Africa-Press – Tchad. Le ministère de la Santé publique et de la Prévention, à travers la Direction de la lutte contre la maladie, des vaccinations et de la santé environnementale, a organisé ce jeudi 2 avril 2026, à N’Djamena, la cérémonie de lancement officiel de la phase pilote du projet Vacci360. Plusieurs responsables sanitaires venus des provinces du Tchad ainsi que des partenaires techniques ont pris part à l’événement.
Au Tchad, environ 16 % des enfants sont considérés comme « zéro-dose ». Dans un pays marqué par de vastes étendues et des contraintes saisonnières, la micro-planification traditionnelle se heurte souvent à la réalité du terrain.
Vacci360 ambitionne de répondre à ce défi non pas en remplaçant les systèmes existants, mais en ajoutant une couche d’analyse intelligente au socle DHIS2.
Dans son intervention, Aminata Dalla, du projet Vacci360, a structuré sa présentation autour de quatre modules technologiques mis au service des équipes de santé. Il s’agit notamment de l’accessibilité géographique, qui permet d’analyser les temps de trajet réels et l’impact des saisons afin d’identifier les villages oubliés ; de l’optimisation des micro-plans, qui génère automatiquement des itinéraires réalistes pour les équipes mobiles, réduisant ainsi le temps de préparation et les déplacements inutiles ; de la prise en compte de la santé des populations mobiles, à travers l’utilisation d’indicateurs de mobilité comme les mouvements de troupeaux pour identifier des opportunités de vaccination dans un cadre éthique strict ; et enfin de l’aide à la décision par l’intelligence artificielle, grâce à un assistant conversationnel permettant aux cadres de santé d’interroger les données complexes en langage simple pour des décisions rapides.
Dans son discours de lancement officiel, Dr Mahamat Hamit Ahmat, secrétaire général adjoint du ministère de la Santé publique, a souligné l’importance de ce projet pour le Tchad. « Ce projet apporte une approche intégrée qui vient soutenir directement nos priorités nationales. Il nous permettra notamment de mieux comprendre les territoires et les populations grâce à des outils de cartographie performants, d’améliorer le suivi des activités vaccinales, d’intégrer davantage les populations mobiles dans nos stratégies et de renforcer la prise de décision grâce à une meilleure exploitation des données », a-t-il déclaré.
Il a également précisé que la mise en œuvre dans les provinces du Lac, du Kanem et du Hadjer Lamis permettra de tester des approches adaptées à des contextes complexes, avec une forte ambition de capitalisation et d’extension à l’échelle nationale. Il a insisté sur le fait que ce projet s’inscrit pleinement dans les orientations stratégiques du ministère et vient renforcer les dispositifs existants, notamment ceux de la direction de la vaccination.
À l’issue de la cérémonie, une présentation stratégique axée sur les aspects techniques et pratiques a été faite aux officiels afin de leur permettre de mieux comprendre la conception du projet et son application dans les zones ciblées.
Il convient de rappeler que ce projet est piloté par le ministère de la Santé publique et de la Prévention, avec le soutien technique du consortium Community Innovation Hub (CIH) et GDI Advisors. Son déploiement est rendu possible grâce à l’appui de la Fondation Gates, en collaboration avec les partenaires du RISP, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’UNICEF.
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