Africa-Press – Senegal. Le bureau de l’Assemblée nationale du Sénégal a annoncé l’acceptation de deux propositions de lois visant à renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques. L’une d’elles concerne la déclaration des biens du président de la République, tandis que l’autre vise à organiser les crédits spéciaux et ce que l’on appelle les « fonds secrets ».
Cette décision fait suite à deux réunions tenues par le bureau de l’Assemblée nationale, les 17 et 23 juillet, avant la publication d’un communiqué officiel concernant les résultats des discussions le 24 du même mois. La première proposition concerne la modification de l’article 37 de la Constitution, relatif à la déclaration des biens du président de la République.
La seconde proposition vise à établir un cadre légal pour les crédits spéciaux et les fonds secrets qui sont inclus dans les budgets de plusieurs institutions et autorités publiques.
Les députés cherchent, à travers cette proposition, à soumettre les fonds connus localement sous le nom de « fonds noirs » à un contrôle accru, après que les bénéficiaires aient joui d’une large marge d’utilisation sans fournir de justifications détaillées concernant les dépenses. Ce processus nécessite l’achèvement des procédures constitutionnelles et législatives et leur discussion avant un vote.
Le communiqué de l’Assemblée nationale précise que le président de la République, Basseirou Diomaye Faye, et le ministre de la Justice ont été informés des propositions, afin de donner leur avis dans les délais légaux prévus.
Ces initiatives parlementaires interviennent à un moment où le paysage politique sénégalais est en cours de restructuration, et elles font suite à des semaines de rejet par le Conseil constitutionnel d’une précédente modification constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale le 29 juin 2026. Le Conseil a conclu, dans sa décision rendue le 9 juillet, qu’elle n’était pas conforme à la Constitution.
Les autorités sénégalaises ont placé la transparence et la lutte contre la corruption parmi leurs priorités déclarées depuis 2024. Les nouvelles propositions visent à compléter cette démarche en renforçant le contrôle parlementaire sur les fonds gérés en dehors des lignes budgétaires traditionnelles et en élargissant les règles de responsabilité au sein des institutions de l’État.





