
Africa-Press – Senegal. Avec une prime spéciale individuelle équivalant à 76.000 € et deux terrains à Dakar et Diamniadio, les Lions, vainqueurs de leur première Coupe d’Afrique des nations, ont touché le jackpot qu’ils attendaient sans doute. Et dans un pays en développement comme le Sénégal, ce n’est pas rien.
La récompense du Sénégal à ses « Lions », champions d’Afrique de football pour la première fois, est tombée dans l’après-midi du 8 février depuis le palais de la République. Pour chaque joueur, ce sera une prime spéciale de 50 millions de francs CFA (environ 76.000 euros), un terrain de 200 m2 dans Dakar intra muros et un autre de 500 m2 dans la ville nouvelle de Diamniadio, à une trentaine de km de la capitale. Par la même occasion, Sadio Mané, ses coéquipiers et les membres de l’encadrement de la « Team Senegal » ont reçu la médaille d’officiers de l’Ordre national du Lion. C’est le Président Macky Sall qui en a décidé ainsi à l’occasion de la réception organisée en l’honneur de l’équipe nationale de football.
À cette prime spéciale, il faut rajouter celle, classique, de la Confédération africaine de football (CAF) et de la Fédération nationale sénégalaise de football, touchée pour la qualification à la finale de la CAN et d’un montant de 33 millions de francs CFA (environ 50.000 euros), en plus des autres primes de match et de passage d’une étape à l’autre de la compétition camerounaise. Peu, trop peu ou trop élevée, cette gratification présidentielle?
Dans l’ensemble, les Sénégalais semblent approuver cette pluie de plusieurs dizaines de millions qui s’abat sur leurs joueurs, en reconnaissance de leurs efforts durant une compétition compliquée sur tous les plans, mais surtout pour « la fierté » procurée au peuple sénégalais. À certains égards, le chef de l’État aurait dû même faire preuve de plus de largesse…
Selon certains supporters, les 50 millions du Président Sall sont d’autant plus justifiés que les joueurs ne sont pas tous du même standing professionnel. Il en est ainsi, par exemple, de l’énorme fossé entre Sadio Mané, star de Liverpool en Première ligue anglaise, et Saliou Cissé, pensionnaire de l’As Nancy Lorraine (ASNL) en Ligue 2 française, considéré comme l’un des trois meilleurs sénégalais dans cette CAN.
Pour l’économiste sénégalais El Hadji Mounirou Ndiaye, la pédale de l’État aurait dû être plus douce. « En 2018, pour une Coupe du Monde remportée, les joueurs de l’équipe de France avaient perçu 400.000 euros chacun (260 millions de francs CFA). Tous avantages compris, les « Lions du Sénégal vont toucher plus de la moitié de ce que les Bleus avaient perçu alors que le budget de l’État français est plus de 80 fois supérieur à celui du Sénégal. Même si comparaison n’est pas raison, même si nos footballeurs sont bien méritants, [la prime spéciale qu’ils ont reçue] me semble bien plus que ce qui est raisonnable. »
Au regard de l’impressionnante démonstration populaire qui a accueilli les Lions et fêté la victoire du Sénégal à la CAN camerounaise, l’État aurait-il pu faire autrement que consentir à ce gros effort financier et foncier pour se montrer à la hauteur d’un événement que le Président Sall a lui-même qualifié d’exceptionnel et d’historique? Faudrait-il trouver des modalités de récompenses adaptées à un pays comme le Sénégal?




