Africa-Press – Senegal. Le président sénégalais, Macky Sall, a accordé une longue interview de deux heures à plusieurs médias nationaux, à laquelle ont participé un journaliste de l’agence de radio et télévision sénégalaise et deux journalistes des chaînes privées Walf TV et TFM.
L’entretien a abordé la situation économique générale du pays, ainsi que la nature des relations et des différends au sein du pouvoir, notamment avec le parti au pouvoir, dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko.
Au cours de l’interview, le président a averti que le pays est confronté à des « temps difficiles », soulignant les défis économiques croissants auxquels le Sénégal fait face, notamment l’augmentation du niveau de la dette, qui a déjà conduit le gouvernement à adopter des mesures d’austérité strictes.
Il a également mis en garde contre des chocs potentiels à l’avenir en raison de la forte hausse des prix du pétrole, liée aux développements géopolitiques au Moyen-Orient. Macky Sall a précisé que les estimations économiques antérieures étaient basées sur un prix du pétrole de 64,50 dollars le baril, tandis que le prix actuel avoisine les 119 dollars, ce qui oblige le gouvernement à redoubler d’efforts pour sécuriser les approvisionnements. Il a ajouté que la poursuite de cette hausse pourrait amener l’État à appliquer le coût réel de la vie, en faisant allusion à une possible réduction des subventions et à une augmentation des charges pour les citoyens.
Concernant sa relation avec le Premier ministre Ousmane Sonko, le président a affirmé que la confiance demeure entre eux, tout en reconnaissant l’existence de points de désaccord, notamment en ce qui concerne la réforme du code électoral.
Le parlement sénégalais a approuvé, mardi dernier, deux amendements au code électoral à l’initiative des députés du parti au pouvoir, une démarche qui a suscité un large débat. Les forces d’opposition estiment que ces amendements visent à ouvrir la voie à Sonko pour se présenter aux élections présidentielles prévues en 2029.
Il a mis en garde contre ce qu’il a qualifié de « personnalisation » du projet politique, affirmant que le projet n’était pas destiné à servir un individu en particulier, mais reposait sur des principes fondamentaux, ajoutant que le Sénégal « n’a pas besoin d’un sauveur, mais d’un bloc critique de citoyens ».
Le président a également mentionné que certains citoyens avaient perdu leur emploi et leurs biens dans le cadre de ce projet, soulignant la nécessité de dissocier l’idée politique de la personne qui la représente à un moment donné.
Enfin, Macky Sall a abordé la question de la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations Unies, précisant que l’État sénégalais n’avait pas soutenu cette candidature, n’ayant pas été informé et n’ayant pas participé à des consultations à ce sujet.





