{"id":60623,"date":"2024-07-29T23:19:47","date_gmt":"2024-07-29T23:19:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africa-press.net\/senegal\/politique\/retour-sur-les-annees-fastes-du-cinema-a-matam"},"modified":"2024-07-29T23:42:01","modified_gmt":"2024-07-29T23:42:01","slug":"retour-sur-les-annees-fastes-du-cinema-a-matam","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africa-press.net\/senegal\/culture-et-art\/retour-sur-les-annees-fastes-du-cinema-a-matam","title":{"rendered":"Retour sur les Ann\u00e9es Fastes du Cin\u00e9ma \u00e0 Matam"},"content":{"rendered":"<p><b>Par Amadou Thiam<\/b><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff6600\"><strong>Africa-Press &#8211; Senegal. <\/strong><\/span>La ville de Matam est sans salle de cine\u0301ma depuis une trentaine d\u2019anne\u0301es au moment ou\u0300 le re\u0301alisateur se\u0301ne\u0301galais Mamadou Dia, originaire de la re\u0301gion, est aure\u0301ole\u0301 de plusieurs prix dans le monde avec ses films \u2018\u2019Baamum Nafi\u2019\u2019 (Le pe\u0300re de Nafi en pulaar) et \u2018\u2019Demba\u2019\u2019.<\/p>\n<p>Ce manque d\u2019infrastructures cine\u0301matographiques contraste avec les anne\u0301es fastes du 7e art a\u0300 Matam ou\u0300 la salle de cine\u0301ma implante\u0301e par la famille Fadel, e\u0301tait la plus fre\u0301quente\u0301e dans cette commune du nord du Se\u0301ne\u0301gal.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, cette unique salle de cine\u0301ma a\u0300 Matam, situe\u0301e non loin de l\u2019entre\u0301e de la commune, ne fonctionne plus. Le vieux local abandonne\u0301, se trouve a\u0300 quelques pas de l\u2019Eglise au quartier Tantadji, sur une ruelle bien anime\u0301e et commerc\u0327ante, longeant la ce\u0301le\u0300bre avenue de\u0301nomme\u0301e \u2018\u2019Angle Fadel\u2019\u2019.<\/p>\n<p>Sur la devanture, sont gare\u0301es de motos Jakarta en re\u0301paration. Sur le perron, le lieu est noirci par l\u2019huile et tous les produits utilise\u0301s pour remettre ces engins en marche.<\/p>\n<p>Au moins une dizaine de motos sont en panne ou attendent leurs proprie\u0301taires. A co\u0302te\u0301, assis sur un banc ou sur ces moyens de locomotion, des jeunes sont en train de discuter s\u2019affairant autour des motos et inhalant de la fume\u0301e provenant de la dibiterie d\u2019a\u0300 co\u0302te\u0301.<\/p>\n<p>Le local, il y a plus d\u2019une vingtaine d\u2019anne\u0301es e\u0301tait l\u2019un des lieux les plus fre\u0301quente\u0301s de la ville. Les deux guichets, a\u0300 peine visibles indiquent la nature de cet espace devenu aujourd\u2019hui me\u0301connaissable et impraticable.<\/p>\n<p>A co\u0302te\u0301, se trouve la grande porte de ce haut lieu de culture. A l\u2019inte\u0301rieur, des adultes discutent accoude\u0301s sur des motos. Des range\u0301es de bancs sont visibles. C\u2019est l\u2019unique salle de cine\u0301ma de Matam tre\u0300s populaire dans les anne\u0301es 1980.<\/p>\n<p>Actuellement occupe\u0301 par un atelier de re\u0301paration de motos, l\u2019endroit est peuple\u0301 de gros arbres, l\u2019e\u0301cran a disparu, de me\u0302me que la salle de projection qui servait de local pour le bobineur. A la place des spectateurs, ce sont des arbres qui y ont pousse\u0301, a\u0300 tel point qu\u2019on a l\u2019impression d\u2019e\u0302tre dans une minuscule fore\u0302t.<\/p>\n<p>Pour bien comprendre les anne\u0301es fastes du cine\u0301ma a\u0300 Matam, il faut aller a\u0300 Soubalo, a\u0300 l\u2019ancien marche\u0301 de ce populeux quartier de la commune, non loin de la berge du fleuve Se\u0301ne\u0301gal.<\/p>\n<p>Ici, ils sont nombreux a\u0300 n\u2019avoir pas rejoint le nouveau marche\u0301, situe\u0301 a\u0300 l\u2019entre\u0301e de la ville.<\/p>\n<p>Tailleur de profession, Abou Koulibaly est venu rendre visite a\u0300 son ami Abdoul Wahab Fall alias Diallo Fall. Les deux hommes ont travaille\u0301 ensemble a\u0300 la salle de cine\u0301ma qui se trouvait au quartier Tantadji.<\/p>\n<p>Ve\u0302tu d\u2019une tenue traditionnelle, des lunettes bien pose\u0301es sur les yeux, Koulibaly, a\u0300 l\u2019e\u0301poque officiait comme guichetier pour les tickets qui e\u0301taient vendus a\u0300 100 francs CFA.<\/p>\n<p><b>La famille Fadel, cre\u0301atrice de l\u2019unique salle<\/b><\/p>\n<p>\u2018\u2019La salle de cine\u0301ma a commence\u0301 a\u0300 fonctionner au de\u0301but anne\u0301es 80. Il y avait deux guichets, l\u2019un pour les tickets a\u0300 100 et l\u2019autre a\u0300 200 francs CFA qui e\u0301tait tenu par feu Mamoudou Sy plus connu sous le nom de Doro Sy. Diallo Fall contro\u0302lait les entre\u0301es. Il veillait a\u0300 ce que chaque spectateur puisse s\u2019assoir a\u0300 sa place\u2019\u2019, se souvient Koulibaly.<\/p>\n<p>Il se rappelle que les autorite\u0301s servant dans la re\u0301gion appele\u0301es \u2018\u2019VIP\u2019\u2019 ne payaient pas. C\u2019est son ami et colle\u0300gue Diallo Fall qui avait la liste sur laquelle e\u0301taient inscrits les noms des personnalite\u0301s dont l\u2019entre\u0301e e\u0301tait gratuite notamment des fonctionnaires de l\u2019administration territoriale, de la gendarmerie et de chefs de service.<\/p>\n<p>Se replongeant dans ses souvenirs, le guichetier se rappelle que Boubacar Konate\u0301 e\u0301tait le projectionniste, avant que ce dernier ne quitte la ville pour e\u0302tre remplace\u0301 par Daouda Diallo.<\/p>\n<p>\u2018\u2019Chaque jour, on pouvait faire passer un a\u0300 deux films. Dans la semaine, on pouvait mettre deux par jour pendant au moins cinq jours\u2019\u2019, se reme\u0301more Koulibaly.<\/p>\n<p>Il rappelle qu\u2019il y avait dans le ba\u0302timent une chambrette en haut qui servait de local pour le projectionniste, pre\u0301cisant qu\u2019elle a e\u0301te\u0301 de\u0301truite depuis que le cine\u0301ma a arre\u0302te\u0301 de fonctionner a\u0300 Matam au de\u0301but des anne\u0301es 90. Depuis lors, le lieu est occupe\u0301 par des me\u0301caniciens, y e\u0301tablissant un atelier de re\u0301paration de motos.<\/p>\n<p>Selon le tailleur, a\u0300 l\u2019e\u0301poque tre\u0300s actif dans le fonctionnement de la salle de cine\u0301ma, c\u2019est Moustapha et Hamoud Fadel, deux se\u0301ne\u0301galais originaires du Liban qui ont e\u0301te\u0301 a\u0300 l\u2019initiative de l\u2019implantation du cine\u0301ma dans la commune de Matam dans les anne\u0301es 80.<\/p>\n<p>Leur pe\u0300re, Fadel Mesto s\u2019est installe\u0301 a\u0300 Matam dans les anne\u0301es 30 gra\u0302ce au commerce qui se faisait le long du fleuve.<\/p>\n<p>En plus de la salle de cine\u0301ma, la famille posse\u0301dait un ho\u0302tel et une boulangerie dans la commune. Le ce\u0301le\u0300bre avenue \u2018\u2019Angle Fadel\u2019\u2019 tire son nom de Fadel Mesto. Aujourd\u2019hui, ses petits-fils continuent de s\u2019activer dans le commerce dans la re\u0301gion de Matam.<\/p>\n<p>\u2018\u2019A l\u2019e\u0301poque, c\u2019est le cine\u0301ma qui animait la ville. Les gens e\u0301taient impatients d\u2019aller voir un film, ils se bousculaient pour entrer. Diallo Fall e\u0301tait souvent de\u0301borde\u0301, car il devait se\u0301parer ceux qui ont paye\u0301 des tickets de 100 francs de ceux qui ont achete\u0301 des places pour 200 francs. La ville vivait au rythme du cine\u0301ma\u2019\u2019, se reme\u0301more-t-il.<\/p>\n<p>Selon lui, les ho\u0302tes de la ville trouvaient du temps pour aller voir un film au cine\u0301ma. A chaque fois qu\u2019il y avait un bon film, les agents e\u0301taient de\u0301borde\u0301s. \u2018\u2019C\u2019e\u0301tait presque a\u0300 guichet ferme\u0301\u2019\u2019, qui pouvait rapporter une recette de 100. 000 francs CFA, une grosse somme, a\u0300 l\u2019e\u0301poque, lance-t-il.<\/p>\n<p>Il pre\u0301cise que les films d\u2019action e\u0301taient les plus suivis.<\/p>\n<p>Son ami Abdou Wahab Fall explique de son co\u0302te\u0301 que des amateurs venaient presque de tout le de\u0301partement, notamment des localite\u0301s environnantes comme Ourossogui.<\/p>\n<p>\u2018\u2019Je me rendais a\u0300 Dakar tous les quinze jours pour re\u0301cupe\u0301rer des films au sie\u0300ge de la Socie\u0301te\u0301 d\u2019importation, de distribution et d\u2019exploitation du cine\u0301ma (SIDEC) avec Hamoud, un des fre\u0300res de Moustapha avant de revenir sur Matam. Toutes mes activite\u0301s e\u0301taient concentre\u0301es sur le cine\u0301ma\u2019\u2019, souligne Fall, qui regrette la vente du site a\u0300 des prive\u0301s, mais occupe\u0301s par des re\u0301parateurs de motos.<\/p>\n<p>Devenu commerc\u0327ant depuis plusieurs anne\u0301es, il ne manque pas de se souvenir des anne\u0301es fastes du cine\u0301ma dans la ville de Matam. Il rappelle que parfois, l\u2019affluence e\u0301tait tellement grande que les agents de se\u0301curite\u0301 pouvaient me\u0302me en venir aux mains avec les spectateurs.<\/p>\n<p>Selon lui, des tickets se vendaient au marche\u0301 noir, des blesse\u0301s e\u0301taient me\u0302me enregistre\u0301s lors des bousculades. \u2018\u2019On utilisait un ve\u0301hicule qui faisait le tour de la ville pour annoncer le film a\u0300 l\u2019affiche\u2019\u2019, dit-il.<\/p>\n<p>Abdou Wahab Fall se souvient des coupures en plein film, ce qui e\u0301nervait les spectateurs, dont certains n\u2019he\u0301sitaient pas a\u0300 insulter l\u2019agent en charge des bobines qu\u2019on recollait par la suite.<\/p>\n<p><b>Des cine\u0301philes venaient de la Mauritanie voisine<\/b><\/p>\n<p>Ils sont nombreux a\u0300 se souvenir des anne\u0301es ou\u0300 la ville de Matam vivait au rythme du septie\u0300me art. Le Directeur de la radio communautaire \u2018\u2019Dande\u0301 Mayo Fm\u2019\u2019, Madiagne Fall raconte que des habitants des autres localite\u0301s environnantes venaient a\u0300 Matam pour suivre des films.<\/p>\n<p>Se replongeant dans ses souvenirs, Fall souligne que \u2018\u2019de\u0300s 19 heures, les responsables de la salle mettaient de la musique pour annoncer le film a\u0300 venir\u2019\u2019.<\/p>\n<p>\u2018\u2019Il y avait des vendeurs aux alentours de la salle. Le commerce marchait bien a\u0300 cette e\u0301poque. En plus des habitants des autres villages, des Mauritaniens e\u0301tablis de l\u2019autre co\u0302te\u0301 de la rive traversaient pour venir a\u0300 Matam pour voir des films. Ils venaient entre autres de Tokomadji, Siwe\u0301 et Matam Rewo, en face de la commune de Matam en Mauritanie\u2019\u2019, se souvient Madiagne Fall.<\/p>\n<p>Pour disposer d\u2019un ticket d\u2019entre\u0301e, avec d\u2019autres amis, ils participaient a\u0300 des loteries ou vendaient de l\u2019herbe qu\u2019ils vont chercher dans la brousse. Des gens venaient uniquement pour rencontrer des amis a\u0300 l\u2019entre\u0301e, \u2018\u2019c\u2019e\u0301tait aussi des moments de retrouvailles\u2019\u2019, pre\u0301cise-t-il.<\/p>\n<p>Le cine\u0301ma avait fini de transformer certaines personnes en danseurs ou chanteurs a\u0300 force d\u2019imiter des acteurs de films Hindous, d\u2019apre\u0300s Falla, e\u0301galement acteur culturel.<\/p>\n<p>Amadou Issa Kane, journaliste natif de la commune de Matam garde intact ses souvenirs de jeune fe\u0301ru de cine\u0301ma.<\/p>\n<p>Pour lui, les films joue\u0301s par Bruce Lee (l\u2019un des plus grands acteurs de Kung Fu sino-ame\u0301ricain) ou Hindous e\u0301taient ses pre\u0301fe\u0301re\u0301s. Quand il y avait des bagarres a\u0300 l\u2019entre\u0301e, il patientait avec ses amis \u2018\u2019jusqu\u2019a\u0300 ce que le calme revienne pour se faufiler et entrer dans la salle munis d\u2019un sachet de cre\u0300me glace\u0301e ou de biscuit\u2019\u2019 en faisant comme s\u2019ils e\u0301taient sortis au moment de l\u2019attroupement.<\/p>\n<p>\u2018\u2019Souvent, on entendait des cris et des insultes surtout quand le projectionniste commettait l\u2019erreur de sauter une e\u0301tape du film. Le lendemain on se plaisait de raconter a\u0300 nos camarades qui n\u2019y e\u0301taient pas ce qui s\u2019est passe\u0301 au cine\u0301ma\u2019\u2019, dit-il.<\/p>\n<p>Comme Falla, le correspondant de Walfadjri aussi allait chercher du bois mort qu\u2019il vendait pour acheter un ticket d\u2019entre\u0301e.<\/p>\n<p>L\u2019enseignant Abou Diaw indique que le plus inte\u0301ressant e\u0301tait les affiches qu\u2019on mettait a\u0300 l\u2019angle Fadel le matin, avant d\u2019aller chercher de l\u2019argent pour acheter le ticket d\u2019entre\u0301e.<\/p>\n<p>Il se souvient avoir beaucoup suivi des films de Thug Norris ou Bruce Lee. Hamady Sy, un vieux come\u0301dien travaillant pour la famille Fadel, faisait le tour avec beaucoup d\u2019humour pour faire la publicite\u0301 de l\u2019affiche de la nuit.<\/p>\n<p>\u2018\u2019Il se rendait jusqu\u2019a\u0300 Ourossogui a\u0300 bord d\u2019une voiture sonorise\u0301e pour faire le me\u0302me travail. A la sortie de la salle, on passait a\u0300 la boulangerie d\u2019a\u0300 co\u0302te\u0301 pour acheter du pain avant de rentrer a\u0300 la maison. Par la suite, les prix ont e\u0301te\u0301 revus a\u0300 la hausse avec un seul film a\u0300 100 francs, au lieu de deux avant\u2019\u2019, explique Diaw qui sert a\u0300 Nguidjilone.<\/p>\n<p>Pour lui, c\u2019est l\u2019ave\u0300nement des cassettes-vide\u0301os qui a contribue\u0301 a\u0300 la disparition de la salle de cine\u0301ma, plaidant pour la construction d\u2019une nouvelle infrastructure cine\u0301matographique dans la commune.<\/p>\n<p><b>Pe\u0300re Che\u0301maille, pe\u0300re du cine\u0301ma muet et cine\u0301ma ambulant<\/b><\/p>\n<p>Bien avant la construction d\u2019une salle de cine\u0301ma dans la ville, les Matamois suivaient de\u0301ja\u0300 des films a\u0300 travers le \u2018\u2019cine\u0301ma ambulant de Bakel\u2019\u2019. Ce promoteur quittait Bakel, dans la re\u0301gion de Tambacounda pour faire des projections de films a\u0300 Matam, explique Abdoul Yirim Ndiaye, acteur de de\u0301veloppement qui s\u2019active e\u0301galement dans la culture.<\/p>\n<p>\u2018\u2019Il mettait des ba\u0302ches, avec des entre\u0301es payantes dans un endroit de la ville. Au fil des anne\u0301es, il y a eu des e\u0301volutions avec l\u2019arrive\u0301e d\u2019un ope\u0301rateur e\u0301conomique nomme\u0301 Simon Obeyka, un libano-syrien qui a eu a\u0300 installer un cine\u0301ma e\u0301phe\u0301me\u0300re dans une maison, a\u0300 l\u2019actuel angle Fadel, ex-Petersen jusque dans les anne\u0301es 1975\u2019\u2019, ajoute cet habitant du quartier Tantadji.<\/p>\n<p>D\u2019apre\u0300s lui, c\u2019est avec ce dernier que les Matamois ont commence\u0301 a\u0300 voir des films se\u0301ne\u0301galais tels que \u2018\u2019Borom Sarret\u2019\u2019 (1963), \u2018\u2019Le Mandat\u2019\u2019 (1968), Gue\u0301lwaar (1992) du re\u0301alisateur se\u0301ne\u0301galais Ousmane Sembene.<\/p>\n<p>Le cine\u0301ma ambulant de \u2018\u2019Bakel\u2019\u2019 e\u0301tait installe\u0301 au niveau de la cour du centre culturel de l\u2019e\u0301poque devenu aujourd\u2019hui le CDEPS de Matam. En pe\u0301riode d\u2019hivernage, c\u2019est la grande salle du centre qui e\u0301tait utilise\u0301e pour projeter des films, renseigne-t-il.<\/p>\n<p>Aboul Yirim Ndiaye, e\u0301tant plus jeune a e\u0301te\u0301 aussi te\u0301moin de l\u2019existence du cine\u0301ma muet initie\u0301 par un receveur qui, a\u0300 l\u2019aide de son appareil cine\u0301matographique mettait des films a\u0300 la Poste de Matam avec des entre\u0301es payantes.<\/p>\n<p>Quelques anne\u0301es plus tard, un religieux du nom de Pe\u0300re Che\u0301maille avait installe\u0301 un cine\u0301ma devant l\u2019Eglise pour permettre aux amoureux du cine\u0301ma de regarder des films gratuitement.<\/p>\n<p>\u2018\u2019Avec le Pe\u0300re Che\u0301maille, nous suivions des films documentaire et d\u2019animation comme \u2018\u2019Les aventures de Tintin\u2019\u2019 une se\u0301rie de dessin anime\u0301 belge. Pour le cine\u0301ma ambulant, y avait des films hindous, westerns tel que \u2018\u2019Django\u2019\u2019 du re\u0301alisateur Sergio Corbucci (Italo-espagnol), des Cow-boys ame\u0301ricains\u2019\u2019, se rappelle Ndiaye.<\/p>\n<p>Selon lui, avec des amis, ils trafiquaient des billets ou utilisaient le ticket d\u2019un autre pour entrer dans la salle.<\/p>\n<p><strong>Pour plus d&rsquo;informations et d&rsquo;analyses sur la Senegal, suivez Africa-Press<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Amadou Thiam Africa-Press &#8211; Senegal. La ville de Matam est sans salle de cine\u0301ma depuis une trentaine d\u2019anne\u0301es au moment ou\u0300 le re\u0301alisateur se\u0301ne\u0301galais Mamadou Dia, originaire de la re\u0301gion, est aure\u0301ole\u0301 de plusieurs prix dans le monde avec ses films \u2018\u2019Baamum Nafi\u2019\u2019 (Le pe\u0300re de Nafi en pulaar) et \u2018\u2019Demba\u2019\u2019. 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