Aux origines cérébrales de la géométrie

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Aux origines cérébrales de la géométrie
Aux origines cérébrales de la géométrie

Africa-Press – Senegal. Dans l’ombre des parois de Lascaux, un détail minuscule retient l’attention de Stanislas Dehaene: quatre lignes noires refermées en un rectangle. Ni bison ni cheval, mais une figure abstraite tracée il y a vingt millénaires. C’est à partir de cette forme que le neuroscientifique construit son enquête: et si la géométrie n’était pas née en Grèce, mais inscrite de longue date dans le cerveau d’ Homo sapiens?

Un carré n’est pas seulement perçu, il est reconstruit comme réseau de relations

Le livre, dense et solidement charpenté, prolonge les cours que Stanislas Dehaene consacre au Collège de France aux bases neuronales des mathématiques. Vestiges préhistoriques et imagerie cérébrale s’y répondent: aux gravures de Blombos en Afrique du Sud répondent les cartes d’activation du cortex pariéto-frontal ; aux bifaces acheuléens façonnés avec une symétrie obstinée depuis plus d’un million d’années, répondent les expériences menées chez l’enfant, le mathématicien expert ou le primate.

Si le « sens du nombre » est ancien et largement partagé chez les animaux, l’humain franchit, lui, un seuil décisif en combinant des représentations selon des règles internes. C’est la « compositionnalité »: soit la faculté d’assembler des éléments simples pour engendrer une infinité de concepts. Un carré n’est pas seulement perçu ; il est reconstruit comme réseau de relations.

Le signe discret d’une révolution cognitive ancienne

La portée de cette enquête scientifique rigoureuse est vertigineuse: les mathématiques émergeraient de l’évolution d’un cerveau capable de manipuler des symboles hiérarchisés. Le rectangle de Lascaux devient alors le signe discret d’une révolution cognitive ancienne – peut-être l’un des indices les plus ténus, mais aussi les plus troublants, de ce qui fait la singularité de notre espèce.

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