
Africa-Press – Senegal. Le Sénégal, comparé à d’autres pays, a réalisé une « prouesse » en parachevant le processus ayant conduit à la mise en place du cadre légal de son contenu local, avant même le début d’exploitation de ses gisements pétrogaziers, estime Mor Ndiaye Mbaye, secrétaire technique du comité national de suivi du contenu local (CNSCL).
« Je suis rentré du Nigeria […] la semaine dernière. C’est un pays qui a exploité du pétrole pendant 50 ans sans parler de contenu local », a-t-il dit, mercredi, en marge d’une cérémonie de remise d’équipements de cécifoot à l’Institut national d’éducation et de formation des jeunes aveugles (INEFJA) de Thiès.
Le contenu local prévoit l’insertion des ressources humaines nationales et la participation des entreprises nationales dans les opérations pétrolières, pour leur faire bénéficier du transfert de technologie. Il implique aussi le financement de projets sociaux par les entreprises pétrolières.
Selon le secrétaire technique du comité national de suivi du contenu local, même si le Nigeria est considéré comme « un champion » en matière de contenu local, l’un des principaux pays producteurs de pétrole du continent n’a commencé à mettre en œuvre sa politique de contenu local qu’en 2010.
« C’est pourquoi nous sommes allés là-bas signer un protocole d’accord avec notre homologue pour nous inspirer de ce qu’ils sont en train de faire », a dit Mor Ndiaye Mbaye.
« Pas une seule goutte de pétrole n’est encore sortie du Sénégal, ni un seul mètre-cube de gaz, si ce n’est à Gadiaga, et pourtant, notre cadre légal de contenu légal est parachevé », a-t-il noté, ce qui représente selon lui une « prouesse ».
« Donc, en termes de contenu local, nous ne sommes pas en retard », a insisté M. Mbaye, selon qui la prise en compte du contenu local au Sénégal avait commencé avant même l’achèvement du cadre institutionnel.
Il a donné, comme exemples de contenu local dont ont déjà profité les Sénégalais, la fabrication, au Port autonome de Dakar (PAD), de 21 caissons géants faits de ciment, de fer et de béton, pesant chacun 16.000 tonnes et devant être transférés sur le site du gisement gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA).
Grand Tortue Ahmeyim est un projet de partage de production de gaz entre le Sénégal, la Mauritanie et la compagnie BP. Il est basé sur le développement de deux champs de gaz offshore, à savoir Tortue et Ahmeyim.
Faute d’espace pour accueillir ces travaux, le PAD a dû remblayer la mer pour augmenter sa superficie de 13 hectares. Cette opération entièrement réalisée par la main d’œuvre locale, a mobilisé pendant deux ans, « plus de 1.800 Sénégalais » et plus de 300 entreprises sénégalaises, a-t-il révélé.
« Ça, c’est du contenu local », a assené Mor Ndiaye Mbaye, ajoutant que ce concept vaut déjà « beaucoup de satisfaction » aux autorités sénégalaises.
Il a aussi cité la société SSB à laquelle le président de la République a accordé l' »exclusivité des opérations logistiques » pétrolières au sein du Port autonome de Dakar, dans le cadre d’un consortium de 25 entreprises sénégalaises.
« Au moment où les Sénégalais se battaient chacun avec son partenaire étranger pour avoir le contrat, le président de la République les avait invités à se mettre ensemble », a-t-il raconté, affirmant que « le contenu local est aujourd’hui en marche » dans le pays.
Le management du secteur pétrolier est fait par des nationaux qui ont accepté de rentrer au Sénégal et d’occuper des postes, a-t-il indiqué, ajoutant que le Sénégal « dispose d’énormément de ressources humaines éparpillées dans la diaspora et qui travaillent dans les plus grandes compagnies pétrolières du monde ».
Ils sont des conseillers techniques au ministère du Pétrole et des Energies, des financiers spécialistes du pétrole au ministère des Finances et ils se retrouvent aussi au Cos-Petrogaz (structure de pilotage, de coordination et de suivi du développement des projets pétroliers) ou à la Société des pétroles du Sénégal (Petrosen).
Avec ses deux premières cohortes d’une vingtaine d’ingénieurs chacune, formés et « entièrement insérés », l’Institut national du pétrole et du gaz (INPG) qui en est à sa troisième promotion, anticipe déjà sur l’insertion des ressources humaines, a fait valoir M. Mbaye.
M. Mbaye indique avoir lancé, la semaine dernière, la formation de 25 techniciens et spécialistes instrumentistes, après avoir donné le coup d’envoi pour la formation d’une soixantaine d’autres agents à Saint-Louis.
« Le cadre légal est clair, a-t-il dit, il n’y a que dans le secteur du pétrole qu’il est dit qu’à compétences égales, obligation est faite aux recruteurs de prendre des Sénégalais ».
Au-delà de cette clause de préférence nationale, « la loi veut que sur plus de 99% des activités qui sont déroulées, il y ait la participation d’une entreprise locale », a-t-il encore relevé.
Concernant la Responsabilité sociale d’entreprise (RSE) des sociétés pétrolières, il estime que la réflexion peut être engagée sur un pourcentage à injecter par chaque compagnie pétrolière, en fonction de son chiffre d’affaires.
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