Africa-Press – Senegal. Invité de l’émission Jury du Dimanche sur iRadio, Mamadou Oury Diallo a livré une critique sévère du rôle de l’Assemblée nationale dans le contrôle des finances publiques. Selon l’ancien inspecteur du Trésor, la crise actuelle de la dette révèle avant tout une faiblesse institutionnelle majeure qui nécessite une réforme extraordinaire. Il estime que le rôle de l’institution parlementaire doit être impérativement revu, car sa mission de contrôle est aujourd’hui largement vidée de sa substance.
Un pouvoir d’emprunt sans véritable contrepoids
L’ancien fonctionnaire explique que la loi de finances autorise l’exécutif à emprunter jusqu’à un certain plafond sans qu’un mécanisme réel de suivi parlementaire ne soit mis en place. Il déplore que l’Assemblée nationale ne se soit pas dotée de moyens pratiques pour surveiller périodiquement et contrôler ces engagements financiers.
Contrairement aux pratiques de nombreux autres pays, les emprunts de l’État sénégalais ne sont pas soumis à une ratification parlementaire systématique, laissant le champ libre à l’exécutif.
Mamadou Oury Diallo souligne que le Président de la République ou l’exécutif peut contracter des emprunts sans que personne ne soit en mesure de vérifier le respect des limites fixées ou l’acceptabilité des conditions contractuelles. Selon son analyse, le seul contrôle effectif est de nature juridictionnelle et intervient bien trop tard, puisqu’il est exercé par la Cour des comptes après l’exécution du budget.
Plaidoyer pour une transparence en temps réel
Pour remédier à cette situation, l’invité plaide pour l’instauration d’un contrôle en cours d’exécution budgétaire. Cela passerait, selon lui, par la publication de rapports trimestriels, de bulletins réguliers sur la dette publique et une meilleure information du public. Mamadou Oury Diallo conclut en rappelant que l’État est redevable devant les citoyens et qu’il doit, par conséquent, se soumettre à une transparence rigoureuse et à un contrôle permanent.
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