La Nouvelle Souche de Mpox Augmenterait le Risque de Fausse Couche

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La Nouvelle Souche de Mpox Augmenterait le Risque de Fausse Couche
La Nouvelle Souche de Mpox Augmenterait le Risque de Fausse Couche

Africa-Press – Senegal. Après la vague globale de cas mpox (connu précédemment comme variole du singe) en 2022, qui a causé plus de 100.000 infections dans une centaine des pays, une nouvelle alarme s’est déclenchée en 2024. Une hausse de cas fulgurante dans la République démocratique du Congo (RDC) a mis en évidence l’émergence d’une nouvelle souche, nommée clade 1b, potentiellement plus contagieuse et dangereuse. Au point de forcer l’Organisation mondiale de la santé à déclencher son plus haut degré d’alerte au niveau international en août 2024. Depuis, cette souche a été détectée à plusieurs reprises dans d’autres pays, dont la France et la Suède. Ce clade 1b se transmettrait mieux entre humains que ses prédécesseurs, notamment par voie sexuelle. Et il pourrait signifier un danger accru pour les femmes enceintes, selon une étude publiée le 11 février 2025 dans Nature Medicine par le Centre médical de l’Université Erasmus (Pays-Bas), le Centre de recherche en Sciences naturelles de Lwiro (RDC), et l’Université du Rwanda.

Cette souche se transmet principalement lors du rapport sexuel

Les auteurs ont étudié un total de 670 personnes hospitalisées en RDC entre septembre 2023 et juin 2024 à cause de cette maladie, dont 45 enfants de moins de 5 ans. L’infection avec le clade 1b a été confirmée par PCR chez presque la totalité de ces cas (646). La voie d’infection pour la majorité d’entre eux aurait été un contact sexuel, puisque 83 % de ces personnes déclarent avoir eu récemment des rapports dans des bars. C’est une confirmation des premières évaluations qui mettaient en avant que ce virus semblait affecter principalement des travailleuses du sexe et leurs clients. La transmission sexuelle entre adultes hétérosexuels serait donc le moteur principal de cette épidémie de mpox.

Le séquençage des génomes des virus collectés chez plusieurs de ces patients montre qu’il y aurait différents clusters, c’est-à-dire que le virus s’est transmis à travers plusieurs chaînes d’infection, dont une seule serait responsable des cas observés au Kenya, en Tanzanie, en Thaïlande et en Suède.

Le virus affecterait fortement les bébés et les fœtus

Parmi ces 670 patients, sept personnes sont décédées: trois jeunes femmes et un jeune homme (tous les quatre dans leur vingtaine) et trois enfants en bas âge. Le taux de décès parmi ces personnes hospitalisées serait donc d’environ 1 % au total, mais serait plus élevé chez les enfants en bas âge (3 décès sur 45 cas, donc près de 7 %). L’un de ces enfants décédés était né avec des lésions caractéristiques de la maladie, montrant une infection intra-utérine, alors que les deux autres enfants ont été infectés après la naissance, probablement par le biais du lait maternel, qui avait des traces du virus.

Parmi les patients hospitalisés, il y avait 14 femmes enceintes, dont huit (57%) ont fait une fausse couche. Cela est arrivé durant le premier trimestre pour cinq des femmes, et durant le deuxième pour trois d’entre elles. Si ces fausses couches étaient causées par l’infection du fœtus, cela voudrait dire qu’il serait particulièrement dangereux avant la naissance. Et il est probable que les décès de ces fœtus aient été bien causés par le virus, puisque les lésions de mpox étaient visibles chez l’un d’entre eux, et le placenta d’une autre femme avait des traces du virus. Les auteurs alertent donc sur ce risque potentiel pour les femmes enceintes, et appellent à améliorer la surveillance du virus et à mieux informer le public sur la nécessité de se protéger lors des rapports sexuels.

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