Le Poutoulou, Nouvelle Drogue des Jeunes au Tchad

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Le Poutoulou, Nouvelle Drogue des Jeunes au Tchad
Le Poutoulou, Nouvelle Drogue des Jeunes au Tchad

Africa-Press – Tchad. À N’Djamena, comme dans de nombreuses villes du Tchad, une poudre discrète venue de l’étranger fait fureur chez les jeunes hommes. Appelé « poutoulou », il est présenté comme un aphrodisiaque naturel qui promet endurance, érection prolongée et contrôle total de l’éjaculation. Vendu à de prix modique sur les marchés, sur les réseaux sociaux ou dans les quartiers chauds, il séduit une génération entière en quête de performance sexuelle. Mais derrière les promesses de nuits inoubliables se cachent des risques bien réels.

Ces derniers temps, sa popularité explose chez les 18 à 35 ans. À N’Djamena, des vendeurs ambulants et en ligne en font la promotion discrète. Le prix? Entre 2 000 et 5 000 francs CFA le petit sachet. Dans les quartiers de N’Djamena, des témoignages viraux vantent ses effets: « J’ai tenu presque une heure, la première fois, ma copine n’en revenait pas ! », confie un jeune de 28 ans sous couvert d’anonymat. Un autre, 30 ans, étudiant en Droit à l’université de N’Djamena, explique: « le véritable problème c’est qu’on a tous peur de décevoir notre partenaire. Le « poutoulou », c’est comme une assurance. »

Les raisons sont multiples. D’abord, la pression sociale et culturelle: dans beaucoup de milieux, la performance sexuelle est vue comme une preuve de virilité. A cela s’ajoutent l’influence de la pornographie, des discussions entre pairs et la peur de l’éjaculation précoce. Et le « Poutoulou » devient la solution miracle. Un vendeur rencontré sur un marché de N’Djamena résume: « Avant, c’était pour les vieux. Maintenant, même les jeunes en prennent avant de sortir le soir. »

Selon Dr Tchouagonbo Baïbamné, il faut être très clair: il n’existe pas de preuve scientifique solide de l’efficacité du « poutoulou » sur l’érection ou la libido.

« D’après les données scientifiques, les compléments aphrodisiaques n’ont pas démontré d’efficacité reproductible, leur mécanisme est surtout psychologique, pas pharmacologique. Les adeptes de ces produits risquent l’engourdissement excessif, l’irritation ou de brûlure, des réactions allergiques, la baisse de la qualité de l’érection », soutient-il.

Dr Tchouagonbo souligne que la dysfonction érectile relève de la santé et non de la bravoure ou de la performance.

« Beaucoup de jeunes se mettent dans de pressions inutiles, notamment dans des contextes où ils veulent prouver quelque chose. Cela les pousse parfois vers des aphrodisiaques non contrôlés, sans efficacité démontrée et avec des risques réels. Le recours aux produits comme le « poutoulou » peut créer une fausse dépendance et aggraver le problème au lieu de le résoudre et même retarder le diagnostic et la prise en charge des pathologies systémiques à l’origine de trouble », explique-t-il.

Le médecin conseille aux jeunes souffrant de l’éjaculation précoce ou de la dysfonction érectile à se faire consulter et ne prendre que des médicaments pris sur ordonnance.

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