surveillons. Et en matie\u0300re de surveillance, je crois que les Nige\u0301riens peuvent me croire que nous avons cette capacite\u0301 de surveiller. Me\u0302me pas ce qui se passe a\u0300 l\u2019inte\u0301rieur du pays, mais me\u0302me a\u0300 l\u2019exte\u0301rieur de notre pays. Et, c\u2019est ce qui nous permet, Dieu merci, de tenir. Nous surveillons l\u2019exe\u0301cution puisque chacun a un cahier de charge. Chacun a des ta\u0302ches spe\u0301cifiques. Chacun a des objectifs a\u0300 atteindre.<\/p>\n<p>Quand nous constatons que les objectifs a\u0300 atteindre ne sont pas atteints, ou au pire, ils sont de\u0301vie\u0301s, nous agissons. Mais nous n\u2019agissons pas par sentiments, c\u2019est ce que j\u2019ai dit, nous agissons en a\u0302me et conscience, en e\u0301tant et en restant convaincus que Allah (SWA) est le seul juge. Il est le juge de nos actions et il est juge des actions que notre responsabilite\u0301 nous confe\u0300re. Nous ne tergiverserons pas a\u0300 de\u0301mettre tout celui ou celle qui ne re\u0301pond pas ou qui ne satisfait pas aux conditions, malgre\u0301 le passage a\u0300 travers le filtre, aux objectifs qu\u2019on lui a fixe\u0301s. Nous suivons l\u2019exe\u0301cution des missions de chaque responsable et, ce, quel que soit le poste de responsabilite\u0301 confe\u0301re\u0301 aux Nige\u0301riens ou a\u0300 la personne. Donc, il n\u2019y a pas de nomination par sympathie, il n\u2019y a pas de de\u0301mission dictatoriale, il n\u2019y a pas de sentiments oppose\u0301s, regroupe\u0301s. Il y a juste une analyse froide guide\u0301e par le pragmatisme et le re\u0301sultat. Voila\u0300 la re\u0301ponse a\u0300 \u2018\u2019e\u0301chos\u2019\u2019, une fois de plus, pour comprendre que rien n\u2019est laisse\u0301 au hasard.<\/p>\n<p><b>Monsieur le Pre\u0301sident, permettez-moi d\u2019insister un peu parce que, pour le cas du ministre du Pe\u0301trole<\/b>, <b>c\u0327a fait quand me\u0302me le troisie\u0300me ministre du pe\u0301trole qu<\/b>\u2019<b>on a. Au niveau de la douane, c<\/b>\u2019<b>est presque pareil, c<\/b>\u2019<b>est le troisie\u0300me DG. Qu<\/b>\u2019<b>est-ce qui se passe<\/b>?<\/p>\n<p>Quand on nomme un DG des douanes et qu\u2019on de\u0301couvre qu\u2019il a de\u0301vie\u0301 de la mission principale, de l\u2019objectif et de l\u2019effet recherche\u0301, nous sommes des militaires, je vous dis. Nous n\u2019agissons pas par sentiments. Les douaniers font partie des Forces de De\u0301fense et de Se\u0301curite\u0301. Mais ce n\u2019est pas une robe pour leur assurer l\u2019impunite\u0301. Rester dans la ligne droite de la sauvegarde de l\u2019inte\u0301re\u0302t national, pas de l\u2019inte\u0301re\u0302t du pre\u0301sident de la Re\u0301publique, pas de l\u2019inte\u0301re\u0302t de tel ou tel ministre, pas de la de\u0301fense de l\u2019inte\u0301re\u0302t de tel ou tel groupe ou de telle ou telle personne, Non. L\u2019inte\u0301re\u0302t national !<\/p>\n<p>Quand on voit que la mission qu\u2019on vous a confie\u0301e n\u2019est pas respecte\u0301e, celle de de\u0301fendre les inte\u0301re\u0302ts du Niger, soyez su\u0302r qu\u2019il y a des milliers de Nige\u0301riens en attente et nous ne le\u0301sinerons pas sur les moyens pour essayer chaque Nige\u0301rien et le mettre devant ses responsabilite\u0301s. C\u2019est un cre\u0301dit de confiance qui conduit a\u0300 la nomination a\u0300 travers un filtre et c\u2019est le retrait de cette confiance qui conduit a\u0300 la de\u0301mission. Donc, on peut changer 50 ministres du pe\u0301trole, 50 directeurs ge\u0301ne\u0301raux des douanes s\u2019il le faut, nous le ferons. C\u0327a n\u2019a rien de personnel, c\u0327a n\u2019a rien de sentimental, c\u2019est le pragmatisme, c\u2019est le re\u0301sultat dans le seul et unique inte\u0301re\u0302t national. Voila\u0300 ce que je re\u0301pe\u0300te malgre\u0301 votre insistance.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019inte\u0301re\u0302t national qui guide nos actions, ce n\u2019est pas le sentiment, ce n\u2019est pas la familiarite\u0301. Celui qui croit qu\u2019il aura la couverture de la familiarite\u0301, du sentiment ou de l\u2019appartenance au corps n\u2019a rien compris de notre de\u0301termination, n\u2019a rien compris de la re\u0301appropriation que nous sommes en train de faire de nos ressources naturelles, n\u2019a rien compris de la ligne qui nous a conduits a\u0300 reprendre en main notre de\u0301fense, notre se\u0301curite\u0301 et voir aujourd\u2019hui ce que nous avons, c\u2019est-a\u0300-dire la liberte\u0301 d\u2019action. Un moment e\u0301tait connu au Niger ou\u0300 les FDS ne de\u0301cidaient pas. C\u2019e\u0301tait la me\u0302me situation au Mali et au Burkina Faso. Nous avons de\u0301cide\u0301 de prendre notre destin en main ; nous avons choisi de nous re\u0301approprier notre destin pour notre dignite\u0301, pour notre souverainete\u0301. Nous ne le\u0301sinerons sur aucun moyen pour y parvenir. C\u0327a n\u2019a rien de personnel. Voila\u0300 !<\/p>\n<p><b>Monsieur le Pre\u0301sident, apre\u0300s votre vision pour le Niger, vous avez adopte\u0301 en conseil des ministres votre Programme de la Refondation de la Re\u0301publique 2025-2029. Que faut-il retenir de cette approche?<\/b><\/p>\n<p>Nous sommes des militaires. Dans l\u2019arme\u0301e, il y a un niveau ou\u0300 c\u2019est la conception. La conception, c\u2019est les grandes lignes qui sont trace\u0301es. Ensuite, un autre niveau qui est purement tactique, c\u2019est ce qu\u2019on appelle l\u2019ordre d\u2019ope\u0301ration. Cet ordre d\u2019ope\u0301ration est se\u0301quence\u0301 en plusieurs parties. Vous prenez l\u2019environnement, vous prenez la menace a\u0300 laquelle vous faites face, vous prenez votre mission, vous prenez la population dans laquelle vous allez conduire votre mission, vous prenez le personnel et les moyens dont vous disposez pour conduire cette mission et vous prenez ce qu\u2019on appelle les amis et les voisins, c\u2019est-a\u0300-dire les autres forces de de\u0301fense et de se\u0301curite\u0301 e\u0301ventuellement qui vont e\u0301voluer dans votre zone d\u2019ope\u0301ration.<\/p>\n<p>Quand vous faites cette premie\u0300re synthe\u0300se, vous fixez ce qu\u2019on appelle un effet majeur. Un effet majeur, pour parler en termes civils, c\u2019est un objectif essentiel qui va conduire tout le reste de l\u2019articulation que vous allez faire. Une fois que vous avez de\u0301fini votre effet majeur, vous allez maintenant faire ce que nous appelons l\u2019articulation avec les unite\u0301s subordonne\u0301es auxquelles vous confiez des missions. Et chaque unite\u0301 subordonne\u0301e qui rec\u0327oit une mission est e\u0301galement dote\u0301e des moyens pour exe\u0301cuter cette mission spe\u0301cifique. Enfin, vous faites ce qu\u2019on appelle les instructions de coordination. Ces instructions de coordination permettent de prendre en compte les autres corps, notamment la sante\u0301, les transmissions, le soutien logistique, tout. Et c\u2019est en ce temps que vous pouvez dire que vous e\u0302tes intellectuellement pre\u0302t pour maintenant passer a\u0300 la phase pratique.<\/p>\n<p>C\u2019est la me\u0302me organisation qu\u2019il faut rapporter. Malheureusement, les gens ont tendance a\u0300 croire que les militaires, c\u2019est des bidasses, c\u2019est des porteurs de rangers, mais ils n\u2019ont rien compris. Toutes les grandes avance\u0301es ont e\u0301te\u0301 faites a\u0300 travers l\u2019organisation militaire, quel que soit le domaine concerne\u0301. Que ce soit dans le domaine scientifique de fac\u0327on globale, de la me\u0301decine, de l\u2019armement, qu\u2019il soit nucle\u0301aire ou autre, que ce soit dans l\u2019organisation, c\u2019est l\u2019organisation militaire qui a e\u0301te\u0301 habille\u0301e en civil, comme ce que vous portez, pour ge\u0301rer, pour ceux qui sont conscients. C\u2019est l\u2019organisation militaire qui a e\u0301te\u0301 adapte\u0301e au civil, je ne dirais pas civilise\u0301e parce que les gens auront la mauvaise ide\u0301e d\u2019interpre\u0301ter, donc qui a e\u0301te\u0301 adapte\u0301e pour faire ce que nous faisons dans le milieu civil.<\/p>\n<p>Donc, la vision qui est base\u0301e sur quatre axes, c\u2019est une vision qui trace quatre grandes lignes, mais ces grandes lignes la\u0300 sont destine\u0301es a\u0300 tout le monde. Je pense que lorsque nous allons suivre cette vision, voila\u0300 la\u0300 ou\u0300 notre pays peut aller, voila\u0300 ce que c\u0327a peut produire comme effet positif au profit de l\u2019ensemble des Nige\u0301riens.<\/p>\n<p>Donc au rec\u0327u de ces grandes lignes, qui sont ce qu\u2019on appelle les quatre axes, il faut bien su\u0302r re\u0301percuter, comme on le fait dans l\u2019arme\u0301e, aux e\u0301chelons subordonne\u0301s qui sont articule\u0301s. Ici, c\u2019est les grands collaborateurs, dans l\u2019arme\u0301e c\u2019est un autre terme, c\u2019est une terminologie militaire. Les collaborateurs, ce sont les institutions, ce sont les ministe\u0300res, le gouvernement, ce sont les directions, ce sont les entreprises, ce sont les citoyens lambda. Il faut dire a\u0300 chacun voila\u0300 ce que vous devez faire et c\u2019est la\u0300 ou\u0300 c\u0327a rejoint un peu l\u2019esprit de la mobilisation ge\u0301ne\u0301rale: voila\u0300 ce que vous allez faire, voila\u0300 comment vous allez le faire et voila\u0300 les moyens que vous devez utiliser pour le faire. C\u2019est c\u0327a qui conduit a\u0300 la re\u0301articulation aux e\u0301chelons collaborateurs pour permettre de faire ce que vous venez de dire, de la vision passe\u0301e au Programme de la Refondation 2024-2029. Ce n\u2019est rien d\u2019autre que c\u0327a. Que chaque structure comprenne la mission qu\u2019elle a rec\u0327ue et l\u2019exe\u0301cute parce qu\u2019elle est dote\u0301e des moyens, bien su\u0302r que je ne dirais pas abondants, mais qui lui permettent d\u2019exe\u0301cuter la mission pour un seul objectif: le bien-e\u0302tre des Nige\u0301riens, l\u2019inte\u0301re\u0302t national. Dans cette de\u0301marche, comme je l\u2019ai dit, je le re\u0301pe\u0300te, s\u2019il y a un maillon de la chai\u0302ne qui ne peut pas supporter la tension, nous le remplacerons avant que la chai\u0302ne ne casse. Il faut que les Nige\u0301riens comprennent c\u0327a. C\u2019est c\u0327a l\u2019esprit du programme de la refondation qui de\u0301coule de la grande vision, les quatre axes de la vision pour un Niger meilleur.<\/p>\n<p><b>Monsieur le Pre\u0301sident, la dissolution des syndicats du secteur de la justice a laisse\u0301 entrevoir des re\u0301formes imminentes qui allaient rapidement changer les choses. Ensuite, le 12 de\u0301cembre 2025, lors de la rentre\u0301e judiciaire, vous avez lance\u0301 un message fort relativement a\u0300 votre vision de la justice et place\u0301 tous les acteurs devant leurs responsabilite\u0301s, notamment les magistrats. Ou\u0300 en sommes-nous a\u0300 ce jour et quelles sont les perspectives dans ce secteur important de notre vie? <\/b><\/p>\n<p>La justice ne peut pas e\u0302tre malade. Elle n\u2019est pas mate\u0301rielle, donc comment est-ce qu\u2019elle peut e\u0302tre malade? Ce sont les acteurs qui sont charge\u0301s de conduire cette justice qui sont malades, ce n\u2019est pas la justice. Nous avons des textes qui ont e\u0301te\u0301 plusieurs fois, comme je l\u2019ai dit, toilette\u0301s. Me\u0302me si c\u2019est la peau qu\u2019on enle\u0300ve, tant que le mental ne change pas, tant qu\u2019on aura des malades au sein de notre appareil juridique et judiciaire, nous aurons a\u0300 observer des comportements de\u0301viants. Mais, le plus important ce n\u2019est pas ces comportements-la\u0300. C\u2019est nous, notre re\u0301action face a\u0300 ces comportements. Et c\u0327a, c\u2019est de la responsabilite\u0301 de tous les Nige\u0301riens. Nous sommes sortis de la phase de \u2018\u2019Tchin hantchi\u2019\u2019, corruption, clanisme. Vous occupez un poste, vous rendez la justice aux Nige\u0301riens. Vous e\u0302tes malade, vous e\u0302tes incapable de rendre la justice aux Nige\u0301riens, on vous remplace. Surtout que le choix ne doit pas e\u0302tre la mer a\u0300 boire. Nous avons combien de magistrats? Mais peut-e\u0302tre aussi, c\u2019est c\u0327a le drame. Quant a\u0300 la possibilite\u0301 de choisir, vous vous rappelez les cours au colle\u0300ge ou\u0300 on met des boules colore\u0301es, donc la probabilite\u0301. Donc, quant a\u0300 la capacite\u0301 d\u2019avoir une gamme grande de probabilite\u0301s et re\u0301duite, on ne fait que recycler. Mais on recycle au mieux.<\/p>\n<p>Donc, je ne vais pas rentrer dans les de\u0301tails, la justice n\u2019est pas malade, ce sont les acteurs de la justice qui sont malades et, je le dis parce que je le sais. Et, je le sais parce que j\u2019e\u0301tais amene\u0301 a\u0300 prendre des actions par rapport a\u0300 certains acteurs. Donc, tant que nous fermerons les yeux, tant que les Nige\u0301riens vont croire que le magistrat est au-dessus de la loi, les acteurs de la justice sont au-dessus de la loi, les membres du gouvernement ou autres sont au-dessus de la loi, nous n\u2019irons nulle part. Le proble\u0300me, ce ne sont pas nos textes, ce sont nos acteurs charge\u0301s de mettre en application ces textes. Allez-y voir les surnoms qui sont attribue\u0301s a\u0300 certains magistrats, vous comprendrez l\u2019ampleur de la ta\u0302che.<\/p>\n<p><b>Aujourd\u2019hui, ici au Niger, Monsieur le pre\u0301sident?<\/b><\/p>\n<p>Non, des noms avec lesquels on les a trouve\u0301s. Je n\u2019ai pas besoin de le dire: donc des noms avec lesquels on les a trouve\u0301s parce qu\u2019ils se distinguaient particulie\u0300rement par ces proportions et ces propensions. C\u2019est c\u0327a que nous devons combattre, tous ensemble. Nous avons eu des faits divers. Vous vous rappelez un magistrat qui avait eu maille a\u0300 partir avec un concurrent chez une copine et qui parle d\u2019outrage a\u0300 magistrat. C\u2019est des comportements comme c\u0327a qui avaient cours et que nous avons choisi d\u2019e\u0301radiquer. Un magistrat, parce qu\u2019il a\u0300 une copine en partage avec un compatriote, pense qu\u2019il peut prendre son ve\u0301hicule et l\u2019e\u0301craser. C\u2019est ces types de comportement qui gangre\u0300nent la justice et c\u2019est a\u0300 ces types de comportement que nous devons faire face, non pas seulement les de\u0301cideurs.<\/p>\n<p>Mais l\u2019ensemble des Nige\u0301riens doivent les rejeter, sinon on ne pourra jamais circonscrire ou e\u0301radiquer ces de\u0301rives. Il faut que les gens comprennent que le temps est re\u0301volu. Il n\u2019y a pas d\u2019outrage a\u0300 magistrat en dehors du palais de justice. Il n\u2019y a pas d\u2019outrage a\u0300 magistrat, chez une copine. C\u0327a, c\u2019est fini. Si c\u0327a se passait, c\u0327a ne doit plus se passer. Il n\u2019y a pas de perception. Nous sommes pragmatiques, nous sommes dans la re\u0301alite\u0301. La justice doit e\u0302tre pragmatique et e\u0302tre dans la re\u0301alite\u0301. Nous comprenons que les difficulte\u0301s concernent tous les domaines, mais les acteurs aussi doivent comprendre que les difficulte\u0301s concernent tous les domaines. Chacun serre la ceinture sans couper le bassin, mais il faut que chacun serre la ceinture.<\/p>\n<p><b>Monsieur le Pre\u0301sident, votre tourne\u0301e a ravive\u0301 le sentiment patriotique et renforce\u0301 l\u2019unite\u0301 nationale, c\u2019est indiscutable. Quel message avez-vous a\u0300 l\u2019endroit de ceux qui tentent de mettre a\u0300 mal notre vivre-ensemble et a\u0300 l\u2019endroit de tous les Nige\u0301riens?<\/b><\/p>\n<p>A\u0300 l\u2019endroit de tous les Nige\u0301riens, ce que je dois leur dire, c\u2019est que nous sommes un peuple. Le Niger est un peuple. A\u0300 l\u2019endroit des autres, nous n\u2019avons pas le temps pour eux. Le Niger, ou les limites re\u0301centes de 60 ou de 58, quand il a e\u0301te\u0301 dit que c\u2019est une Re\u0301publique, ne refle\u0300te pas ce que c\u2019est le Niger, ne refle\u0300te pas ce que sont les Nige\u0301riens. Depuis le pale\u0301olithique, il y a 2,6 millions a\u0300 3,3 millions d\u2019anne\u0301es, le Sahara du Niger e\u0301tait occupe\u0301. Il y a des traces humaines, des traces de vie dans le pale\u0301olithique infe\u0301rieur.<\/p>\n<p>Des peuples africains e\u0301taient dans le Sahara et l\u2019Ai\u0308r nige\u0301rien. Au ne\u0301olithique, c\u0327a s\u2019est encore accru, il y a entre 9 000 a\u0300 10 000 anne\u0301es, ou\u0300 des traces de pratiques agricoles ont e\u0301te\u0301 retrouve\u0301es apre\u0300s des fouilles, ou\u0300 des peintures rupestres ont montre\u0301 qu\u2019au Niger, ce qui est aujourd\u2019hui cette Re\u0301publique du Niger, on a dompte\u0301 le cheval, la vache et, par la suite, tous les animaux domestiques que vous connaissez. Ils ont laisse\u0301 les traces sur les peintures rupestres.<\/p>\n<p>On a de\u0301couvert dans des valle\u0301es qui e\u0301taient les lits des fleuves, qu\u2019il y avait des vies organise\u0301es, les populations avaient des outils comme des armes, le harpon, les fle\u0300ches, les poteries, des bracelets en bronze, en cuivre, sur le territoire national. Il y a 10 000 ans de cela. Le Niger n\u2019est pas un petit pays. Il y a 10 000 ans, allez-y voir en France, il n\u2019y avait pas d\u2019organisation sociale. La premie\u0300re organisation en France remonte a\u0300 481. Moi, je vous parle de 10 000 ans. Donc, le Niger n\u2019est pas un petit pays. Le Niger a e\u0301te\u0301 et est la porte d\u2019entre\u0301e vers tout l\u2019inte\u0301rieur de l\u2019Ouest africain. Ce n\u2019est pas moi qui le dis, ce sont des e\u0301le\u0301ments historiques, scientifiques. Des fore\u0302ts d\u2019arbres silicifie\u0301s ont e\u0301te\u0301 de\u0301couvertes au Niger.<\/p>\n<p>Donc, nous sommes un peuple ancien. Nous devons, chaque fois que nous posons un acte, comprendre que nous sommes un peuple ancien. Nous ne sommes pas n\u2019importe qui, et n\u2019importe qui ne peut pas nous pie\u0301tiner. C\u2019est un incident de parcours qui a permis que cette colonisation ait lieu, mais qu\u2019on conside\u0300re que c\u2019est un incident de parcours, et qu\u2019on tourne la page. Et c\u2019est ce que nous faisons. Le Niger, c\u2019est le pays des royaumes et des empires.<\/p>\n<p>Vous prenez le Kanem-Bornou, 784 \u2013 1900. C\u2019est l\u2019un des plus longs re\u0300gnes connus au monde, en dehors du re\u0300gne e\u0301gyptien de l\u2019Afrique e\u0301galement. Puisque nous avons un groupe, les Mazoumaouas, qui ont donne\u0301 un pharaon a\u0300 l\u2019E\u0301gypte. Le Kanem-Bornou, c\u2019est depuis 784. Donc, il y a eu d\u2019autres qui ont eu le me\u0301rite de cre\u0301er quelque chose, de consolider. Mais il est une re\u0301fe\u0301rence, parce que c\u2019est le premier a\u0300 avoir organise\u0301 le Kanem-Bornou a\u0300 travers une organisation sociale musulmane, qui a fait son pe\u0300lerinage, qui est revenu et qui a introduit l\u2019Islam comme religion d\u2019E\u0301tat.<\/p>\n<p>Apre\u0300s lui, il y a Dounama dit Ballami. Mais son vrai nom, c\u2019est Dounama, fils de Salma Bikorou. Il a regne\u0301 entre 1221-1259. Vous voyez c\u0327a dans les manuels scolaires. On l\u2019appelait Dounama Diballami. La\u0300 e\u0301galement, c\u2019est quelqu\u2019un qui a donne\u0301 sa grandeur au Kanem-Bornou, qui a conquis des territoires pour les ajouter au Kanem-Bornou, parce que le Kanem-Bornou, initialement, e\u0301tait localise\u0301 au Kanem, donc la partie nord-est du lac Tchad. Ensuite, c\u0327a a englobe\u0301 la partie sud et sud-ouest du lac Tchad, pour faire le Bornou qui est reste\u0301 jusqu\u2019a\u0300 aujourd\u2019hui en partie.<\/p>\n<p>Apre\u0300s Dounama, il y a eu d\u2019autres, tels que Ali Gazi, 1471-1506. Il y a eu Idriss, qu\u2019on appelait habituellement Idriss Alaoma, mais qui s\u2019appelait Idriss bin Ali bin Idriss, celui-la\u0300 me\u0302me qui a conquis jusqu\u2019au nord du Niger pour libe\u0301rer la voie qui va vers la Tripolitaine. Idriss Alaoma a re\u0301gne\u0301, de 1572 a\u0300 1603. Je vous le dis, parce que c\u2019est des chefs, et que les Nige\u0301riens doivent connai\u0302tre et savoir qu\u2019ils ne viennent pas du ne\u0301ant, de nulle part. Les Nige\u0301riens doivent savoir qu\u2019ils ont un passe\u0301 glorieux, et c\u2019est ce passe\u0301-la\u0300 qui doit e\u0302tre leur boussole. Le Bornou e\u0301tait un empire ou\u0300 il y avait un sultan. Donc depuis le temps de Houmai\u0308, c\u2019e\u0301tait un sultan. Donc en 1067, le Bornou englobait jusqu\u2019ici, de l\u2019est a\u0300 l\u2019ouest du Niger. Oui, le Bornou englobait ce pays-la\u0300. Donc de\u0301ja\u0300 il y a une unite\u0301 qui est la\u0300.<\/p>\n<p>Apre\u0300s le Bornou, vous descendez un peu, vous avez ce qu\u2019on appelle le Mangari. Le Mangari, c\u2019est la limite du Mounio jusqu\u2019au Tchad. Mais le nom ancien du Mangari, c\u2019est Kasar Gurbe qui veut dire en haoussa, \u2018\u2019la terre des cuvettes\u2019\u2019, ou\u0300 il y a beaucoup de palmiers, il y a de l\u2019eau, et ou\u0300 on faisait des activite\u0301s agricoles. C\u2019e\u0301taient les Mandara qui e\u0301taient dans cette zone. Les Mandara, c\u2019est un sous-groupe du grand groupe qu\u2019on appelle So ou Sao. Il y avait quatre grands groupes: les Bade, les Kotoko, les Dagara et les Gama gama. Mais il y a d\u2019autres sous-groupes tels que les N\u2019gezam. Donc le Mangari aussi e\u0301tait un royaume, si on peut le dire. Parce qu\u2019a\u0300 partir de N\u2019gagaru, c\u2019est une ville situe\u0301e au sud-ouest de Sheri qui est un village qui existe jusqu\u2019ici. Donc, c\u2019est la\u0300-bas que Maine-Soroa a pris sa naissance. Les N\u2019gagaru sont venus a\u0300 Maine-Soroa.<\/p>\n<p>Et les premiers Digaji, parce que c\u2019e\u0301tait un Digaji, s\u2019appelle Kafugu et il est fils d\u2019Adam Lafiami. En 1800, il a e\u0301te\u0301 intronise\u0301 Lawan par le sultan Mai\u0308 Dounama. Apre\u0300s lui, ce sont les enfants qui ont pris la rele\u0300ve. Il y a Nafetser, il y a Lafia, il y a Abdou et, jusqu\u2019au plus re\u0301cent, Limam. Quand je dis re\u0301cent, c\u2019est historiquement.<\/p>\n<p>Avant Limam, il y avait un autre qui e\u0301tait Kaigama. Et lui, il a e\u0301te\u0301 nomme\u0301 par Tanimoune, Amadou Tanimoune de Zinder. Amadou Tanimoune Kourandaga ou bien Amadou Tanimoune Naroumji. Il s\u2019appelle pre\u0301cisement Kaigama Abdou Konlonmi. C\u2019est le seul qui a e\u0301te\u0301 nomme\u0301 Kaigama. Sinon, tous les autres, c\u2019est des Lawans. Ensuite, le dernier qui est N\u2019kazel ou Kazelma.<\/p>\n<p>A\u0300 l\u2019inte\u0301rieur du Mangari, il y a ce qu\u2019on appelle le Kazel. Le Kazel, c\u2019est quand vous prenez de la Komadougou, vous repartez vers N\u2019guingmi, jusqu\u2019au Tal. Donc, c\u2019est a\u0300 l\u2019inte\u0301rieur du Mangari.<\/p>\n<p>Apre\u0300s, vous arrivez au Mounio. Tout c\u0327a, c\u2019est des royaumes qui ont existe\u0301 au Niger. Le Mounio e\u0301tait une principaute\u0301, certes, coiffe\u0301e par le Bornou, mais c\u2019e\u0301tait une principaute\u0301 e\u0301galement qui e\u0301tait un royaume de l\u2019e\u0301poque. Quand Dagalma a fonde\u0301 le Mounio, il venait du Hadeja. Je ne sais pas si vous connaissez Hadeja. Actuellement, c\u2019est au Nigeria. A l\u2019est de Hadeja, il y a une zone qu\u2019on appelait Go-Garam. C\u2019e\u0301tait une zone de N\u2019guezem, le petit groupe de Gama gama que j\u2019avais e\u0301voque\u0301 tanto\u0302t. C\u2019est lui qui est venu pour fonder le Mounio, on pense que l\u2019action a eu lieu vers les anne\u0301es 1400-1500. Il a eu des successeurs. Le premier successeur, c\u2019e\u0301tait un chef Mandara qui a e\u0301te\u0301 bouscule\u0301 par ses citoyens et qui s\u2019est re\u0301fugie\u0301 a\u0300 Kazergamu. Puisque la capitale a e\u0301te\u0301 de N\u2019indimi, qui e\u0301tait au Kanem, de l\u2019autre co\u0302te\u0301. La capitale a e\u0301te\u0301 transfe\u0301re\u0301e a\u0300 Kazergamu. Avant d\u2019arriver a\u0300 Kazergamu, vous avez la capitale a\u0300 co\u0302te\u0301 de l\u2019actuelle N\u2019guinguimi, Garu me\u0301le\u0301.<\/p>\n<p>Donc il a quitte\u0301, sous la pression de ses sujets, pour se re\u0301fugier a\u0300 Kazergamu. Il s\u2019appelait Saeimi. Il se trouvait que Dagalma, celui qui a fonde\u0301 Munouyo, faisait face a\u0300 une re\u0301bellion parce qu\u2019il y a des gens qui faisaient des incursions pour piller. Il est parti vers le sultan du Bornou de l\u2019e\u0301poque, pour demander un soutien et le sultan du Bornou a mis Saeimi avec ses troupes pour l\u2019accompagner et mater les infiltrations, les missions de razzia, qui s\u2019exerc\u0327aient sur ces populations.<\/p>\n<p>Quand il est arrive\u0301, ils ont mate\u0301 les pillards, mais Saeimi est reste\u0301 et il a repris le re\u0300gne. Et c\u2019est de la\u0300 que le Mounio va continuer a\u0300 prospe\u0301rer. Saeimi aura une descendance. Le dernier e\u0301tait Ibrahim, fils de Adji Gawormi, celui qui avait re\u0301unifie\u0301 le Mounio. Puisque je vous ai dit, qu\u2019a\u0300 un certain moment, chaque prince avait sa capitale. On avait jusqu\u2019a\u0300 sept capitales. C\u2019est Ibrahim, fils de Adji Gawormi, qui a re\u0301unifie\u0301 le Munouyo.<\/p>\n<p>Et quand il est de\u0301ce\u0301de\u0301 en 1835, c\u2019est son fils Kosso qui lui a succe\u0301de\u0301. Lui-me\u0302me qui va de\u0301ce\u0301der en 1854, a\u0300 Kangaria, en revenant d\u2019une expe\u0301dition. Une expe\u0301dition que le sultan du Bornou, de l\u2019e\u0301poque, lui avait confie\u0301e. Et c\u2019e\u0301tait au temps de Sher Lamine, qu\u2019on appelle Mohamed Al Kanemi.<\/p>\n<p>Apre\u0300s le Mounio, vous avez le Sossabaki. A\u0300 l\u2019origine, ce n\u2019e\u0301tait pas Sossabaki. Puisque c\u2019e\u0301tait des Kutumbawa qui e\u0301taient la\u0300-bas. Donc ils avaient leur premie\u0300re capitale, qu\u2019on appelle Ganoua. Ganoua remontait a\u0300 894, donc au 9e sie\u0300cle. Il y a Mohamed Nafarko qui a e\u0301te\u0301 envoye\u0301 en mission a\u0300 partir du Kanem au Bornou. Quand il est arrive\u0301 a\u0300 Ganoua, il a trouve\u0301 trois princes qui avaient quitte\u0301 le Kanem-Bornou. D\u2019autres disent qu\u2019ils avaient fui. Il y avait Bone\u0301, Dundurusu et Darnako. Ils e\u0301taient a\u0300 Ganoua ou\u0300 le chef e\u0301tait Ganda Ganda. Je ne sais pas, la prononciation peut ne pas e\u0302tre correcte. Mais c\u2019est c\u0327a le nom du chef.<\/p>\n<p>Quand Mohamed Nafarko e\u0301tait arrive\u0301 pour les ramener, ils ont fait un compromis. Ils ont dit qu\u2019ils vont lui donner le commandement de Ganoua et expulser Ganda Ganda. Et c\u2019est ce qui fut fait. Mohamed Nafarko a accepte\u0301 et Ganda Ganda est parti pour fonder Kano, l\u2019actuel Kano que vous entendez les gens tergiverser. C\u2019est Ganda Ganda qui est parti pour fonder Kano. Il a quitte\u0301 Ganoua et Mohamed Nafarko. Apre\u0300s lui, selon les gens, il y a eu plus de 50 qui se sont succe\u0301de\u0301 jusqu\u2019a\u0300 Abdoulaye Dambagira. C\u2019est lui, en 1624, qui va reprendre, jusque la\u0300 ce n\u2019e\u0301tait pas le Sossabaki, l\u2019organisation de ce royaume-la\u0300 jusqu\u2019en 1672, ou\u0300 il va de\u0301ce\u0301der. Son fils Mohamed Oubansaraki va lui succe\u0301der et re\u0301gner de 1672 a\u0300 1703. C\u2019est au cours du re\u0300gne de Mohamadou Oubansaraki que cette zone ou ce royaume va prendre le nom de Sossabaki. Parce que c\u2019est au cours d\u2019une guerre ou d\u2019une bataille qu\u2019il a e\u0301te\u0301 blesse\u0301 le\u0301ge\u0300rement a\u0300 la bouche. Donc il y a un de ses compagnons qui lui a dit: Sarki Sossabakinka qui veut dire litte\u0301ralement \u2018\u2019essuyer les traces du sang\u2019\u2019. C\u2019est de la\u0300 que le nom Sossabaki est sorti. Et c\u2019est comme c\u0327a que le Sossabaki est reste\u0301 puissant.<\/p>\n<p>Il y a toute une succession de chefs. Jusqu\u2019a\u0300 la division avec Fatah qui est intervenue en 1767, ou\u0300 le Sossabaki sera divise\u0301 en trois. Vous avez le Sossabaki de Miriah. Vous avez le Sossabaki de Ouacha et le Sossabaki de Takkei. Takkei qui va finir a\u0300 Dungas. Actuellement, c\u2019est la chefferie qui e\u0301tait initialement a\u0300 Takkei avec Danbarara. C\u2019est lui qui e\u0301tait a\u0300 Takkei et ce sont ses successeurs Mayaki qui vont ramener c\u0327a a\u0300 Dungas et c\u2019est reste\u0301 a\u0300 Dungas jusqu\u2019a\u0300 aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Apre\u0300s, vous avez le Damagaram. Le Damagaram, c\u2019est Malan Mena Kade\u0301, un e\u0301tudiant en the\u0301ologie qui avait quitte\u0301 le Bornou pour venir aupre\u0300s d\u2019un groupe qu\u2019on appelait les Koyom. Ce groupe n\u2019a d\u2019activite\u0301 que la religion. C\u2019est un groupe dans la communaute\u0301 qui s\u2019occupe de la religion. Et ils e\u0301taient a\u0300 Belbelek. Le cheickh Abdoulaye e\u0301tait leur chef. En 1689, il y a eu une re\u0301pe\u0301tition d\u2019actions de pillage.<\/p>\n<p>Belbelek e\u0301tait abandonne\u0301. Belbelek se trouve a\u0300 co\u0302te\u0301 de Deroua aujourd\u2019hui me\u0302me, 70 kilome\u0300tres a\u0300 l\u2019est de Goure\u0301. Ceux qui connaissent la zone savent. Donc Belbelek, c\u2019e\u0301tait la capitale. Elle e\u0301tait abandonne\u0301e parce qu\u2019elle e\u0301tait pille\u0301e. L\u2019e\u0301le\u0300ve en the\u0301ologie, Malan Mena Kade\u0301, qu\u2019on appelle Yunus, a quitte\u0301 pour aller a\u0300 Damagaram, l\u2019actuel Damagaram Takaya, pour continuer sa scolarite\u0301. Parce que la\u0300-bas, comme il est Dagara, il a trouve\u0301 les membres de la famille Dagara. Il e\u0301tait la\u0300-bas quand, quelques anne\u0301es plus tard, la me\u0302me ville a e\u0301te\u0301 confronte\u0301e aux me\u0302mes menaces. Il a quitte\u0301 pour venir 50 kilome\u0300tres plus au sud, fonder la ville qu\u2019on appelle Gue\u0301za. Et je crois qu\u2019elle existe jusqu\u2019a\u0300 aujourd\u2019hui. C\u2019est un personnage pieux qui a fait beaucoup de miracles. Allez-y a\u0300 Zinder, vous allez voir.<\/p>\n<p>Donc c\u2019est lui qui est a\u0300 l\u2019origine du Damagaram. A\u0300 l\u2019e\u0301poque, c\u2019e\u0301tait cinq villages. Il y avait Gue\u0301za, Gorgori, Dan Kezu, Ganesku, et Bada Kara. Ce n\u2019e\u0301tait me\u0302me pas Zinder, il n\u2019e\u0301tait pas encore dans la balance. Donc apre\u0300s lui, c\u2019est son fils qu\u2019on appelle Baba. Baba, fils de Yunus, ou bien Baba, fils de Malan Mena Kade.<\/p>\n<p>Apre\u0300s Baba, c\u2019est un de ses fils qui va prendre, qu\u2019on appelle Tanimoune Babami. Il faut remarquer que Tanimoune Babami, c\u0327a veut dire Tanimoune, fils de Baba. Comme je l\u2019ai dit, Dounama Diballemi, Dounama, fils de Diballi. C\u2019est a\u0300 peu pre\u0300s la me\u0302me chose. C\u2019est pour vous dire que c\u2019e\u0301tait la me\u0302me culture. Donc, quand Tanimoune Babami a pris le pouvoir, il a re\u0301gne\u0301 une dizaine d\u2019anne\u0301es.<\/p>\n<p>Ensuite, ce sont ses enfants qui vont lui succe\u0301der. Assafa, qui e\u0301tait chef jusqu\u2019en 1782, malheureusement, il est mort dans un combat au cours d\u2019une bataille, une incursion des Imakiten, qui e\u0301taient venus pour piller. Il est remplace\u0301 par Agaza, qui est son successeur. Ensuite, un autre qu\u2019on appelle Malan Babu Tsaba. Ainsi de suite, jusqu\u2019a\u0300 Souleymane Dan Chintouma. C\u2019est lui qui, pour la premie\u0300re fois, ramena la capitale a\u0300 Zinder, ville fonde\u0301e par un chasseur nomme\u0301 Silimane Dan Chintouma, en fit de nouveau le centre du pouvoir. A\u0300 partir de la\u0300, l\u2019histoire se poursuivit jusqu\u2019a\u0300 Amadou Tanimoune Kourandaga. Mais avant ce dernier, il y eut un autre fils de Silimane Dan Chintouma, appele\u0301 lui aussi Silimane, ou Zoubdajini, chef puissant qui mena de nombreuses conque\u0302tes. Vint ensuite Tanimoun Dan silimane. Sous son autorite\u0301, le Damagaram e\u0301tait capable de mobiliser six mille (6 000) fantassins arme\u0301s de fusils. Il s\u2019agissait bien entendu, de fusils a\u0300 re\u0301pe\u0301tition et non d\u2019armes automatiques comme aujourd\u2019hui, mais leur nombre attestait de\u0301ja\u0300 une grande puissance militaire. Il pouvait e\u0301galement disposer de soixante-dix (70) canons, ceux-la\u0300 me\u0302mes que la mission Joalland-Mene\u0301 pilla a\u0300 Zinder lorsqu\u2019elle les de\u0301couvrit, alors qu\u2019ils constituaient une technologie mai\u0302trise\u0301e par les Nige\u0301riens. Ces soixante-dix (70) canons te\u0301moignaient de cette capacite\u0301, puisqu\u2019en soutien au sultan du Bormou, pre\u0300s de deux cents (200) fusils et vingt (20) canons lui furent offerts. Cela montre que le Niger n\u2019est pas un espace sans importance. L\u2019histoire se poursuit ainsi.<\/p>\n<p>Si l\u2019on se tourne vers Katsina, bien avant son ave\u0300nement il y a plus de quatre mille (4 000) ans, existait Kassar Mazoumi, que l\u2019on appelait alors ainsi. Ce fut un peuple ancien, ayant ve\u0301cu dans cette re\u0301gion et dont serait issu un pharaon.<\/p>\n<p>En E\u0301gypte, le terme Mazoumi aurait subi une de\u0301formation conduisant a\u0300 les qualifier de pai\u0308ens. Mais qui ne l\u2019e\u0301tait pas alors? Tous l\u2019e\u0301taient, puisqu\u2019aucune autre religion n\u2019existait encore. L\u2019islam en effet, ne commence a\u0300 e\u0302tre date\u0301 qu\u2019a\u0300 partir de 622. Ceux qui vivaient quatre mille ans auparavant relevaient ne\u0301cessairement d\u2019autres croyances. Les Mazoumis occupe\u0300rent donc cette zone et, par me\u0301tissage, donne\u0300rent naissance a\u0300 un groupe appele\u0301 les Durbawa dont subsiste aujourd\u2019hui la trace avec Yan Durbi a\u0300 la cour de Maradi.<\/p>\n<p>Les Durbawa se succe\u0301de\u0300rent a\u0300 travers plusieurs dynasties: les Kumayo, les Rambas, les Batretre\u0301, les Koro, Djimnata et Yankdeni. La dernie\u0300re dynastie des Durbawa fut celle de Sanaw ou Jebdayaki. C\u2019est sous son re\u0300gne que Mohamed Kouraou, un Wangara, prit le pouvoir en 1368, e\u0301ve\u0301nement qui marque la naissance du Katsina tel qu\u2019on le connai\u0302t aujourd\u2019hui. On estime que le nom de Katsina viendrait de Katse\u0301, celui qui entreprit de fortifier la capitale. Katsina ne correspond pas a\u0300 Maradi, c\u2019est la ville demeure\u0301e aujourd\u2019hui au Nigeria, tandis que l\u2019essentiel de l\u2019ancien territoire se trouve au Niger. De Katsina jusqu\u2019au Damergou, tout relevait alors de cet ensemble. Ainsi s\u2019explique l\u2019e\u0301volution du Katsina, dirige\u0301 par de nombreux chefs qu\u2019il serait trop long d\u2019e\u0301nume\u0301rer ici.<\/p>\n<p>Quant au Gobir, il connut une e\u0301volution diffe\u0301rente. Il ne s\u2019agit pas ici des Gobirawa actuels, mais de la souche ancienne, la souche noire qui se trouvait dans l\u2019Ai\u0308r il y a plus de trois mille (3 000) ans. Leur capitale e\u0301tait Tinchaman dans l\u2019Abzin, raison pour laquelle on appelait cette re\u0301gion Chimankol. Tinchaman se situait entre Aoude\u0301ras et Agadez, et c\u2019est la\u0300 qu\u2019ils vivaient a\u0300 cette e\u0301poque recule\u0301e. J\u2019e\u0301voque bien la souche originelle, non les apports ulte\u0301rieurs. Par la suite, eurent lieu divers mouvements: les Giptawa ou Gipti, venus d\u2019E\u0301gypte, puis un autre peuple arrive\u0301 de re\u0301gions plus lointaines. Comme souvent en Afrique, certains cherchent a\u0300 se re\u0301fe\u0301rer a\u0300 l\u2019Arabie saoudite, mais je n\u2019entrerai pas dans ces conside\u0301rations et m\u2019en tiendrai a\u0300 une approche pragmatique.<\/p>\n<p>Un troisie\u0300me groupe arriva avec Tawa. Apre\u0300s leur installation, ils s\u2019e\u0301tablirent a\u0300 Rafin Bilma, site que l\u2019on identifie aujourd\u2019hui a\u0300 Bilma. On y trouve la valle\u0301e de Bilma ainsi que les hauteurs de Bilma, ou\u0300 se situe, a\u0300 Simundur, un sphinx semblable a\u0300 celui que l\u2019on voit en E\u0301gypte. C\u2019est la\u0300 qu\u2019ils s\u2019implante\u0300rent avant de progresser vers l\u2019Abzin. A\u0300 cette e\u0301poque, Assode\u0301 existait de\u0301ja\u0300 comme ville ancienne, plurimille\u0301naire. Assode\u0301 cessa toutefois d\u2019exercer toute influence a\u0300 partir de 1741. Telle est l\u2019histoire. Nous sommes donc un peuple ancien. Lorsque les Gobirawa arrive\u0300rent, ils se trouvaient a\u0300 Chimankol, dans cette re\u0301gion avec Tinchaman pour capitale entre Aoude\u0301ras et Agadez, comme il a e\u0301te\u0301 dit.<\/p>\n<p>Ils sont partis avec Tawa. Ils e\u0301taient venus a\u0300 Birnin Lale\u0301 dans le Kornaka. Birnin Lale\u0301 comme on le dit, ce n\u2019est pas le Henne\u0301 ; Birnin Lale\u0301 est la cite\u0301 de la fe\u0301licite\u0301. Voila\u0300 donc cette cite\u0301 de la fe\u0301licite\u0301, ou\u0300 Tawa est de\u0301ce\u0301de\u0301e. Jusqu\u2019a\u0300 aujourd\u2019hui, il existe un village appele\u0301 Kushewa ; la tombe de Tawa s\u2019y trouve toujours. Elle est de\u0301ce\u0301de\u0301e en ce lieu. C\u2019est cela, le Gobir.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019ils arrive\u0300rent au Bornou, ils y se\u0301journe\u0300rent d\u2019abord deux cent cinquante (250) ans. Ils parvinrent ensuite dans l\u2019Ai\u0308r ou\u0300 ils reste\u0300rent e\u0301galement deux cent cinquante (250) ans. Arrive\u0301s une premie\u0300re fois au Kornaka a\u0300 Birnin Lale\u0301, ils y demeure\u0300rent quatre-vingts (80) ans. Puis, ils repartirent a\u0300 Chimankol dans la me\u0302me capitale, Tinchaman ou\u0300, ils passe\u0300rent encore deux cent cinquante (250) ans. Ce n\u2019est qu\u2019a\u0300 leur retour qu\u2019ils s\u2019installe\u0300rent de\u0301finitivement dans cette re\u0301gion a\u0300 partir de laquelle ils commence\u0300rent a\u0300 faire rayonner le Gobir vers l\u2019inte\u0301rieur de l\u2019actuel Nigeria ; le Zamfara puis l\u2019Ader ensuite le Konni, le Dendi et le Ke\u0301bi.<\/p>\n<p>Telle est aussi l\u2019histoire du Gobir. Nous ne sommes donc pas venus du ne\u0301ant ; nous avons me\u0302me connu un passe\u0301 glorieux. Lorsque vous allez a\u0300 Konni, il s\u2019agit toujours de la me\u0302me migration issue de la souche Gobirawa. Le premier chef s\u2019appelait Wari.<\/p>\n<p>Wari e\u0301tait le fils de Manto. Manto e\u0301tait le fre\u0300re de Tawa, la reine du Gobir dont j\u2019ai parle\u0301. C\u2019est donc le fils de Manto, Wari, qui fut le premier chef de Konni. Apre\u0300s lui, durant plusieurs sie\u0300cles, certains disent que plus de trois cents chefs se sont succe\u0301de\u0301, seuls quelques noms ont e\u0301te\u0301 retenus, car la me\u0301moire collective supple\u0301ait a\u0300 l\u2019absence d\u2019e\u0301crits.<\/p>\n<p>On a ainsi retenu Abdelkader qui demeura a\u0300 Nadaber, village situe\u0301 a\u0300 vingt (20) kilome\u0300tres au nord-est de Konni, et qui, je crois, existe encore aujourd\u2019hui. Apre\u0300s Abdelkader vint Bana ; apre\u0300s Bana, Mamane Damka, puis Alou, Bouzou, jusqu\u2019a\u0300 Koraou. Ce dernier mourut en 1791. Enfin vint Mouhamadou, le dernier qui fit face a\u0300 la mission Voulet-Chanoine. Voila\u0300 ce qu\u2019est le Konni. D\u2019un autre co\u0302te\u0301, vous avez l\u2019Arewa. Il faut le dire pour que les Nige\u0301riens comprennent. Nous ne sommes pas rien et nous ne venons pas de rien. L\u2019Arewa, avant de porter ce nom, s\u2019appelait Azana. La\u0300 encore, il existe une mauvaise compre\u0301hension. C\u2019e\u0301tait le peuple Azana, un peuple qui nous englobait tous.<\/p>\n<p>Nous avons rayonne\u0301 dans l\u2019Abzine, dans ce qui est aujourd\u2019hui le Ke\u0301bi, dans l\u2019actuel Zamfara, ou\u0300 se trouvait me\u0302me leur capitale, Koutourou comme on l\u2019appelait. Nous avons e\u0301galement rayonne\u0301 dans la re\u0301gion qui est aujourd\u2019hui l\u2019Arewa, puis jusqu\u2019au Kourfaye. C\u2019e\u0301taient les Azana. Les Azana ve\u0301curent ainsi jusqu\u2019a\u0300 l\u2019arrive\u0301e de l\u2019enfant qu\u2019on appelait le prince Ari, fils de Kulumbu. Ari e\u0301tait envoye\u0301 comme messager pour Gao, l\u2019Empire Songhoi. Certains situent cet e\u0301ve\u0301nement vers 1500, d\u2019autres un peu plus to\u0302t. Quoi qu\u2019il en soit, il s\u2019arre\u0302ta a\u0300 Bagagi, ou\u0300 il e\u0301pousa une fille du lieu. Il eut un enfant qui rec\u0327ut le nom d\u2019Akazama, car il le laissa la\u0300-bas.<\/p>\n<p>Devenu grand, Akazama partit a\u0300 la recherche de son pe\u0300re au Bornou. Lorsqu\u2019il arriva, Ari e\u0301tait de\u0301ja\u0300 mort, mais son grand-pe\u0300re Kulumbu e\u0301tait encore en vie. Celui-ci lui dit: \u00ab Tu seras de\u0301sormais le repre\u0301sentant du Bornou la\u0300 ou\u0300 tu es, Akazama \u00bb. C\u2019est ainsi qu\u2019apparut le premier chef de ce qui allait devenir le groupe Arewa, ceux qui porte\u0300rent les cicatrices. Auparavant, il n\u2019y avait pas de cicatrices, car c\u2019e\u0301taient des Azana en tout cas, pas les deux balafres allant de la commissure des le\u0300vres jusqu\u2019aux oreilles. Cela n\u2019existait pas. Le premier a\u0300 les porter fut Akazama. C\u2019est a\u0300 ce moment-la\u0300 que le peuple Maouri prit naissance et forma un royaume puissant qui rayonna sous l\u2019autorite\u0301 de ses chefs. Akazama e\u0301pousa Mantu, une fille de Bagagi. Il se de\u0301plac\u0327a ensuite vers Toullou ou\u0300 il s\u2019e\u0301tablit. Ils eurent un enfant, Salma. Salma eut a\u0300 son tour plusieurs enfants, dont Kada, Koli et Gagara qui devinrent e\u0301galement des chefs dans la chronologie a\u0300 l\u2019exception de Gagara, lequel s\u2019en alla apre\u0300s des diffe\u0301rends avec son fre\u0300re ai\u0302ne\u0301 Kada.<\/p>\n<p>Il va quitter les siens pour aller s\u2019installer dans un village de Kurfayawa qu\u2019on appelait Nassarawa. J\u2019ignore si Nassarawa existe encore ou non, mais c\u2019est la\u0300 que Gagara ira s\u2019e\u0301tablir. C\u2019e\u0301tait un village occupe\u0301 par des Azana Kurfayawa. Par la suite, d\u2019autres le rejoindront, tels que les Mai\u0308nassara, les Alborka, les Mohamed, les Bashuashua, ainsi que l\u2019autre, le Babban Loma qui est bien connu. Ensuite viennent Barba, puis Kabrin Kabran et tous les autres: Tamo puis Dabakoy. Telle en est la succession. Cela pour montrer qu\u2019il ne s\u2019agit pas de peu de choses: on descend vers l\u2019Ader.<\/p>\n<p>L\u2019Ader ne s\u2019appelait pas encore l\u2019Ader. Son premier nom, issu d\u2019un ancien peuple Azana, e\u0301tait le Darey. On l\u2019appela Darey jusqu\u2019en 1674, date a\u0300 laquelle Agabba, fils de Mohamed Al Mubarak, lui-me\u0302me fils de Yousuf, vint conque\u0301rir le Darey. Il y eut tout un enchai\u0302nement d\u2019e\u0301ve\u0301nements qui y conduisit. Car, auparavant, ce que je n\u2019ai pas encore pre\u0301cise\u0301, tant le Darey que l\u2019Abzine payaient l\u2019impo\u0302t au Ke\u0301bi. De l\u2019Abzine, on partait avec du sable et de l\u2019eau pour les apporter comme impo\u0302t au Ke\u0301bi, au Kanta du Ke\u0301bi. Ainsi, apre\u0300s plusieurs tentatives mene\u0301es par Abassi, qui devait occuper le Darey mais e\u0301choua, Agabba demanda a\u0300 son pe\u0300re, Mohamed Al Mubarak, l\u2019autorisation d\u2019aller lui-me\u0302me conque\u0301rir le Darey.<\/p>\n<p>C\u2019est alors qu\u2019en 1674, il vint, battit le Serkin Darey a\u0300 Tassek et le tua. Le Serkin Ke\u0301bi, le Kanta nomme\u0301 Souleymane, venu en renfort, fut de\u0301fait ; lors de la traverse\u0301e d\u2019une rivie\u0300re appele\u0301e la mare de Koydo, il se noya. C\u2019est a\u0300 partir de cet e\u0301ve\u0301nement que fut donne\u0301 le nom d\u2019Ader. Et c\u2019est e\u0301galement a\u0300 partir de 1674 que la capitale fut installe\u0301e a\u0300 Birnin-Ader entre Gorom et Tarwada, non loin de Tamaske\u0301. La\u0300 fut e\u0301tablie la premie\u0300re capitale de l\u2019Ader, avec Agaba comme premier Serkin Ader.<\/p>\n<p>Apre\u0300s lui, son fils Mohamed Damo lui succe\u0301da. Apre\u0300s Mohamed Damo, ce fut son fre\u0300re, appele\u0301 Baba. Ensuite, le fils me\u0302me de Mohamed Damo, Al Mustafa, monta sur le tro\u0302ne. Puis survint l\u2019e\u0301clatement sous Yacouba qui transfe\u0301ra pour la premie\u0300re fois la capitale a\u0300 Illela, l\u2019Illela d\u2019aujourd\u2019hui. C\u2019est Yacouba qui ope\u0301ra ce transfert. On appelait alors cet ensemble le Folokom. L\u2019Ader e\u0301tait divise\u0301 en trois parties: le Folokom, l\u2019Ader Doutchi et l\u2019Ader oriental.<\/p>\n<p>Le Folokom s\u2019e\u0301tendait de Mogor jusqu\u2019a\u0300 Konni. On nommait ainsi cet espace. L\u2019Ader Doutchi couvrait la bande situe\u0301e entre Tamaske\u0301 et Tahoua. Quant a\u0300 l\u2019Ader oriental, il comprenait notamment Bouza et Keita. A\u0300 la te\u0302te de chaque compartiment, se trouvait un Lissawane. Lorsque Mohamed l\u2019autre, Agaba vint, il e\u0301tait accompagne\u0301 de Lissawane. Voila\u0300 ce qu\u2019e\u0301tait l\u2019Ader. Avant de porter ce nom, il s\u2019appelait le Darey, et c\u2019e\u0301taient de\u0301ja\u0300 des royaumes puissants.<\/p>\n<p>Ensuite, l\u2019on descend vers Dosso, me\u0302me si cette entite\u0301 est un peu plus re\u0301cente ; mais l\u2019histoire est analogue. Dosso proce\u0300de de la grande migration partie du Dirma, entre Toumbouctou et Djenne\u0301, qui se dirigea vers Gao dans les anne\u0301es 1490. Gao fut atteint avec Adjerse\u0301, car son pe\u0300re Sambo n\u2019y parvint pas: il mourut a\u0300 Tilibamba. Le chef de la migration venue du Dirma entre Toumbouctou et Djenne\u0301 s\u2019appelait Alpha Oumarou. Apre\u0300s lui vint Ibrahim ; apre\u0300s Ibrahim, Tougagou lui succe\u0301da ; apre\u0300s Tougagou, un autre nomme\u0301 Djarmale\u0301 ; puis Dawale\u0301 enfin Sambo.<\/p>\n<p>Sambo, pe\u0300re d\u2019Adjerse\u0301, mourut donc a\u0300 Tilibamba, et ce fut Adjerse\u0301 qui mena la migration jusqu\u2019a\u0300 Gao, ou\u0300 ils furent me\u0302me conside\u0301re\u0301s comme des corps d\u2019arme\u0301e inte\u0301gre\u0301s a\u0300 l\u2019arme\u0301e de Askia. Lorsqu\u2019ils attaquaient le Borgou, un corps d\u2019arme\u0301e Zarma les accompagnait. Lorsqu\u2019ils partirent en 1515 pour envahir Agadez ou pluto\u0302t rappeler Agadez, de\u0301ja\u0300 l\u2019Abzine de leur souverainete\u0301, Agadez se trouvait sous la coupe du Bornou. La\u0300 encore, un corps Zarma e\u0301tait pre\u0301sent. Voila\u0300 ce qu\u2019est le Niger.<\/p>\n<p>Malibero n\u2019est pas ne\u0301 a\u0300 Adramboukane. Lorsque certains affirment que c\u2019est lui qui aurait leve\u0301 une sorte de Daba, cela est inexact. Il est ne\u0301 a\u0300 Saptaka. Saptaka se situe ici, entre l\u2019Anzourou et ce qui est devenu aujourd\u2019hui le Zarmaganda, car a\u0300 l\u2019e\u0301poque le Zarmaganda n\u2019existait pas. C\u2019est donc la\u0300 que naquit Saptaka Malibero. Son pe\u0300re s\u2019appelait Mane\u0301, surnomme\u0301 Ramou. Il avait un fre\u0300re appele\u0301 Molomboti. Il e\u0301tait le fils de Tatou, lequel e\u0301tait lui-me\u0302me fils d\u2019Adjerse\u0301.<\/p>\n<p>Adjerse\u0301 est celui qui a conduit leur mouvement jusqu\u2019a\u0300 Gao au de\u0301ce\u0300s de leur pe\u0300re, et c\u2019est encore lui qui me\u0300nera la migration jusqu\u2019a\u0300 la sortie de KorKandi. Ensuite, Adjerse\u0301 poursuivra jusqu\u2019a\u0300 une ville appele\u0301e Douskoudji. A\u0300 partir de Douskoudji, c\u2019est Tatou, le fils, qui prendra en charge la migration jusqu\u2019a\u0300 Adramboukane. Voila\u0300 pour la migration.<\/p>\n<p>A\u0300 partir d\u2019Adramboukane, Molomboti, le fre\u0300re de Mane\u0301 et les autres y nai\u0302tront tous. Dodiya se situe en quelque sorte a\u0300 mi-chemin entre le mouvement et la mer, qui est toujours la\u0300 ; c\u2019est en ce lieu qu\u2019ils verront le jour. Mane\u0301 quittera ensuite cet endroit pour venir a\u0300 Saptaka. C\u2019est lui que l\u2019on appelait aussi Ramou qui donnera naissance a\u0300 Mali, Mali Gamandougouza. Mali Gamandougouza sera le pe\u0300re de Boukari Kolombi ou Boukari Loloboutchi. Tel est le fils de Mali Gamandougouza. Ainsi s\u2019explique Dosso, pour boucler la boucle avec le Songhoy.<\/p>\n<p>Le Songhoy, cependant, voit certains de ses membres refuser leur passe\u0301. Le Songhoy n\u2019e\u0301tait pas e\u0301tabli la\u0300 ou\u0300 il se trouve aujourd\u2019hui. Autrefois, il se situait en amont non pas seulement vers Tillabe\u0301ri, mais jusqu\u2019a\u0300 Gao. Le mot me\u0302me de \u00ab Songhoy \u00bb ne commence a\u0300 e\u0302tre employe\u0301 qu\u2019en 1510. Vous entendez parler du Tariq Elfatar ; c\u2019est Mohamed Kati qui utilisera ce terme pour la premie\u0300re fois. Il en va de me\u0302me pour l\u2019Ai\u0308r. Le nom \u00ab Ai\u0308r \u00bb apparai\u0302t en 1526 avec Le\u0301on l\u2019Africain, de son vrai nom Hassan Al-Wazal, un Marocain conside\u0301re\u0301 comme un pionnier de la diplomatie. Revenant d\u2019un pe\u0300lerinage lui qui avait fait des e\u0301tudes de the\u0301ologie, il fut capture\u0301 sur le chemin du retour par les chevaliers de Saint-Jean.<\/p>\n<p>Un certain Pedro de Bobadilla le prit en otage. Bobadilla e\u0301tant une ville espagnole, Hassan Al-Wazal adopta ensuite le nom de son mai\u0302tre, car celui-ci l\u2019offrit au pape Le\u0301on de Me\u0301dicis. C\u2019est ainsi qu\u2019il devint Le\u0301on l\u2019Africain, bien qu\u2019il fu\u0302t pre\u0301sente\u0301 captif au pape. Hassan Al-Wazal et Le\u0301on l\u2019Africain ne sont qu\u2019une seule et me\u0302me personne, voyageur infatigable ayant parcouru de nombreux pays a\u0300 l\u2019occasion de grands e\u0301ve\u0301nements. Vous pouvez consulter sa biographie en recherchant Hassan Al-Wazal ou Le\u0301on l\u2019Africain. C\u2019est lui qui mentionna pour la premie\u0300re fois l\u2019Ai\u0308r. Auparavant, on parlait de l\u2019Abzine, en 1526, puisqu\u2019il s\u2019e\u0301tait rendu jusqu\u2019a\u0300 l\u2019Abzi.<\/p>\n<p>Ainsi, le Songhoy trouve ses origines entre notre Dendi actuel vers Gaya et le Ke\u0301bi, puis jusqu\u2019au Zamfara et au Sokoto. Tout cet ensemble constituait l\u2019ancien Ke\u0301bi, berceau me\u0302me du premier Tchanga. Cette histoire doit inspirer la fierte\u0301 du passe\u0301. On a parfois voulu rattacher le Songhoy a\u0300 un individu quelconque venu du Ye\u0301men, mais de quel Ye\u0301men parle-t-on?<\/p>\n<p>Le Songhoy est atteste\u0301 de\u0300s 664, pour ceux qui proposent la datation la plus ancienne, ou vers 690. Mais, avant 690, ou\u0300 e\u0301tait le Songhoy? Il se trouvait de\u0301ja\u0300 dans l\u2019actuel Ke\u0301bi, entre le Dendi du Niger et le Ke\u0301bi du Nige\u0301ria, la\u0300 re\u0301sidait la souche du Songhoy.<\/p>\n<p>Pour preuve, Sonni Aliber, l\u2019un des plus grands chefs reconnus, est ne\u0301 a\u0300 Biro, localite\u0301 qui sera plus tard rebaptise\u0301e Walata. Elle se situe de l\u2019autre co\u0302te\u0301 de Gaya, a\u0300 l\u2019inte\u0301rieur de l\u2019actuel Be\u0301nin. Ce n\u2019est pas lui qui quitta Farou, mais sa me\u0300re: a\u0300 la suite d\u2019une mutinerie contre le roi de l\u2019e\u0301poque, durement re\u0301prime\u0301e, ils prirent la fuite et se re\u0301fugie\u0300rent a\u0300 Biro, futur Walata. C\u2019est la\u0300 que naquit Sonni Aliber, probablement vers les anne\u0301es 1420.<\/p>\n<p>Devenu un valeureux guerrier, il retourna a\u0300 Farou, alors capitale, et s\u2019enro\u0302la dans l\u2019arme\u0301e royale. Parvenu a\u0300 maturite\u0301, apre\u0300s avoir fait ses preuves, il de\u0301cida de rejoindre son pe\u0300re et la famille paternelle de\u0301ja\u0300 installe\u0301e a\u0300 Gao. C\u2019est ainsi que Sonni Aliber se rendit a\u0300 Gao, ou\u0300 il prit le pouvoir en 1464 avant de mourir le 23 octobre 1492. Il revenait d\u2019une expe\u0301dition chez les Mossi, territoire correspondant aujourd\u2019hui a\u0300 l\u2019inte\u0301rieur du Burkina, ce qui n\u2019e\u0301tait pas la me\u0302me configuration a\u0300 l\u2019e\u0301poque e\u0301voque\u0301e. Il mourut en cours de route avant d\u2019atteindre Gao.<\/p>\n<p>Le Songhoy a donc des origines bien e\u0301tablies. Voyez Koukia ou Gounguia, voyez Ansongo: autant de noms de villes qui existaient de\u0301ja\u0300 dans ce qui correspond aujourd\u2019hui au Ke\u0301bi. A\u0300 la frontie\u0300re vers le Sokoto et le Zamfara aujourd\u2019hui. Ce sont ces me\u0302mes villes-la\u0300 que l\u2019on a rebaptise\u0301es. (A suivre)<\/p>\n<p><b>Script: ONEP<\/b><br \/>\n<b>A suivre<\/b><br \/>\n<b>Continue Reading<\/b><\/p>\n<p>Previous: Nuit spe\u0301ciale de communication sur les attributs de la souverainete\u0301 retrouve\u0301e: Saluer le choix des autorite\u0301s du CNSP et encourager certains acteurs pour leur engagement dans cette lutte pour la souverainete\u0301Next: Lancement de la 2e\u0300 cohorte de l\u2019initiative \u00ab Un jeune, un citoyen mode\u0300le \u00bb: 200 jeunes sensibilise\u0301s a\u0300 la citoyennete\u0301 responsable et a\u0300 l\u2019engagement pour le de\u0301veloppement du Niger<\/p>\n<p><b>Monsieur le Pre\u0301sident, votre tourne\u0301e a ravive\u0301 le sentiment patriotique et renforce\u0301 l\u2019unite\u0301 nationale, c\u2019est indiscutable. Quel message avez-vous a\u0300 l\u2019endroit de ceux qui tentent de mettre a\u0300 mal notre vivre-ensemble et a\u0300 l\u2019endroit de tous les Nige\u0301riens?<\/b><\/p>\n<p>A\u0300 l\u2019endroit de tous les Nige\u0301riens, ce que je dois leur dire, c\u2019est que nous sommes un peuple. Le Niger est un peuple. A\u0300 l\u2019endroit des autres, nous n\u2019avons pas le temps pour eux. Le Niger, ou les limites re\u0301centes de 60 ou de 58, quand il a e\u0301te\u0301 dit que c\u2019est une Re\u0301publique, ne refle\u0300te pas ce que c\u2019est le Niger, ne refle\u0300te pas ce que sont les Nige\u0301riens. Depuis le pale\u0301olithique, il y a 2,6 millions a\u0300 3,3 millions d\u2019anne\u0301es, le Sahara du Niger e\u0301tait occupe\u0301. Il y a des traces humaines, des traces de vie dans le pale\u0301olithique infe\u0301rieur.<\/p>\n<p>Des peuples africains e\u0301taient dans le Sahara et l\u2019Ai\u0308r nige\u0301rien. Au ne\u0301olithique, c\u0327a s\u2019est encore accru, il y a entre 9 000 a\u0300 10 000 anne\u0301es, ou\u0300 des traces de pratiques agricoles ont e\u0301te\u0301 retrouve\u0301es apre\u0300s des fouilles, ou\u0300 des peintures rupestres ont montre\u0301 qu\u2019au Niger, ce qui est aujourd\u2019hui cette Re\u0301publique du Niger, on a dompte\u0301 le cheval, la vache et, par la suite, tous les animaux domestiques que vous connaissez. Ils ont laisse\u0301 les traces sur les peintures rupestres.<\/p>\n<p>On a de\u0301couvert dans des valle\u0301es qui e\u0301taient les lits des fleuves, qu\u2019il y avait des vies organise\u0301es, les populations avaient des outils comme des armes, le harpon, les fle\u0300ches, les poteries, des bracelets en bronze, en cuivre, sur le territoire national. Il y a 10 000 ans de cela. Le Niger n\u2019est pas un petit pays. Il y a 10 000 ans, allez-y voir en France, il n\u2019y avait pas d\u2019organisation sociale. La premie\u0300re organisation en France remonte a\u0300 481. Moi, je vous parle de 10 000 ans. Donc, le Niger n\u2019est pas un petit pays. Le Niger a e\u0301te\u0301 et est la porte d\u2019entre\u0301e vers tout l\u2019inte\u0301rieur de l\u2019Ouest africain. Ce n\u2019est pas moi qui le dis, ce sont des e\u0301le\u0301ments historiques, scientifiques. Des fore\u0302ts d\u2019arbres silicifie\u0301s ont e\u0301te\u0301 de\u0301couvertes au Niger.<\/p>\n<p>Donc, nous sommes un peuple ancien. Nous devons, chaque fois que nous posons un acte, comprendre que nous sommes un peuple ancien. Nous ne sommes pas n\u2019importe qui, et n\u2019importe qui ne peut pas nous pie\u0301tiner. C\u2019est un incident de parcours qui a permis que cette colonisation ait lieu, mais qu\u2019on conside\u0300re que c\u2019est un incident de parcours, et qu\u2019on tourne la page. Et c\u2019est ce que nous faisons. Le Niger, c\u2019est le pays des royaumes et des empires.<\/p>\n<p>Vous prenez le Kanem-Bornou, 784 \u2013 1900. C\u2019est l\u2019un des plus longs re\u0300gnes connus au monde, en dehors du re\u0300gne e\u0301gyptien de l\u2019Afrique e\u0301galement. Puisque nous avons un groupe, les Mazoumaouas, qui ont donne\u0301 un pharaon a\u0300 l\u2019E\u0301gypte. Le Kanem-Bornou, c\u2019est depuis 784. Donc, il y a eu d\u2019autres qui ont eu le me\u0301rite de cre\u0301er quelque chose, de consolider. Mais il est une re\u0301fe\u0301rence, parce que c\u2019est le premier a\u0300 avoir organise\u0301 le Kanem-Bornou a\u0300 travers une organisation sociale musulmane, qui a fait son pe\u0300lerinage, qui est revenu et qui a introduit l\u2019Islam comme religion d\u2019E\u0301tat.<\/p>\n<p>Apre\u0300s lui, il y a Dounama dit Ballami. Mais son vrai nom, c\u2019est Dounama, fils de Salma Bikorou. Il a regne\u0301 entre 1221-1259. Vous voyez c\u0327a dans les manuels scolaires. On l\u2019appelait Dounama Diballami. La\u0300 e\u0301galement, c\u2019est quelqu\u2019un qui a donne\u0301 sa grandeur au Kanem-Bornou, qui a conquis des territoires pour les ajouter au Kanem-Bornou, parce que le Kanem-Bornou, initialement, e\u0301tait localise\u0301 au Kanem, donc la partie nord-est du lac Tchad. Ensuite, c\u0327a a englobe\u0301 la partie sud et sud-ouest du lac Tchad, pour faire le Bornou qui est reste\u0301 jusqu\u2019a\u0300 aujourd\u2019hui en partie.<\/p>\n<p>Apre\u0300s Dounama, il y a eu d\u2019autres, tels que Ali Gazi, 1471-1506. Il y a eu Idriss, qu\u2019on appelait habituellement Idriss Alaoma, mais qui s\u2019appelait Idriss bin Ali bin Idriss, celui-la\u0300 me\u0302me qui a conquis jusqu\u2019au nord du Niger pour libe\u0301rer la voie qui va vers la Tripolitaine. Idriss Alaoma a re\u0301gne\u0301, de 1572 a\u0300 1603. Je vous le dis, parce que c\u2019est des chefs, et que les Nige\u0301riens doivent connai\u0302tre et savoir qu\u2019ils ne viennent pas du ne\u0301ant, de nulle part. Les Nige\u0301riens doivent savoir qu\u2019ils ont un passe\u0301 glorieux, et c\u2019est ce passe\u0301-la\u0300 qui doit e\u0302tre leur boussole. Le Bornou e\u0301tait un empire ou\u0300 il y avait un sultan. Donc depuis le temps de Houmai\u0308, c\u2019e\u0301tait un sultan. Donc en 1067, le Bornou englobait jusqu\u2019ici, de l\u2019est a\u0300 l\u2019ouest du Niger. Oui, le Bornou englobait ce pays-la\u0300. Donc de\u0301ja\u0300 il y a une unite\u0301 qui est la\u0300.<\/p>\n<p>Apre\u0300s le Bornou, vous descendez un peu, vous avez ce qu\u2019on appelle le Mangari. Le Mangari, c\u2019est la limite du Mounio jusqu\u2019au Tchad. Mais le nom ancien du Mangari, c\u2019est Kasar Gurbe qui veut dire en haoussa, \u2018\u2019la terre des cuvettes\u2019\u2019, ou\u0300 il y a beaucoup de palmiers, il y a de l\u2019eau, et ou\u0300 on faisait des activite\u0301s agricoles. C\u2019e\u0301taient les Mandara qui e\u0301taient dans cette zone. Les Mandara, c\u2019est un sous-groupe du grand groupe qu\u2019on appelle So ou Sao. Il y avait quatre grands groupes: les Bade, les Kotoko, les Dagara et les Gama gama. Mais il y a d\u2019autres sous-groupes tels que les N\u2019gezam. Donc le Mangari aussi e\u0301tait un royaume, si on peut le dire. Parce qu\u2019a\u0300 partir de N\u2019gagaru, c\u2019est une ville situe\u0301e au sud-ouest de Sheri qui est un village qui existe jusqu\u2019ici. Donc, c\u2019est la\u0300-bas que Maine-Soroa a pris sa naissance. Les N\u2019gagaru sont venus a\u0300 Maine-Soroa.<\/p>\n<p>Et les premiers Digaji, parce que c\u2019e\u0301tait un Digaji, s\u2019appelle Kafugu et il est fils d\u2019Adam Lafiami. En 1800, il a e\u0301te\u0301 intronise\u0301 Lawan par le sultan Mai\u0308 Dounama. Apre\u0300s lui, ce sont les enfants qui ont pris la rele\u0300ve. Il y a Nafetser, il y a Lafia, il y a Abdou et, jusqu\u2019au plus re\u0301cent, Limam. Quand je dis re\u0301cent, c\u2019est historiquement.<\/p>\n<p>Avant Limam, il y avait un autre qui e\u0301tait Kaigama. Et lui, il a e\u0301te\u0301 nomme\u0301 par Tanimoune, Amadou Tanimoune de Zinder. Amadou Tanimoune Kourandaga ou bien Amadou Tanimoune Naroumji. Il s\u2019appelle pre\u0301cisement Kaigama Abdou Konlonmi. C\u2019est le seul qui a e\u0301te\u0301 nomme\u0301 Kaigama. Sinon, tous les autres, c\u2019est des Lawans. Ensuite, le dernier qui est N\u2019kazel ou Kazelma.<\/p>\n<p>A\u0300 l\u2019inte\u0301rieur du Mangari, il y a ce qu\u2019on appelle le Kazel. Le Kazel, c\u2019est quand vous prenez de la Komadougou, vous repartez vers N\u2019guingmi, jusqu\u2019au Tal. Donc, c\u2019est a\u0300 l\u2019inte\u0301rieur du Mangari.<\/p>\n<p>Apre\u0300s, vous arrivez au Mounio. Tout c\u0327a, c\u2019est des royaumes qui ont existe\u0301 au Niger. Le Mounio e\u0301tait une principaute\u0301, certes, coiffe\u0301e par le Bornou, mais c\u2019e\u0301tait une principaute\u0301 e\u0301galement qui e\u0301tait un royaume de l\u2019e\u0301poque. Quand Dagalma a fonde\u0301 le Mounio, il venait du Hadeja. Je ne sais pas si vous connaissez Hadeja. Actuellement, c\u2019est au Nigeria. A l\u2019est de Hadeja, il y a une zone qu\u2019on appelait Go-Garam. C\u2019e\u0301tait une zone de N\u2019guezem, le petit groupe de Gama gama que j\u2019avais e\u0301voque\u0301 tanto\u0302t. C\u2019est lui qui est venu pour fonder le Mounio, on pense que l\u2019action a eu lieu vers les anne\u0301es 1400-1500. Il a eu des successeurs. Le premier successeur, c\u2019e\u0301tait un chef Mandara qui a e\u0301te\u0301 bouscule\u0301 par ses citoyens et qui s\u2019est re\u0301fugie\u0301 a\u0300 Kazergamu. Puisque la capitale a e\u0301te\u0301 de N\u2019indimi, qui e\u0301tait au Kanem, de l\u2019autre co\u0302te\u0301. La capitale a e\u0301te\u0301 transfe\u0301re\u0301e a\u0300 Kazergamu. Avant d\u2019arriver a\u0300 Kazergamu, vous avez la capitale a\u0300 co\u0302te\u0301 de l\u2019actuelle N\u2019guinguimi, Garu me\u0301le\u0301.<\/p>\n<p>Donc il a quitte\u0301, sous la pression de ses sujets, pour se re\u0301fugier a\u0300 Kazergamu. Il s\u2019appelait Saeimi. Il se trouvait que Dagalma, celui qui a fonde\u0301 Munouyo, faisait face a\u0300 une re\u0301bellion parce qu\u2019il y a des gens qui faisaient des incursions pour piller. Il est parti vers le sultan du Bornou de l\u2019e\u0301poque, pour demander un soutien et le sultan du Bornou a mis Saeimi avec ses troupes pour l\u2019accompagner et mater les infiltrations, les missions de razzia, qui s\u2019exerc\u0327aient sur ces populations.<\/p>\n<p>Quand il est arrive\u0301, ils ont mate\u0301 les pillards, mais Saeimi est reste\u0301 et il a repris le re\u0300gne. Et c\u2019est de la\u0300 que le Mounio va continuer a\u0300 prospe\u0301rer. Saeimi aura une descendance. Le dernier e\u0301tait Ibrahim, fils de Adji Gawormi, celui qui avait re\u0301unifie\u0301 le Mounio. Puisque je vous ai dit, qu\u2019a\u0300 un certain moment, chaque prince avait sa capitale. On avait jusqu\u2019a\u0300 sept capitales. C\u2019est Ibrahim, fils de Adji Gawormi, qui a re\u0301unifie\u0301 le Munouyo.<\/p>\n<p>Et quand il est de\u0301ce\u0301de\u0301 en 1835, c\u2019est son fils Kosso qui lui a succe\u0301de\u0301. Lui-me\u0302me qui va de\u0301ce\u0301der en 1854, a\u0300 Kangaria, en revenant d\u2019une expe\u0301dition. Une expe\u0301dition que le sultan du Bornou, de l\u2019e\u0301poque, lui avait confie\u0301e. Et c\u2019e\u0301tait au temps de Sher Lamine, qu\u2019on appelle Mohamed Al Kanemi.<\/p>\n<p>Apre\u0300s le Mounio, vous avez le Sossabaki. A\u0300 l\u2019origine, ce n\u2019e\u0301tait pas Sossabaki. Puisque c\u2019e\u0301tait des Kutumbawa qui e\u0301taient la\u0300-bas. Donc ils avaient leur premie\u0300re capitale, qu\u2019on appelle Ganoua. Ganoua remontait a\u0300 894, donc au 9e sie\u0300cle. Il y a Mohamed Nafarko qui a e\u0301te\u0301 envoye\u0301 en mission a\u0300 partir du Kanem au Bornou. Quand il est arrive\u0301 a\u0300 Ganoua, il a trouve\u0301 trois princes qui avaient quitte\u0301 le Kanem-Bornou. D\u2019autres disent qu\u2019ils avaient fui. Il y avait Bone\u0301, Dundurusu et Darnako. Ils e\u0301taient a\u0300 Ganoua ou\u0300 le chef e\u0301tait Ganda Ganda. Je ne sais pas, la prononciation peut ne pas e\u0302tre correcte. Mais c\u2019est c\u0327a le nom du chef.<\/p>\n<p>Quand Mohamed Nafarko e\u0301tait arrive\u0301 pour les ramener, ils ont fait un compromis. Ils ont dit qu\u2019ils vont lui donner le commandement de Ganoua et expulser Ganda Ganda. Et c\u2019est ce qui fut fait. Mohamed Nafarko a accepte\u0301 et Ganda Ganda est parti pour fonder Kano, l\u2019actuel Kano que vous entendez les gens tergiverser. C\u2019est Ganda Ganda qui est parti pour fonder Kano. Il a quitte\u0301 Ganoua et Mohamed Nafarko. Apre\u0300s lui, selon les gens, il y a eu plus de 50 qui se sont succe\u0301de\u0301 jusqu\u2019a\u0300 Abdoulaye Dambagira. C\u2019est lui, en 1624, qui va reprendre, jusque la\u0300 ce n\u2019e\u0301tait pas le Sossabaki, l\u2019organisation de ce royaume-la\u0300 jusqu\u2019en 1672, ou\u0300 il va de\u0301ce\u0301der. Son fils Mohamed Oubansaraki va lui succe\u0301der et re\u0301gner de 1672 a\u0300 1703. C\u2019est au cours du re\u0300gne de Mohamadou Oubansaraki que cette zone ou ce royaume va prendre le nom de Sossabaki. Parce que c\u2019est au cours d\u2019une guerre ou d\u2019une bataille qu\u2019il a e\u0301te\u0301 blesse\u0301 le\u0301ge\u0300rement a\u0300 la bouche. Donc il y a un de ses compagnons qui lui a dit: Sarki Sossabakinka qui veut dire litte\u0301ralement \u2018\u2019essuyer les traces du sang\u2019\u2019. C\u2019est de la\u0300 que le nom Sossabaki est sorti. Et c\u2019est comme c\u0327a que le Sossabaki est reste\u0301 puissant.<\/p>\n<p>Il y a toute une succession de chefs. Jusqu\u2019a\u0300 la division avec Fatah qui est intervenue en 1767, ou\u0300 le Sossabaki sera divise\u0301 en trois. Vous avez le Sossabaki de Miriah. Vous avez le Sossabaki de Ouacha et le Sossabaki de Takkei. Takkei qui va finir a\u0300 Dungas. Actuellement, c\u2019est la chefferie qui e\u0301tait initialement a\u0300 Takkei avec Danbarara. C\u2019est lui qui e\u0301tait a\u0300 Takkei et ce sont ses successeurs Mayaki qui vont ramener c\u0327a a\u0300 Dungas et c\u2019est reste\u0301 a\u0300 Dungas jusqu\u2019a\u0300 aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Apre\u0300s, vous avez le Damagaram. Le Damagaram, c\u2019est Malan Mena Kade\u0301, un e\u0301tudiant en the\u0301ologie qui avait quitte\u0301 le Bornou pour venir aupre\u0300s d\u2019un groupe qu\u2019on appelait les Koyom. Ce groupe n\u2019a d\u2019activite\u0301 que la religion. C\u2019est un groupe dans la communaute\u0301 qui s\u2019occupe de la religion. Et ils e\u0301taient a\u0300 Belbelek. Le cheickh Abdoulaye e\u0301tait leur chef. En 1689, il y a eu une re\u0301pe\u0301tition d\u2019actions de pillage.<\/p>\n<p>Belbelek e\u0301tait abandonne\u0301. Belbelek se trouve a\u0300 co\u0302te\u0301 de Deroua aujourd\u2019hui me\u0302me, 70 kilome\u0300tres a\u0300 l\u2019est de Goure\u0301. Ceux qui connaissent la zone savent. Donc Belbelek, c\u2019e\u0301tait la capitale. Elle e\u0301tait abandonne\u0301e parce qu\u2019elle e\u0301tait pille\u0301e. L\u2019e\u0301le\u0300ve en the\u0301ologie, Malan Mena Kade\u0301, qu\u2019on appelle Yunus, a quitte\u0301 pour aller a\u0300 Damagaram, l\u2019actuel Damagaram Takaya, pour continuer sa scolarite\u0301. Parce que la\u0300-bas, comme il est Dagara, il a trouve\u0301 les membres de la famille Dagara. Il e\u0301tait la\u0300-bas quand, quelques anne\u0301es plus tard, la me\u0302me ville a e\u0301te\u0301 confronte\u0301e aux me\u0302mes menaces. Il a quitte\u0301 pour venir 50 kilome\u0300tres plus au sud, fonder la ville qu\u2019on appelle Gue\u0301za. Et je crois qu\u2019elle existe jusqu\u2019a\u0300 aujourd\u2019hui. C\u2019est un personnage pieux qui a fait beaucoup de miracles. Allez-y a\u0300 Zinder, vous allez voir.<\/p>\n<p>Donc c\u2019est lui qui est a\u0300 l\u2019origine du Damagaram. A\u0300 l\u2019e\u0301poque, c\u2019e\u0301tait cinq villages. Il y avait Gue\u0301za, Gorgori, Dan Kezu, Ganesku, et Bada Kara. Ce n\u2019e\u0301tait me\u0302me pas Zinder, il n\u2019e\u0301tait pas encore dans la balance. Donc apre\u0300s lui, c\u2019est son fils qu\u2019on appelle Baba. Baba, fils de Yunus, ou bien Baba, fils de Malan Mena Kade.<\/p>\n<p>Apre\u0300s Baba, c\u2019est un de ses fils qui va prendre, qu\u2019on appelle Tanimoune Babami. Il faut remarquer que Tanimoune Babami, c\u0327a veut dire Tanimoune, fils de Baba. Comme je l\u2019ai dit, Dounama Diballemi, Dounama, fils de Diballi. C\u2019est a\u0300 peu pre\u0300s la me\u0302me chose. C\u2019est pour vous dire que c\u2019e\u0301tait la me\u0302me culture. Donc, quand Tanimoune Babami a pris le pouvoir, il a re\u0301gne\u0301 une dizaine d\u2019anne\u0301es.<\/p>\n<p>Ensuite, ce sont ses enfants qui vont lui succe\u0301der. Assafa, qui e\u0301tait chef jusqu\u2019en 1782, malheureusement, il est mort dans un combat au cours d\u2019une bataille, une incursion des Imakiten, qui e\u0301taient venus pour piller. Il est remplace\u0301 par Agaza, qui est son successeur. Ensuite, un autre qu\u2019on appelle Malan Babu Tsaba. Ainsi de suite, jusqu\u2019a\u0300 Souleymane Dan Chintouma. C\u2019est lui qui, pour la premie\u0300re fois, ramena la capitale a\u0300 Zinder, ville fonde\u0301e par un chasseur nomme\u0301 Silimane Dan Chintouma, en fit de nouveau le centre du pouvoir. A\u0300 partir de la\u0300, l\u2019histoire se poursuivit jusqu\u2019a\u0300 Amadou Tanimoune Kourandaga. Mais avant ce dernier, il y eut un autre fils de Silimane Dan Chintouma, appele\u0301 lui aussi Silimane, ou Zoubdajini, chef puissant qui mena de nombreuses conque\u0302tes. Vint ensuite Tanimoun Dan silimane. Sous son autorite\u0301, le Damagaram e\u0301tait capable de mobiliser six mille (6 000) fantassins arme\u0301s de fusils. Il s\u2019agissait bien entendu, de fusils a\u0300 re\u0301pe\u0301tition et non d\u2019armes automatiques comme aujourd\u2019hui, mais leur nombre attestait de\u0301ja\u0300 une grande puissance militaire. Il pouvait e\u0301galement disposer de soixante-dix (70) canons, ceux-la\u0300 me\u0302mes que la mission Joalland-Mene\u0301 pilla a\u0300 Zinder lorsqu\u2019elle les de\u0301couvrit, alors qu\u2019ils constituaient une technologie mai\u0302trise\u0301e par les Nige\u0301riens. Ces soixante-dix (70) canons te\u0301moignaient de cette capacite\u0301, puisqu\u2019en soutien au sultan du Bormou, pre\u0300s de deux cents (200) fusils et vingt (20) canons lui furent offerts. Cela montre que le Niger n\u2019est pas un espace sans importance. L\u2019histoire se poursuit ainsi.<\/p>\n<p>Si l\u2019on se tourne vers Katsina, bien avant son ave\u0300nement il y a plus de quatre mille (4 000) ans, existait Kassar Mazoumi, que l\u2019on appelait alors ainsi. Ce fut un peuple ancien, ayant ve\u0301cu dans cette re\u0301gion et dont serait issu un pharaon.<\/p>\n<p>En E\u0301gypte, le terme Mazoumi aurait subi une de\u0301formation conduisant a\u0300 les qualifier de pai\u0308ens. Mais qui ne l\u2019e\u0301tait pas alors? Tous l\u2019e\u0301taient, puisqu\u2019aucune autre religion n\u2019existait encore. L\u2019islam en effet, ne commence a\u0300 e\u0302tre date\u0301 qu\u2019a\u0300 partir de 622. Ceux qui vivaient quatre mille ans auparavant relevaient ne\u0301cessairement d\u2019autres croyances. Les Mazoumis occupe\u0300rent donc cette zone et, par me\u0301tissage, donne\u0300rent naissance a\u0300 un groupe appele\u0301 les Durbawa dont subsiste aujourd\u2019hui la trace avec Yan Durbi a\u0300 la cour de Maradi.<\/p>\n<p>Les Durbawa se succe\u0301de\u0300rent a\u0300 travers plusieurs dynasties: les Kumayo, les Rambas, les Batretre\u0301, les Koro, Djimnata et Yankdeni. La dernie\u0300re dynastie des Durbawa fut celle de Sanaw ou Jebdayaki. C\u2019est sous son re\u0300gne que Mohamed Kouraou, un Wangara, prit le pouvoir en 1368, e\u0301ve\u0301nement qui marque la naissance du Katsina tel qu\u2019on le connai\u0302t aujourd\u2019hui. On estime que le nom de Katsina viendrait de Katse\u0301, celui qui entreprit de fortifier la capitale. Katsina ne correspond pas a\u0300 Maradi, c\u2019est la ville demeure\u0301e aujourd\u2019hui au Nigeria, tandis que l\u2019essentiel de l\u2019ancien territoire se trouve au Niger. De Katsina jusqu\u2019au Damergou, tout relevait alors de cet ensemble. Ainsi s\u2019explique l\u2019e\u0301volution du Katsina, dirige\u0301 par de nombreux chefs qu\u2019il serait trop long d\u2019e\u0301nume\u0301rer ici.<\/p>\n<p>Quant au Gobir, il connut une e\u0301volution diffe\u0301rente. Il ne s\u2019agit pas ici des Gobirawa actuels, mais de la souche ancienne, la souche noire qui se trouvait dans l\u2019Ai\u0308r il y a plus de trois mille (3 000) ans. Leur capitale e\u0301tait Tinchaman dans l\u2019Abzin, raison pour laquelle on appelait cette re\u0301gion Chimankol. Tinchaman se situait entre Aoude\u0301ras et Agadez, et c\u2019est la\u0300 qu\u2019ils vivaient a\u0300 cette e\u0301poque recule\u0301e. J\u2019e\u0301voque bien la souche originelle, non les apports ulte\u0301rieurs. Par la suite, eurent lieu divers mouvements: les Giptawa ou Gipti, venus d\u2019E\u0301gypte, puis un autre peuple arrive\u0301 de re\u0301gions plus lointaines. Comme souvent en Afrique, certains cherchent a\u0300 se re\u0301fe\u0301rer a\u0300 l\u2019Arabie saoudite, mais je n\u2019entrerai pas dans ces conside\u0301rations et m\u2019en tiendrai a\u0300 une approche pragmatique.<\/p>\n<p>Un troisie\u0300me groupe arriva avec Tawa. Apre\u0300s leur installation, ils s\u2019e\u0301tablirent a\u0300 Rafin Bilma, site que l\u2019on identifie aujourd\u2019hui a\u0300 Bilma. On y trouve la valle\u0301e de Bilma ainsi que les hauteurs de Bilma, ou\u0300 se situe, a\u0300 Simundur, un sphinx semblable a\u0300 celui que l\u2019on voit en E\u0301gypte. C\u2019est la\u0300 qu\u2019ils s\u2019implante\u0300rent avant de progresser vers l\u2019Abzin. A\u0300 cette e\u0301poque, Assode\u0301 existait de\u0301ja\u0300 comme ville ancienne, plurimille\u0301naire. Assode\u0301 cessa toutefois d\u2019exercer toute influence a\u0300 partir de 1741. Telle est l\u2019histoire. Nous sommes donc un peuple ancien. Lorsque les Gobirawa arrive\u0300rent, ils se trouvaient a\u0300 Chimankol, dans cette re\u0301gion avec Tinchaman pour capitale entre Aoude\u0301ras et Agadez, comme il a e\u0301te\u0301 dit.<\/p>\n<p>Ils sont partis avec Tawa. Ils e\u0301taient venus a\u0300 Birnin Lale\u0301 dans le Kornaka. Birnin Lale\u0301 comme on le dit, ce n\u2019est pas le Henne\u0301 ; Birnin Lale\u0301 est la cite\u0301 de la fe\u0301licite\u0301. Voila\u0300 donc cette cite\u0301 de la fe\u0301licite\u0301, ou\u0300 Tawa est de\u0301ce\u0301de\u0301e. Jusqu\u2019a\u0300 aujourd\u2019hui, il existe un village appele\u0301 Kushewa ; la tombe de Tawa s\u2019y trouve toujours. Elle est de\u0301ce\u0301de\u0301e en ce lieu. C\u2019est cela, le Gobir.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019ils arrive\u0300rent au Bornou, ils y se\u0301journe\u0300rent d\u2019abord deux cent cinquante (250) ans. Ils parvinrent ensuite dans l\u2019Ai\u0308r ou\u0300 ils reste\u0300rent e\u0301galement deux cent cinquante (250) ans. Arrive\u0301s une premie\u0300re fois au Kornaka a\u0300 Birnin Lale\u0301, ils y demeure\u0300rent quatre-vingts (80) ans. Puis, ils repartirent a\u0300 Chimankol dans la me\u0302me capitale, Tinchaman ou\u0300, ils passe\u0300rent encore deux cent cinquante (250) ans. Ce n\u2019est qu\u2019a\u0300 leur retour qu\u2019ils s\u2019installe\u0300rent de\u0301finitivement dans cette re\u0301gion a\u0300 partir de laquelle ils commence\u0300rent a\u0300 faire rayonner le Gobir vers l\u2019inte\u0301rieur de l\u2019actuel Nigeria ; le Zamfara puis l\u2019Ader ensuite le Konni, le Dendi et le Ke\u0301bi.<\/p>\n<p>Telle est aussi l\u2019histoire du Gobir. Nous ne sommes donc pas venus du ne\u0301ant ; nous avons me\u0302me connu un passe\u0301 glorieux. Lorsque vous allez a\u0300 Konni, il s\u2019agit toujours de la me\u0302me migration issue de la souche Gobirawa. Le premier chef s\u2019appelait Wari.<\/p>\n<p>Wari e\u0301tait le fils de Manto. Manto e\u0301tait le fre\u0300re de Tawa, la reine du Gobir dont j\u2019ai parle\u0301. C\u2019est donc le fils de Manto, Wari, qui fut le premier chef de Konni. Apre\u0300s lui, durant plusieurs sie\u0300cles, certains disent que plus de trois cents chefs se sont succe\u0301de\u0301, seuls quelques noms ont e\u0301te\u0301 retenus, car la me\u0301moire collective supple\u0301ait a\u0300 l\u2019absence d\u2019e\u0301crits.<\/p>\n<p>On a ainsi retenu Abdelkader qui demeura a\u0300 Nadaber, village situe\u0301 a\u0300 vingt (20) kilome\u0300tres au nord-est de Konni, et qui, je crois, existe encore aujourd\u2019hui. Apre\u0300s Abdelkader vint Bana ; apre\u0300s Bana, Mamane Damka, puis Alou, Bouzou, jusqu\u2019a\u0300 Koraou. Ce dernier mourut en 1791. Enfin vint Mouhamadou, le dernier qui fit face a\u0300 la mission Voulet-Chanoine. Voila\u0300 ce qu\u2019est le Konni. D\u2019un autre co\u0302te\u0301, vous avez l\u2019Arewa. Il faut le dire pour que les Nige\u0301riens comprennent. Nous ne sommes pas rien et nous ne venons pas de rien. L\u2019Arewa, avant de porter ce nom, s\u2019appelait Azana. La\u0300 encore, il existe une mauvaise compre\u0301hension. C\u2019e\u0301tait le peuple Azana, un peuple qui nous englobait tous.<\/p>\n<p>Nous avons rayonne\u0301 dans l\u2019Abzine, dans ce qui est aujourd\u2019hui le Ke\u0301bi, dans l\u2019actuel Zamfara, ou\u0300 se trouvait me\u0302me leur capitale, Koutourou comme on l\u2019appelait. Nous avons e\u0301galement rayonne\u0301 dans la re\u0301gion qui est aujourd\u2019hui l\u2019Arewa, puis jusqu\u2019au Kourfaye. C\u2019e\u0301taient les Azana. Les Azana ve\u0301curent ainsi jusqu\u2019a\u0300 l\u2019arrive\u0301e de l\u2019enfant qu\u2019on appelait le prince Ari, fils de Kulumbu. Ari e\u0301tait envoye\u0301 comme messager pour Gao, l\u2019Empire Songhoi. Certains situent cet e\u0301ve\u0301nement vers 1500, d\u2019autres un peu plus to\u0302t. Quoi qu\u2019il en soit, il s\u2019arre\u0302ta a\u0300 Bagagi, ou\u0300 il e\u0301pousa une fille du lieu. Il eut un enfant qui rec\u0327ut le nom d\u2019Akazama, car il le laissa la\u0300-bas.<\/p>\n<p>Devenu grand, Akazama partit a\u0300 la recherche de son pe\u0300re au Bornou. Lorsqu\u2019il arriva, Ari e\u0301tait de\u0301ja\u0300 mort, mais son grand-pe\u0300re Kulumbu e\u0301tait encore en vie. Celui-ci lui dit: \u00ab Tu seras de\u0301sormais le repre\u0301sentant du Bornou la\u0300 ou\u0300 tu es, Akazama \u00bb. C\u2019est ainsi qu\u2019apparut le premier chef de ce qui allait devenir le groupe Arewa, ceux qui porte\u0300rent les cicatrices. Auparavant, il n\u2019y avait pas de cicatrices, car c\u2019e\u0301taient des Azana en tout cas, pas les deux balafres allant de la commissure des le\u0300vres jusqu\u2019aux oreilles. Cela n\u2019existait pas. Le premier a\u0300 les porter fut Akazama. C\u2019est a\u0300 ce moment-la\u0300 que le peuple Maouri prit naissance et forma un royaume puissant qui rayonna sous l\u2019autorite\u0301 de ses chefs. Akazama e\u0301pousa Mantu, une fille de Bagagi. Il se de\u0301plac\u0327a ensuite vers Toullou ou\u0300 il s\u2019e\u0301tablit. Ils eurent un enfant, Salma. Salma eut a\u0300 son tour plusieurs enfants, dont Kada, Koli et Gagara qui devinrent e\u0301galement des chefs dans la chronologie a\u0300 l\u2019exception de Gagara, lequel s\u2019en alla apre\u0300s des diffe\u0301rends avec son fre\u0300re ai\u0302ne\u0301 Kada.<\/p>\n<p>Il va quitter les siens pour aller s\u2019installer dans un village de Kurfayawa qu\u2019on appelait Nassarawa. J\u2019ignore si Nassarawa existe encore ou non, mais c\u2019est la\u0300 que Gagara ira s\u2019e\u0301tablir. C\u2019e\u0301tait un village occupe\u0301 par des Azana Kurfayawa. Par la suite, d\u2019autres le rejoindront, tels que les Mai\u0308nassara, les Alborka, les Mohamed, les Bashuashua, ainsi que l\u2019autre, le Babban Loma qui est bien connu. Ensuite viennent Barba, puis Kabrin Kabran et tous les autres: Tamo puis Dabakoy. Telle en est la succession. Cela pour montrer qu\u2019il ne s\u2019agit pas de peu de choses: on descend vers l\u2019Ader.<\/p>\n<p>L\u2019Ader ne s\u2019appelait pas encore l\u2019Ader. Son premier nom, issu d\u2019un ancien peuple Azana, e\u0301tait le Darey. On l\u2019appela Darey jusqu\u2019en 1674, date a\u0300 laquelle Agabba, fils de Mohamed Al Mubarak, lui-me\u0302me fils de Yousuf, vint conque\u0301rir le Darey. Il y eut tout un enchai\u0302nement d\u2019e\u0301ve\u0301nements qui y conduisit. Car, auparavant, ce que je n\u2019ai pas encore pre\u0301cise\u0301, tant le Darey que l\u2019Abzine payaient l\u2019impo\u0302t au Ke\u0301bi. De l\u2019Abzine, on partait avec du sable et de l\u2019eau pour les apporter comme impo\u0302t au Ke\u0301bi, au Kanta du Ke\u0301bi. Ainsi, apre\u0300s plusieurs tentatives mene\u0301es par Abassi, qui devait occuper le Darey mais e\u0301choua, Agabba demanda a\u0300 son pe\u0300re, Mohamed Al Mubarak, l\u2019autorisation d\u2019aller lui-me\u0302me conque\u0301rir le Darey.<\/p>\n<p>C\u2019est alors qu\u2019en 1674, il vint, battit le Serkin Darey a\u0300 Tassek et le tua. Le Serkin Ke\u0301bi, le Kanta nomme\u0301 Souleymane, venu en renfort, fut de\u0301fait ; lors de la traverse\u0301e d\u2019une rivie\u0300re appele\u0301e la mare de Koydo, il se noya. C\u2019est a\u0300 partir de cet e\u0301ve\u0301nement que fut donne\u0301 le nom d\u2019Ader. Et c\u2019est e\u0301galement a\u0300 partir de 1674 que la capitale fut installe\u0301e a\u0300 Birnin-Ader entre Gorom et Tarwada, non loin de Tamaske\u0301. La\u0300 fut e\u0301tablie la premie\u0300re capitale de l\u2019Ader, avec Agaba comme premier Serkin Ader.<\/p>\n<p>Apre\u0300s lui, son fils Mohamed Damo lui succe\u0301da. Apre\u0300s Mohamed Damo, ce fut son fre\u0300re, appele\u0301 Baba. Ensuite, le fils me\u0302me de Mohamed Damo, Al Mustafa, monta sur le tro\u0302ne. Puis survint l\u2019e\u0301clatement sous Yacouba qui transfe\u0301ra pour la premie\u0300re fois la capitale a\u0300 Illela, l\u2019Illela d\u2019aujourd\u2019hui. C\u2019est Yacouba qui ope\u0301ra ce transfert. On appelait alors cet ensemble le Folokom. L\u2019Ader e\u0301tait divise\u0301 en trois parties: le Folokom, l\u2019Ader Doutchi et l\u2019Ader oriental.<\/p>\n<p>Le Folokom s\u2019e\u0301tendait de Mogor jusqu\u2019a\u0300 Konni. On nommait ainsi cet espace. L\u2019Ader Doutchi couvrait la bande situe\u0301e entre Tamaske\u0301 et Tahoua. Quant a\u0300 l\u2019Ader oriental, il comprenait notamment Bouza et Keita. A\u0300 la te\u0302te de chaque compartiment, se trouvait un Lissawane. Lorsque Mohamed l\u2019autre, Agaba vint, il e\u0301tait accompagne\u0301 de Lissawane. Voila\u0300 ce qu\u2019e\u0301tait l\u2019Ader. Avant de porter ce nom, il s\u2019appelait le Darey, et c\u2019e\u0301taient de\u0301ja\u0300 des royaumes puissants.<\/p>\n<p>Ensuite, l\u2019on descend vers Dosso, me\u0302me si cette entite\u0301 est un peu plus re\u0301cente ; mais l\u2019histoire est analogue. Dosso proce\u0300de de la grande migration partie du Dirma, entre Toumbouctou et Djenne\u0301, qui se dirigea vers Gao dans les anne\u0301es 1490. Gao fut atteint avec Adjerse\u0301, car son pe\u0300re Sambo n\u2019y parvint pas: il mourut a\u0300 Tilibamba. Le chef de la migration venue du Dirma entre Toumbouctou et Djenne\u0301 s\u2019appelait Alpha Oumarou. Apre\u0300s lui vint Ibrahim ; apre\u0300s Ibrahim, Tougagou lui succe\u0301da ; apre\u0300s Tougagou, un autre nomme\u0301 Djarmale\u0301 ; puis Dawale\u0301 enfin Sambo.<\/p>\n<p>Sambo, pe\u0300re d\u2019Adjerse\u0301, mourut donc a\u0300 Tilibamba, et ce fut Adjerse\u0301 qui mena la migration jusqu\u2019a\u0300 Gao, ou\u0300 ils furent me\u0302me conside\u0301re\u0301s comme des corps d\u2019arme\u0301e inte\u0301gre\u0301s a\u0300 l\u2019arme\u0301e de Askia. Lorsqu\u2019ils attaquaient le Borgou, un corps d\u2019arme\u0301e Zarma les accompagnait. Lorsqu\u2019ils partirent en 1515 pour envahir Agadez ou pluto\u0302t rappeler Agadez, de\u0301ja\u0300 l\u2019Abzine de leur souverainete\u0301, Agadez se trouvait sous la coupe du Bornou. La\u0300 encore, un corps Zarma e\u0301tait pre\u0301sent. Voila\u0300 ce qu\u2019est le Niger.<\/p>\n<p>Malibero n\u2019est pas ne\u0301 a\u0300 Adramboukane. Lorsque certains affirment que c\u2019est lui qui aurait leve\u0301 une sorte de Daba, cela est inexact. Il est ne\u0301 a\u0300 Saptaka. Saptaka se situe ici, entre l\u2019Anzourou et ce qui est devenu aujourd\u2019hui le Zarmaganda, car a\u0300 l\u2019e\u0301poque le Zarmaganda n\u2019existait pas. C\u2019est donc la\u0300 que naquit Saptaka Malibero. Son pe\u0300re s\u2019appelait Mane\u0301, surnomme\u0301 Ramou. Il avait un fre\u0300re appele\u0301 Molomboti. Il e\u0301tait le fils de Tatou, lequel e\u0301tait lui-me\u0302me fils d\u2019Adjerse\u0301.<\/p>\n<p>Adjerse\u0301 est celui qui a conduit leur mouvement jusqu\u2019a\u0300 Gao au de\u0301ce\u0300s de leur pe\u0300re, et c\u2019est encore lui qui me\u0300nera la migration jusqu\u2019a\u0300 la sortie de KorKandi. Ensuite, Adjerse\u0301 poursuivra jusqu\u2019a\u0300 une ville appele\u0301e Douskoudji. A\u0300 partir de Douskoudji, c\u2019est Tatou, le fils, qui prendra en charge la migration jusqu\u2019a\u0300 Adramboukane. Voila\u0300 pour la migration.<\/p>\n<p>A\u0300 partir d\u2019Adramboukane, Molomboti, le fre\u0300re de Mane\u0301 et les autres y nai\u0302tront tous. Dodiya se situe en quelque sorte a\u0300 mi-chemin entre le mouvement et la mer, qui est toujours la\u0300 ; c\u2019est en ce lieu qu\u2019ils verront le jour. Mane\u0301 quittera ensuite cet endroit pour venir a\u0300 Saptaka. C\u2019est lui que l\u2019on appelait aussi Ramou qui donnera naissance a\u0300 Mali, Mali Gamandougouza. Mali Gamandougouza sera le pe\u0300re de Boukari Kolombi ou Boukari Loloboutchi. Tel est le fils de Mali Gamandougouza. Ainsi s\u2019explique Dosso, pour boucler la boucle avec le Songhoy.<\/p>\n<p>Le Songhoy, cependant, voit certains de ses membres refuser leur passe\u0301. Le Songhoy n\u2019e\u0301tait pas e\u0301tabli la\u0300 ou\u0300 il se trouve aujourd\u2019hui. Autrefois, il se situait en amont non pas seulement vers Tillabe\u0301ri, mais jusqu\u2019a\u0300 Gao. Le mot me\u0302me de \u00ab Songhoy \u00bb ne commence a\u0300 e\u0302tre employe\u0301 qu\u2019en 1510. Vous entendez parler du Tariq Elfatar ; c\u2019est Mohamed Kati qui utilisera ce terme pour la premie\u0300re fois. Il en va de me\u0302me pour l\u2019Ai\u0308r. Le nom \u00ab Ai\u0308r \u00bb apparai\u0302t en 1526 avec Le\u0301on l\u2019Africain, de son vrai nom Hassan Al-Wazal, un Marocain conside\u0301re\u0301 comme un pionnier de la diplomatie. Revenant d\u2019un pe\u0300lerinage lui qui avait fait des e\u0301tudes de the\u0301ologie, il fut capture\u0301 sur le chemin du retour par les chevaliers de Saint-Jean.<\/p>\n<p>Un certain Pedro de Bobadilla le prit en otage. Bobadilla e\u0301tant une ville espagnole, Hassan Al-Wazal adopta ensuite le nom de son mai\u0302tre, car celui-ci l\u2019offrit au pape Le\u0301on de Me\u0301dicis. C\u2019est ainsi qu\u2019il devint Le\u0301on l\u2019Africain, bien qu\u2019il fu\u0302t pre\u0301sente\u0301 captif au pape. Hassan Al-Wazal et Le\u0301on l\u2019Africain ne sont qu\u2019une seule et me\u0302me personne, voyageur infatigable ayant parcouru de nombreux pays a\u0300 l\u2019occasion de grands e\u0301ve\u0301nements. Vous pouvez consulter sa biographie en recherchant Hassan Al-Wazal ou Le\u0301on l\u2019Africain. C\u2019est lui qui mentionna pour la premie\u0300re fois l\u2019Ai\u0308r. Auparavant, on parlait de l\u2019Abzine, en 1526, puisqu\u2019il s\u2019e\u0301tait rendu jusqu\u2019a\u0300 l\u2019Abzi.<\/p>\n<p>Ainsi, le Songhoy trouve ses origines entre notre Dendi actuel vers Gaya et le Ke\u0301bi, puis jusqu\u2019au Zamfara et au Sokoto. Tout cet ensemble constituait l\u2019ancien Ke\u0301bi, berceau me\u0302me du premier Tchanga. Cette histoire doit inspirer la fierte\u0301 du passe\u0301. On a parfois voulu rattacher le Songhoy a\u0300 un individu quelconque venu du Ye\u0301men, mais de quel Ye\u0301men parle-t-on?<\/p>\n<p>Le Songhoy est atteste\u0301 de\u0300s 664, pour ceux qui proposent la datation la plus ancienne, ou vers 690. Mais, avant 690, ou\u0300 e\u0301tait le Songhoy? Il se trouvait de\u0301ja\u0300 dans l\u2019actuel Ke\u0301bi, entre le Dendi du Niger et le Ke\u0301bi du Nige\u0301ria, la\u0300 re\u0301sidait la souche du Songhoy.<\/p>\n<p>Pour preuve, Sonni Aliber, l\u2019un des plus grands chefs reconnus, est ne\u0301 a\u0300 Biro, localite\u0301 qui sera plus tard rebaptise\u0301e Walata. Elle se situe de l\u2019autre co\u0302te\u0301 de Gaya, a\u0300 l\u2019inte\u0301rieur de l\u2019actuel Be\u0301nin. Ce n\u2019est pas lui qui quitta Farou, mais sa me\u0300re: a\u0300 la suite d\u2019une mutinerie contre le roi de l\u2019e\u0301poque, durement re\u0301prime\u0301e, ils prirent la fuite et se re\u0301fugie\u0300rent a\u0300 Biro, futur Walata. C\u2019est la\u0300 que naquit Sonni Aliber, probablement vers les anne\u0301es 1420.<\/p>\n<p>Devenu un valeureux guerrier, il retourna a\u0300 Farou, alors capitale, et s\u2019enro\u0302la dans l\u2019arme\u0301e royale. Parvenu a\u0300 maturite\u0301, apre\u0300s avoir fait ses preuves, il de\u0301cida de rejoindre son pe\u0300re et la famille paternelle de\u0301ja\u0300 installe\u0301e a\u0300 Gao. C\u2019est ainsi que Sonni Aliber se rendit a\u0300 Gao, ou\u0300 il prit le pouvoir en 1464 avant de mourir le 23 octobre 1492. Il revenait d\u2019une expe\u0301dition chez les Mossi, territoire correspondant aujourd\u2019hui a\u0300 l\u2019inte\u0301rieur du Burkina, ce qui n\u2019e\u0301tait pas la me\u0302me configuration a\u0300 l\u2019e\u0301poque e\u0301voque\u0301e. Il mourut en cours de route avant d\u2019atteindre Gao.<\/p>\n<p>Le Songhoy a donc des origines bien e\u0301tablies. Voyez Koukia ou Gounguia, voyez Ansongo: autant de noms de villes qui existaient de\u0301ja\u0300 dans ce qui correspond aujourd\u2019hui au Ke\u0301bi. A\u0300 la frontie\u0300re vers le Sokoto et le Zamfara aujourd\u2019hui. Ce sont ces me\u0302mes villes-la\u0300 que l\u2019on a rebaptise\u0301es. (A suivre)<br \/>\n<b> <\/b><\/p>\n<p><b>Source: lesahel<\/b><\/p>\n<p><strong>Pour plus d&rsquo;informations et d&rsquo;analyses sur la <span style=\"color: #ff6600\">Niger<\/span>, suivez <span style=\"color: #ff6600\">Africa-Press<\/span><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Africa-Press &#8211; Niger. Monsieur le Pre\u0301sident bonsoir, et merci de nous donner l\u2019occasion d\u2019e\u0301changer avec vous sur les pre\u0301occupations des Nige\u0301riens. 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