Ophtalmologie : Pourquoi le Temps D’Attente pour Obtenir un Rendez-Vous a Baissé en Quelques Années ?

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Ophtalmologie : Pourquoi le Temps D’Attente pour Obtenir un Rendez-Vous a Baissé en Quelques Années ?
Ophtalmologie : Pourquoi le Temps D’Attente pour Obtenir un Rendez-Vous a Baissé en Quelques Années ?

Africa-Press – Senegal. 19 jours: c’est le temps d’attente en moyenne dans l’Hexagone pour obtenir un rendez-vous (non urgent) chez un ophtalmologiste. C’est trois fois moins qu’en 2017 (66), se réjouit le Syndicat National des Ophtalmologistes de France (SNOF) à l’occasion du 131e Congrès de la Société Française d’Ophtalmologie (SFO), le 17 janvier 2025. De plus, pour un contrôle pressant, le temps d’attente a diminué de 50%, passant de 10 jours en 2019 à seulement 5 en 2024.

Comment expliquer cette baisse de délais en quelques années ? « 85% des ophtalmologistes travaillent avec un ou plusieurs assistants », explique le docteur Vincent Dedes, président du SNOF. Des orthoptistes aux infirmiers en passant par les opticiens et les assistants médicaux, « le développement du travail aidé se poursuit », en ophtalmologie, d’après le docteur. « Cette collaboration est fortement plébiscitée par les moins de 40 ans (à hauteur de 97%, ndlr) et à 100% par les cabinets de plus de quatre ophtalmologistes », ajoute-t-il.

Pourtant, le travail aidé n’est pas la seule raison à cette nette amélioration en termes de délais d’attente: les téléconsultations (9 millions par an depuis 2021, tous milieux médicaux confondus, d’après l’Assurance Maladie) ont également permis de fluidifier la prise de rendez-vous. De plus, les progrès de l’intelligence artificielle (IA), y sont, eux aussi, pour quelque chose. En effet, l’IA permet d’accélérer certains diagnostics, tout comme la logistique (par exemple la prise de rendez-vous ou encore l’édition de comptes rendus personnels des patients)… mais pas seulement.

Plus qu’un outil de dépistage, un outil de suivi et d’anticipation

Ainsi, l’IA sert d’ores et déjà d’outil de dépistage: par exemple, concernant la rétinopathie diabétique (une complication du diabète endommageant les vaisseaux sanguins),elle facilite l’analyse des photographies de la rétine. « L’IA a la particularité de pouvoir travailler sur de grandes bases de données et peut donc être utilisée pour le diagnostic prévisionnel », précise la professeure Corinne Dot, du CHU Edouard Herriot, à Lyon.

En effet, pour la professeure, au-delà des diagnostics traditionnels que peut réaliser l’IA, elle est également capable « de mélanger des images de bases de données avec des données biologiques propres à chaque patient pour anticiper l’évolution de leur santé visuelle ».

De plus, l’IA est déjà employée en ophtalmologie pour détecter des pathologies de la cornée (partie transparente placée au-devant du globe oculaire), ou encore pour calculer la taille des implants dans les opérations de la cataracte (opacification d’une partie de l’œil). Les ophtalmologistes peuvent aussi avoir recours à l’IA dans le cas d’un glaucome (maladie de l’œil endommageant son nerf), afin de prévoir son évolution, en comparant les examens du patient à ceux d’autres patients. Enfin, l’IA est également utilisée afin de suivre les patients ayant des pathologies chroniques, dans le but de guider leur traitement.

L’IA comme assistant opératoire ?

Enfin, pour Corinne Dot, l’avenir de l’ophtalmologie passe par « le développement de nouvelles machines comprenant de l’IA, en particulier des outils de suivi à domicile, reliés à des centres de soins ». Mais également par l’approfondissement et l’augmentation d’études, tant pour améliorer la compréhension et le développement de traitements de certaines maladies que pour perfectionner les outils déjà existants. Enfin, l’IA pourrait avoir de nombreuses applications chirurgicales, en particulier dans “le choix du bon timing pour la décision chirurgicale, l’aide à la progression, voire l’assistance opératoire”.

Cependant, comme le rappelle la professeure, « l’IA doit rester un outil au service de la médecine et des patients » et ne doit en aucun cas remplacer un professionnel de santé la guidant. De plus, elle « ne remplace pas le contact humain et l’empathie, notamment lors de l’annonce parfois difficile de diagnostic ».

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