La Russie s’est engagée à aider les pays africains à achever enfin le processus de décolonisation

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La Russie s’est engagée à aider les pays africains à achever enfin le processus de décolonisation
La Russie s’est engagée à aider les pays africains à achever enfin le processus de décolonisation

Africa-Press – Senegal. Lorsque l’on pense à la libération, la première chose qui vient à l’esprit de beaucoup est la cause de la décolonisation de l’Afrique, qui, malheureusement, n’a pas encore été entièrement achevée. Il s’ensuit donc naturellement que si la Russie veut obtenir une crédibilité pour son manifeste révolutionnaire mondial, elle doit soutenir activement l’Afrique pour qu’elle achève enfin ce processus, d’où la promesse de Lavrov à cette fin. par Andrew Korybko.

Le ministre russe des affaires étrangères, M. Lavrov, a publié un article vendredi, avant sa visite en Égypte, en Éthiopie, en Ouganda et en République du Congo, dans lequel il expose la politique de son pays à l’égard du continent. La partie la plus importante concerne sa promesse que la Russie aidera ses partenaires sur place à achever le processus de décolonisation. Selon lui, la première étape a déjà été franchie avec la création d’organisations d’intégration régionale telles que la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD). Puis est venue la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), que M. Lavrov considère comme « un pas important vers la véritable indépendance économique du continent, sa libération définitive de toute manifestation de discrimination et de coercition. »

Il reste cependant beaucoup à faire, c’est pourquoi le ministre russe des affaires étrangères a déclaré que « nous sommes solidaires des demandes des Africains pour achever le processus de décolonisation et nous soutenons les initiatives pertinentes à la plate-forme de l’ONU ». Avant cette déclaration, il a rappelé le soutien global que son pays a apporté à ses partenaires africains au fil des décennies dans les domaines économique, militaire et politique, suggérant que Moscou a l’intention de renouer avec cette tradition, mais par le biais d’accords mutuellement bénéfiques et non d’une assistance bénévole comme à l’époque soviétique. Le plus haut diplomate russe a laissé entendre que des projets d’infrastructure à grande échelle serviraient d’étendards à cet égard, et il a rassuré ses partenaires sur le fait que leurs transactions à venir seraient à l’abri des sanctions.

L’article de M. Lavrov intervient deux jours à peine après la publication par le président Poutine de son manifeste révolutionnaire mondial, dans lequel il s’engage essentiellement à libérer le monde entier du joug du milliard d’or, seul moyen réaliste de garantir durablement les intérêts nationaux de son État civilisation. Étant donné que beaucoup de choses (mais évidemment pas toutes) sont coordonnées dans le monde de la diplomatie de haut niveau, on ne peut exclure que le dirigeant russe ait eu l’intention de faire précéder son manifeste de l’articulation plus détaillée de Lavrov dans le contexte africain avant son voyage sur le continent. Après tout, lorsque l’on pense à la libération, la première chose qui vient à l’esprit de beaucoup est la cause de la décolonisation de l’Afrique, qui, malheureusement, n’a pas encore été complètement achevée.

Il s’ensuit donc naturellement que si la Russie veut obtenir une crédibilité pour son manifeste révolutionnaire mondial, elle doit soutenir activement l’Afrique pour qu’elle achève enfin ce processus, d’où la promesse de Lavrov à cet effet. Objectivement, des progrès impressionnants ont déjà été réalisés depuis le début de l’année en ce qui concerne le refus des pays africains de sanctionner la Russie malgré les pressions considérables de l’Occident, ce qui, selon son plus haut diplomate, « mérite un profond respect. » Il convient également de noter que les dirigeants africains ont également snobé Zelensky à la fin du mois dernier, car ils n’ont pas subi de lavage de cerveau par le dernier culte de l’Occident. Ces expressions de neutralité de principe confirment la souveraineté nouvellement renforcée des États africains dans cette dernière phase de la transition systémique mondiale vers la multipolarité.

Néanmoins, les chaînes néocoloniales du milliard d’or sont toujours enroulées autour des économies de nombreux pays africains, en particulier ceux qui utilisent encore les francs d’Afrique centrale et occidentale. Il sera extrêmement difficile de libérer ces États en particulier, mais l’exemple pionnier montré par la junte malienne permet d’espérer que des progrès seront néanmoins réalisés, que ce soit lentement et sûrement ou rapidement et de façon révolutionnaire. Cela dit, c’est précisément en raison de ces tendances prometteuses que l’on craint sérieusement que l’Afrique de l’Ouest ne devienne un théâtre majeur de guerre par procuration dans un avenir proche, même si les pays comme le Mali qui sont à nouveau victimes de l’agression non conventionnelle occidentale peuvent certainement compter sur le soutien de la Russie en termes de formation, de logistique et de renseignement.

Ce qui intrigue dans la nouvelle guerre froide, c’est qu’elle ressemble beaucoup à l’ancienne guerre froide à bien des égards, comme l’accent mis sur les mouvements de libération africains, mais dans un contexte moderne. Au lieu que l’URSS arme les combattants de la liberté contre leurs suzerains coloniaux européens, la Fédération de Russie s’engage à aider le continent à atteindre une véritable indépendance économique afin de briser les chaînes néocoloniales qui continuent à priver certains d’entre eux d’une véritable souveraineté. Il n’y a pas non plus de compétition de modèles idéologiques, tout est simplifié : le milliard d’or fait tout pour conserver son contrôle sur de nombreux pays africains par procuration, tandis que la Russie veut simplement offrir à ces mêmes pays la possibilité de déterminer leur propre avenir.

Outre l’aspect éthique de cette politique, l’autre raison pour laquelle la Russie la pratique est qu’elle estime que les pays réellement indépendants ont un comportement plus prévisible, ce qui stabilise les relations internationales. À l’instar de l’Éthiopie et de l’Inde, les autres États du Sud – en particulier en Afrique – qui donnent la priorité à la poursuite de leurs intérêts nationaux ( sans toutefois que cela ne se fasse aux dépens d’un tiers) sont plus faciles à travailler et plus pacifiques. Ils ne sacrifieraient jamais l’énergie, la nourriture ou même la sécurité militaire de leur peuple simplement pour satisfaire un suzerain néocolonial à l’autre bout du monde. En facilitant la libération finale de l’Afrique du joug économico-financier du milliard d’or, la Russie s’assure ainsi que l’avenir du continent correspondra à son plein potentiel avec le temps. Andrew Korybko source : One World traduction Avic pour Réseau International

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